Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #sexualite tag

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 20/. -

Publié le par Perceval

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 20/. -

Le voyage féminin pour le plaisir : le ''voyage à Cythère'' : ( métaphore de ce que la mère de Frétillon a le plaisir d’entreprendre dans les bras d’un jeune homme ) :

« Un jeune homme assez connu par ses richesses et par son état, lui proposa de faire un petit voyage à Cythère, et se chargea de l’y conduire. Ma bonne maman accepta la proposition ; le temps lui parut favorable : elle leva les voiles dans le moment même, en se flattant d’une heureuse navigation. Déjà son jeune pilote faisait avancer la proue vers le port de cette île enchanteresse […] »

L’Histoire de la vie et des mœurs de Mademoiselle Cronel dite Frétillon par Pierre Alexandre Gaillard de la Bataille (1739-1743 ) : violent pamphlet anonyme publié au XVIIIe siècle dans le but de nuire à une actrice célèbre de la Comédie-Française, Mademoiselle Clairon. Mademoiselle Clairon, qui écrivit ses Mémoires, désigna elle-même Pierre Alexandre Gaillard comme l’auteur du pamphlet. Selon elle, il s’agissait de la vengeance d’un amoureux éconduit.

L'Embarquement pour Cythere, by Antoine Watteau - 1717

« Je lui trouvai dans les yeux cette impression de volupté que je lui avais vue le jour où elle m’apprenait par quelles progressions on arrive aux plaisirs, et combien l’amour les subdivise ». Les Égarements du coeur et de l’esprit ou Mémoires de M. de Meilcour est un roman-mémoires et libertin de Crébillon fils paru en 1736.

 

Le plaisir de la promenade :

« Laurette le fit sortir pour le distraire, et le conduisit au jardin. Semblable guide était propre à l’égarer. Apparemment qu’ils se fourvoyèrent en chemin, et tombèrent dans quelques broussailles, car nous remarquâmes que la rosée avait gâté la robe de celle qui, je crois, n’était point sortie pour examiner les étoiles. » Themidore de Godard d’Aucour

Nicolas Lavreince (Lafrensen Niklas, dit)

« Après s’être promenés longtemps, Zobéide fatiguée s’assit sur le gazon ; le prince se mit auprès d’elle : il soupirait, elle était émue ; il lui baisait les mains, elle le souffrait ; il poussa ses entreprises plus avant : la bouche de Zobéide, sa gorge entièrement découverte, et livrée à ses transports, fut un instant couverte de ses baisers. Ses mains cherchèrent de nouveaux attraits ; Zobéide résistait assez pour augmenter et non pour empêcher ses plaisirs. Enfin elle lui avait abandonné ses charmes adorables ; il se rassasia de délices. Zobéide n’y fut pas insensible, les mouvements qu’elle se donna pour diminuer sa victoire mirent le dernier comble à leur volupté ». Jacques Rochette de La Morliere - Angola, Histoire Indienne 1746

 

 

« Nous enfilions la grande route du sentiment, et la reprenions de si haut, qu’il m’était impossible d’entrevoir le terme du voyage ». Madame de T*** dans Point de lendemain

« Quel espace immense, me dit-elle, entre ce lieu-ci et le pavillon que nous venons de quitter ! »

Confidences (elles-mêmes de plus en plus intimes) – baisers – caresses – animent la progression du plaisir avec celui du cheminement géographique ...

Madame de Lursay met au fait le jeune Meilcour : « Elle ajouta à cela mille choses finement pensées, et me fit entrevoir de quelle nécessité étaient les gradations. Ce mot, et l’idée qu’il renfermait, m’étaient totalement inconnus. » Crebillon fils

Nicolas Lavreince (Lafrensen Niklas, dit)

 

« […] le délire voluptueux s’empara de nos sens ; Bacchus et la Folie menaient le branle. […] Ces jeux, ces baisers qui se répétaient dans les glaces nous échauffèrent à l’excès.

(…) Rose, livrée sans frein à la passion furieuse dont elle faisait l’idole de son bonheur, à la fin y succomba. Ses règles n’avaient point paru ; elle ne fut pas longtemps sans essuyer un épuisement total, suivi de vapeurs affreuses. Sa vue s’en ressentit, elle ne ressemblait plus qu’à une ombre ambulante. Sa gaieté fut totalement perdue et un dépérissement, produit par une fièvre lente, la conduisit enfin au tombeau. » Le Rideau levé, ou l'éducation de Laure de Mirabeau

 

« Amélie s’accoutuma […] à recevoir des caresses qui l’auraient révolté, si le duc n’avait eu l’adresse de les obtenir par de lentes gradations » Félicité de Choiseul-Meuse

Nicolas Lavreince (Lafrensen Niklas, dit)

« la résistance [ajoute] au plaisir » (…) «  Je reculai d’abord, mais on pense bien que je n’avais pas la force de résister. Je me laissai aller sur une bergère, l’abbé en fit autant, persista dans ses hardiesses et vainquit ma résistance. » Javotte dans le roman attribué à Paul Baret

 

« Tout ceci avait été un peu brusqué. Nous sentîmes notre faute. Nous reprîmes avec plus de détails ce qui nous avait échappé. Trop ardent, on est moins délicat. On court à la jouissance en confondant les délices qui la précèdent. » le narrateur de Point de lendemain.

 

« Nous n’allions pas au bonheur avec la rapidité du trait qui vole à son but ; mille gradations délicates nous y conduisaient lentement, la mèche brûlait avec économie : des plaisirs inexprimables suspendaient l’explosion des flammes dont nous étions intérieurement embrassés. » Félicia ou Mes Fredaines de André-Robert Andréa de Nerciat.

 

Madame de T*** dans Point de lendemain, enlève le jeune narrateur :

« Elle sourit, me demande la main, descend, me fait entrer dans sa voiture, et je suis déjà hors de la ville avant d’avoir pu l’informer de ce qu’on voulait faire de moi. »

« (…) On me faisait, par intervalles, admirer la beauté du paysage, le calme de la nuit, le silence touchant de la nature. Pour admirer ensemble, comme de raison, nous nous penchions à la même portière ; le mouvement de la voiture faisait que le visage de Madame de T*** et le mien s’entretouchaient. Dans un choc imprévu, elle me serra la main ; et moi, par le plus grand hasard du monde, je la retins entre mes bras. Dans cette attitude, je ne sais ce que nous cherchions à voir. »

 

«  (…) L’attitude où un homme et une femme se trouvaient nécessairement dans ces sortes d’équipages avait je ne sais quoi de voluptueux qui rendait l’un plus entreprenant et l’autre plus facile à vaincre. Les genoux et les jambes se trouvaient entrelacés l’un dans l’autre ; les visages, vis-à-vis et très près l’un de l’autre, se renvoyaient mutuellement la chaleur de la passion qui les animait. Séparés du reste du monde et se regardant comme dans une entière solitude, tout disposait à la volupté et contribuait à diminuer les égards d’un côté, et à faire perdre les scrupules de l’autre. »

 

 

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

Voir les commentaires

1920 - Le sexe ?

Publié le par Perceval

1920 - Le sexe ?

1920 - Le sexe ? ... Silence... ! Même si on voudrait bien savoir...

« Jouir est le grand mot d'ordre du jour », déplore Madame Vérine, qui défend un programme d'ordre moral dans l'Ecole des Parents en 1929.

On a l'impression que la sexualité s'échappe de la sphère privée et conjugale pour toucher l'ensemble de la jeunesse … Mais la tendance générale est que l'on ne parle pas de ces ''choses'' là... !

Les jeunes des deux sexes rêvent de sexualité mais ont peur de l'acte sexuel pour des raisons différentes : les filles redoutent le déshonneur et l'enfant ; les garçons craignent de ne pas être à la hauteur... L'amour et la sexualité appartiennent à deux mondes différents...

 

Sources : Intimité amoureuses : 1920-1975 de Anne-Claire Rebreyend

1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?

Voir les commentaires

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 12/. -

Publié le par Perceval

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 12/. -

Sur le désir de connaître ce mystérieux ''sexe féminin'' le XVIIIe s. s'étale entre vision médicale ( mécaniste) et vision fantasmée... Ainsi exprimée par Félicité :

« Que Dieu vous garde, ma chère maîtresse [c’est Félicité qui parle], d’être jamais dans le cas de passer par la casserole de saint Côme ! Comme la plus belle femme cesse alors d’être l’image d’une divinité ! Quelle humiliation ! Quelle différence d’étaler ses charmes aux yeux d’un fouteur plein d’ivresse, ou bien à ceux d’un inanimé docteur, qui ne voit dans tout cela qu’une machine immonde, détraquée, qu’il s’agit de purifier et de réparer ! Quelle barbare nomenclature au lieu de ces jolis ou joyeux noms qui, dans le plaisir, sont prodigués aux attrayants objets de mille folies ! »

L’appareil génital féminin peut être comparé à un « gouffre aussi insatiable que Charibde ». Code de Cythère ou le Lit de justice d’Amour., de Jean-Pierre Moet (1746).. Le gouffre, la grotte : lieu souterrain, obscur, un piège aussi … !

« Je me dépêche d’arriver à la grotte charmante qui termine le labyrinthe. Quand on y est, il semble qu’on soit séparé de l’univers, on y marche sur les roses et on en est couronné. J’y vais souvent surtout quand le soleil se couche. L’attrait y mène, l’enchantement y retient, on y rêve… à ce qu’on veut » (Les Malheurs de l’inconstance,).

Nerciat réunit en l’effrénée Mme de Caverny la figure de l’hystérique, de la femme-gouffre et plus généralement de l’excès spécifiquement féminin très souvent illustré dans les romans libertins...

« Il faut être folle pour imaginer ce que tenta pour lors l’effrénée Mme de Caverny. D’une main, qui peut à peine seconder son dessein, elle saisit à la fois les deux boute-joies ; enjambe ; les enfourche ; et les présente accolés à l’orifice brûlant de sa spacieuse vulve. Tous deux y pénètrent et reconnaissent qu’elle peut fort bien les héberger. […] Les instruments de son bizarre caprice, malgré la gêne de l’attitude et leur inexpérience à pareil travail, s’en acquittèrent pourtant assez bien : elle tomba dans une crise indicible… les inonda tellement qu’ils ne s’aperçurent presque plus d’être deux ; et fit craindre, un moment, qu’elle n’eût trouvé tout de bon la mort dans ce monstrueux excès de libertinage. » Le Diable au corps de Nerciat

Qu'est-ce donc que ''le diable au corps'' ? C'est « Ce surcroît de possession m’exalte, me met hors de moi : je ne suis plus une simple femme, je suis une démoniaque en délire, dont Priape et Bacchus brassent le sang ; je sanglote ; je siffle comme un serpent ; je jure ; je mords ; je broie à grands coups de mon croupion convulsif les deux fouteurs, […]. » La marquise dans Le Diable au corps de Nerciat

La femme est souvent conçue, au XVIIIe siècle, comme très largement déterminée par son corps, et en particulier par son utérus, cause, entre autres maladies et dysfonctionnements du corps et de l’identité féminins, de l’hystérie.

Et l'homme ? Il y a risque que le sexe masculin soit rendu impuissant par l’appétit sans borne du sexe féminin...!

« Je ne souhaitais plus que la mort : j’avais perdu le pouvoir de jouir de la vie, l’anéantissement était le but de tous mes désirs. J’aurais voulu me cacher éternellement ce que j’avais été, je ne pouvais penser sans horreur à ce que j’étais. « Le voilà donc, disais-je au fond de mon coeur, le voilà cet infortuné père Saturnin cet homme si chéri des femmes, il n’est plus : un coup cruel vient de lui enlever la meilleure partie de lui-même : j’étais un héros, je ne suis plus qu’un... Meurs, malheureux, meurs, peux-tu survivre à cette perte, tu n’es plus qu’un eunuque ». Saturnin, dans Le Portier des Chartreux, atteint par la vérole...

La courtisane serait en toute lumière une: « Eve moderne dont la nature est de tromper. »

Et, la Margot de Fougeret de Monbron, en se faisant représenter en « Madeleine pénitente » par « tous les Apelles et barbouilleurs de Paris», illustre en elle cette ambivalence de la figure de Marie-Madeleine, à la fois voluptueuse ( jusqu'à être incarnée par le corps d’une courtisane) et pénitente.

Notes :

Les Malheurs de l'Inconstance de Claude-Joseph Dorat (1734-1780) est publié en 1772, et Les Liaisons Dangereuses le furent en 1782. Et, à quelques détails, les deux intrigues présentent d'évidentes similitudes.

Roman épistolaire : la narration se fait par lettres successives que les différents protagonistes s'envoient les uns aux autres mais seul le lecteur a une vue de l'ensemble de ces lettres...

Le Duc de ***, libertin cynique, éconduit par Madame de Syrcé, décide de se venger : « Je n'ai pu la déterminer en ma faveur, je veux la séduire par procuration ».

Il confie cette mission à son cousin, le Comte de Mirbelle, dont le cœur est déjà pris par une Anglaise, Lady Sidley. il le pousse dans les bras de la belle puis veux rendre public la liaison, et en causer la rupture … Et ; Madame de Syrcé et le Comte de Mirbelle vont se prendre au jeu, et tomber réellement amoureux l'un de l'autre...

Si Madame de Syrcé est mariée, la belle anglaise Lady Sidley a le coeur pris par le Comte de Mirbelle ; et les vilaines manoeuvres du Duc de *** vont peu à peu être mises à jour...

* Claude-Joseph Dorat (1734-1780). Né dans une famille de robe,et après avoir quitté l'armée, il se mit à fréquenter le monde des lettres, du théâtre et des femmes à la mode où il épuisa son patrimoine en dépenses pour ses plaisirs et pour l'impression de ses ouvrages.

Homme de théâtre, poète, il fut avant tout apprécié comme romancier. Estimé de son temps pour ses deux grands romans: Les Sacrifices de l'Amour (1771) et les Malheurs de l'inconstance (1772)... Amant de Fanny de Beauharnais ( féministe, écrivaine, salonnière ..;) , elle le secourut quand il fut ruiné...

 

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 12/. -

Voir les commentaires

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 9/. -

Publié le par Perceval

Le culte aux ''Mystères'' du corps féminin :

En l’honneur de certaines divinités et réservés aux seuls initiés....

Le narrateur de Point de lendemain remarque, en regardant la grotte du cabinet secret, que « le dieu du mystère [veille] à l’entrée » alors que « l’obscurité [règne] avec le silence dans ce nouveau sanctuaire ».

Lors du dépucelage, l'homme, par son phallus, est le sacrificateur... La femme est victime et déesse, Félicia porte ainsi machinalement la « main sur l’instrument de [son] martyre», et reste ''maîtresse de son martyre … Félicia se compare à la déesse :« Vénus naquit de l’écume des flots : moi, qui ressemble beaucoup à cette déesse par les charmes et les inclinations, je suis aussi née en plein océan, mais mes premiers instants ne furent point un triomphe » Félicia ou Mes Fredaines est un roman libertin français, écrit par André-Robert Andréa de Nerciat et publié pour la première fois en 1775

Dans Point de lendemain, c'est Madame de T*** - prêtresse - qui se montre tout particulièrement habile à ce jeu du Mystère et entraîne ainsi son jeune amant d’une nuit :

« Tout cela avait l’air d’une initiation. On me fit traverser un petit corridor obscur, en me conduisant par la main. Mon coeur palpitait comme celui d’un jeune prosélyte que l’on éprouve avant la célébration des grands mystères... »

Le Temple de l'Amour est présenté comme un '' temple de la mollesse '' : métaphore du corps féminin et espace propre à l’accueillir... La chambre à coucher de la marquise, dans le Diable au corps, est désignée comme « le temple de la mollesse et du libertinage »...

« Je fixai ma demeure dans un cabinet orné avec une extrême magnificence, et beaucoup de goût, quoique l’un semble toujours exclure l’autre. Tout y respirait la volupté ; les ornements, les meubles, l’odeur des parfums exquis qu’on y brûlait sans cesse, tout la retraçait aux yeux, tout la portait dans l’âme. Ce cabinet enfin aurait pu passer pour le temple de la mollesse, pour le vrai séjour des plaisirs » le cabinet de Zéïnis, dans Le Sopha.

L’abbé T*** des Lauriers ecclésiastiques pénètre, dans l’asile de la duchesse de **… qu’elle a aménagé à l’image de la mollesse féminine pour mieux inviter l’homme aux transports voluptueux :

« Nous entrâmes dans une pièce où tout invitait à la volupté et à la mollesse. […] Je ne voyais que sophas, que duchesses, que bergères, que chaises longues, avec un nombre infini de coussins ; les peintures les plus sensuelles ornaient ce réduit charmant. Enfin tout ne respirait que l’amour et le plaisir dans ce lieu dangereux. »

Madame de T***, « la reine de ce lieu », dans Point de lendemain, va se « jeter nonchalamment » sur son ''autel'' alors que son jeune amant tombe à ses pieds. Pour Madame de T*** ; l'autel est « un petit coussin de satin couleur de feu, mis au milieu, qui formait la pierre sur laquelle devait se consommer le sacrifice »

Rozette attend Thémidore, son sacrificateur :

« Rozette elle-même s’était placée sur l’autel ; ses mains étaient jointes sur sa tête, mais sans la presser ; ses yeux fermés ; sa bouche ouverte, comme pour demander quelque offrande. Une rougeur naturelle et fraîche couvrait ses joues ; le zéphyr avait caressé tout son extérieur ; une mousseline transparente couvrit la moitié de sa gorge, et l’autre moitié se montrait en négligé aux regards : d’un côté l’examen était permis, et de l’autre, sous l’air d’être défendu, il devenait plus piquant. Ses bras paraissaient avec tout leur embonpoint et leur blancheur. Ses jambes croisées dérobaient ce que j’aurais voulu envisager, mais fournissaient à l’imagination une belle prairie à s’égarer. Rozette dormait en disposition de se réveiller aisément et en position qui n’attendait que le plaisir. » ( l'autel de Rozette est fait de bois de myrte, un symbole de la déesse Vénus )

L’homme, également, fait du corps féminin et en particulier du sexe féminin à la fois le temple voué au culte de son propre sexe ( le dieu phallus) et la victime sacrifiée à ce culte.

« Le Dieu, suffisamment adoré, languissait après un autel. Il est si accommodant ! Ennemi du luxe, moins son temple a la vogue, plus sa niche est étroite, plus il y est mal à l’aise… plus alors il se croit honoré… C’est même pour cela que, souvent, abandonnant les vastes nefs, il a l’humble caprice de se confiner dans quelque obscure chapelle, dans quelque recoin de la sacristie. » Le Diable au corps de Nerciat

 

Notes :

Vivant Denon (1747-1825) est un graveur, écrivain, diplomate et administrateur français. Il est aussi connu comme égyptologue et ami de Bonaparte. "Point de lendemain" (1777) est l'histoire d'une femme qui trompe trois hommes : son mari, son amant, et un jeune homme qui tombe par malheur entre ses griffes, et ce pour que le mari ne découvre pas quel est son véritable amant. Histoire d'une d'initiation et de rêve restée sans lendemain. Ce récit est un petit chef-d’oeuvre de stratégies amoureuses et de pouvoir. Un récit non signé (seulement avec les initiales, M.D.G.O.D.R. pour Monsieur Denon, gentilhomme ordinaire du roi). Sans doute par pure discrétion d’un auteur qui n’a jamais caché que l’intrigue était authentique.

Louis Malle signe en 1958, avec Louise de Vilmorin, le scénario – les Amants - d’une adaptation libre de Point de lendemain.

 

Félida ou Mes fredaines (1775), est un roman de Nerciat , il concentre l'essence du romanesque libertin en un dosage subtil d'humour, d'évasion et d'élan passionnel.

C'est un vrai roman d'aventure, avec ses mystères, ses improbables coïncidences... Félicia est l'une des plus grandes courtisanes de la littérature du XVIIIe siècle.

Félicia n’hésite pas à poser tout clairement son opinion : « le parfait amour est une chimère. Il n’y a de réel que l’amitié, qui est de tous les temps, et le désir, qui est du moment ».

« C’était pour me procurer mille morts délicieuses qu’il ménageait avec art ce baume précieux qui donne la vie. Il en était quelquefois avare, jusque dans les moments où, ne supportant plus l’excessive ardeur de mes feux, je le priais de me prodiguer ce qui seul pouvait les éteindre ; je ne le trouvais disposé à mettre ainsi le comble à notre félicité que lorsque l’amortissement lui annonçait la fin prochaine de mes désirs ; alors l’ardeur des siens savait les faire renaître ; il me faisait goûter de nouveaux ravissements, dont j’aurais été privée, s’il eût partagé jusque-là tous mes plaisirs. Que les hommes aussi délicats sont rares ! »

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

 

Voir les commentaires

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 5/. -

Publié le par Perceval

Le corps féminin: exploration.

Dans ''le Portier des Chartreux'' (1741), Saturnin fruit d'une nonne et de père inconnu, raconte ses mémoires... Mme Dinville « tétonnière autant que femme du monde » déniaise le jeune homme ...

Les métaphores topographiques et géographiques servent à désigner l’anatomie du corps féminin ; alors que la dame feint de dormir ...

« Devenu plus hardi, je changeai de posture, et mes yeux animés par la vue des tétons, à faire de nouvelles découvertes, voulurent descendre plus bas : je mis la tête aux pieds de la dame, et collant mon visage contre terre, je cherchais à pénétrer dans l’obscur pays de l’amour, et je ne voyais rien : ses jambes étaient croisées, et la cuisse droite se trouvant collée sur la gauche, mettait mes regards en défaut. Je voulus du moins me dédommager, en touchant, de l’impossibilité de voir. Je coulai la main sur la cuisse, et j’avançai insensiblement jusqu’au pied de la montagne ; déjà je touchais du bout du doigt l’entrée de la grotte, je croyais n’en pas souhaiter davantage, je croyais y borner tous mes désirs. »

Ensuite c'est Fanny qui se charge de l'éducation de Saturnin qui « brûlait de connaître comment [elle était] faite » :

« Je me plaçai moi-même dans l’attitude la plus favorable pour exposer à ses regards le petit antre des voluptés et le coup d’oeil luxurieux du voisinage.

Extasié à la vue d’un spectacle si nouveau pour lui, il écarta légèrement les bords de ce sombre et délicieux réduit ; fourrant un doigt dedans, il parvint à cette douce excroissance qui de souple qu’elle était enfla de telle sorte à son toucher que le chatouillement m’arracha un soupir. Cependant il n’abusa pas plus longtemps de ma complaisance. »

L’ouvrage est attribué à Jean-Charles Gervaise de Latouche,avocat au Parlement de Paris (1715-1783).  « Ce qui parcourt ce roman-là, c'est le feu. (…) Là, on arrive avec un érotisme qui n'est pas dans la distance, de l'alignement parfait des corps, mais dans le feu qui va dévorer les personnes qui ressentent du désir. » Caroline Allard 

Le désir de la destination finale de l'amant devient celui du voyageur :

« Je ne restai pas longtemps à table, j’avais mon dessein : le voyageur curieux d’arriver ne s’amuse pas à considérer les prairies qui se trouvent sur son passage.

Rozette savait la carte de mon voyage ; elle m’avait vu mettre le doigt sur l’endroit où je prétendais arriver ; et avait résolu de me donner quelques distractions en chemin ». de Claude GODARD D’AUCOUR, Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maîtresse, 1744

Claude Godard d’Aucour (Né à Langres en 1716 ) fut tour à tour fermier général puis receveur général des finances. Il remporta un premier grand succès littéraire avec L’Histoire galante de deux jeunes Turcs durant leur séjour en France, pour lequel il s’inspira des Lettres persanes de Montesquieu.

Thémidore, roman libertin lui aussi paru la même année, raconte l’histoire d’un jeune conseiller au Parlement épris d’une femme rencontrée au cours d’une partie fine. Le père du garçon n’apprécie guère cette liaison et réussit à faire enfermer la gourgandine au couvent. Mais le fils rebelle s’ingénie, avec succès, à l’en libérer. Cette charge ironique contre la religion et les puissants fut interdite à deux reprises sous la Restauration, mais enchanta Maupassant, qui y vit « une merveille de grâce décolletée » et « un impur chef-d’œuvre ».

La Route des plaisirs :

« Dom Procureur, d’abord un peu timide, s’avoisine cependant, caresse délicatement du plat de la main ma blanche et ferme mappemonde… Il ose même glisser un doigt furtif le long du sillon ». Le Diable au corps de Nerciat

« L’amant (Dom Procureur) apparaît alors comme un explorateur encore intimidé par ce qu’il s’apprête à découvrir mais « ose » peu à peu approcher des « terres » du corps de la marquise avant de s’y aventurer tout à fait, de la main et du doigt, afin de (se) révéler ce qui, dans le corps féminin, est le plus caché. La timidité première, la délicatesse et le verbe « oser » tendent ainsi à suggérer que l’exploration du corps féminin ne se fait que dans le risque, la tentative hardie, comme s’il y avait quelque danger à se lancer ainsi à la découverte de ces terra incognita d’un autre genre. » Morgane Guillemet

Le chevalier de Nerciat (1739-1800), libertin et fin politique, il a su avec joie de vivre et santé heureuse, traverser une époque plus difficile … À vingt ans, soit en 1759, il embrasse la carrière militaire et entre comme lieutenant dans le bataillon de milices de la province de Bourgogne. Il voyage... En 1771, il est gendarme de la garde du Roi. Il fréquente alors les salons du marquis de La Roche et Nerciat le suivra à la cour de Frédéric II. Le chevalier aurait, durant cette période, c’est-à-dire pendant quatre ans, fréquenté des sociétés secrètes de libertinage. En 1775 paraissent les premières œuvres du chevalier : son roman Félicia ou mes fredaines obtient un succès immédiat...

Nerciat quitte en 1775Paris et voyage en Suisse et en Allemagne où il remplit de secrètes missions pour la Cour. On suppose qu’il était agent secret tout comme Mirabeau et Dumouriez...

En 1782, sa première femme décède. En 1783, il est de retour à Paris, où il épouse Marie-Anne-Angélique Condamin de Chaussan, originaire de Lyon et âgée de dix-huit ans.

En 1791, il aurait rejoint l'armée de Condé, à Koblentz, formée exclusivement d’émigrés français. Il y occupe le grade de colonel. En 1792, il devient aide de camp du duc de Brunswick pour qui il aurait travaillé comme agent secret.

Puis, le chevalier abandonne la cause des émigrés et devient espion pour la République... Il est certain qu'à partir de septembre 1792, Nerciat travaille pour le gouvernement révolutionnaire.

À la suite de ces deux missions, Nerciat ne rentre pas en France. Il aurait alors exercé le métier de libraire d’abord à Neuwied, ensuite à Hambourg et enfin à Leipzig. Trois de ses romans paraissent durant cette période, soit Monrose (1792), Mon noviciat ou les joies de Lolotte (1792) et Les Aphrodites (1793).

En 1796, Delacroix, ministre des Affaires étrangères, charge Nerciat d’une importante mission secrète. Le chevalier doit sonder à Vienne les chances d'une paix séparée avec l'Autriche.

Nerciat adresse régulièrement des rapports au secrétaire de Delacroix, Guiraudet, avec qui par ailleurs madame de Nerciat, faute d’avoir son mari auprès d’elle, entretient des relations intimes.

Ensuite, Delacroix l'envoie en mission en Italie. Devenu agent double, il y sera emprisonné et se retire à Naples pour y mourir...

Sa vie fut aussi dangereuse que son œuvre est joyeuse.

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

Voir les commentaires

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 4/. -

Publié le par Perceval

* Le corps féminin: ''terra incognita''

« Le personnage féminin du roman libertin se caractérise souvent par une identité fluctuante, qu’il s’agisse, pour la femme, de se conformer au caractère de son amant et à ses désirs, ou de ne pas se dévoiler pour ne pas se soumettre. Ainsi Illyrine, dans l’autobiographie romancée de Suzanne Giroust, change-t-elle de prénom avec chaque nouvel amant, comme si elle devenait chaque fois une autre femme, une femme différente, auprès de chaque homme. »

Cette ambiguïté, s'attache au fait que la femme libertine est ici, courtisane et cherche à donner à son corps la forme que souhaite lui voir revêtir son amant ou leur client, et prend l’identité qu’il convient à l’homme d'endosser... « Enfin et pour conclusion, qu’elle n’ait point de caractère à elle ; mais qu’elle étudie avec soin celui de son amant, et sache s’en revêtir comme si c’était le sien propre » Madame de Morency, Illyrine ou l’Écueil de l’inexpérience

Ce « que l’on retrouve de façon récurrente dans le roman libertin, c’est le décalage entre le personnage féminin et ses observateurs, entre ce qu’est véritablement le personnage féminin et l’homme qui cherche à l’observer, à le percer à jour ou à la connaître pense qu’il est. »

Au XVIIIe siècle, la femme est donc un être essentiellement inconstant... Cette ambiguïté devient fantasme et participe au mystère féminin ( ce ''continent noir'' : Freud) …

Elle devient instrument de pouvoir, pour donner à la femme les moyens d'obtenir ce qu'elle désire... La marquise de Merteuil a appris à jouer de son corps avec une grande virtuosité pour son propre plaisir et afin d’exercer son pouvoir sur les hommes, sur ses amants, ainsi est-elle : « tour à tour enfant et raisonnable, folâtre et sensible, quelquefois même libertine, je me plaisais à le considérer comme un Sultan au milieu de son Sérail, dont j’étais tour à tour les Favorites différentes. En effet, ses hommages réitérés, quoique toujours reçu par la même femme, le furent toujours par une Maîtresse nouvelle. » Laclos

 

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

 

* * Notes sur Suzanne Giroust de Morency :

Issue d'une riche famille de négociants, Barbe-Suzanne-Amable Giroust voit le jour, rue Saint-Denis, le 16 novembre 1770. Elle est mariée à dix-huit ans pendant la révolution à un avocat Bertrand Quinquet... Suzanne Giroust qui osa faire paraître un roman autobiographique un peu leste, sous le nom de G...de Morency, en 1799 :"Illyrine, ou l'écueil de l'inexpérience" (Paris an VIII, Rainville.).

Courtisane.. ? ou femme libérée ? Elle revendiquer le droit de disposer de son corps, et fait, grâce à ses relations, lire un texte à l'Assemblée demandant le droit au divorce. Elle revendique l’adultère et réclame pour les femmes le droit de maîtriser leur destin.

Dans son roman ''Illyrine ..'', elle met en scène ses nombreux amants révolutionnaires ; « le vécu prime sur l'imaginaire et toutes les bibliographes s'accordent à considérer le roman comme une authentique autobiographie, que viennent agrémenter les exagérations et les fantasmes romanesques... L'intérêt de l'ouvrage réside à la fois dans le témoignage (vécu) que l'auteur nous apporte sur la vie quotidienne d'une aventurière sous la Révolution et le Directoire, dans les portraits de ses amants ( on a bien plus l'habitude de rencontrer leurs noms dans les manuels d'histoire que dans les récits d’alcôve), mais surtout dans l'orientation autobiographique du roman du libertinage, qui semblait jusqu'alors assez rare et réservé aux auteurs masculins » Sexualité, mariage et famille au XVIIIe siècle, par Olga B. Cragg, Rosena Davison

 

« Illyrine, ou l’écueil de l’inexpérience est une fiction romanesque remarquable par la pensée libre de tout préjugé de Suzanne Giroust : un parti pris de vérité dénote une sorte de sagesse épicurienne, proche parfois d'une pensée sceptique. Le regard plein d'humour porté sur la société et les relations humaines est d'une rare lucidité... Si l'amour est le bonheur suprême, il ne s'entend que dans la volupté et dans le renouvellement : « j'aimais sans jouir, je jouissais sans aimer ; mais bientôt je jouis et j'aimais. ».

L'héroïne de la fiction est une femme émancipée, indépendante, qui affiche ses conquêtes, parle de sensualité ardente et de ses jouissances avec bonheur. Les expériences successives lui révèlent son être féminin, sa sensualité, le désir , le plaisir. La liberté sexuelle pour laquelle la romancière plaide, sa remise en cause du mariage et du couple sont un écho de certaines revendications féministes de la Révolution. (..) Suzanne Illyrine, déçue par son mariage, trouve sur son chemin le député Hérault de Séchelles, le duc de Biron, général des armées de Belgique, le général Dumouriez.

Impulsive, elle vit passionnément ses idylles d'un jour ou de plusieurs mois. Après un divorce qu'elle obtint sitôt les lois civiles modifiées, elle suit Fabre d'Eglantine, puis de nouveau Hérault de Séchelles dans quelque temple d'amour, avant d'être sauvée des prisons de la Terreur par le citoyen Corbières-Dorat. L'héroïne n'éprouve aucun remords, la vertu pour elle une pure convention sociale. Dans le contexte conservateur du Directoire, le roman a des avancées très originales sur les droit des femmes à la sexualité, à l'amour et sur leur liberté. » Vivre libre et écrire: anthologie des romancières de la période … publié par Huguette Krief

 

« Ce monde est une comédie. / Où chaque acteur vient à son tour./ Amuser les hommes du jour. / Des aventures de sa vie. » Suzanne Giroust

A suivre...

Voir les commentaires

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 3/. -

Publié le par Perceval

Lancret - Le nid d'oiseaux et la cage à oiseaux...

Lancret - Le nid d'oiseaux et la cage à oiseaux...

* La Jeune Fille devient femme, par une ''rupture'' : la violence du dépucelage.

« Son pied glissa sur la voie lactée, elle tomba à la renverse ; je volai à son secours, mais inutilement. Une puissance plus forte que moi m’empêcha de la relever et m’entraîna dans sa chute… J’avais quinze ans et Aline quatorze. C’était à cet âge et dans ce lieu que l’amour nous attendait pour nous donner ses premières leçons. Mon bonheur fut d’abord troublé par les pleurs d’Aline, mais bientôt sa douleur fit place à la volupté, elle lui fit aussi verser des larmes ! Et quelles larmes ! ce fut alors que je connus vraiment le plaisir, et le plaisir plus grand d’en donner à ce qu’on aime » . BOUFFLERS, Stanislas de, La Reine de Golconde, s.l., 1761 - cf note (1)

 

« Déjà tout ce que j’avais souffert était oublié ; je jouissais réellement, sentant que je possédais celui qui m’était si cher, et qu’après avoir payé le bizarre tribut auquel la nature a voulu soumettre notre sexe infortuné, j’allais moissonné à mon aise dans le vaste champ des voluptés »… La Reine de Golconde

 

« La douleur aiguë que l’intromission de ce monstre, à jamais vénérable, me causa, m’aurait arraché les hauts cris si je n’avais appréhendé de donner l’alarme au voisinage. Néanmoins, le mal fut bientôt oublié par les délicieuses agonies où il me plongea. Que ne puis-je exprimer les ravissantes convulsions, les charmantes syncopes, les douces extases que j’ai éprouvées alors! »

« Je fus bien et dûment déflorée. Depuis ce temps-là, je dormis beaucoup mieux. Mille songes flatteurs présidaient à mon repos » . Margot la ravaudeuse. (2)

 

La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.
La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.
La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.
La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.

La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue... Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.

(1) Stanislas Jean de Boufflers, marquis de Remiencourt (1738-1815) à Paris en France) est un libertin, un poète lorrain puis français. Il est le fils de Louis François, marquis de Remiencourt, et de la marquise, la belle et spirituelle Marie Françoise Catherine de Beauvau-Craon (1711-1786).

Stanislas grandit à la cour de Lunéville où il eut pour parrain le roi Stanislas, dont sa mère était la maîtresse en titre :  au grand déplaisir du Père de Menoux, confesseur de Stanislas : « [...] La marquise était fort jolie femme, plus galante encore et, s'il est possible, encore plus incrédule. Elle ne concevait pas comment on pouvait aimer Dieu » Souvenirs du comte de Tressan

Douée « d'un charme à nul autre pareil [...], de beaucoup de gaieté naturelle, de bonne grâce et de finesse [...], d'un esprit supérieur, juste, original »  elle sera la maîtresse de quelques hommes qu'elle distingua : l’avocat et poète François-Antoine Devaux, l’intendant de Lorraine Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, le poète Jean-François de Saint-Lambert. « Pour Tressan, on a des doutes. On cite encore le vicomte d'Adhemar et le comte de Croy. C'est tout. », peut-on lire dans une étude de la revue Le Pays lorrain (Maurice Payard ).

D’abord destiné à l’Église, son fils, Stanislas de Boufflers passe deux ans au séminaire de Saint-Sulpice où il compose un conte légèrement licencieux, Aline, reine de Golconde, qui connut un grand succès.

***

(2) Louis-Charles Fougeret de Monbron (1706 - 1760), est un homme de lettres français.

'Margot la ravaudeuse' est née dans une famille des bas-fonds parisiens, elle répare, chaussures et vêtements dans un tonneau, sorte de modeste échoppe, sur la voie publique avant d'être repérée par une maquerelle et de devenir "demoiselle du beau-monde" ; le lecteur suit les péripéties de cette fille du peuple reconvertie... Il s'agit d'une satire misanthrope et pessimiste de Fourgeret qui s'exprime avec humour aussi, c'est sa dénonciation d'un monde cruel ( Eglise comprise...) où le peuple est ignoré...

Voir les commentaires

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 2/. -

Publié le par Perceval

Ainsi avance l’idée de la « femme naturelle », et prend d’autant plus de sens dans un contexte idéologique qui fait de la femme l’être par excellence voué à la nature et à sa nature.

Laclos, lui, dans ses « essais sur les femmes », en 1783, va plus loin : l’esclavage de la femme n’est en rien naturel, ce sont la société et le manque d’éducation qui lui ont ravi les avantages accordés par la nature.

« Il ne veut point, ce philosophe ( ndt : il s'agit de Rousseau) , ainsi que ma mère, faire de moi ni une citoyenne, ni une Marchande, ni une femme attachée à des devoirs civils, ni une mère sensible à ses enfants, ni attachée à son état ; mais une fille, une femme naturelle, tel est l’ordre de la nature, et il n’y en a point d’autre. » HUERNE DE LA MOTHE, François-Charles, Histoire nouvelle de Margot des Pelotons, Genève, 1775, p. 6

La liberté sexuelle apparaît comme un état de nature – opposé à l’état social qui refuse cette liberté sexuelle à la femme - dans le discours que tient le père de Laure à la jeune fille :

« Elles tiennent de leur existence et de leur constitution le droit de choisir, et même de changer si elles se sont trompées. Eh ! qui ne se trompe pas ? Enfin, c’est ce droit né avec elles qui les rend plus inconstantes que les hommes, qui tiennent des lois générales d’être plus infidèles. S’il est en elles, par la constitution de leur sexe, un degré de volupté plus grand, un plaisir plus vif ou plus durable que le nôtre, qui les dédommage en quelque sorte des accidents et des peines auxquels elles sont soumises, quelle injustice de leur en faire un crime ! » MIRABEAU, Honoré-Gabriel Riqueti de, Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure, Arles, 1785

Les personnages de libertins, à l’instar de l’abbé T*** à Thérèse, ne cessent de l’affirmer, les « besoins de tempérament [sont] aussi naturels que ceux de la faim et de la soif »

Est désigné, par le terme « tempérament », l'appétit sexuel .... « Je crois que la nature m’en a plus appris que les meilleurs maîtres. » Amélie de Saint-Far ou la Fatale erreur,

« Leur tempérament dépend-il d’elles ? De qui l’ont-elles reçu ? Leur imagination, plus aisément frappée et plus vivement affectée en raison de la délicatesse et de la sensibilité de leurs organes, leur curiosité excessive et ce tempérament animé leur présentent des images qui les émeuvent violemment, et qui les obligent de succomber d’autant plus aisément que le moment présent est, en général, ce qui les remue avec le plus d’énergie. » Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure.

 

Le tempérament, présenté comme la cause de l’inconstance et de la liberté sexuelle de la femme, n’apparaît plus comme le seul apanage de la courtisane, mais fait de toute femme, au moins potentiellement, un être sensuel et voluptueux. Car « s’il est bien difficile à un homme de triompher de ses désirs, il l’est bien davantage à ce sexe que tout sollicite à suivre la nature et les plaisirs ». NOUGARET, Pierre-Jean-Baptiste, Lucette ou les Progrès du libertinage, Londres, Nourse, 1765 Mais seule la femme libre aura su développer ses facultés pour parvenir à l’état naturel : la femme naturelle est donc fondamentalement un être libre.

Mirabeau, avec Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure, explique ainsi que la jeune fille doit soumettre l’évolution de son être à celle de son corps et donc de la nature – dans une conception de l’être féminin et de son corps entièrement soumis à la nature telle que l’entend le siècle.

« […] tes tétons naissants sont presque formés, tes membres s’arrondissent, ta motte se rebondit, elle est d’un incarnat admirable, et j’ai cru découvrir dans tes yeux que la nature veut qu’on te mette bientôt au rang des femmes. L’année dernière, au printemps, tu vis les préludes d’une éruption qui va s’établir tout à fait » .

« Ses soins généreux ou intéressés furent payés par des progrès étonnants. Ma beauté se développa de bonne heure, et bientôt mon esprit promit encore plus. Je devenais de jour en jour plus chère à Cynare : mes attraits naissants, loin de l’alarmer, lui paraissaient, dans le déclin des siens, une ressource utile, et elle n’épargna rien pour mon éducation ». Psaphion, la personnage principale du roman éponyme de Meusnier de Querlon en 1748

« J’avançais en âge et j’atteignis la fin de ma seizième année lorsque ma situation prit une face nouvelle : les formes commençaient à se décider ; mes tétons avaient acquis du volume, j’en admirais l’arrondissement journalier, j’en faisais voir tous les jours les progrès à Lucette et à mon papa, je les leur faisais baiser, je mettais leurs mains dessus et je leur faisais faire attention qu’ils les remplissaient déjà.. » Psaphion

« Telle j’étais à quatorze ans ; mais je touchais au moment où toutes les passions que je renfermais dans mon sein devaient éclore. Mon penchant à l’amour se trahissait de mille manières ; mes yeux étaient animés, souvent même remplis d’ivresse. Tout annonçait en moi ce que je devais être un jour » . CHOISEUL-MEUSE, Félicité de, Julie ou J’ai sauvé ma rose

« Nous ne cessions de nous toucher, de nous examiner ; nos cœurs purs comme le jour et nos mains innocentes ne trouvaient point déshonnêtes ces caresses naturelles. Semblables aux enfants des peuples policés, dont les préjugés n’ont pas encore altéré la tranquille candeur, on les voit entre eux jouer à la mère, se donner le fouet, parcourir avec émotion les lieux les plus secrets de leurs corps. Cet instinct, chez les enfants, est sans doute celui de la nature : c’était le nôtre. […] Une nuit, il s’approcha plus de moi, nous nous accouplâmes sans le savoir. » Félicité de Choiseul-Meuse

 

Il est à noter toutefois que le plus souvent – en dehors de quelques exceptions comme Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure, de Félicia ou Mes fredaines, de Julie ou J’ai sauvé ma rose de Félicité de Choiseul-Meuse, et quelques autres encore – le corps féminin n’est guère décrit dans les romans libertins,

« Pourrai-je jamais t’exprimer la blancheur, le satiné de sa peau, cette gorge divine sur laquelle sont posés deux jolis boutons de rose, l’élégance, la souplesse de sa taille, le contour, la fermeté de deux fesses dont la partie supérieure forme la chute de reins la plus admirable, la rondeur de deux cuisses que jamais l’art ne pourra imiter ? Pourrai-je te peindre ce ventre lisse et poli sur lequel j’imprimai un million de baisers ?... Pourrai-je, surtout, te donner une idée de ce réduit admirable, le plus bel ouvrage de la nature, centre de tous nos plaisirs, lieu délicieux où l’amour a fixé son séjour ? Vit-on jamais une motte mieux relevée et garnie d’une plus jolie mousse ? » ... ANONYME, La Messaline française, à Tribalis, de l’Imprimerie de Priape, 1789

Le regard masculin se dirige ainsi du haut vers le bas, commençant par la « gorge », laissant de côté le visage, et terminant par le « réduit des plaisirs », centre et but de toutes les attentions, de tous les désirs et de tous les fantasmes masculins. Car il ne s’agit pas tant de décrire le corps féminin – le choix de la formulation interrogative est révélateur – que de montrer le désir qui anime le regard masculin.

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

Voir les commentaires

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 1/. -

Publié le par Perceval

« Jamais fille chaste n’a lu de romans, et j’ai mis à celui-ci un titre assez décidé pour qu’en l’ouvrant on sût à quoi s’en tenir. Celle qui, malgré ce titre, en osera lire une seule page est une fille perdue ; mais qu’elle n’impute point sa perte à ce livre, le mal était fait d’avance » écrit Jean-Jacques Rousseau dans la deuxième préface de La Nouvelle Héloïse en 1761.

« Ainsi toute l’éducation des femmes doit être relative aux hommes. Leur plaire, leur être utiles, se faire aimer et honorer d’eux, les élever jeunes, les soigner grands, les conseiller, les consoler, leur rendre la vie agréable et douce : voilà les devoirs des femmes dans tous les temps, et ce qu’on doit leur apprendre dès leur enfance » ROUSSEAU, Jean-Jacques, Émile ou De l’éducation, La Haye, J. Neaulme, 1762

Des textes comme ceux du docteur Nicolas Venette, auteur du Tableau de l’amour conjugal en 1687, mais aussi, bien entendu, de textes littéraires, en particulier ceux de Diderot, notamment avec son Essai sur les femmes en 1772, et de Sade ; s’intéressent à la femme pour l’enfermer, bien souvent, dans l’infériorité physique qu’on lui suppose, doublée bien souvent d’une infériorité intellectuelle justifiée par la faiblesse physiologique.

C’est la Nature qui permet de justifier la subordination de la femme à son corps et à l’homme.

Dans le Roman libertin du XVIIIe , c’est toujours la nature qui décide de la femme et surtout de son corps, ce qui conduit bien souvent à subordonner la femme à son corps.

L’imagerie traditionnelle du roman libertin, qui fait notamment du bidet un meuble indispensable à la femme, la renvoie donc sans cesse à son corps et en particulier à cette partie qui cristallise tous les fantasmes masculins et concentre toutes les attentions, à savoir ce que le roman libertin aime à appeler le « minon » et la ramène une nouvelle fois à l’intérieur de son corps, c’est-à-dire à l’utérus, dont le sexe apparent se montre comme la porte d’entrée, véritable porte du Gynécée.

« Si cet ouvrage vient à tomber entre les mains de jeunes personnes, soit par l’inattention des pères et mères, soit par la négligence des personnes faites pour veiller à leur éducation, soit enfin par la séduction de quelques âmes libertines, qui ne manquent jamais d’artifice pour se procurer l’entrée des maisons honnêtes, si en un mot par tel accident que ce puisse être, une jeune fille se trouve à même de lire ce livre, qu’en arrivera-t-il ? Rien. Elle sera dans le cas, tout au plus, de gémir sur l’assemblage prodigieux des imperfections auxquelles son sexe est sujet, et sur les causes infiniment multipliées de son dérangement et de son entière destruction » . Le docteur Bienville, dans la préface de La Nymphomanie ou traité de la fureur utérine, en 1771.

« Votre mal, auquel ils n’ont rien connu, n’est point une affection du corps, mais un dégoût de l’esprit, causé par l’abus d’une vie trop délicieuse. Les plaisirs sont à l’âme ce que la bonne chère est à l’estomac. » NERCIAT, André-Robert de, Mon noviciat ou les joies de Lolotte, s. l., 1792

Le roman libertin ne représente jamais la jeune fille lisant des ouvrages médicaux, ni même de textes pouvant l’instruire sur sa propre physiologie ou sur son corps. L’héroïne d’Andréa de Nerciat, Lolotte, se voit ainsi mise en possession, par ses maîtres, de « quantité de livres qui [l’]avaient considérablement avancée dans la connaissances du sexe masculin, et de la douce utilité dont il est au sexe féminin ». NERCIAT, André-Robert de, Mon noviciat ou les joies de Lolotte, s. l., 1792

Les personnages masculins du roman libertin qui voient dans les femmes des êtres « susceptibles de faiblesses ou d’égarement » ne manquent pas, à l’image du chevalier de Gérac qui, dans Les Malheurs de l’inconstance de Dorat, en 1772, parle du sexe féminin comme d’ « un sexe faible, avide de bonheur et si bien fait pour le sentir ». DORAT, Claude-Joseph, Les Malheurs de l’inconstance, ou Lettres de la marquise de Syrcé et du comte de Mirbelle, Amsterdam et Paris, Delalain, 1772

De même, la femme auteure:...

Madame Durancy, dans Amélie de Saint-Far de Félicité de Choiseul-Meuse, en 1808, explique qu’une « femme ordinaire » est une femme « aimant à l’excès, soumise jusqu’à la faiblesse, confiante jusqu’à la sottise ». Mais dans le discours des personnages féminins qui fustigent cette faiblesse, la rejeter c’est aussi cesser, d’un certain point de vue, d’appartenir au sexe féminin. C’est ce qu’indique Emma, un des personnages féminins, lorsqu’elle se raconte lors de la sixième soirée de Entre chien et loup de Félicité de Choiseul-Meuse :

De la représentation au mythe : l’ambiguïté féminine dans le roman libertin « […] je ne vis plus qu’avec un souverain mépris, les faiblesses d’un sexe auquel je voulais appartenir le moins possible » .

« La femme porte au-dedans d’elle-même un organe susceptible de spasmes terribles, disposant d’elle, et suscitant dans son imagination des fantômes de toute espèce. [...] C’est de l’organe propre à son sexe que partent toutes ses idées extraordinaires. La femme hystérique dans la jeunesse se fait dévote dans l’âge avancé » DIDEROT, Denis, Sur les femmes, 1772

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

Voir les commentaires

Faire la cour...

Publié le par Perceval

A toutes époques, il faut con-quérir ...
A toutes époques, il faut con-quérir ...
A toutes époques, il faut con-quérir ...
A toutes époques, il faut con-quérir ...
A toutes époques, il faut con-quérir ...
A toutes époques, il faut con-quérir ...
A toutes époques, il faut con-quérir ...
A toutes époques, il faut con-quérir ...
A toutes époques, il faut con-quérir ...
A toutes époques, il faut con-quérir ...
A toutes époques, il faut con-quérir ...
A toutes époques, il faut con-quérir ...

A toutes époques, il faut con-quérir ...

« Faire la cour » : En référence à l'usage dans la cour du Roi ou de la Reine, les courtisans s'affairaient autour du souverain pour lui faire la cour, et s'attirer ses bonnes grâces, être bien vu de lui et, autant que possible, en obtenir diverses faveurs.

 

Étonnant... non? ... Mais peut-être con-vaincant

Étonnant... non? ... Mais peut-être con-vaincant

Voir les commentaires

1 2 > >>