Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #mythes - legendes tag

J'aime…. Jacqueline Kelen

Publié le par Perceval

Sa Biographie nous dit que Jacqueline Kelen est diplômée de lettres classiques, qu’elle a été jacqueline_kelen.jpgproductrice d'émissions à France-Culture pendant vingt ans et anime depuis une quinzaine d'années des séminaires d'expression orale et de communication dans l'enseignement supérieur, et des stages. Jacqueline Kelen consacre la plupart de ses livres et de ses séminaires au déchiffrement des mythes de la tradition occidentale et à l'étude de la voie mystique. Parmi ses ouvrages à succès, on peut citer 'Aimer d'amitié', 'La Déesse Nue', et plusieurs ouvrages sur les héroïnes biblique ou mythiques ... et encore: L’éternel masculin (Robert Laffont), Divine blessure, Les amitiés célestes (Albin Michel), L’Esprit de Solitude (Albin Michel, Prix 2001 des Librairies Mieux Être et Spiritualité), La puissance du cœur, Un chemin d’ambroisie (La Table Ronde)  et, en 2011, Hadewijch d'Anvers ou la voie glorieuse (Albin Michel), ainsi que le Bréviaire du colimaçon (Desclée de Brouwer)...etc


Plus précisément ....

Divine blessure
Jacqueline Kelen, à contre courant d’un certain «  développement personnel » , nous prévient qu’il faudrait se guérir de toujours chercher à se sentir «bien»… Certes, nous vivons aujourd'hui dans une idéologie thérapeutique toute-puissante, régressive (de l’enfant gâté ..) et consumériste ( je le veux ! ), qui nous infantilise en essayant d'exclure tous les risques de la vie !. Jacqueline Kelen se prononce contre la tyrannie de confort , et qui finalement amène l'être humain à se dérober de sa vocation spirituelle .. .Divine-blessure-Kelen.jpg

Les mythes et les grandes traditions spirituelles sont des guides précieux pour ceux qui apprennent à  les décrypter. Le mythe en effet nous amène à un degré de conscience supérieure : il nous apprend à être bien tout seul , et à découvrir notre véritable inspiration à la liberté ; la société actuelle, au contraire, vit sous le régime du semblable, elle mélange isolement et solitude; elle est tournée uniquement vers les possessions et le pouvoir et ainsi elle empêche l’émergence de notre véritable « je ». Aimer l’autre suffisamment pour accepter la solitude qui l’habite. La solitude ainsi vécue et respectée va aider au développement de la vie intérieure et à partir de là, la rencontre avec soi, avec Dieu et avec les autres va être possible. (l’esprit de solitude, par Jacqueline KELEN).

 

L’Esprit de solitude
La solitude est pour Jacqueline Kelen un moment privilégié pour aller au plus profond de l’être, indispensable pour une véritable rencontre avec soi, avec Dieu mais aussi avec les autres. La solitude nous met dans un état de disponibilité.

En spécialiste du mythe, l'auteur évoque divers héros, dieux ou  saints …. Ils nous rappellent, avec leurs blessures et leurs épreuves, que l'homme n'atteint pas la plénitude par la facilité: Achille et Ulysse, Lancelot et de Tristan, Osiris coupé en morceaux et le Christ crucifié, tous nous disent , avec les mystiques chrétiens et soufis, que la blessure est aussi une ouverture, et il n'ya pas de blessure qui ne nous ramène à la blessure d'amour. La blessure, à ne pas confondre avec la souffrance, est comme un aiguillon qui nous fait avancer dans notre quête d’Absolu. - « Divine blessure », Ed. Albin Michel, 2005

- « L’Esprit de solitude », Ed. la Renaissance du Livre, 2001

 

Le désir ou la soif de l’immensité
Le désir est un mot plein d’ambiguïté : désir matériel, désir sexuel, désir spirituel... A travers les siècles et les cultures, le désir a parfois été réprouvé, à d’autres moments, exalté. Et aujourd’hui ? Qu’est-ce que le désir ? Peut-on assouvir tous nos désirs ? C’est en tout cas, l’impression que nous donne notre confort et la technologie. Mais un désir assouvi n’est plus un désir déclare Jacqueline Kelen, elle, qui est à la recherche du Désir impossible et irréalisable, seul propre à nous réaliser justement.

- « Le désir ou la brûlure du cœur », réédité par Albin Michel, 2005

 

La femme, témoin de l’Invisible
« Les nuits de Schéhérazade », « Marie-Madeleine, un amour infini », « Les femmes de la Bible », « Les Reines noires » sont autant de livres dont le sujet met en avant la femme, les femmes et que signent Jacqueline Kelen. Selon elle, la femme a un rôle spécifique dans la transmission de sa foi en Dieu : parler de l’amour et de la tendresse infinie de Dieu. Mais cela suppose qu’elle soit consciente de sa dignité. Jacqueline Kelen est choquée de la dégradation de l’image de la femme dans notre société.

- « Marie-Madeleine, un amour infini », Ed. Albin Michel, 1982
- « Les femmes de la Bible », Albin Michel, 1984
- « Les nuits de Schéhérazade », Albin Michel, 1986
- « Les Reines noires : Didon, Salomé, la Reine de Saba », Albin Michel, 1987
- « Marie-Madeleine ou la beauté de Dieu », La Renaissance du Livre
- « Les femmes éternelles », Ed. Anne Carrière
- « La déesse nue », Ed. du Seuil

 

Le sommeil, lieu de rencontre avec l’Absolu
Le sommeil et Dieu, voilà qui fait un drôle de couple. Mais Jacqueline Kelen voit dans le sommeil profond un lieu de rencontre possible avec Dieu. Le sommeil est un état de démaîtrise total. C’est là que les grands héros mythiques sont attaqués, mais c’est là aussi que Dieu profite de parler aux hommes comme Job et Joseph ont pu en faire l’expérience dans la Bible. Bref, comme déclare Jacqueline Kelen, « le sommeil est un lieu de mystère, accessible au pèlerin de l’âme ».
Jacqueline-Kelen-2.jpg
- « Les barques du sommeil », Ed. de la Reyne de Coupe
- « Du sommeil et autres joies déraisonnables », La Renaissance du Livre, 2003

 

J'apprécie particulièrement chez Jacqueline Kelen, la place qu'elle donne à la femme, dans sa relation avec l'homme: l'initiatrice à la profondeur des êtres et des choses... ( je pense par exemple à " L'éternel masculin ", et bien sûr à toutes les références qu'elle fait à Perceval et la Quête du Graal ...

J'ai lu la plupart de ses livres ( idem pour Jean-Yves Leloup ... d'ailleurs ...), et à présent j'aimerais bien faire, avec elle, un stage de plusieurs jours ... Mais, ils semblent rares...!

 


Dans Visages   Jacqueline Kelen, écrivain des mystiques  est l'invité de Thierry Lyonnet

  En savoir plusRCF

Voir les commentaires

Eve, et Adam

Publié le par Perceval

Adam n’aurait-il pas pu croquer « la pomme" en premier … ? Sans doute que non, si  les eve-the-serpent-and-death-hans-baldung-grienrédacteurs ( conteurs ) ne l’ont pas voulu ainsi … !

Au début, donc, Eve est sur le devant de la scène. La première femme, et mère du « genre humain » dans sa totalité… !

Avant ce début, l’Adamah ( l’humain ) n’est pas sexué.  Il n’est pas bon pour cet humain d’être seul. Selon le mot hébreu, «  Elle »  n’est pas une aide, mais un « secours ». Ensuite le mot utilisé n’est pas « la côte » , mais le «  côté ». Enfin, celle qui deviendra Eve, est similaire à l’homme, tout en étant autre ; aucun ne maitrisant leur origine. Elle est ’iShaH’ tandis qu’il est ‘YSh’.


 ... En la voyant, l'homme s'écrie :
 «os de mes os, chair de ma chair,

 celle-ci, on l'appellera femme
 car c'est de l'homme qu'elle a été prise.»
(Genèse 2,23)

Catherine Billu Santenoise

Catherine Bllu santenoise La creation d eve

 

Il serait intéressant de réfléchir sur la manière dont se passe la première rencontre entre ces deux humains… ? Un seul parle, et semble accaparer l’autre ! Comment découvrir l’autre, sans en faire un autre soi-même… ?

Le serpent, même s’il s’adresse à la femme, parle aux deux… Serait-ce parce que la femme nourrit ? Enfin, c’est ensemble que leurs yeux s’ouvrent. L’homme n’est pas solidaire, dans ce qui apparaît être une faute!Palerme--Normanni--chapelle-palatine--creation-d-Eve

 

 

La limite transgressée, finalement, aboutit à faire de l’humain ce qu’il est. Voir dans notre situation «  un chute » du Paradis, n’a pour fonction, à mon avis, que de nous faire entrevoir notre véritable place, et notre origine … La liberté et la responsabilité, nous différencient fondamentalement des animaux, et c’est là notre grandeur, non pas, notre disgrâce  

La femme est nommée par Adam, Eve, ‘ HaWaH ‘ dans une forme ancienne de l'hébreu, ‘ HaWaH ‘ c'est-à-dire « la vivante » par l'homme.

Adam et Eve de Suzanne Valadon

 

 

 

Eve la compagne est célébrée par Adam, avec euphorie. « Elle » est l’altérité pour « Lui » . Ils se découvrent homme et femme, et sans cette différence, il n’y aurait pas de véritable «  relation » , c'est-à-dire l’accés au mystère de l'autre pour moi ?

 

<- peinture de Suzanne Valadon

Voir les commentaires

Le moine et la femme.

Publié le par Perceval

Un petit clin d'oeil .. :-)

 

Deux moines zen s’apprêtaient à traverser une rivière à gué. Une belle jeune femme les tentation St Antoine détailrejoignit. Elle aussi devait passer sur l’autre rive, mais la violence du courant l’effrayait. Un des moines la chargea sur ses épaules et la déposa de l’autre côté. Son compagnon n’avait pas desserré les dents. Il fulminait :un moine bouddhiste n’était pas autorisé à toucher une femme, et voici que celui-là en portait une sur ses épaules ! 


Des heures plus tard, en arrivant en vue du monastère, le moine puritain annonça :

« Je vais informer le maître de ce qui s’est passé. Ce que tu as fait est interdit. »

Le moine secourable s’étonna :Millet, tentation de saint Antoine détail

« De quoi parles-tu ? Qu’est-ce qui est interdit ? »
« As-tu oublié ce que tu as fait ? », s’indigna l’autre !  « Tu as porté une belle jeune femme sur tes épaules ! »


« Ah oui, bien sûr ! »,se souvint le premier en riant. « Il y a belle lurette que je l’ai laissée sur le bord de la rivière. Mais toi, tu la portes toujours ! »

Apologue bouddhiste.

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6