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Marie-Laure de Noailles

Publié le par Perceval

marie laure de noailles marcoussisSon père est un banquier juif allemand. Ses seules distractions lui sont apportées par sa grand-mère maternelle, Laure de Chevigné, aristocrate originale, précédée, dans les salons parisiens, de la réputation du nom scandaleux de son arrière-grand-père, le marquis de Sade. L’élégance et la modernité de Laure de Chevigné fascinent Marcel Proust, qui en fait le modèle de sa duchesse de Guermantes, avant qu’elle ne séduise également Jean Cocteau, son voisin du 10, rue d’Anjou.Marie-Laure-et-Charles-de-Noailles--capture-du-film-Biceps-.jpg

Enfant, elle est l'amie de Jean Cocteau dont elle reste amoureuse toute sa vie.

Elle épouse à 21ans un Vicomte.

 

La vie du couple est un tourbillon. Le couple voyage, reçoit, s'intéresse au dernier cri de la mode et des arts, finance les créateurs, achète des tableaux à tour de bras.

Parmi ses préférés : Cocteau, Crevel, Dalí en particulier qu’elle a découvert grâce à l’ami  Faucigny-Lucinge, et les surréalistes en général.

Les plus grands artistes de son temps se succèdent pour portraiturer son physique de jeune femme du Moyen Age, avec son long visage, son teint de porcelaine, ses grands yeux et sa brillante chevelure de jais : Picasso, Bérard, Giacometti, Valentine Hugo, Balthus, Dora Maar, Cassandre, Dalí, Man Ray, Horst, Hoyningen-Huene.

Avec Charles, son vicomte, ils visitent les ateliers, commandent les œuvres et les présentent au cours de soirées mondaines et « libres ». Musique de Poulenc, bals costumés rivalisent dans des salons très intellectuels …

M L de Noailles et valentine Hugo 1924 Rehbinder

 

Elle est amoureuse de la nouveauté, de l'avant-garde et de la création. Elle accorde son soutien aux républicains espagnols en 1936, et s’excite des barricades en 68 : «Clément, à l'Odéon!» lance-t-elle en mai 68 à son chauffeur …

  Marie-Laure Noailles et Valentine Hugo en 1924


 

François-Marie Banier, ( çà ne vous dit rien .. ? ) - « Ce ravissant surdoué a la voix de Cocteau, l’allure de Rimbaud et la chevelure de Saint-Saëns », écrit de lui Marie-Laure de Noailles alors grand mécène et personnage de l’après-guerre, que Banier rencontre à l’âge de 15 ans. Elle en a 64.

 

Marie-Laure de Noailles et Valentine Hugo, 1924

 

Ils se voient matin, midi et soir pendant neuf ans. François-Marie goûte sa conversation et ses largesses. ( ! )

33_marie_laure_de_noailles-theredlist.jpg
Marie-Laure de Noailles, Jean Cocteau et George Auris, 1930

 

A suivre …

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La Femme ( Rose V. ) et Paul Claudel

Publié le par Perceval

Extraits de Paul Claudel de Marie-Josèphe GUERSP Claudel de M J Guers

Page 89 … à 100 :

 

«  En face de cette jeune femme, à la beauté épanouie, d’un naturel apparemment conquérant, libre de pensée et de mœurs, le Paul Claudel de trente-deux ans, vierge et passionné, était une proie facile.

Il souffrait de se reconnaître comme un « pharisien sous sa forme la plus mesquine »… «  un avare, un égoïste, un sucré, un rétréci, un dur, un confit, uniquement préoccupé de lui-même ; parfaitement insoucieux et incurieux du prochain. ».


claudel à l'époque de Rose" En octobre 1900, quand il s’est embarqué sur l’Ernest Simons, Claudel était plus seul qu’il n’avait jamais été. Déraciné volontaire, il se sentait retranché de tous et de tout. (…) Il croyait avoir trouvé sa voie dans le sacerdoce, il venait d’échouer dans sa tentative d’engagement vis à vis de Dieu. (…) Il avait renoncé au sacerdoce, mais Dieu continuait à l’empli de sa présence.. Quand a surgi la Femme, Claudel vivait une période particulièrement éprouvante de son existence… (… ) L’irruption brutale de l’amour pouvait, seule, lui révéler à lui-même l’être qu’il était et qu’il ignorait, à la sensualité plus insatiable qu’il ne pouvait le concevoir. Claudel se savait épicurien, mais considérait jusqu’alors cette tendance comme un handicap dont il lui fallait se libérer. (…) Jusqu’à trente deux ans il s’était si bien ingénié à brimer sa nature profonde qu’il n’a pu maitriser ni endiguer la violence de l’exigence sensuelle qui s’est déclenchée en lui avec la rencontre de la femme. Il céda presque immédiatement à son attirance pour Rose Vetch et vécut avec elle une aventure amoureuse passionnée qui métamorphosa l’homme comme le poète.A bord de l'Ernest Simons


Il faut comprendre qu’elle était sa conception de la femme pour imaginer de quelle manière Claudel a pu vivre cette relation avec Rose Vetch. ..


L’Influence livresque avait précédé chez lui l’expérience vécue…Inspiré des écritures saintes … issue de l’homme, la femme est une créature dépendante de lui : «  toute femme a besoin d’un homme pour se réaliser »… «  vase immémorial »… Claudel se représentait le désir masculin comme la traduction de cette infirmité de l’homme et de son aspiration fondamentale à l’unité. Cette dépendance réciproque lui apparaît comme dramatique ( dans son accomplissement )… Cette «  entre-possession » spirituelle et charnelle lui paraissait celle de l’égoïsme et de la jalousie. … Représentant ce qui manque à l’homme, la femme est destinée à tenter l’homme. Son corps en est l’instrument essentiel.


Le simple fait d’assister en spectateur à une scène où la femme « impose » à l’homme une caresse faisait se révulser tout son être et un « frisson glacé » lui parcourait la colonne vertébrale. (…) Si le poète haïssait la féminité, c’est d’une haine qui traduisait une tentation constante, inavouée et même désavouée, mais plus puissante que son vouloir. (…)  La femme gêne et tente… Elle empêche à tout jamais l’homme qu’elle a séduit de se passer d’elle désormais, de se libérer. Elle le prive de choses plus hautes et plus idéales que l’homme croit qu’il aurait pu réaliser sans elle.

 

Après quatre années de « scandale »… Il fut décidé que Rose ( enceinte des œuvres de Claudel ) reprendrait le bateau pour l’Europe, où quelques mois plus tard il la rejoindrait. Le 4 août 1904 Mme Vetch embarquait. A l’automne, elle débarquait à Bruxelles. C’est alors que brusquement elle cessa de donner signe de vie… !

L’amour qu’il a éprouvé pour Rose a été un moment si intense, absolu, déchainé, que le poète chrétien a pu écrire : «  et au dessus de l’Amour /  Il n’y a rien / et pas même Vous-même : Dieu.»

 

Sa façon de vivre son amour, et plus tard de le peindre, n’a été si tragique que parce que ce Gustave-Courbet--1819-1877---Femme-nue-or-Woman-with-a-Parr.jpgdrame faisait éclater en lui un conflit âme-corps essentiel et qui a existé toute sa vie à l’état latent. Longtemps Claudel était demeuré déchiré entre les appétits du corps et les impératifs de l’âme. Il désirait la Femme dans sa chair, dans son cœur, tout en ayant la certitude d’agir en imposteur, en traître par rapport à sa foi. ( …) L’âme est selon lui l’essence de l’être, «  cela pour qui le corps humain est ce qu’il est, son acte, sa semence continuellement opérante ».

Gustave Courbet (1819-1877), Femme nue

 

 

La chair, ou plutôt «  le besoin génital et l’appareil qui lui sert d’organe », serait une espèce de greffe, «  quelque chose comme un cancer », une gangrène à l’homme tellement bien accrochée qu’elle finit par s’incruster au plus intime de lui. ( .. ) L’intention de l’âme est «  cette attention à Dieu à la fin de quoi il l’a destinée ». Le désir sexuel qui fait naître la convoitise est au contraire «  quelque chose de nous et qui n’est pas nous », «  ne nous sert pas vraiment », mais nous exploite, «  vit de notre mort et a d’autres fins que les nôtres. » …

 

Ces six mois entre août 1904 et février 1905 ont consisté en interrogations, en remords et en attentes : attentes de nouvelles, attentes de retrouvailles que le fonctionnaire voulait croire proches. Le calvaire de Claudel tenait surtout au fait que, habité par un amour brûlant qu’il ne savait maîtriser, il commençait à le concevoir comme un péché uniquement. ( …) L’obsession de cette femme hantait Claudel, et la voix de Dieu ne pouvait étouffer celle de l’amour humain…. A cette époque, plus que jamais, le chrétien a eu le sentiment que, «  par l’amour épouvantable d’un autre », Dieu punissait en lui quelque chose.

Le mensonge, c’était désormais l’amour, puisque, le 24 février 1905, il apprenait qu’il ne retrouverait ni Rose Vetch qui avait choisi de vivre avec un certain M. Lintner, ni la fille qu’il venait d’avoir de son union illégitime avec Rose….

… se situe le moment le plus violent de la grande crise vécue par Claudel. «  seul dans le pressoir » …  « le goût de la mort entre les dents, l’envie de vomir … ». A cinq ans de l’offre qu’il avait faite de lui-même à Dieu ( Ligugé ), Claudel aggravait sa faute en renonçant, durant six mois, à l’amour de Dieu, en cessant de pratiquer, en cessant même de croire.

(… )M-J-GUERS.jpg

Pour trouver la raison d’être de cette révélation de l’amour humain source d’errances, de péchés, de sacrilèges et de trahison, Claudel a dû remonter à la cause, à l’origine, à Dieu. ..(…) l’amour humain semblait s’opposer à l’Amour divin. ( …) Le premier problème qu’il avait à résoudre était le pourquoi de la tentation et du désir…. Pourquoi la satisfaction de ce désir devait-elle impliquer la souffrance ?

( …)

M.J. Guers ->

C’était justement dans la mesure où Dieu avait donné à l’homme la chance d’aller jusqu’au bout de péché qu’il le sauvait. Ce n’est qu’à l’époque du soulier de satin, entre 1919 et 1924, que Claudel a compris que le péché était inévitable, nécessaire, bénéfique. « Avertissement de sa faute » , il est aussi pour l’homme «  l’un des instruments de son salut »… là où le péché était à profusion, la grâce l’était aussi.

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"Shakespeare and Company" et Sylvia Beach.

Publié le par Perceval

Derrière la grande histoire de la ‘ très célèbre ‘  petite librairie « Shakespeare and Company » ( à Paris ), il y a une femme : Sylvia Beach.sylvia beach 0

Shakespeare and Company aujourd'hui

Encore aujourd’hui, c’est un lieu anachronique, d’un autre temps . situé rue de la Bûcherie, mais en vérité quai Montebello.

M. Whitman a repris la librairie en 1951. A 95 ans, c’est actuellement sa fille prénommée Sylvia Beach (!), qui gère le lieu. Là il reçut la « beat-generation », Allen Ginsberg et Gregory Corso …

La boutique est truffée d'originaux, manuscrits et tapuscrits signés à la main par Anaïs Nin, qui adorait l'endroit et en parle joliment dans son journal parisien… Henry Miller, Lawrence Durrell, Allen Ginsberg, William Burroughs, etc…l’ont fréquentée.  Il y a peu, Paul Auster y donnait une lecture.

Sylvia Beach sur le seuil de sa librairie (Paris, 1936) G F

La librairie a ouvert ses portes en 1913. Sylvia Beach et Adrienne Monnier ( son amante ), s’occupaient de l’intendance des « expatriés » ; elles leur prêtaient des livres, tenaient leur courrier, envoyaient leurs travaux aux petits magazines et, le plus spectaculaire, a été l’édition en France de « Ulysse » de James Joyce ( 1922 ) livre interdit aux Etats-Unis dont personne ne voulait s’occuper … !

 

Sylvia Beach et Joyce

Dans « une fête » Ernest Hemingway fournit un excellent compte rendu de ce qui se passait au « Shakespeare and Company ». Il offre également le portrait de cette femme de Princeton qui a rendu tout cela possible: «Sylvia avait le visage fortement sculpté, les yeux bruns qui étaient aussi vivants qu’un petit animal et gaie comme une jeune fille, des cheveux bruns ondulés  (…) . Elle avait de jolies jambes.. Elle aimait faire des blagues et conter les ragots. Je ne connaît personne de plus agréable qu’elle … »

Sylvia Beach et James Joyce ->

 

 

Ernest Hemingway inside Shakespeare and Company (1921)Tous les écrivains américains de passage à Paris venaient voir Sylvia Beach, elle connaissait particulièrement James Joyce, TS Eliot, Ezra Pound, Scott Fitzgerald et Hemingway… Elle fréquenta Gide, Claudel, Valéry, Henri Michaux, et Nabokov… avec la présence charismatique de Gertrude Stein.

 

<- Hemingway


Shakespeare and Company a été contraint de «disparaître» pendant l'occupation. En effet ; Sylvia a refusé de vendre à un officier allemand une copie de Finnegans Wake de James Joyce, il était furieux et l’a menacée de confisquer le «tout». Avec l'aide de ses amis, elle décrocha toutes les photos et les porta avec les livres dans les paniers à linge à un appartement vacant au troisième étage. Un menuisier a démonté toutes les étagères, tandis qu'un peintre faisait disparaître le nom de Shakespeare and Company.

En 1945, Sylvia Beach raconte : «  alors qu’il y avait encore beaucoup de tirs dans la rue de l'Odéon, plusieurs jeeps se sont arrêtées en face de la maison…. J'ai entendu une voix profonde appeler: "Sylvia" "! Sylvia" Et tout le monde dans la rue entendit le cri d’Adrienne : « C'est Hemingway! C'est Hemingway! " J'ai couru, (… ), il m’a prise dans ses bras et me balançait autour de lui, il m’embrassait alors que les gens dans la rue et aux fenêtres applaudissaient. »

James Joyce with Sylvia Beach at Shakespeare & Co Paris 192  sylvia beach 4
 James Joyce avec Sylvia Beach au Shakespeare & Co Paris 1920  Sylvia Beach.

 

« Shakespeare & company » de Sylvia Beach (Editeur : Mercure de France)

Scott Fitzgerald, mais aussi Gertrude Stein, James Joyce, Ezra Pound, Ernest Hemingway, Natalie Sarney, André Gide, Valery Larbaud, Léon-Paul Fargue, Paul Valéry, Sergueï Eisenstein, George Gershwin, Erik Satie... Écrivains anglo-saxons, auteurs français avides de découvrir la littérature d'avant-garde, cinéastes, musiciens... Dans Shakespeare and Company, Sylvia Beach (1887-1962) brosse une galerie de portraits éclectiques, drôles et tendres. Déjà célèbres ou encore inconnues, toutes ces personnalités fréquentèrent la librairie qu'elle tenait rue de l'Odéon. Mêlant faits marquants de l'histoire littéraire et anecdotes personnelles, conversations érudites et bons petits plats, celle qui fut l'intime d'Adrienne Monnier et l'éditrice d'Ulysse livre une chronique de la vie artistique foisonnante de l'entre-deux-guerres.

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La star et l'intello.

Publié le par Perceval

En janvier 1951, Marilyn Monroe rencontre pour la première fois le dramaturge Arthur Miller.

  M. Monroe et Miller

Ils se connaissent, sont complices. Miller est convoqué pour s'expliquer devant la Commission des activités non-américaines. Il est reproché à l'écrivain d'avoir assisté à des meetings du parti communiste.Marilyn Monroe et Arthur Miller

 

Le 29 juin 1956, l'actrice Marilyn Monroe (30 ans) épouse le dramaturge Arthur Miller (40 ans). L'un et l'autre sont alors des personnages très célèbres aux États-Unis et dans le reste du monde.

 

En juillet, à peine mariée, Marylin se découvre avec joie enceinte, mais il s’agit d’une grossesse extra-utérine !

Monroe et millerL'actrice à la beauté radieuse mais aux nerfs fragiles sombre alors dans la dépression. À deux reprises, on la sauve d'overdoses de barbituriques.

 

Pendant le tournage de Certains l'aiment chaud (Some like it hot, 1959), l'un de ses plus grands triomphes, elle fait une deuxième fausse couche. ..De plus Miller ( qui n’écrit plus …) commence à se lasser de n’être que le serviteur d’une « déesse », et les écarts de Marilyn finissent par tuer à petit feu le couple.

Marylin doit camper un personnage dramatique dans Les Désaxés (The Misfits). C'est Arthur Miller qui le lui offre, comme un cadeau de rupture. Rôle émouvant, mais douloureux. ELLE publie une photo prise après le tournage, en 1960 :

M Monroe et Miller et S signoret et Montand

De gauche à droite : Simone Signoret, Yves Montand (de dos ), Arthur Miller. Au centre Marilyn. Elle sait déjà que tout est fini.

 

Le couple annonce sa séparation une semaine après la fin du tournage et divorce le 20 janvier 1961.

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L’apparente écervelée platine de "Certains l’aiment chaud" ou de "Les hommes préfèrent les blondes" est en fait une jeune femme curieuse qui ne cesse de se cultiver, allant le soir à l’université de Los Angeles, après les tournages. M Monroe Ulysse détailSa bibliothèque comptait plus de 400 livres. Bien avant d’avoir une relation avec l’écrivain Arthur Miller, elle aborde "Ulysse" de James Joyce, comme en témoigne une photo. Et le lit vraiment...


D'ailleurs Marilyn lit beaucoup ... la preuve ...!

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Bon là ... d'accord !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais là ....alfred-eisenstaedt-marilyn-monroe-at-home-19531

 

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et là ...

 

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d' Antonio Tabucchi à Pessoa... et M. Monroe

Publié le par Perceval

Antonio tabucchiJ’apprends à l’instant que l'écrivain italien Antonio Tabucchi est mort à Lisbonne, à l'âge de 68 ans des "suites d'une longue maladie"…

Je sais que j’ai vu un film tiré de l’un de ses livres : Nocturne Indien… C’était un peu comme une errance ...un rêve.

 

 

Nocturne indien tabucchi

 


Il a préfacé un livre : "Fragments" de Marilyn Monroe (Seuil )…marilyn-monroe lit

 

Et puis, et puis .... il y a Pessoa ...!

 

Passionné par l'oeuvre de Pessoa, il a traduit toute son oeuvre en italien, avec sa femme, rencontrée au Portugal. 

 

Comme son « maître » Tabucchi écrit sous divers hétéronymes : Bernardo Soarès « Fernando Pessoa, le livre de l'intranquillité », mais aussi Ricardo Reis..

 « je ne change pas avec mes masques, je voyage »

Tabucchi se dit « n'être pas un écrivain engagé mais un écrivain de littérature », « être engagé avec soi-même, l'engagement où personne ne le dit, où personne ne le sait »

 

 

 

Je reviens au grand écrivain : Pessoa, et à Ofélia Queiroz. Elle aimait passionnément Fernando Pessoa. Elle est le seul amour connu dans la vie du poète portugais. Ofélia lui a écrit des centaines de lettres et n’a reçu que peu de réponses.
Pessoa et Ofélia Queiroz

Ofelia (ou Ophelia) est née le 14 juin 1900 à Lisbonne. C'est en novembre 1919 qu'elle rencontre Fernando Pessoa,

 

Ofelia-Queiroz« Cher Monsieur, votre présence dans l'entreprise Félix, Valladas & Freitas, Lda, m'est extrêmement agréable, et je me permets de vous dire que c'est à cause d'elle que je ne me trouve pas dans une autre entreprise où je gagnerais sûrement plus, mais... Votre présence dans l'entreprise Félix, Valladas & Freitas m'est très chère, car je suis très attirée par vous... » Ainsi commence la relation amoureuse entre Fernando Pessoa et Ofélia Queiroz, au début de l'année 1920. Ofélia est alors une jeune femme de dix-neuf ans qui travaille dans la même entreprise que le poète, de onze ans son aîné.

 

C'est aussi par écrit qu'il rompra avec elle en novembre 1920.
Ils renoueront près de neuf ans plus tard (septembre 1929) et la dernière lettre de Pessoa à la seule femme avec qui il entretint un lien amoureux est datée du 11 janvier 1930 alors qu'Ofelia continua de lui écrire pendant un an, même si elle n'avait pas de réponse à ses lettres.

 

Ophelia Queiros

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Egérie, et Nima le roi de Rome

Publié le par Perceval

Numa Pompilius, est le second roi légendaire de Rome de 715 à 673 avant notre ère.

numa

 

Il naquit le jour où Rome fut fondée par Romulus. Il est le roi à qui l’on attribue la plupart des créations de cultes et les institutions sacrées.


Titus Tatius, roi des Sabins et collègue de Romulus, lui donna sa fille unique Tatia en mariage. Après treize années de vie commune, la princesse mourut. Cet événement tragique poussa Numa à se retirer à la campagne.


Il vivait retiré et sans luxe. Numa était âgé de près de quarante ans lorsqu'on lui offrit de devenir roi. Il vivait alors « dans une ville sabine célèbre que l'on appelait Cures.

Il commença par rendre des honneurs divins à Romulus, sous le nom de Quirinus. Il introduit un grand nombre de divinités, par exemple le culte de Jupiter Terminus, de Jupiter Elicius, de Fides, de Dius Fidius, et des dieux sabins…

Nymphe Egérie et Le roi Numa Pompilius

On prétendait qu'il était d'obédience pythagoricienne, et que sa politique religieuse était inspirée par la Nymphe Egérie.

 


Numa Pompilius s'enfonçait dans les bois sous prétexte de consulter cette nymphe. egerieIls se donnaient rendez-vous dans une grotte. À la mort du roi, la douleur a métamorphosé Egérie en fontaine.

 

Bourgeois Urbain, Egérie et Numa

 

 

 

La grotte et la fontaine d'Égérie, près de l'ancienne porte Capène, dans le vallon de la Caffarella, existent toujours.

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Marie Laurencin et Apollinaire

Publié le par Perceval

Née à Paris en octobre 1883, Marie est une enfant dite naturelle (reconnue par aucun de ses parents) élevée par sa mère, modeste couturière.marie laurencin 1883-1956

 

Marie Laurencin a commencé à peindre en 1902, cinq ans avant sa rencontre avec Picasso et Apollinaire et est adoptée par tous les hommes des ateliers de compagnonnage par son talent.

En 1907, Marie Laurencin expose pour la première fois au salon des Indépendants.

Cette même année Picasso lui fait connaître Guillaume Apollinaire. De cette rencontre, naîtra une liaison aussi passionnée que tumultueuse qui durera jusqu'en 1912.

Il lui dédie de nombreux poèmes, tandis qu'il lui inspire l'une de ses toiles majeures Marie Laurencin, Apollinaire et ses amis, 1909Apollinaire et ses amis (1912), parmi lesquels on reconnaît Picasso et Gertrude Stein.

 

 

 

 

 

 

En 1914 elle épouse le baron Otto von Wätjen. Le couple s'exile en Espagne dès la déclaration de guerre d'abord à Madrid puis à Barcelone.

Marie-Laurencin--1883-1956-.jpg

 

 

 

Elle revient à Paris en 1920.

 

Elle noue des liens avec de nombreux écrivains et elle illustre certaines de leurs oeuvres : Gide, Max Jacob, Saint-John

Perse, Marcel Jouhandeau, Jean Paulhan, Lewis Carroll et bien d'autres.

 

 « Celle qu’on surnomma plus tard La Dame du Cubisme apporte à ce milieu d’hommes rugissants une impressionnante touche de féminité et si elle participe à toute cette époque survoltée de création, elle demeure une observatrice au regard bien souvent amusé. » Natacha Pelletier pour Passion Estampes

 


 

Elle meurt d’une crise cardiaque en 1956. Elle est inhumée au cimetière du Père Lachaise, selon son vœu : vêtue de blanc, une rose à la main, les lettres d’Apollinaire sur son cœur...


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Prévert aime " Sanguine "

Publié le par Perceval

Ce texte aurait été rédigé dans les années 1936 alors que Prévert faisait partie du groupe Octobre. Il fréquente Jacqueline Laurent et voyage avec elle aux Baléares. Sans doute est-ce pour elle qu’il rédige « Sanguine ».Prévert et jacqueline Laurent

Sanguine

La fermeture éclair a glissé sur tes reins
Et tout l’orage heureux de ton corps amoureux
Au beau milieu de l’ombre
A éclaté soudain
Et ta robe en tombant sur le parqué ciré
N’a pas fait plus de bruit
Qu’une écorce d’orange tombant sur un tapis
Mais sous nos pieds
Ses petits boutons de nacre craquaient comme des pépins
Sanguine
Joli fruit
La pointe de ton sein
A tracé une nouvelle ligne de chance
Dans le creux de ma main
Sanguine
Joli fruit
Soleil de nuit.

 

"La femme-fruit n’est pas femme-objet : elle ne subit pas, elle ne peut être utilisée passivement. Elle nourrit. Elle nourrit l’inspiration et abreuve le poète. L’orange plus que la pomme appelle l’épluchage, l’orange plus que tout autre fruit suggère la rotondité des fesses charnues dans lesquelles l’amant désire croquer. Plus subtile qu’un fruit de la passion, plus fraîche qu’une femme-chocolat, à la fois chair et rafraîchissement, à la fois nourrissante et fertile par ce sang qui porte la vie, et cette rondeur du fruit qui peut abriter la vie après cette étreinte, la femme-orange rappelle ce texte autobiographique de ce même poète, évoquant les mois précédents sa naissance : « il y a eu / un feu d’artifice entre mes parents / c’était le soleil de la vie /Et moi déjà j’étais dedans /Il m’ont versé le sang dans le corps /c’était le vin d’une source /et pas celui d’une cave » (« Fêtes »). On reconnaît ici ce même sang porteur de vie, contenu dans la nomination « Sanguine » et cette évocation de lumière ardente et éphémère, de l’éclair ou du feu d’artifice, qu’importe, pourvu que la nuit soit rompue par « le soleil de la vie », ou « le Soleil de nuit ». La femme-orange fait tourner les têtes et donne le vertige au cœur." 

Yemaya Blanca

Jacqueline Laurent est née en 1918.

10 films à son actif. On se souvient particulièrement du " Jour se lève " de Michel Carné, dans lequel elle incarna la jolie fleuriste dont Jean Gabin, l’ouvrier sableur, tombe amoureux. Il ne fut pas le seul… Il y eut aussi Jacques Prévert…

Jacqueline-Laurent-2.jpg

A dix-sept ans, elle est amoureuse du comédien Sylvain Itkine, elle se marie pour une union de courte durée. Elle tente une carrière aux Etats unis. Son retour en France s’accompagnera de deux mariages. Elle décède, en 2009, à 91 ans.


 



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Cinq femmes - Apollinaire -

Publié le par Perceval

Cinq figures de femmes inoubliables traversent l'oeuvre d'un homme:  depuis Annie, la jeune anglaise de la Chanson du mal aimé, et Marie qui déchire le poète de Zone ou du Pont Mirabeau (Marie Laurencin), et Lou, puis Madeleine, ses amours du temps de la guerre, jusqu'à Jacqueline, l''adorable rousse' de Calligrammes, qu'il épousa en mai 1918.

 

  Lou Louise de Coligny Chatillon

Je pense à toi mon Lou ton cœur est ma caserne

Mes sens sont tes chevaux ton souvenir est ma luzerne

Le ciel est plein ce soir de sabres d'éperons

Les canonniers s'en vont dans l'ombre lourds et prompts

Mais près de toi je vois sans cesse ton image

Ta bouche est la blessure ardente du courage

Nos fanfares éclatent dans la nuit comme ta voix

Quand je suis à cheval tu trottes près de moi

Nos 75 sont gracieux comme ton corps

Et tes cheveux sont fauves comme le feu d'un obus

qui éclate au nord

Je t'aime tes mains et mes souvenirs

Font sonner à toute heure une heureuse fanfare

Des soleils tour à tour se prennent à hennir

Nous sommes les bat-flanc sur qui ruent les étoiles

 

Lune candide vous brillez moins que les hanches

                    De mon amour

Aubes que j'admire vous êtes moins blanches

                    Aubes que chaque jour

J'admire ô hanches si blanches

Il y a le reflet de votre blancheur

Au fond de cet aluminium

Dont on fait des bagues

Dans cette zone où règne la blancheur

                    O hanches si blanches

 

                    [Poèmes à Madeleine]

Madeleine Pages 

 

 

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918). Wilhelm Albert WłodziCet homme est Guillaume Apollinaire (pseudonyme de Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky) est né à Rome le 26 août 1880 et mort à Paris le 9 novembre 1918. Fils d'une Polonaise fantasque et de goûts nomades, et d'un Italien que la légende a voulu prélat romain, évêque de Monaco ou gentilhomme et officier de l'armée italienne, Français lui-même de langage, de culture et d'élection, Apollinaire est le plus original, le plus divers, le plus grand aussi des poètes qui ont cherché la rénovation de la poésie en France au début de notre siècle.

 

 

<- Guillaume Apollinaire (1880 - 1918). Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary

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De Maurois à Proust, en passant par Simone de Cavaillet

Publié le par Perceval

André Maurois nous ouvre les portes d’un imaginaire selon Marcel Proust. Pour ce faire, il va jusqu’à épouser l’un des personnages de «  la Recherche … » !…André Maurois, by Philip Alexius de László, 1934

Ainsi, d’écrivains en personnage de fiction ; nous nous mêlons à ce petit monde bourgeois , gentiment décadent …

Son ouvrage "A la recherche de Marcel Proust" ( d’André Maurois donc ) est Dédicacée à Madame Gérard Mante-Proust et publiée en 1949. Pour cette recherche-là, « André Maurois a bénéficié des papiers personnels de Madame Mante-Proust pour se plonger au cœur du roman et de l'analyse qu'il allait entreprendre. Lui-même n'a garde d'oublier le monde qui était définitivement devenu le sien depuis qu'il avait épousé en secondes noces Simone de Caillavet, fille de Jeanne Pouquet, souvenir d'une des "Jeunes filles en fleurs". Très tôt, Maurois se laisse infuser par Proust. 

simone caillavet mauroisSous le couvert de la découpe, du commentaire et du récit relayés par les citations, il murmure sa propre vie, sa sensibilité d'écrivain, son monde littéraire, ses affres et ses doutes masqués car marqués par sa discrétion élégante. »

Simone de Cavaillet Maurois  -->

« Maurois a fait son entrée dans le monde de Proust comme celui-ci fit la sienne chez les Caillavet. Soif de relations mondaines 

Simone de Caillevet Mauroiset intellectuelles; excitations passagères si follement spirituelles…: le faubourg Saint Germain aime sa propre élégance jusqu'au moment de l'affaire Dreyfus où les membres d'une même famille en viennent à se déchirer. Anti-dreyfusarde notoire, Jeanne Pouquet, épouse Caillavet et mère de Simone, sera indirectement responsable de la mise sous le boisseau d'André Maurois au moment de la seconde guerre mondiale. Lui qui quitta une France séduite par Vichy; qui s'exila aux Etats-Unis avec son épouse; qui s'impliqua dans radio Londres, se vit injurier comme collabo: l'affaire Dreyfus, où sa belle-mère prit le parti du mensonge, l'amena dans un sas générateur d'erreurs. »

Extrait d’un article de Claire Bondy, Séfarad.org

M-et-Me-Andre-Maurois-dans-leur-chateau-d-Essendieras.jpgM. et Me Andre Maurois dans leur chateau d'Essendieras

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