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Articles avec #litterature tag

L'amant infortuné

Publié le par Perceval

Ce manuscrit  du XVe s. appelé '' L'Amant infortuné '' appartient à la bibliothèque de Chantilly. Il est sur parchemin et contient 97 feuillets. Les dimensions des illustrations sont 228 x132mm.
Ce manuscrit  du XVe s. appelé '' L'Amant infortuné '' appartient à la bibliothèque de Chantilly. Il est sur parchemin et contient 97 feuillets. Les dimensions des illustrations sont 228 x132mm.
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Ce manuscrit  du XVe s. appelé '' L'Amant infortuné '' appartient à la bibliothèque de Chantilly. Il est sur parchemin et contient 97 feuillets. Les dimensions des illustrations sont 228 x132mm.
Ce manuscrit  du XVe s. appelé '' L'Amant infortuné '' appartient à la bibliothèque de Chantilly. Il est sur parchemin et contient 97 feuillets. Les dimensions des illustrations sont 228 x132mm.

Ce manuscrit du XVe s. appelé '' L'Amant infortuné '' appartient à la bibliothèque de Chantilly. Il est sur parchemin et contient 97 feuillets. Les dimensions des illustrations sont 228 x132mm.

L'Amant infortuné se présente sous la forme d'un poème en vers de 10 syllabes.

Interviennent quatre personnages: l'Auteur, la Fortune, l'Amant et sa Dame. Pas de titre; celui transcrit ci-dessus est emprunté au sujet même.

Le nom de l'auteur n'est pas indiqué, bien que Chardin ait voulu, sans raison sérieuse, attribuer l'ouvrage à Jean Bouchet (note conservée dans le volume) : Jean Boucher  né à Poitiers en1476, et mort en 1557, et ami de Rabelais.

On lui préfère François Habert né vers 1510 à Issoudun (Indre) et mort vers 1561. Il fut d'abord secrétaire d'hommes d'Église, puis entra à la cour de François Ier et de Henri II où il devint « poète du Roi ».

En : F. 8v, l'énigmatique monogramme 'N.O.T.H.E.R.U.S.' ; 21v, monogramme 'N.Z.' Présence de la devise "banny de joie", très proche de celle de l'auteur présumé François Habert , qui se surnomma lui-même « le Banni de liesse ».

 

Incipit :

La doléance de l'amant infortuné.

Ung jour estant de desplaisance ataint.

De grand ennuy et tristesse rataint,

En deul transy, comblé de doléance...

 

Le sujet du poème n'est pas compliqué : l'Amant se désole dans un verger ; dame Fortune lui offre son aide et se charge d'un amoureux message ; la réponse est favorable. Conduit auprès de la dame de ses pensées, l'Amant est au comble de ses vœux; mais la Fortune, on ne sait pourquoi, lui retire ses faveurs au prétexte de lui procurer quelque repos, elle le conduit dans son labyrinthe et l'y abandonne. Le labyrinthe n'est en rien plaisant; les arbres sont en pourriture, les arbustes garnis d'épines, l'eau pleine de soufre.

Après de vains efforts pour sortir, l'Amant, se sentant mourir, confie ses peines à l'Acteur, qui apparaît à propos et promet d'écrire le récit de cette triste aventure.  

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Les femmes et les fées dans les salons du XVIIe s. -2/2-

Publié le par Perceval

Les femmes et les fées dans les salons du XVIIe s. -2/2-

Les salons formaient un monde socioculturel décentralisé qui avait existé avant la centralisation de la cour à Versailles. Un espace où les gens, parfois de classes sociales différentes, pouvaient se forger de nouvelles identités. Pour certains, les contes de fées représentent une échappée imaginaire, pour d’autres, une façon de critiquer le monde sociopolitique... N'oublions pas que les dernières décennies du règne de Louis XIV ( 1638-1715) étaient extrêmement dures.... ( la dette nationale, des conditions de vie difficiles, des mauvaises récoltes et de la grande perte de vies occasionnée par les combats, une austérité à tendance religieuse, la révocation de l’Edit de Nantes et l’exode des protestants ...etc)

Quoi qu’il en soit, les contes de fées littéraires sont nés dans ces salons du XVIIe siècle qui étaient organisés et dominées par des femmes, dont la situation à cette époque mérite d’être examinée.

 

Au XVIIe siècle, les femmes étaient largement exclues du monde socioculturel. Les lois limitant leurs droits existaient depuis longtemps. On les empêchait de voter dans les guildes mixtes, de se marier sans l’autorisation parentale, de revendre leurs biens, d’être maîtres de leur fonction reproductive, de décider des conditions d’une séparation conjugale. En tant qu’épouses, les femmes n’avaient guère de pouvoir...

Timothy Reiss propose quatre raisons pour cette exclusion. D’abord, au XVIIe siècle, on pensait que les femmes avaient un raisonnement différent de celui des hommes, d’où l’influence limitée qu’elles exerçaient dans le monde culturel. Deuxièmement, la femme était considérée seulement comme mère et épouse, et par conséquent confinée à la sphère domestique. Même Charles Perrault, qui prétend être l’avocat des femmes, partageait cette image. Troisièmement, les maris, voire les hommes, traitaient les femmes comme objets et possessions. Enfin, on croyait que les femmes étaient les consommatrices idéelles de la culture. On ne leur permettait pas de produire la littérature, mais on les respectait en tant que gardiennes du bon goût. Cette discussion s’inscrit dans le contexte de ce que l’on appelait la Querelle des Femmes.

L’instruction des filles à cette époque était basée sur l’idée que les femmes devaient rester à la maison, loin des dangers de la mondanité qui caractérisait les salons. François Fénelon, auteur célèbre de L’éducation des filles (1891), et Madame Maintenon, la deuxième femme morganatique de Louis XIV et fondatrice de Saint-Cyr, une école pour les filles, étaient des défenseurs de l’instruction conservative pour les filles... Les femmes ne vivaient pas pour elles-mêmes. Elles devaient penser d’abord à leur mari, à leurs enfants et à leurs domestiques. De plus, il fallait qu’elles soient modestes, simples, discrètes et sincères et qu’elles évitent l’affectation, l’égoïsme et la déception.

A cette époque, l’instruction des filles se faisaient soit dans les écoles paroissiales, soit dans les couvents, soit dans les petites écoles. L’enseignement religieux y avait la priorité, mais les filles apprenaient aussi à lire, à écrire et à compter. L’instruction des filles ne dépassait jamais les premières années, car on disait que trop d’intelligence ne pouvait que leur nuire ...

Pour les femmes, les salons remplaçaient l’université, dont l’accès leur était interdite. Ils leur offraient le moyen de s’affranchir des rôles sociaux qui leur étaient réservés et la possibilité de se créer une identité par la force de leur intellect. C’était le seul endroit où on encourageait les femmes à développer leur esprit et à se mélanger aux hommes. Si une femme voulait accéder à l’enseignement supérieur, c’était à elle de le chercher, voire de le créer, grâce à l’aide des autres salonniers. Parce qu’elles se considéraient au même niveau intellectuel que les hommes, elles ont pu se permettre de s’engager dans la formation du monde culturel et social en produisant des contes de fées et de participer ainsi d’une élite nouvellement constituée qui ne se définissait plus par sa naissance. Marginalisées à cause de leur sexe et exclues des domaines masculins, les femmes ont créé des salons pour se doter d’un pouvoir et décider de leur rôle dans la société.

La chambre bleue de l’Hôtel de Rambouillet, qui a ouvert ses portes vers 1610, était le premier salon français. En fait, il y en avait beaucoup au XVIIe siècle et ils n’étaient pas tous identiques. Par exemple, celui de Mlle de Scudéry était plus littéraire et plus féministe que celui de l’Hôtel de Rambouillet. Mme d’Aulnoy, Mlle de L’Héritier, Mme de Murat et Mlle de La Force en fréquentaient plusieurs ; d’autres femmes ont même organisé leurs propres salons. Mlle de L’Héritier a repris le célèbre salon de Mlle de Scudéry. Le salon de Mme d’Aulnoy, que Mme de Murat fréquentait, a commencé vers 1690, rue Saint-Benoît. Mlle de La Force était la grande fidèle du salon de la marquise de Lambert, la dernière grande précieuse.

On a tendance à croire que les salons étaient réservés à la haute société, mais certains écrivains, comme Victor Cousin, explique que l’on laissant entrer « des personnages de différents ordres, auxquels pouvaient manquer la naissance, mais que relevaient le mérite et l’esprit. Car l’esprit était alors une puissance reconnue, avec laquelle toutes les autres puissances comptaient ».

La participation des femmes dans les salons servait à montrer qu’elles étaient dotées d’une capacité de raisonnement aussi grande que celle des hommes. En plus, les salons permettaient aux femmes de participer à la production et dissémination de la littérature, la science et la philosophie. Les salonnières ont aussi fait évoluer la langue française. De fait, elles ont redéfini l’aristocratie. Au début, parce qu’on croyait que les femmes étaient prédisposées au bon goût esthétique, les écrivains leur donnaient leurs œuvres à corriger. Malgré le respect qu’elles ont trouvé dans ce rôle, les salonnières n’étaient pas satisfaites d’être seulement des consommatrices culturelles. Elles voulaient aussi produire de la littérature.

L’aspect collaboratif des salons a contribué à créer une atmosphère d’égalité entre les sexes : « ce sont les salons lettrés et mondains, en marge de la cour versaillaise, où les auteurs de contes, de Saint-Evremond à Perrault, Mlle L’hériter, Mme d’Aulnoy, Mme de Murat, Mlle de La Force, Préchac ou encore le chevalier de Mailly, travaillent en étroite collaboration ». Dans ces assemblées, les gens passaient leur temps dans la conversation et dans les jeux. Les trois sujets les plus fréquents étaient l’amour, la littérature et la philosophie.

L’atmosphère des salons a beaucoup influencé la facture des contes de fées. Sur le plan de l’écriture, les contes des fées sont rédigés dans le style naturel de la conversation. Plus important encore, comme nous allons le voir, ces conteuses nous offrent des mondes merveilleux dans lesquels les femmes sont souvent égales aux hommes, voire plus puissantes qu’eux. Ainsi la réalité sociale des salons se reflétait-elle dans l’égalité que l’on trouvait dans leurs contes.

 

Sources : Une thèse de Deborah Amato : Les Contes de fées oubliés: vision d’un monde plus égal

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Les fées dans les salons du XVIIe s.-1/2-

Publié le par Perceval

Les fées sont à la mode dans les salons du XVIIe s.: les "contes de bonnes femmes" deviennent "contes de précieuses"...

Mais...

D’où viennent les contes ?

Pour certains les contes et leurs personnages, les fées et les ogres, seraient les derniers avatars d’une mythologie païenne, plus ou moins gauloise. Parmi ces hypothèses prédomine celle des frères Grimm (~1785-1860) : tout comme la plupart des langues de l’Europe moderne sont issues d’une langue commune, l’indo-européen, les contes seraient la forme prise en différents lieux par des récits prototypes, d’où la tentative des deux philologues de rassembler le corpus des contes populaires allemands, trace pour eux du lointain passé germanique. Effectivement Le Petit Poucet n’est pas loin de rappeler certains épisodes de la légende de Thésée ou de celle de Tristan.

Dans les années 1160, Marie de France compose douze lais en vers inspirés des contes populaires bretons auxquels ils empruntent les éléments merveilleux – objets magiques, métamorphoses, loups-garous, fées – et la structure. Cinq siècles plus tard, Mme d’Aulnoy (1650-1705) puisera dans le lai d’Yonec la matière de L’Oiseau bleu.

Le conte de fées littéraire comme forme narrative courte s'inspire de la novella et autre conto italiens. Il faut toutefois attendre le XVIIe siècle pour que naisse un véritable genre littéraire, théorisé par Charles Perrault dans la fameuse Querelle qui l’oppose à Boileau et aux Anciens.

- 1690 : Mme d'Aulnoy publie L'Ile de la Félicité, le premier conte emprunté à l'oralité où l'on voit un prince russe s'en aller au pays où l'on ne meurt pas.

- En 1693, Charles Perrault publie une version versifiée des Souhaits ridicules, et en 1694, Peau d'âne . Les Contes de ma mère l'Oye est un recueil de huit contes de fées de Charles Perrault paru en 1697, sous le titre Histoires ou contes du temps passé, avec des moralités, avec cet autre titre au dos : Contes de ma mère l'Oye, et toujours en 1697 Mme d'Aulnoy publie ses Contes de fées.

Les Contes sont liés à la société de leur époque : comme l’a montré Philippe Ariès (Philippe Ariès, L’Enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime ), la fin du XVIIe siècle voit s’amorcer un mouvement qui va mettre l’enfant au centre de la cellule familiale. D’autre part, se plaçant dans la ligne de la Contre-Réforme et dans la vague de pruderie de la fin du règne de Louis XIV, Perrault a censuré dans ses propres récits des épisodes proposés par la version populaire des contes ; dans certains de ceux-ci, par exemple, le Petit Chaperon Rouge se déshabille avant de se mettre au lit avec le loup…

Perrault (1628-1703) introduit des réalités de son temps dans les Contes. Par exemple Le Petit Poucet évoque la famine de 1693. On est en présence du phénomène de l’actualisation : pour intéresser son auditoire ou son public, le conteur intègre des éléments contemporains. En effet, pour traverser le temps, le conte doit être assumé et recréé par chaque nouvelle génération de conteurs. Il s’agit d’un « processus de particularisation » (Marc SORIANO).

Les contes sont donc à la mode dans les années 1690 ; mais ne faut-il pas distinguer entre ceux qui appartiennent à la culture savante, écrits par des dames et reconnaissables à l’importance du féerique, et ceux qui proviennent de la tradition populaire, dont le meilleur exemple est ceux de Perrault... ?

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Mme d'Aulnoy - La baronne aventurière

Publié le par Perceval

Marie-Catherine Le Jumel de Barneville naît vers 1650 non loin de Honfleur, dans une famille de petite noblesse normande.

Le 6 mars 1666, âgée tout juste de seize ans, elle est forcée de se marier à Saint-Gervais à Paris avec François de la Motte, baron d'Aulnoy. Ce valet de pied du duc de Vendôme a environ quarante-six ans, il est coureur de jupons, pilier de cabaret et est endetté. Il lui fait cinq enfants, ce qui donne à la jeune dame tout le temps de le détester et de prendre un amant.

En 1669, aidée de sa mère et de deux gentilshommes, elle le fait arrêter sous un faux prétexte : il est accusé d'outrage verbal contre la majesté royale... Parvenant à se disculper, le baron est rapidement libéré. Les deux gentilshommes normands responsables de la dénonciation ( dont l'amant …) sont décapités en place de Grève. Pendant que l'on a arrêté les deux hommes, Marie-Catherine est parvenue à s’échapper par un escalier dérobé. Elle s'est réfugiée dans une église voisine et a passé la nuit sous un catafalque qui reposait là. Elle demeure introuvable le temps que cessent les recherches et se réfugie en Angleterre. De là, elle passe en Espagne où, désireuse de rentrer en grâce, elle accepte de rendre au Royaume de France quelques discrets services.

Commencent alors pour Mme d’Aulnoy quinze années d’errance durant lesquelles elle sillonne l’Europe, des Flandres à l’Espagne en passant par l’Angleterre. On dit d'elle qu'elle espionne pour Louis XIV dans les cours européennes, en Angleterre, en Flandres, et surtout dans une Espagne encore orientale, qui la choque et la fascine; la comtesse séduit beaucoup, se laisse séduire, et à l'occasion manie le poison. ( cf l'Histoire De La Comtesse d'Aulnoy de Fernande Gontier)

En 1681, Madame d'Aulnoy devient veuve. En 1685, ayant obtenu le pardon de Louis XIV, elle rentre en France et s’installe rue Saint-Benoît à Paris où elle tient un salon littéraire fréquenté par Mme de Murat, Melle L’Héritier mais aussi Saint-Evremond et le prince de Conti. En 1690, paraît son premier livre, l’Histoire d’Hippolyte, comte de Douglas, dans lequel elle insère un conte de fées, "L’île de la Félicité", initiant ainsi la mode qui ne débutera que quelques années plus tard. Entre 1697 et 1698, la baronne écrit vingt-cinq contes, parmi lesquels La Chatte Blanche, L'Oiseau bleu ou Le Nain Jaune. La baronne est un auteur prolixe, publiant près d’un livre par an jusqu’à sa mort le 14 janvier 1705. Elle reste aujourd’hui l’auteur de contes de fées la plus publiée en France après Charles Perrault.

En 1699, elle est mêlée à un nouveau scandale, une tentative d'assassinat cette fois, dont l'intéressée est une amie intime, Mme Ticquet, femme d'un conseiller au parlement, qui sera décapitée pour avoir tué son époux . Elle s'en trouve quitte finalement, et meurt six ans plus tard.

Si de nos jours Mme d’Aulnoy est connue pour ses contes de fées publiés entre 1697 et 1698, elle fut surtout célèbre en son temps pour ses nouvelles et pseudo-mémoires ayant principalement pour cadre l’Espagne et l’Angleterre. Elle reçut de nombreux éloges dans les journaux et revues de l’époque et plusieurs de ses œuvres furent rapidement traduites à l’étranger. Son style témoigne d’un grand sens de l’observation, d’une remarquable finesse dans l’analyse des sentiments et d’une fantaisie extrême au point que Jacques Barchilon la présente comme un "Rabelais féminin".

Sources : Exposition Bnf – Les Contes de Fées.

 

Mme d'Aulnoy - La baronne aventurière
Mme d'Aulnoy - La baronne aventurière
Mme d'Aulnoy - La baronne aventurière
Mme d'Aulnoy - La baronne aventurière

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Le style burlesque au XVIIe s.

Publié le par Perceval

Le style burlesque au XVIIe s.

Voilà un air léger qui souffle jusque dans les salons fréquentés par les académiciens...

Si dans la 'préciosité' les femmes jouent le rôle le plus important, les serviteurs du 'burlesque' sont essentiellement des hommes. On a dit que le burlesque – gaîté un peu leste des poètes - était le 'singe' de la préciosité, à qui il répondait …

Le burlesque est décrit, presque dès sa naissance, comme une mode littéraire qui fait fureur dans les années 1643-1653, puis qui « tombe », victime de ses excès, selon Scarron (1610-1660) lui-même, pourtant réputé en être le « créateur ». En 1643, son Recueil de quelques vers burlesques est l'origine d'une vogue immense.

Paul Scarron, écuyer, seigneur de Fougerest est issu de la noblesse de robe. Il entre dans les ordres en 1629. Il vit au Mans de 1632 à 1640, dans l'entourage de l'évêque et fréquente les salons provinciaux. En 1638, il est atteint d’une maladie qui finit par lui paralyser les jambes, la colonne et la nuque. À partir de 1638, Scarron n’est plus qu’un pauvre corps, tordu et perclus, immobilisé dans un cul-de-jatte... Il commence à écrire ses premières œuvres à partir de 1643. Il rentre à Paris et en 1652, à 42 ans, il épouse une orpheline sans fortune âgée de seize ans et demi, Françoise d'Aubigné, petite-fille d'Agrippa d'Aubigné et future Madame de Maintenon...

 

Le mot '' burlesque'' est consacré par Jean François Sarrasin (1604-1654), familier de l’hôtel de Rambouillet. Il vient de 'burla' – plaisanterie -

J. F. Sarrasin, poète et écrivain, homme de plaisirs, rivalise comme auteur de vers de société avec Vincent Voiture (1597-1648) ... Surnommé Amilcar par les Précieuses, il est intime avec Ménage, Pellisson, Madeleine de Scudéry et Scarron avec qui il échange des vers. Il soutient Georges de Scudéry en 1639 dans son attaque contre Corneille avec un Discours de la tragédie.

Devenu familier du comte de Chavigny, secrétaire d’État aux Affaires étrangères, celui-ci l’honore bientôt d’une faveur toute spéciale. Il l’accompagne dans divers voyages diplomatiques. Ce ministre, qui avait reconnu le parti qu’on pouvait tirer des connaissances acquises et de l’esprit naturel de son protégé, le charge d’une mission à Rome auprès du pape Urbain VIII, amateur éclairé des belles-lettres. Il reçoit 4 000 livres pour ses premiers frais de voyage, mais au lieu de leur donner cette destination, il n’a rien de plus pressé que de les dissiper en parties de plaisir avec une maîtresse qu’il avait rue Quincampoix.

Sarrasin n'a jamais un sou vaillant, aussi doit-il louer ses talents chez le futur cardinal de Retz, puis chez le Prince de Conti, mais Sarrasin a le tort de porter les yeux sur la sœur du Prince, Mme de Longueville...

Le burlesque donc, ça fait rire – de certaines choses, et d’une certaine façon : il y a du « sous-entendu » là-dessous, du sous-entendu « bas », et même de l’équivoque « grossière » – et pourtant nous sommes entre gens du monde.

Non seulement, en usant de tous les lexiques à la fois, et de tous les genres, le burlesque nie leurs relations hiérarchiques, mais encore il procède systématiquement à un renversement « révolutionnaire » au sens propre des hiérarchies établies. Ainsi Scarron écrit-il qu’il a l’art de

Donner une vive beauté

À l’affreuse difformité,

Faire un louvre d’une cabane,

D’une coureuse une Suzanne,

D’un folâtre en faire un Caton,

Et d’un gros âne un Cicéron :

Quelque chose de plus encore,

Peser le vent, blanchir un Maure,

D’une farce en faire un sermon,

Et canoniser un démon,

Prédire les choses futures,

Grossir, ou moindrir les figures,

Faire un nouveau calendrier,

Et d’une buse un épervier,

Faire un libéral d’un avare,

Comme d’un sot un homme rare,

Un Alexandre d’un poltron,

Et d’un petit Nain un Typhon.

''Le Testament de M. Scarron, son épitaphe et son portrait en vers burlesques '' (1660),

 

 

 

PERRAULT Parallèle des Anciens et des Modernes

Le « burlesque galant » : « (Le burlesque) qui est une espèce de ridicule, consiste dans la disconvenance de l’idée que l’on donne d’une chose d’avec son idée véritable, de même que le raisonnable consiste dans la convenance de ces deux idées. Or cette disconvenance se fait de deux façons, l’une en parlant bassement des choses les plus relevées, et l’autre en parlant magnifiquement des choses les plus basses. […] les choses graves et sérieuses cachées sous des expressions communes et enjouées donnent plus de plaisir que ne peuvent donner les choses triviales et populaires sous des expressions pompeuses ou brillantes. »

DESHAYES Jean-Baptiste Henri (attribué) - LE SINGE PEINTRE - 3e quart 18e siècle

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Les Dames illustres: XVe s.

Publié le par Perceval

« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais.  Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle
« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais.  Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle
« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais.  Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle
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« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais.  Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle

« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais. Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle

Au XIIe siècle, Ovide exerce sur les clercs médiévaux une attraction telle qu’on peut parler de fascination. Ovide va pénétrer la matière des écoles, jusque là exclusivement constituée des écritures saintes et des écrits de Pères de l’Eglise. Avec Virgile, il sera l’auteur antique le plus lu et imité de tout le Moyen Âge.

Chrétien de Troyes lui-même, d’après le prologue de son Cligès, aurait commencé son activité d’écrivain en « translatant » (c’est-à-dire en traduisant au sens médiéval du terme, en adaptant) des fables ovidiennes :

« Cil qui fist d’Erec et Enide, / Et les comandemanz Ovide / Et l’art d’amors en romanz mist / Et le mors de l’espaule fist, / Del roi Marc et d’Iseut la Blonde, / Et de la hupe et de l’aronde / Et del rossignol la muance, / Un novel conte recomance. » (vers 1 à 8)  

 

Les Dames illustres: XVe s.
Les Dames illustres: XVe s.
Les Dames illustres: XVe s.
Les Dames illustres: XVe s.

Les recueils de Vies de femmes illustres se développent et se multiplient aux XVe et XVIe siècles au point de constituer un véritable genre littéraire à succès. Écrits ou traduits en français et rendus ainsi accessibles au public féminin, ils sont souvent adressés à de grandes dames dont ils font l’éloge.

La mise en lumière des femmes célèbres s’avère en effet un moyen de réfuter les attaques contre les femmes, particulièrement intenses à partir de la fin du Moyen Âge.

La Cité des dames (1405) de Christine de Pizan, qui emprunte à la fiction-cadre du songe (Dans le prologue, Raison, Droiture et Justice incitent Christine à défendre l’honneur féminin en édifiant la Cité. ), est d’abord un éloge des femmes et une réfutation des arguments misogynes, les exemples de femmes illustres jouant ici un rôle de narration à l’appui du discours...

Martine Vasselin, « on constate à travers ce corpus littéraire le caractère confus de la notion d’héroïne. […] les femmes atteignent à la notoriété, justifient l’admiration, aux yeux des auteurs, pour des raisons multiples, parfois d’une façon dont elles ne sont pas responsables volontairement ou directement ».

Jean Dufour, dont le splendide manuscrit enluminé des Vies des femmes célèbres qu’il offre à Anne de Bretagne, en 1504, présente une sèche suite chronologique de quatre-vingt onze notices (Comme chez Boccace, les femmes y sont exemplaires car représentatives d’un vice à fuir ou d’une vertu à rechercher.), de la Vierge à Jeanne d’Arc.

Dans le prologue allégorique de la Nef des dames vertueuses, que Symphorien Champier dédie à Anne de France et à sa fille en 1503, dame Prudence demande à l’auteur de défendre les dames contre leurs détracteurs. Il se compose de quatre livres très différents : une liste de femmes célèbres, un traité sur le mariage,un livre de prophéties et une anthologie du commentaire de Ficin sur le Banquet de Platon. Dans le premier livre qui nous intéresse ici, les louenges fleurs et deffenssoir des dames, les vies de cent trente-trois femmes antiques, bibliques puis saintes sont classées par ordre chronologique.

Chez l’universitaire Pierre de Lesnauderie, c’est une Louenge de mariage qui introduit le Recueil des hystoires des bonnes, vertueuses et illustres femmes (1520) compilant « environ deux cens » exempla de la bonté des femmes regroupés dans six chapitres thématiques  (Par exemple « De la sagesse, prudence, sapience et devotion des femmes », « De [leur] litterature, clergie et science », « De [leur] patience, charite et liberalite », « De [leur] force, vertu, prouesse et chevalerie ».) qui visent à convaincre maître Zacharie le Gouez, « voisin familier et disciple » de l’auteur, d’opter pour le mariage.

L’ouvrage  Les Controverses des Sexes Masculin et Femenin (1534) est écrit contre les idées nouvelles et les formes littéraires raffinées en l’honneur des femmes.

 

Sources : Etude de Tatiana Clavier 

Les Dames illustres: XVe s.
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Galanterie et Préciosité au XVIIe s.-3/3-

Publié le par Perceval

Deux femmes de la famille Lake - Sir Peter Lely - vers 1660 - Visible au Tate Britain

Deux femmes de la famille Lake - Sir Peter Lely - vers 1660 - Visible au Tate Britain

Une précieuse parle autrement que le peuple, afin que ses pensées ne soient entendues que de ceux qui ont des clartés au-dessus du vulgaire.

Par bienséance, la préciosité, rejoignant Malherbe et Vaugelas, rejetait les termes réalistes, éveillant des images « insupportables », équivoques ou contenant des « syllabes déshonnêtes ».

Il fallait être précis, et dire « aimer une dame » mais « goûter le melon ». La préciosité qui aimait les nuances psychologiques fixa utilement les sens de termes comme bel esprit, galant, prude, précieuse, honnête homme. Inversement, on émaillait le langage de mots vagues ou inutiles comme joli, ma chère, car enfin, air (bon air, bel air, l’air de la cour). 

la périphrase était utilisée soit pour éviter un mot bas :

la main : la belle mouvante

les larmes : les perles d’Iris

les pieds : les chers souffrants

le pain : le soutien de la vie

le miroir : la conseiller des grâces

les joues : les trônes de la pudeur

la lune : le flambeau de la nuit

le nez : les écluses du cerveau

les yeux : le miroir de l’âme

On aimait beaucoup les métaphores...

   Les métaphores galantes comparaient souvent l’amour à la guerre (Précieuses, scène 9), aux duels, à la chasse, aux jeux de société. Le chef-d’œuvre du genre ? La Carte de Tendre, où l’amour est un voyage.   

Cette carte du tendre, célèbre et assez étrange, est tirée d’un des ouvrages féministes majeurs du XVIIème siècle français, Clélie, de Madame de Scudéry, écrit entre 1654 et 1660. Sa réalisation est attribuée à François Chauveau, dessinateur, graveur, peintre et donc cartographe.

La carte du Pays de Tendre, est un jeu de badinage auquel s'amusèrent, un jour de novembre 1653, Mlle de Scudéry, Pellisson et leurs amis.

Cette carte put fonctionner comme un jeu de société : chaque samedi, les habitués du cercle consignaient les progrès de tel ou tel couple vers Tendre. Par-delà le divertissement, la carte pose le problème de la liberté de l'individu face à l'amour : né d'un hasard ou d'une pulsion, l'amour peut-il se construire ? ou n'est-il qu'une passion fatale ?

Il s'agit d'aller de la ville de Nouvelle-Amitié à la ville de Tendre. À partir de la rencontre initiale, trois voies sont offertes : la plus rapide, au milieu, conduit au désastre ; celles qui, de part et d'autre, l'encadrent, assurent la solidité des lendemains (si l'on ne s'échoue pas sur l'écueil Orgueil). Entre la Mer d'Inimitié et le Lac d'Indifférence, le fleuve Inclination mène tout droit à la Mer dangereuse et aux Terres inconnues.

La carte est caractéristique de la préciosité : elle cherche à faire sortir les hommes de l'égoïsme et de la brutalité, leur apprendre l'estime, le respect, le raffinement. Cette figuration des théories précieuses connut un immense succès, grâce à sa représentation dans la Clélie(1654-1660) de Madeleine de Scudéry.

Voiture fut celui qui innovait les divertissements et le plus souvent, l'initiateur des jeux de société. Il fut considéré comme " l'âme du rond ".

Les jeux de société n'étaient pas de tout repos non plus et étaient loin de nos jeux de société actuels. Les jeux qui y furent joués sont, le coeur volé (comme son nom l'indique, cherchez la voleuse de coeur), la chasse à l'amour (trouver qui se cache dans les yeux d'une dame), du corbillon (" J'aime tel ou telle pour telles qualités ou tels défauts "), de la lettre (toutes les réponses doivent commencer par la lettre convenue...)

Gravure (eau-forte) d’Abraham Bosse (1604-1676): « Les Vierges folles s’entretiennent des plaisirs mondains », extraite de la suite Les Vierges sages et les Vierges folles, (vers 1635).

Gravure (eau-forte) d’Abraham Bosse (1604-1676): « Les Vierges folles s’entretiennent des plaisirs mondains », extraite de la suite Les Vierges sages et les Vierges folles, (vers 1635).

Dans un salon quelque peu désordonné, les Vierges folles se livrent à la frivolité. Deux d’entre elles jouent aux cartes ; une autre lit une partition de musique ; elles sont interrompues par une quatrième qui, une guitare à la main droite, leur montre de l’autre le roman qu’elle est en train de lire ; la cinquième se regarde dans le miroir placé sur le mur du fond, au-dessous d’un tableau représentant Danaé. […] Au premier plan, à droite, les lampes traînent à terre, et le vase à huile est manifestement vide. Le thème des Vierges sages et des Vierges folles, qui s’appuie sur un passage de l’Évangile (Matthieu, XXV, 1-13 : Parabole des dix vierges), est relativement rare dans l’iconographie. Que Bosse le traite ici avec un grand luxe de détail n’est cependant ni dû au hasard ni nécessairement lié à son protestantisme, dont on sait qu’il n’était pas intransigeant. Cela s’inscrit dans la lutte du temps à la fois contre les mondanités et contre la préciosité naissante, ce dernier sujet étant une des cibles favorites de notre graveur. Le thème est traité en sept planches, de façon symétrique.

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Galanterie et Préciosité au XVIIe s.-2/3-

Publié le par Perceval

Melle de Scudery (1607-1701)

Melle de Scudery (1607-1701)

La 'jeune femme précieuse' reçoit chez elle, dans sa chambre : à l'époque, ce n'est pas considéré comme inconvenant. Elle est allongée, sur le lit, au milieu de la pièce. Les hommes et les femmes qui lui rendent visite sont assis autour d'elle, dans l'espace entre le lit et le mur. Chacun, selon son rang, est assis sur une chaise, un tabouret, ou sur le sol... On nomme cet espace où se tiennent les invités "la ruelle".

A la suite de la Marquise de Rambouillet, Mlle de Scudéry tient, un salon moins aristocrate, plus bourgeois d'esprit, plus sérieux et plus intellectuel. Cette romancière célèbre mit à la mode le « jour » des femmes du monde, et se fit, à ses samedis, l'ordonnatrice d'une préciosité plus savante, plus littéraire, où les exercices de style l'emportaient quelque peu sur les plaisirs mondains, les préoccupations morales et les analyses psychologiques sur les badinages frivoles

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Dans le sillage de ces cercles illustres se multiplièrent à Paris, puis en province, des « ruelles » ou « alcôves » où nombre des femmes de la noblesse et de la bourgeoisie se mirent à recevoir, dans des chambres luxueusement décorées, leurs connaissances et amis, ces « précieuses » et ces « précieux » dont les satiriques ne tardèrent pas à se moquer.

Tous les salons ne sont pas précieux, cependant. Il en existe où l'on s'amuse 'simplement', de façon plus libertine, comme celui de Ninon de L'Enclos, une courtisane réputée.. La grande courtisane pleine d'esprit, traitait les précieuses de "jansénistes de l'amour"  

La relation amoureuse reste la grande affaire des cercles précieux. Paradoxalement, les précieuses ont paru à leurs contemporains tout à la fois craindre et exalter l'amour, passant tantôt pour prudes, tantôt pour coquettes. Elles refusaient en fait qu'il ne fût qu'une brutale jouissance ou une conquête égoïste qui les ravalent au rang d'objet, et elles prétendaient, pour sauvegarder ou conquérir leur dignité d'être humain, le spiritualiser en le dégageant de l'instinct naturel, vulgaire ou grossier.

Le célibat paraissait le meilleur moyen de préserver l'indépendance féminine ; le mariage devait être une alliance librement consentie et assurant l'égalité des partenaires ; d'ailleurs les amants de coeur permettraient à l'épouse de conserver son droit à l'amour. Ce n'est pas un hasard si cette Préciosité féministe fut surtout le fait de la seconde génération, plus bourgeoise, plus éloignée des libertés de la haute aristocratie et plus soumise aux vieilles contraintes.

Une fureur d'écrire s'empara des salons, où l'on tourna des lettres, des vers, des pages de roman, où l'on rivalisa en portraits, énigmes, rondeaux, bouts rimés, etc. Les romans d'une Mlle de Scudéry se voulurent le miroir de la nouvelle mondanité et le véhicule des idées modernes. En poésie — le jeu souverain, l'exercice roi — la manière l'emporta sur la matière ; primèrent le rare, le surprenant, l'ingénieux, le délicat, le fin ou le badin. Ce fut une esthétique de la virtuosité stylistique. 

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Galanterie et préciosité au XVIIe s.-1/3-

Publié le par Perceval

Portrait de Suzanna Doublet-Huygens par Caspar Netscher (1639-1684)

Portrait de Suzanna Doublet-Huygens par Caspar Netscher (1639-1684)

Le substantif ''galanterie'' prend en bonne part le sens de ''galant'' du XVe s. : ' vif, alerte, enjoué ', qui donne alors le courage, l'élégance et la distinction... C'est en 1640, que l'usage du mot se répand.

L'habitude d’un comportement toujours respectueux envers les femmes; l'art de leur plaire en les louant avec esprit..., ces éléments définissent la pratique de la galanterie au milieu de XVIIe siècle.

On voit, dans L’Astrée (1607), des amoureux se faire chevaliers errants afin de devenir dignes de leur belle. Cependant dans le Dialogue, Chapelain résume l’opposition entre la galanterie médiévale et celle qui s’instaure de son temps : au Moyen Âge, on prouvait sa passion par la recherche des dangers, par du sang et par des victoires; aujourd’hui, on ne la prouve « que par des coquetteries et des assiduités ou, au plus, que par des collations, des musiques et des courses de bague ».

Astrée se dévoile à Céladon au temple de Vénus (L'Astrée, 1733, I, 4)

L'Astrée, c'est le roman de l'amour, l'amour de la beauté. Pour Honoré d'Urfé le symbole de la beauté, c'est la femme. Il la porte aux nues. Les femmes sont plus pleines de mérite que les hommes, écrit-il. Elles nous surpassent de tant en perfection que c'est leur faire tort que de les mettre en un même rang avec les hommes.

Je voudrais donc parler de cette ''galanterie'', qui - suite à l'amour courtois - retrouve vigueur avec les ''précieuses''.

Le plaisir galant, dont il est question est assez subtil pour naître à la fois du langage et de la pensée … La rencontre érotique au XVIIe s. exerce l’équivalent d'une force attractive et transgressive d’un acte réputé « bas ». Le langage du plaisir entre un homme et une femme ne peut abaisser ce plaisir au risque d'exclure les femmes qui seraient offensées à l'entendre...

La galanterie se veut joyeuse, entièrement positive, débarrassée de ce que le sujet humain, être de langage, peut y projeter de négatif : le trouble, l’inquiétude, le manque.

Les propos d'un galant homme à une dame se veulent être promesse d’une jouissance multipliée par ce qu'il peut en dire, et ne pas dire …

Pour dire le plaisir érotique, les galants et même les libertins parviennent à trouver des solutions dans la langue au moment où la censure est maximale. Non pas seulement parce qu’ils en ont intégré les contraintes, mais parce qu’ils disposent d’une langue élaborée dans les salons, riche paradoxalement de ses possibilités de refoulement et donc de ses capacités allusives.

Recueil de poésie du début du XVIIe siècle manuscrit sur papier, illustré d’enluminures à la gouache, daté 1604-1608 - Les histoires de coeur, tel est le thème de ce liber amicorum du début du XVIIe s

La Préciosité :

Ce phénomène de société ( daté du lendemain de la Fronde ~ 1650) est initié par des femmes. Des femmes de la bonne société qui voulaient imprimer une distinction éloignée du commun à leurs personnes, à leurs sentiments, à leurs gestes et aux choses qui les entouraient... Bien sûr, il prêtera à rire, puisqu'il s'agit de femmes, et à qui on prêtera des délicatesses outrées et des raffinements excessifs ou affectés.

Le salon de Catherine de Vivonne – marquise de Rambouillet - « l’incomparable Arthénice », anagramme (coutume très en vogue à cette époque dans le monde littéraire) de « Catherine », une des personnalités féminines les plus marquantes de son temps, fut l’un des plus brillants de son époque. De sa « chambre bleue», « Arthénice » recevra allongée sur un lit les beaux esprits de son époque, tel le Cavalier Marin, histrion intelligent, mais aussi des gens de lettres et les grands personnages de son époque : Richelieu, Malherbe, Vaugelas,Guez de Balzac, Racan, Voiture feront partie de ses familiers.

On raffolait de poésie et de romanesque. Le cercle rayonna sur la capitale entre 1620 et 1648.

On aimait les conversations, où l'on parlait de « galanterie » et de littérature ; on s'écrivait, on faisait des vers. 

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''De Amore'' d'André le Chapelain, XIIe s.

Publié le par Perceval

''De Amore'' d'André le Chapelain, paraît vers 1186. Ce texte fournit des renseignements précis sur le rôle que l'amour et les débats sur les questions d'amour ont pu jouer dans la société aristocratique française du XIIe s. Imprégné lui-même de tradition cléricale, Le Chapelain était aussi familier de la Bible que d'Ovide et de Chrétien de Troyes. Sa définition de l'amour courtois est lapidaire : il s'agit d' « un embellissement du désir érotique ».

André le Chapelain, un clerc intimement mêlé à la vie de la cour de Marie de Champagne, la célèbre inspiratrice de Chrétien de Troyes, prodigue d’abord à son disciple Gautier, les conseils les plus avertis dans la difficile technique de la conquête amoureuse, mais finalement, en un brusque retournement, il dénonce, avec la véhémence d’un sermonnaire, les méfaits de l’amour et accable d’opprobres la femme pourvue de tous les vices.

Dans la première partie de son ouvrage, il définit l'amor purus, constituant « une source de perfectionnement » et s'opposant donc à tous les excès, notamment ceux de la concupiscence masculine. Il le différencie de l'amor mixtus, où le désir parvient à sa réalisation. Même alors, cependant, la passion débridée se voit déniée toute valeur et est finalement ravalée au rang d'instinct bas et méprisable. Le mot clé du traité est sapiens, évoquant aussi bien la modération que la magnanimité qui devaient plus tard définir en partie l'idéal de l'honnête homme du XVIIe S.

Dans la première partie de son livre, Le Chapelain rend hommage à l'amour où la sexualité et l'adoration ne font qu'un. Dans la seconde, au contraire, il le représente soudain, au mépris de toute logique, comme le modèle abject de tout crime et de tout péché. Le clerc dut-il inopinément se plier à l'autorité morale de l’Église, pour qui tout amour hors norme constituait un danger ?

Le dernier chapitre de De Amore, où apparaissent des éléments nettement misogynes absents jusqu'alors de l'ouvrage, continue bien de célébrer l'amour courtois mais sous une forme ''domestiquée'', conforme à la doctrine de l'Eglise. Après mûre réflexion, la passion se soumet à la raison, sans plus accorder aucune importance au désir ni au rêve. Dans cette seconde variante, l'amour courtois dédaigne la tentation des sens, dépasse son égocentrisme et réalise une union transfigurée avec l'être aimé. Une nouvelle fois, la femme est idéalisée : aussi parfaite qu’inaccessible, elle est l'objet d'une vénération constante mais sans espoir.

La position de Le Chapelain, à la fois théoricien de l'amour courtois transgressif et représentant de l'enseignement répressif de l’Église, confère à son texte une dichotomie saisissante. Ce dualisme profond est caractéristique du Moyen-âge. La Fin'amor représentait une tentative pour échapper au temps, non dénuée d'une dimension utopique...

L'amour courtois, qui ne se réalisait qu'en dehors du mariage, avait beau se caractériser par des éléments cultuels, et même religieux, il n'avait au fond presque rien en commun avec la conception chrétienne de l'amour ….

Sources: Verena Heyden-Rynsch, La passion de séduire

Les Préceptes d'Amour

1. Fuis l'avarice comme un fléau dangereux et, au contraire, sois généreux.

2. Evite toujours le mensonge.

3. Ne sois pas médisant.

4. Ne divulgue pas les secrets des amants.

5. Ne prends pas plusieurs confidents à ton amour.

6. Conserve-toi pur pour ton amante.

7. N'essaie pas sciemment de détourner l'amie d'un autre.

8. Ne recherche pas l'amour d'une femme que tu aurais quelque honte à épouser.

9. Sois toujours attentif à tous les commandements des dames.

10. Tâche toujours d'être digne d'appartenir à la chevalerie d'amour.

11. En toutes circonstances, montre-toi poli et courtois.

12. En t'adonnant aux plaisirs de l'amour, n'outrepasse pas le désir de ton amante.

13. Que tu donnes ou reçoives les plaisirs de l'amour, observe toujours une certaine pudeur.

Les Règles

1. Le prétexte de mariage n'est pas une excuse valable contre l'amour.

2. Qui n'est pas jaloux ne peut pas aimer.

3. Personne ne peut avoir deux liaisons à la fois.

4. Toujours l'amour doit croître ou décroître.

5. Il n'y a point de saveur à ce que l'amant obtient sans le gré de son amante.

6. L'homme ne peut aimer qu'après la puberté.

7. A la mort de son amant, le survivant attendra deux ans.

8. Personne ne doit sans raison suffisante être privé de l'objet de son amour.

9. Personne ne peut aimer vraiment sans être poussé par l'espoir de l'amour.

10. L'amour est toujours étranger dans la maison de l'avarice

11. Il n'est pas bon d'aimer une femme qu'on aurait quelque honte à épouser.

12. L'amant véritable ne désire d'autres baisers que ceux de son amante.

13. Rendu public, l'amour résiste peu.

14. Une conquête facile rend l'amour sans valeur, une conquête difficile lui donne du prix.

15. Tout amant doit pâlir en présence de son amante.

16. A la vue soudaine de son amante, le cœur d'un amant doit tressaillir.

17. Un nouvel amour fait oublier l'ancien.

18. Rien que le bon caractère rend l'homme digne d'amour.

19. Quand l'amour diminue, il diminue vite et se renforce rarement.

20. L'amoureux est toujours craintif.

21. Vraie jalousie fait toujours croître l'amour.

22. Un soupçon sur son amante, jalousie et ardeur d'aimer augmentent.

23. Il ne dort ni ne mange celui que passion d'amour démange.

24. N'importe quel acte de l'amant se termine dans la pensée de son amante.

25. L'amant véritable ne trouve rien de bien, qui à son amante ne plaise bien.

26. L'amant ne saurait rien refuser à son amante.

27. L'amant ne peut se rassasier des plaisirs de son amante.

28. La moindre présomption pousse l'amant à soupçonner le pire sur son amante.

29. Il n'aime pas vraiment celui qui possède une trop grande luxure.

30. L'amant véritable est toujours absorbé par l'image de son amante.

31. Rien ne défend à une femme d'être aimée de deux hommes, ni à un homme d'être aimé de deux femmes.

Voir aussi:

L'ART D'AIMER AU MOYEN-AGE- 1/2 -

L'ART D'AIMER AU MOYEN-AGE- 2/2 -

''De Amore'' d'André le Chapelain, XIIe s.''De Amore'' d'André le Chapelain, XIIe s.

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