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Articles avec #litterature tag

Analyse de l'idée de la Femme, dans Perceval -1/6-

Publié le par Perceval

Voici, une synthèse d'un travail « féministe » sur la représentation de la Femme, dans « le Conte du Graal » de Chrétien de Troyes. Ce travail a été pensé et écrit par Eugénia M. Neves dos Santos du Department of French - University of Western Ontario.Danse_de_femmes_Sienne.jpg

Cette analyse m'a fortement interpellée. En effet, je retrouve la critique souvent formulée de la vision 'idéalisée' de La femme par l'homme, et son rêve de « féminité », qu'il projette sur des images artistiques de la femme...

 

Dans le Conte du Graal, Perceval et Gauvain - chevaliers en quête - construisent leur identité au travers la rencontre de femmes.

- Perceval, orphelin de père, est un jeune homme naïf qui habite seul avec sa mère dans la forêt. Il ne connaît rien du monde de la chevalerie et moins encore de l’amour. N’ayant pas de rôle masculin à suivre au foyer maternel, il doit partir à la recherche de quelqu’un qui puisse remplir cette fonction dans sa vie, quelqu’un qui puisse finalement lui enseigner les secrets du code chevaleresque.

- Gauvain, lui, est déjà un chevalier établit à la cour du roi Arthur. Cependant, il doit partir pour prouver à la cour qu’il est digne de l’honneur et de la courtoisie qu’on associe avec son nom.

 

- Perceval -

      Quand Perceval rencontre la demoiselle de la tente ( c'est «  sa première fois » ), il retrouve ce désir originel incontrôlable : celui de l'enfant qui veut manger ou boire, et c'est la mère qui, en lui donnant le sein, satisfait tout de suite son désir. La femme représente l'être manquant, le jeune novice obéit à son instinct, il prend des baisers par la force et lui arrache son anneau qu'elle porte au doigt. L'anneau de la demoiselle symbolise son union avec l'Orgueilleux de la Lande et le pouvoir qu'il a sur elle.

Perceval-arrache-l-anneau.jpg
Perceval arrache l'anneau ..

Le crime de Perceval n'est pas d’enlever l'anneau en 'violant' la demoiselle, mais de lancer un défi à un autre homme en touchant à sa 'propriété'. Cet épisode montre bien la place de la femme à-vis de l'homme à l'époque médiévale. La femme n'existe que pour satisfaire les désirs de l'homme qui est son maître et son seigneur...

Selon la Coutume de Logres qui est très bien illustrée dans Le Chevalier de la charrette de Chrétien de Troyes, le chevalier qui rencontre une demoiselle toute seule, n'a pas le droit de lui faire violence. Cependant, si elle est accompagnée, il peut se battre contre son compagnon pour essayer d'avoir sa femme. Si le chevalier sort vainqueur du combat, il a le droit d'amener la demoiselle avec lui et de faire avec elle ce qu'il lui plaît (v.1302-1316)

La demoiselle - à qui Perceval vole un baiser – sera punie par 'son ami' jusqu'à ce qu'il rencontre l'homme qui lui a enlevé son orgueil masculin ( en violant son amie) .

Quand Perceval sort vainqueur du combat contre l'Orgueilleux de la Lande, c'est son honneur chevaleresque qui augmente et non pas celui de la demoiselle qui avait été maltraitée pendant des années à cause de lui.

Si, la demoiselle de la tente symbolise le désir sexuel incontrôlable chez Perceval... Que représente pour lui Blanchefleur, qui semble être la seule femme qu'il désire vraiment.

 

Perceval, ne désire vraiment qu'une femme : Blanchefleur.

A suivre ...

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L'amour courtois venu d'Orient -1/2-

Publié le par Perceval

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Youssef et Zulaykha. - Miniature persane du XVIe siècle

La poésie arabe déjà au cours de la période préislamique, utilisait le thème de l'amour, au travers des rapports complexes entre amoureux éperdus, entre l'homme et une femme idéale, inaccessible, parée de toutes les qualités divines.

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A prince and princess embrace- ca. 1550, Abdullah, Uzbek period

Deux notions centrales sont mises en avant dès le VIIIe siècle par Ibn Sallâm al-Jumahî (756-845) :  "La poésie est la science la plus complète des Arabes" et "Les premiers Arabes n'avaient pas d'autre poésie que les vers dits par un homme dans le besoin".

 

Les poètes soufis ont maintes fois exploité ce modèle pour décrire les états d’exaltation, de souffrance, de perplexité, de soumission et de plénitude liés à l’expérience amoureuse. L’amour humain devient ainsi une image de l’amour spirituel et l’amoureux incarne le disciple qui aspire à l’Union à Dieu symbolisée par la femme convoitée. Ces vers de Ibn al-Farid (1181-1235) donnent un aperçu de l’embrasement d‘amour qui emporte l’amoureux lors de son voyage intérieur : « Je suis ton esclave et ne songe pas à me libérer de cet esclavage. Voudrais-tu m’en libérer que je refuserais cette liberté, Et si tu m’éloignais, je reviendrais. Ta beauté a fait de moi un prisonnier ! Ton charme m’a enchaîné à toi, mais mon esclavage m’est infiniment doux ! »

*****

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L'amour courtois puise peut-être ses origines au Levant et dans la littérature arabo-andalouse, notamment chez le poète arabe du IXe siècle Ibn Dawud (868 - 909)- juriste iranien zâhirite et poète de langue arabe - qualifié de « Boileau des arabes » et considéré comme le « théoricien de l'amour courtois » ou chez Ibn al-Hazm (994 à Cordoue - 1064 ) poète, historien, juriste, philosophe et théologien musulman de souche andalouse (convertie à l'islam depuis plus de deux siècles.).

 

Sources : Wiki, et Traces de soufisme en Europe occidentale de Jean-Louis Girotto  

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Anna de Noailles et Maurice Barrès : Correspondance -3/3-

Publié le par Perceval

«  je pense, mon amie, qu'au milieu de Venise et plus encore dans Milan et sur les lacs ( qui mettent en activité toute l'imagination et ne lui offrent aucun objet) vous évoquerez nécessairement votre ami. Je me rappelle le coup de couteau que me fut à Venise telle scène ou telle autre ... » lettre de Barrès du 6 Octobre 1907

«  (…) je suis désormais l'écho, le miroir de votre propre vie ; habitée par la sublime amitié (…) Mon ami, mon amitié jusqu'à cet automne était absolue, parfaite, divine, mais la Douleur l'a prise et l'a posée dans le sublime. » Lettre d'Anna du 20 décembre 1907

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Portrait d'Anna de Noailles, 1918

Pour dire vrai, l'aventure passionnelle entre les deux poètes, s'est renversée :

Cécile Sorel, actrice et ancienne maitresse de Barrès, note dans ses mémoires ( Les Belles Heures de ma Vie -1946 )  que Barrès affolé, demande à la voir. Il lui explique qu’Anna a décidé de transformer leur chaste passion en aventure : « Elle veut me jeter hors de ma vie, hors de mon œuvre. Elle veut être ma souveraine »

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Anna s’embrase. Vivre ! Elle veut vivre au grand jour avec l’homme qu’elle aime. Elle veut quitter son mari, partir. Les malles sont faites, elle a trente ans, elle n’est plus une petite fille.

Barrès monte dans le fiacre qui est venu le chercher chez Cécile Sorel. A l’intérieur, Anna en tenue de voyage. Partir. Tout abandonner. La gloire, l’Académie, le confort bourgeois et la tradition. Partir impossible.

Anna ne lui pardonne pas. C’est ainsi qu’on pourrait comprendre sa phrase à l’Abbé Mugnier : Barrès est sorti de ma vie « comme un misérable. »


Anna va se mettre à adorer l’homme qui commence à la fuir, jusqu’à l’épuisement, mais jamais jusqu’au renoncement.Maurice_Barres_1916.jpg

 « Mon ami, que ne suis-je morte quand votre cœur, votre esprit, votre caractère me semblait divins, quand toute mon âme était fière de vous, quand vous me consoliez de la mort, quand vous étiez mon repos, mon paradis et ma gloire éternelle. Mon ami, je suis à bout de forces, de paroles, je suis exténuée, brisée, déçue jusqu’à mourir (…). Mon ami, dîtes à chacune de vos journées que vous m’empêchez de vivre, que vous avez mon sang sur vos mains. Ne me répondez pas à présent vous me feriez trop mal. Ah mon ami, mon ami ! Je mets ma douleur, ma main dans votre main. A.N. » Lettre d’Anna à Barrès, 21 mai 1907


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Anna de Noailles en 1922

«Aucune absence, fût elle de vingt années, ne me délie de mon serment d’éternelle amitié. Tous les besoins des êtres, la faim, le repos, la vanité, je les ignore ; je suis sourde à ce qui n’est pas la voix de mon cœur pour vous. (…) Mon ami, mon amitié est divine, ne brisez pas dans un moment de colère, de démence, cette plus grande chose sur la terre. Je m’en remets à vous pour rétablir, quel que soit le temps qu’il faille y mettre, ce lien sublime. (…) Si vous étiez mort, j’aurais été plusieurs fois par an, et jusqu’à ma mort, sur la place où vous eussiez reposé. Moi vivante et vous vivant, comment accepter cette plus morte mort. » Anna, le 21 juin 1907.

 

Leurs retrouvailles ont lieu de manière informelle en 1916. Pendant quelques mois, leur passion indéfectible trouve enfin sa concrétisation peine et entière. Mais le bonheur est de courte durée : Barrès malade et en proie au doute, s'éloigne de nouveau. Il s’apaise enfin, dans une lettre du 11 mai 1923, il exprime la volonté que toute son œuvre soit dédiée à Madame de Noailles.

 

Sources ( entre autres...) Un article de Patricia Voisin, docteur en lettres et écrivaine.

- Voir aussi:

L'ivresse de la danse: henri franck et anna de noailles

L'ivresse de la danse: henri franck et anna de noailles

 L'ivresse de la Danse: Henri Franck et Anna de Noailles - René Franck, le père d’Henri, crée une société de courtage en sucre et participe à plusieurs conseils d’administration de…

 

 
Les passions d' anna de noailles

Les passions d'Anna de noailles

Les passions d' Anna de Noailles - Roumaine et Grecque de par ses origines, la princesse Brancovan, - née à Paris le 15 novembre 1876 - évolue au coeur de la vie mondaine parisienne au …

 

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Anna de Noailles et Maurice Barrès : Correspondance -2/3-

Publié le par Perceval

«  Je me suis mise à un livre ( la Domination ) où je n'écris pas une phrase qui ne soit pour que vous l'aimiez, et qui ne soit de vous par moi. » lettre d'Anna de juillet 1904

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Anna de Noailles, en 1913 par Ignacio Zuloaga


Maurice Barrès prend ombrage de la vie mondaine, brillante, libérée d'Anna; jaloux des hommes qui l'approchent ...

Anna semble vouloir préserver la morale, en refusant la chair. Elle lui écrit presque chaque jour. Elle l’appelle « mon ami » ou « Monsieur Chéri ».

« Mon ami votre lettre est meilleure que la vie, ce matin où je suis sans courage, triste, fatiguée sous le plus beau ciel. Votre voix lointaine, si bonne, mais voilée, c'est l'irréel, le rêve, - et la vérité qui fait mal c'est cette dure, éblouissante journée. Vous m'êtes plus précieux, meilleur encore, mais plus mystérieux aussi que dans nos après-midi de chez moi, avec tant de paroles, de disputes, d'appui, de concorde. Que c'est loin, indéfiniment loin mes goûters au ministère, mon émoi et ma farouche dignité politiques, mes silencieuses ou débordantes colères ! Je suis alanguie sous l'été, mon esprit replié ne s'ouvre qu'à l'instant de votre lettre, et je referme sur elle tous les soigneux pétales de la douce et triste rêverie. Et puis aussi la surprise de ne pas attendre à quatre heures votre visite fixe la monotone couleur de la journée, et les jours passent, douce cendre, dédiée à vous. [...] Anna_de_Noailles-yeux-detail.jpgDites-moi si vous vous portez bien; au revoir mon unique ami, toutes mes pensées pensent à vous. Anna » lettre du Dimanche 29 juillet 1906


« Mon ami, vous me manquez plus que je ne puis vous dire, la vie cesse loin de votre amitié visible. Mes lettres, qui n'ont pas le divin accent des vôtres, vous apportent-elles du moins la détresse de mon regard sur cet été si beau, si vide. J'en arrive à une discipline de couvent pour ne pas me désespérer, pour exister
Lire à telle heure, sortir à telle heure, mais la rêverie baigne tant mon coeur que, tout à l'heure, lisant la description d'un dîner que faisaient sous les bambous d'un jardin de Malaisie, au dix-huitième siècle, deux tendres voyageurs, je me sentais mourir de nostalgie, de poésie, de vague et torturante espérance.
Sentez, mon ami, le poids de mes journées sans vous, comme moi je pense sans cesse au vide qui est autour de vous, et que, présente, je comblais de mon amitié infinie. Anna 
» lettre du Lundi 30 juillet 1906

Maurice_Barres-elu-en-1906-a-l-academie-francaise.jpg- Le jour de son investiture à l’académie française, Barrès dans son discours – en présence d'Anna – décrit les effets de la poésie : « Un trouble inconnu s’empare de nous, un besoin d’amitié tendre, d’amour impérissable, un désir de mourir pour celle que nous aimons, la certitude qu’elle est une fée »

En avril 1907, paraissent «  Les Eblouissements » (grand succès, avec une cinquième édition en mai...) que Barrès dédicace à Anna, rendant publique sa passion.

Elle-même souhaite lui dédicacer, un recueil sur l'amitié, mais son mari s'y oppose :

« Un jour, deux mois avant le 2 avril, mon mari à qui je parle de vous dédier mon livre me dit que c’est impossible, que notre amitié, si pure, si innocente n’en est pas moins l’objet d’un malveillant scandale, et enfin, me dit que, puisque je n’ai jamais dédié de livre à personne, à ma mère, à lui, au petit, il me le défend. Si je passais outre, c’était chez moi, la rupture. »Lettre d’Anna de Noailles à Maurice Barrès, 21 mai 1907

Barrès est déçu, et doute...

« Adieu mon amie,

Il est inutile de m’écrire ; je n’ouvrirai pas vos lettres. Je sais votre facilité pour tout dire.

Daignez agréer, Madame, les respectueux souvenirs de l’ami que vos finesses ont offensé mortellement.

Maurice Barrès » Lettre de Barrès à Anna de Noailles, 2 avril 1907

 

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Anna de Noailles et Maurice Barrès : Correspondance -1/3-

Publié le par Perceval

La correspondance de Anna-Élisabeth de Noailles (539 lettres ) à Maurice Barrès (392 lettres à la comtesse) connue, est le témoin d'une passion singulière durant de nombreuses années. Ils se sont écrits de 1903 à 1923, avec une interruption de sept années de silence.

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Anna de Noailles en 1904

En 1903. Anna de Noailles (1876-1933) a vingt-six ans, elle est reconnue comme poétesse, elle a publié son premier recueil en 1901, Le Cœur Innombrable, qui lui a valu tous les succès. Elle est l’épouse enviée de Mathieu de Noailles et s’est déclarée dreyfusarde, par esprit de contradiction. Sa silhouette frêle et brune hante les salons où elle récite ses vers.

Maurice_Barres-en-1.jpgMaurice Barrès (1862-1923), nationaliste a subi quelques échecs électoraux, il rencontre Anna qui lui parle politique. Elle se revendique dreyfusarde. La rencontre aurait pu tourner court, mais déjà, l’attirance est plus forte que les divergences.

Ils se rendent visite, accompagnés de leur conjoint. Barrès est fasciné, passionné, par ses manières, sa conversation, ses artifices... Anna est flattée, amusée, emportée... Mais … Anna peaufine, l’image de la princesse alanguie dans les coussins aux étoffes brillantes et soyeuses, l’image d’une femme au charme si fulgurant qu’on n’y résiste pas...

«  Je vous appartiens et je vous prie de ne trouver dans mes sentiments que du repos et des raisons de vivre » lettre de Barrès du 27 juin 1903

Pour Maurice, Anna devient une héroïne ; il l’appelle « l’incomparable fée », la « magicienne », « mon bel incendie ». Elle devient son égérie. Et c’est sans doute ce qu'elle souhaite, habiter l'esprit, l’œuvre de Barrès.

«Je vous aime, Madame, d'une telle manière que la vie me gène » lettre du 9 sept. 1903

 Barrès, par delà la femme, loue également l’œuvre d’Anna : « c’est dans ses vers qu’éclate son génie. Et Génie est bien le seul mot pour signifier le phénomène par lequel les plus beaux poèmes de ce temps se forgent dans cette jeune femme de vingt-cinq ans. Rien n’est au-dessus de Déchirement, Parfums dans l’ombre, C’est vrai je me suis beaucoup plainte , publiés dans la Revue des deux mondes du 15 juin. » Barrès

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Anna de Noailles en 1913, par Lazlo

Mathieu de Noailles, rechigne à laisser sa femme, rejoindre Barrès...

« Monsieur, je me tourmente, je suis très triste, je sens que vous croyez que j’hésite à partir, et en effet vous ne pouvez pas savoir que je suis prête, et impatiente de partir ce soir même, et que je supporte très mal la distraction de Mathieu et son fort entêtement à ne point se presser. » Lettre d’Anna de Noailles à Maurice Barrès, 22 avril 1904

Pourtant, il semble bien que cette passion reste platonique, malgré l'empressement de Maurice. Ensuite … Barrès est désenchanté, désabusé … Il note dans ses cahiers :

« Première impression d’une certaine lassitude et d’une certaine mauvaise humeur. – Las, à mon tour, de tout donner ou de tant donner. – Je mesure d’un œil dégrisé. Cette volonté de se faire désirer par l’univers, c’est intéressant par le don d’expression qu’elle y joint, mais c’est l’imagination vaniteuse d’une jeune femme d’officier, qui n’a pas vraiment l’échelle des valeurs. »

 

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Marie de France (1160-1210)

Publié le par Perceval

Marie de France 2Parler de «  Marie de France », c'est évoquer la première femme écrivain française. D'elle, nous ne savons que peu de choses, sinon que : « Marie ai num, si sui de France » (J'ai pour nom Marie et je suis de France), c'est ce qu'elle écrit elle-même dans l'épilogue de ses Fables.

Elle vit en Angleterre, elle est liée à la cour d'Henri II Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine (ses Lais sont dédiés à un roi, sans doute Henri II), elle est originaire de France. On la suppose abbesse d'un monastère.


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Marie de France présente son livre de poèmes

à Henri II d'Angleterre  

Charles Abraham Chasselat

Elle pourrait être une demi-sœur de Henri II (r. 1154-1189), en effet, elle est supposée être, par beaucoup, la « Marie » fille illégitime de Geofrey V "Plantagenêt" d'Anjou, le père de la ligne angevine de la monarchie britannique.

Il ne faut pas la confondre avec: Marie de France, comtesse de Champagne et Marie de France, duchesse de Brabant .

A noter, également, que: La dynastie Plantagenêt a tenté de récupérer, à des fins politiques, la légende des chevaliers de la Table ronde en établissant un lien avec Arthur. Wace y insiste dans son Roman de Brut, écrit vers le milieu du siècle. Il suivait en cela l'exemple de Geoffroy de Monmouth, qui dédiait déjà à Robert de Gloucester son Histoire des Rois de Bretagne, écrite vers 1138. Les Plantagenêts font grand cas, sur le continent, de l'épée d'Arthur Excalibur, qu'Henri Ier Beauclerc aurait, dit-on, offert à Geoffroy en 1127, lors de son adoubement. Ceci avant la découverte opportune, en 1191, à l'abbaye de Glastonbury, en Angleterre, sur des indications données avant sa mort par Henri II, de la tombe supposée du roi légendaire. (wiki)

ars_3142_256Marie de France écrit dans une forme d' anglo-normand français, elle connait le latin et l'anglais. Elle est l'auteur des Lais de Marie de France . Elle traduit les fables d'Ésope, la légende du Purgatoire de saint Patrick , basé sur un texte latin.Elle est l'auteure d'une vie de saint , La Vie de Saint Audrey . Les chercheurs ont daté les œuvres de Marie entre environ 1160 et 1210. Il est probable que le Lais ont été écrits à la fin du XIIe siècle; ils sont dédiés à un "noble roi", Les Fables , sont dédiées à un "comte Guillaume", qui peut avoir été soit Guillaume de Mandeville ou William Marshall . Cependant, il a également été suggéré que le comte Guillaume peut se référer à Guillaume Longue-Epée . Longsword étant lui aussi un enfant illégitime reconnu de Henri II. 

marie writingLes lais de Marie de France a eu un impact énorme sur le monde littéraire. Ils étaient considérés comme une nouvelle technique littéraire dérivée de la rhétorique classique et imprégnée de ces détails qui en ont fait une nouvelle forme d'art.

Dans la plupart des lais de Marie de France, l'amour est associé à la souffrance et plus de la moitié d'entre eux impliquent une relation adultère. Marie se concentre sur l'individualité de ses personnages et elle n'est pas très préoccupée par leur intégration dans la société.

Le lais de Marie de France, non seulement dépeignent une vision sombre de l'amour, mais ils ont aussi défié les traditions de l'amour selon l'Église de l'époque. Elle évoque l'adultère, des femmes de haute stature qui séduisent d'autres hommes, des femmes qui cherchent à échapper à un mariage sans amour, souvent avec un homme plus âgé, elles envisagent que les femmes puissent avoir la liberté sexuelle. 

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Des fêtes galantes, de Watteau à Verlaine: -3/3 -

Publié le par Perceval

Clair de lune

«  Votre âme est un paysage choisi / ….

« Clair de lune », est le poème qui ouvre les Fêtes galantes, sans doute joue t-il le rôle d'un prologue.


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Fragonard - Les-débuts-du modèle

* Une ombre triste plane sur le poète : Le 16 février 1867, mourrait Elisa, sa cousine qu'il aimait, quoique plus âgée et mariée … Bien que l'on dut le chasser souvent du café Procope, titubant sur ses longues jambes, il obtient tout de même son baccalauréat en 1862, de justesse... Il passe ses vacances d'été chez Élisa, et essaya à cette occasion de reconquérir son cœur. En vain. Son père meurt en 1865, puis c'est Élisa qui, en 1867, est victime d’une fièvre puerpérale. Elle avait payé l’édition de son premier recueil : “Poèmes saturniens” (1866)...


* Mais, en 1869, alors même qu’il brutalise sa mère au cours de scènes affreuses, Verlaine fait la rencontre d'une jeune fille de seize ans, Mathilde Mauté de Fleurville, la sœur d’un de ses amis, « être de lumière » qui lui apporte la pureté candide à laquelle il aspirait parmi ses hontes secrètes... Elle devrait l'aider à vaincre ses démons, et trouver dans un mariage imminent, « un vaste et tendre apaisement », un bonheur tranquille... Il pourrait ainsi acquérir des habitudes plus régulières, devenir sérieux après une vie de désordre et de débauche, et fréquenter assidûment son bureau : « Oui, je veux marcher droit et calme dans la vie. ».

La même année, il publie, donc: “Fêtes galantes” (1869) : La plupart de ces poèmes sont adressés à Mathilde Mauté, Verlaine s’inspire des peintres de fêtes galantes du XVIIIe siècle (Fragonard, Lancret, Watteau) dont il a cherché à dégager le sens caché et dont il fait des transpositions...

Watteau--Antoine--Das-Liebesfest--Fetes-galantes-.jpg

 

Watteau, Antoine - Fêtes galantes

 

 


Clair de lune


Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L'amour vainqueur et la vie opportune
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.

Paul Verlaine ( 1844-1896) , Fêtes galantes



Le clair de lune, cache en lui, une lutte contre Eros. La lecture qui suit, n'est pas celle que l'on étudie en classe. Elle est dans l'esprit des tableaux qui relèvent – précisément – des Fêtes galantes.

Les premiers vers, annonce une peinture dans lequel se cache un « vous ». Non pas « vous » seul, mais l'âme, comme s'il appelait l'amante « mon âme ». ici l'l'âme est charmée et se trouve dans le tableau. Le pronom relatif « que », ici signifie « où »

Le-baiser-a-la-derobee-de-Jean-Honore_Fragonard-detail.jpg
Le baiser à la dérobée de Jean-Honoré Fragonard - détail

Masque et bergamasque ( danse italienne ), s'associent dans un jeu de cache-cache, et de danse. Cela débute avec timidité et maladresse, puis cela devient : charmant, jouant du luth, et dansant. Charmer c'est séduire, jouer du luth suggère des caresses sensuelles, et danser, c'est faire I'amour en vérité...

La mascarade s'emplit d'une atmosphère équivoque, le masque cache mais n'empêche ni de goûter, ni d’ouïr, ni de voir … Pourtant Verlaine la qualifie de « quasi triste »

Le poème (et aussi tout le recueil) est une expression de la tristesse sous le masque. A moins qu'elle ne soit créée par le masque ( sans expression) lui-même... ? Le masque est inexpressif, ce qui fait ressentir de la mélancolie...

Il se pourrait aussi, que ce jeu de masques qui conduit assez clairement à l'acte érotique, personne, vraiment, ne le trouve joyeux, personne n'est heureux ; comme s'il n'était pas la forme d'amour vraiment désirée.

Aussi, le masque rappelle la mort ( le masque mortuaire), de même que la lune. La lune ne ferait vivre que des corps sans vie ...

 

Les-Hasards-heureux-de-l-escarpolette-est-une-scene-galant.jpg
Détail : Les Hasards heureux de l'escarpolette est une scène galante peinte par Jean Honoré Fragonard entre 1767 et 1769

Dans la deuxième strophe, le chant ( charmant) est chanté ensemble. Il y a, accord, à présent. Seulement, c'est en « mode mineur » ( triste et romantique ).

A ce mode mineur, s'oppose l'adjectif « vainqueur », plus viril, plus dominant. Puis c'est la vie opportune ( qui conduit au port), c'est l'insertion sexuelle

 

Ensuite vient le temps dormant. Le dernier quatrain est tranquille. La fusion ( se mêler ) a pris la place de la lutte... dans cette circulation de jets d'eau ( chez l'homme ) s'annonce le vertige et l'apaisement.

Le clair de lune répétant celui du dernier vers de la strophe précédente est qualifié à nouveau par trois adjectifs: calme, triste et beau. L' oiseau est souvent le symbole de l' amour passé ou du chagrin d' amour chez Verlaine.

Les sanglots des jets d'eau annoncent la nostalgie d'une volupté, qui s'endort … Sommeil de l'âme, de la mort.

Peut-être que les personnages mis en scène avaient le désir de faire l'amour pour oublier leur existence éphémère …

 

Proposition ( à droite du poème) d'une « Traduction »

 

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

 


Tout en chantant sur le mode mineur
L'amour vainqueur et la vie opportune
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

 


Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.

Votre corps est un paysage

où je vais et danse, masqué.

Vous caressant, et plus...

si ce n'était factice !

 

Ensemble, tout en jouant

de l'avant, jusqu'à con-clure.

Ils hésitent et reprennent

sur le seuil, comme de la mort.

 

Calmement se mêler

jusque dans cette petite mort,

précédée d'un sommet

avant de se fondre dans la nuit.



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« Du Maurier », l'histoire d'une famille - 3/3 -

Publié le par Perceval

Le-monde-selon-George-Du-Maurier.jpg

En 1834, alors qu'ils habitaient Paris, Louis et Ellen eurent un fils, George-Louis Busson du Maurier (1834-1896)

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George du Maurier 1878-Edisons-Anti-Gravitation-Under-Clothing

George du Maurier étudie les beaux-arts à Paris avant de partir pour Anvers, où il perd l'usage de son œil gauche, ce qui l'oblige à renoncer à sa vocation de peintre. Alors qu'il se trouve à Düsseldorf pour consulter un ophtalmologue, il rencontre Emma Wightwick, qu'il épouse peu après à Londres en 1863.


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Ancêtres de nos smartphone ...

Il devient célèbre et riche grâce à ses talents de dessinateur qui lui permettent de devenir l'illustrateur du journal satirique anglais Punch, en 1865, il y dessine deux caricatures par semaine. Il écrit également deux romans à succès : Trilby et Peter Ibbetson.

En 1878, croyant illustrer une nouvelle invention d'Edison, le téléphonoscope, il invente sans le savoir le concept de la télévision et celui de la vidéo-conférence.

 


 

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Gerald du Maurier (1873-1934) fut un célèbre acteur et metteur en scène de théâtre anglais.

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Sa fille lui consacra un roman tout simplement intitulé Gerald. Il fut anobli. Avec Muriel Beaumont, également actrice, il a trois filles dont Daphné Busson du Maurier qui naît à Londres, en 1907, et décède en 1989.

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Daphne fait ses études à Paris. Elle connaît un succès rapide avec la publication d'une saga familiale appelée La Chaîne d'amour (The Loving Spirit)  à l'âge de 22 ans.

Elle épouse l'année suivante le général de division Frederick Browning. Le couple donne naissance à trois enfants.

Son cinquième roman, Rebecca , est le plus connu... Même si le fond est romantique, elle sait créer un climat étrange ; elle peut aussi écrire des histoires plus 'gothiques' ( "Les Oiseaux", est devenue un film Hitchcock …) ou historiques, et même de la science-fiction... jusqu'à des nouvelles ( récemment éditées ) beaucoup plus perverses, écrites quand elle n'avait pas vingt ans...( La Poupée )daphne-du-maurier-smoking.jpg

Dès l'enfance, Daphne estimait qu'elle aurait dû naître ' garçon' et a lutté pour se réconcilier avec sa sexualité. Elle a eu des aventures amoureuses et sexuelles avec des hommes et des femmes, elle utilisait l'euphémisme «tendances vénitiennes» pour désigner ses sentiments lesbiens. Son amour non partagé pour Ellen Doubleday, la femme de son éditeur américain, inspire sa pièce September Tide (1948), et c'est à cette occasion que Daphne rencontre l'actrice Gertrude Lawrence, avec qui elle a une relation passionnée. Elle est, toutefois, restée mariée pendant plus de trente ans...

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Amedeo Modigliani et Anna Akhmatova, à Paris 1910.

Publié le par Perceval

Elisabeth Barillé sort un livre sur la poétesse Anna Akhmatova, et centre son « enquête » sur son séjour à Paris et sa rencontre avec Modigliani; et la vie intellectuelle à Saint-Pétersbourg.

Nous sommes en 1910, et la grande poétesse découvre Paris, avec son mari. Elle rencontre un artiste bohème et vont s'aimer le temps d'un séjour...

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Portrait d'Akhmatova, par Olga Della-Vos-Kardovskaya. (1914)

Le camarade et censeur Jdanov écrit sur les textes d'Anna Akhmatova, ainsi : «...c'est la poésie d'une grande dame hystérique, ballottée entre le boudoir et l'oratoire (...) Nonne ou pécheresse, ou plutôt nonne et pécheresse chez qui la fornication se mêle à la prière...»

Vers 1958, Anna Akhmatova écrit sur Modigliani, et évoque une correspondance « perdue » … Dans les années trente, elle avait détruit une partie de ses archives, par peur du stalinisme. Pour Staline cette artiste décadente n'avait rien d'une citoyenne exemplaire : son mari avait été fusillé en 1921, son fils faisait l'objet d'arrestations répétées, c'était une orgueilleuse, une solitaire, une exaltée, une ténébreuse.

Paris-Montparnasse de cette époque, est un quartier tout neuf, le boulevard Raspail vient d'être percé, les automobiles commencent à damner le pion aux fiacres, les autobus aux omnibus à chevaux, le métro vient d’inaugurer sa fameuse ligne Nord-Sud. Désormais on peut traverser Paris en beaucoup moins de temps qu'il fallait quand Gertrude Stein allait poser pour Picasso. C'était aussi le début d'une certaine liberté des mœurs, les audacieuses se promenaient en jupes-culottes, cela avait frappé la jeune russe...

 

 Elisabeth Barillé a enquété... Elle nous retrace la rencontre d'Anna – jeune mariée, mais qui s'ennuie déjà de son époux – avec Amadéo – un homme libre qui arrive d'Italie- . Tous deux passionnés par l'art et en pleine quête. Elle, rêve de devenir poète, et lui, a décidé de se consacrer corps et âme à la sculpture. D'un côté le Montparnasse des débuts du cubisme, de l’autre les dandys poètes de « La Tour » d'Ivanov, à Saint-Pétersbourg.

Anna, jeune mariée en voyage de noces, s'ennuie déjà de son époux et n'a qu'un rêve : devenir poète. Au même moment, Modigliani arrive d'Italie, il a 26 ans et a décidé de se consacrer corps et âme à la sculpture. Il est orgueilleux et solitaire. Son charme et sa pauvreté émeuvent les femmes. En 1910, il habite avec d'autres peintres l'insalubre cité Falguière, à Montparnasse. Il est l'érudit de la bande, le philosophe.

Il va rencontrer la jeune poétesse russe à La Rotonde, (imagine Élisabeth Barillé) : brasserie à la mode fréquentée par les artistes reconnus et inconnus. Modigliani propose l'un de ses dessins à Lénine, client de l'établissement...

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Amedeo Modigliani:  Nu - Anna-Akhmatova  


Anna, c'est la «reine de la Neva» descendue du froid. Elle a épousé Nicolas Stepanovitch Goumiliov, poète novateur, déjà renommé, visage laid, dandy arrogant. Il était fou d'elle et il l'a eue à l'usure. Le couple arrive à Paris, en mai 1910, et s'installe au 10 de la rue Bonaparte. "À peine mariée et filant déjà la déception au rouet conjugal, enfin, c'est l'air qu'Anna se donne."

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Amedeo Modigliani . Anna Akhmatova. c. 1911

Un amour à l'aube est un éloge de la beauté : les dessins et les sculptures de Modigliani, les vers d'Anna Akhmatova, leur histoire, quelques lettres. "Vous êtes en moi comme une hantise", lui écrit-il. Ou encore : "Je tiens votre tête entre mes mains et je vous couvre d'amour."

Et, la beauté d'Anna Akhmatova "peinte" par Élisabeth Barillé : "Beauté singulière, beauté travaillée, beauté gagnée sur d'éclatants, d'insupportables défauts – nez cassé, cou à n'en plus finir – beauté arrogante pour la lycéenne qui s'en étourdissait comme d'un destin inaccessible. Car la beauté, la grande beauté, construite par le vouloir, conquise sur la disgrâce, est un destin, bien sûr."

Entre eux, la passion est brève, violente, désespérée, inassouvie.

En effet, chacun est trop egocentré pour risquer l'abandon... Et puis, si l'amour ensuite, n'est que la fin d'une énigme de l'un pour l'autre … alors il faut le refuser et se condamner à n'en vivre que le commencement, à n'en connaître que l'aube.

«Anna retourne en Russie. Puis revient à Paris. Ils se retrouvent. Pas pour longtemps. "Un jour, il faut partir." Ils étaient encore trop fragiles, trop incertains d'eux-mêmes, pour que le cours de leur vie en fût changé.» Elis. Barillé

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Voir aussi: 

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Jeanne hébuterne et modigliani -2-

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La vie des Dames Galantes -2/2-

Publié le par Perceval

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   Pierre de Bourdeille Brantôme. 
Vies des dames galantes 1935 
Illustrateur: Edmond Malassis

Il commence à rédiger « Les Dames Galantes » autour des années 1580. Un premier volume traite des « Dames illustres ». Le livre est divisé en sept chapitres, que Brantôme nomme des discours

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Le premier «Discours», - « Sur les dames qui font l’amour et leurs maris cocus » - qui traite des relations conjugales et du cocuage, plaide la cause des femmes et justifie leur inconstance au nom de «ceste belle liberté françoise»; émaillé de nombreuses digressions concernant les maris (cruels ou complaisants), la virginité (perdue ou prétendue), les inclinations saphiques, les techniques érotiques, il fait l'apologie de l'amour physique et de la liberté sexuelle: «Il n'y a que la jouissance en amour et pour l'homme et pour la femme, pour ne regretter rien du temps passé.»

Le deuxième «Discours» - « Sur le sujet qui contente le plus en amour : le toucher, la vue ou la parole » -s'ouvre par un inventaire des beautés des dames et s'égare dans les particularités (réelles ou fantasmatiques) de leur physiologie avant d'évoquer le comportement amoureux de quelques grands personnages de l'Histoire, d'Alexandre à François Ier en passant par ce «marault» de Mahomet.

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Le troisième «Discours» - « Sur la beauté de la belle jambe et la vertu qu’elle a »- traite de l'érotisme de la jambe et du pied, mis en valeur par les nouvelles modes de la cour.

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Le quatrième «Discours», - « Sur l’amour des dames vieilles, et comme certaines l’aiment autant que les jeunes » - sur l'amour des dames mûres, atteste que ni l'âge ni la contenance ne permettent de préjuger des appétits amoureux.

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   La vie des Dames Galantes 
Illustrée par Paul-Emile Béca
 


Le cinquième «Discours» - « Les belles et honnêtes dames aiment les hommes vaillants et les hommes braves aiment les femmes courageuses » - évoque les règles de l'amour courtois et la préférence des dames pour les hommes vaillants et hardis.

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Le sixième «Discours», - « Il ne faut jamais parler mal des dames, et la conséquence qui en vient » - déplore que, sous une apparence d'honnêteté, la calomnie, la médisance et parfois la brutalité règnent à la cour. Il rappelle l'attitude des rois de France depuis Louis XI, indulgente ou sévère, à l'égard des détracteurs du sexe féminin et des fauteurs de scandales. Si Henri II et Catherine de Médicis se sont efforcés d'imposer à leur entourage des moeurs polies, et respectueuses des dames, la discrétion, voire la dissimulation, demeurent indispensables en amour, car les dames «le veulent bien faire, mais non pas qu'on en parle».

Le septième et dernier «Discours» -« Sur les femmes mariées, les veuves et les filles, à savoir lesquelles sont le plus chaudes à l’amour »-

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passe en revue, dans une récapitulation générale, la diversité des tempéraments et des comportements des femmes selon qu'elles sont jeunes ou vieilles, filles, mariées ou veuves pour «sçavoir desquelles les unes sont plus chaudes à l'amour que les autres»; il apparaît que toutes ont reçu en partage la même sensualité, la même ingéniosité pour faire triompher leurs désirs, les reines et les princesses comme les autres: ici, dames illustres et dames galantes se confondent. La chasteté et la fidélité sont rarissimes, la recherche du plaisir est générale. A regret, le vieux courtisan met un terme à son enquête et prend congé de ses lectrices, véritables destinataires de son livre et objets de toutes ses pensées.



Sources, pour le résumé des discours : Robert Paul ( site, Arts et Lettres)  

 

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