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Articles avec #litterature tag

Jeanne Loviton : La femme amoureuse et multiple -2-

Publié le par Perceval

La petite Jeanne est née de père inconnu. La revanche sociale sonne vite, grâce à son mariage avec Pierre Frondaie,

Pierre Frondaie 1945 décés 1948

 Pierre Frondaie en 1945.

Il décède en 1948

dramaturge alors célèbre pour son « Homme à l'Hispano ». Ils fréquentent Louis Jouvet et un grand nombre d’acteurs et d’actrices, ils emménagent dans un hôtel particulier à Auteuil, ils dînent chez Maxim's, et elle arpente le pont des paquebots en robe Lanvin. Leur liaison durera sept ans.

 

Robert Denoël, qui fut l'éditeur de Céline et qu'elle souhaitait épouser, fut assassiné en décembre 1945.

Robert-Denoel-1945.jpg
 Robert Denoël en 1945

Robert Denoël, qui fut assassiné dans sa voiture en panne pendant qu'elle était partie chercher un taxi.


Personnage romanesque, Jeanne Loviton faisait jaser et était jalousée par de nombreuses rivales. La femme de l’éditeur Robert Denoël l’accusa ouvertement du meurtre de son époux, qui l’avait quittée pour emménager avec la belle Jeanne, avec qui il projetait d’ailleurs de se remarier. S’il n’eut pas le temps de concrétiser ce dessein, il avait déjà fait de sa maîtresse l’actionnaire principale de sa maison d’édition. Cette dernière en hérita donc, dirigeant ses affaires d’une main de maître.

Elle était très intelligente, subtilement et autoritairement intelligente. Informée, cultivée, elle impressionnait, elle captivait, puis elle retenait.


Jeanne Loviton eu pour amants, rien que dans la littérature: Paul Valéry, Saint-John Perse, Jean Giraudoux, Bertrand e Jouvenel, Emile Henriot, Curzio Malaparte.

 Plus l'éditeur Robert Denoël, l'avocat Maurice Garçon, le comte Grandi di Mordano, ministre mussolinien des Affaires étrangères, deux ambassadeurs japonais à Paris, etc…

j-loviton.jpg  loviton-1925.jpg
   Jeanne Loviton en 1925

 

Pourtant Jeanne reste une lumineuse énigme. C'est qu'elle ne livrait à Giraudoux, à Valéry et aux autres que ce qu'elle consentait à leur donner. Toujours disponible, toujours en retrait. L'emploi du temps cloisonné d'un agent secret. Dédoublement de personnalité d'une magicienne. Comment s'y prenait-elle pour mener une existence remplie d'obligations, de rencontres affichées et occultes, de longues conversations et de longues lettres, de ruptures et de conquêtes, de bureaux, de salons et d'alcôves, d'exposition et de dissimulation?

A partir de 1935 une passion charnelle, violente, profonde la lia à une certaine Yvonne Dornès qu'elle informait de ses liaisons avec les hommes, alors que ceux-ci - même Valéry, qui préférait probablement le silence de ce côté-là - étaient tenus à l'écart de sa vie la plus camouflée.

Jean Giraudoux lui écrit des billets éplorés de ses diverses ambassades et Saint-John Perse lui envoie une Rolls du Quai d'Orsay pour la convier à de discrets tête-à-tête.

 

Le jour de Pâques 1945, celle que Valéry nomme son "diamant", …  lui annonce qu'elle aime un autre homme, Robert Denoël. Valéry ne se remettra jamais vraiment de ce grand "coup de hache".

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Jeanne Loviton : La femme amoureuse et multiple -1-

Publié le par Perceval

Celia-bertin-jean-Voilier.jpgCélia Bertin, Portrait d’une femme romanesque, Jean Voilier, Ed. de Fallois, 2008. Ce livre dresse le portrait d’une femme mystérieuse, femme d’affaires remarquable, femme du monde aux amours multiples.

 

Jeanne Loviton (1903-1996).  est parfois présentée comme un 'Don-Juan' féminin. Connue comme écrivain sous le pseudonyme de Jean Voilier, je me suis intéressé à sa biographie, curieux de ses amours pour de grands écrivains. Certains, disent d’elle, qu’elle serait l'une des plus grandes séductrices du XXe siècle et dont la vie a été romanesque en diable… Je ne la trouve pas particulièrement « jolie », pourtant si l'on en croit les souvenirs de celles et ceux qui l'approchèrent ; il retiennent sa sensualité du regard, la grâce du sourire, le savoir-faire du corps. Elle savait choisir ses amants: Jean Giraudoux, Saint-John Perse, Curzio Malaparte, Robert Denoël, Paul Valéry, Emile Henriot... Son dernier et probablement le plus grand amour fut Paul Valéry.


Tout au long du livre ( 1) nous lisons d'admirables lettres du poète à sa muse :


 “Je te caresse dans la tiédeur de la lumière doucement riche, je cause avec toi (voluptueusement, intelligemment), il n’y a pas de mot qui combine les deux termes en un seul adverbe extraordinaire. Il faudrait avoir une langue à nous-(quelquefois cette idée se matérialisa et il n’y eut bien qu’une bouche et une langue). Tiens, tu me fais crayonner des bêtises. Mais songe que ce moment est le seul de cette immense journée où je vive un peu avec et pour toi.”

Extrait d'une lettre de Paul Valéry à Jean Voilier

 

Valery-Paul-Jeanne-Loviton-2.jpg

 

 

 

Elle illuminera les dernières années de Valéry, qui se met à écrire des poèmes transis d'amour et de sensualité avec la fougue d'un adolescent débordé.

 


 

« Jeanne, ton corps me suit.

Ô mains pleines de Jeanne 

Ô pensée où revient ton silence et ta voix. »

 

 

« Le vieux battant de fer à peine clos
derrière moi qui me hâte et qui songe,
seul et non seul je vais courbant le dos,
suivant détresse, ennui, peine ou mensonge,
car tout m’est noir à peine le fer clos. »

Paul Valéry

 

A suivre: ...

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Catherine Pozzi: à l'extrême de soi-même.

Publié le par Perceval

A dix ans, Catherine Pozzi commence à écrire un journal qu’elle tiendra jusqu’à ses vingt-trois ans :

Catherine-Pozzi1.jpg« Je veux dire aux indifférents combien un enfant peut souffrir, combien une jeune fille peut être seule ».

Âgée de 25 ans, elle quitte la France et sa famille pour une année d'études à Oxford.

En janvier 1909, elle se laisse épouser par Edouard Bourdet - dramaturge qui va vite connaître le succès, agrémenté de liaisons variées ….  dont elle a un fils, Claude Bourdet (Claude, né en octobre 1909, mort le 22 mars 1996, le journaliste du temps de la Résistance, puis de France-Observateur )., mais le mariage tourne tout de suite à l’échec.
En 1912, elle apprend qu’elle est atteinte de la tuberculose. Maladie dont elle ne va jamais se remettre et qui l'emportera en 1934. Paul-Valéry04

 

Elle étudie - avec la méthode et le désordre de qui sait son temps compté-  l’histoire de la philosophie et des religions, les mathématiques, les sciences . Elle passera son baccalauréat à 37 ans pendant la guerre, divorcera et rencontrera, en 1920, celui qui fut sa plus belle chance et son plus dur échec, son « très haut Amour » et son « Enfer », Paul Valéry qui était marié, depuis 1900, à la nièce de Berthe Morisot..

 

À la fin de la Grande Guerre, son père est assassiné par un de ses anciens patients.

En 1913, elle débute son journal d’adulte qu’elle tiendra jusqu’à sa mort en 1934 dans lequel elle livre le plus profond d’elle-même.

Elle y raconte la passion mouvementée qu’elle vécut avec Paul Valéry de 1920 à 1928, les terribles souffrances que la maladie lui infligea, ses rapports avec un certain nombre de personnalités, Julien Benda, Bernard Groethuysen, Rainer Maria Rilke, Marie de Régnier, Pierre Jean Jouve, Anna de Noailles...
Pozzi-logo.gif
« Je suis un des points singuliers par où la souffrance de la planète rayonne » (Catherine Pozzi)
« Ce qui ne peut devenir nuit ou flamme, il faut le taire »
« Il y a tant de raisons d’écrire, outre celle de publier. Par exemple exalter la conscience, l’attention ; tracer un chemin ; son chemin ; détruire ; croître…. »
« On n’arrive au plus haut de soi que contre soi »

Au terme de huit années d’une liaison presque secrète, mais terriblement exigeante, riche d’une réflexion commune et quotidienne, mais douloureuse et dévastatrice pour tous deux, Catherine Pozzi rompt avec le « Prince des Poètes »

Désormais, c’est une solitude noire et fiévreuse, traversée de quelques amitiés amèrement fidèles : Julien Benda, Jean Paulhan, Pierre Jean Jouve, Jean Guéhenno, Ernst Robert Curtius, Jacques Maritain, Charles Du Bos…

Ensuite, c’est la maladie qui accentue ses ravages, exténuant à coups de morphine, de laudanum, le corps frêle et les nerfs à vif. Elle meurt le 3 décembre 1934 .

Intransigeante, orgueilleuse, vivant à l’extrême de soi-même, Catherine Pozzi fut toute sa vie une assoiffée d’absolu.

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L'éducation – sentimentale – de Paul Valéry

Publié le par Perceval

Paul Valéry ( 1871-1945) , est devenu l’écrivain que l’on sait, grâce aux femmes qui ont jalonné son parcours.

Valery-2.jpg

Catherine Pozzi tient une place centrale.( Voir ici un article: " Le Journal de Catherine Pozzi " ...)


Madame Rovira, est un amour platonique de jeunesse. Miss Bath, écuyère de cirque, laisse la place à Jeannie-Gobillard-au-sofa--Julie-Manet.jpgJeanne Gobillard qui devient sa femme et qui, pendant 45ans, lui restera fidèle… malgré tout ! Il se marie donc en 1900 à Jeanne nièce de Berthe Morisot.


De 1920 à 1928, Valéry a presque 50ans et fréquente Catherine Pozzi ( elle en a 38 ). Période difficile : elle même parle sans complaisance de celui qui « se regard[ait] être regardé » qu'elle appelait souvent le « Magister », sans vouloir pour autant qu'il devînt son maître : a-rilke-pozzi1.jpg« Il ne fut jamais mon maître. Il fut mon frère, mon pareil, ma tendresse très pure. Ce n'est pas la même chose. »

 

Cette page tournée, Valéry courtise en vain la sculptrice Renée Vautier. Il se tourne également vers la duchesse de La Rochefoucauld, puis vers Emilie Noulet, et peut-être d’autres encore ..

Enfin à 67ans, il fait de la séductrice Jeanne Loviton, sa muse… Il lui réserve un recueil de 133 poèmes d'amour, à elle adressés par Valéry, ensemble groupé sous le titre Coronilla…


 

 

« Jeanne, ton corps me suit. Ô mains pleines de Jeanne 

Ô pensée où revient ton silence et ta voix. »


 

valery-et-J-Loviton.jpgAinsi, naîtront plus de cent cinquante poèmes et un millier de lettres qui rythmeront leurs semaines et se glisseront entre leurs rendez-vous dominicaux.

 

Cette aventure se clôt quelques mois avant la mort de Paul Valéry. Jeanne Loviton (qui se fait appeler: Jean Voilier)  le quitte pour l'éditeur Robert Denoël. Effondré, le vieil homme, malade, prend le temps de relire tous ces poèmes et de les commenter, sa lucidité intellectuelle intacte.

 

 

***

 

Muses-paul-valery.jpg

 

Ici: un article concernant la biographie de Catherine POZZI...

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Blanche de Richemont et le désert

Publié le par Perceval

blanche-de-richemont.jpgBlanche de Richemont écrit son premier livre Eloge du désert (Presses de la Renaissance, 2004) pour rendre compte de sa découverte du désert qui donne une autre orientation à sa vie, elle se tourne vers le silence et l'essentiel. Elle a parcouru plusieurs déserts (en Tunisie, en Algérie et également en Lybie). A la suite de ce premier livre, elle décide de vivre encore plus intensément la grande aventure du désert. Elle part seule en 2005 suivre une caravane de sel au Mali, 800 kilomètres entre Tombouctou et la mine de sel de Taoudenni récit de voyage dans Le livre des déserts , collection Bouquin et dans Carnets d'aventure (Presses de la Renaissance). A la suite de ce voyage, elle est partie vivre avec des contrebandiers à la frontière du Mali et de l'Algérie. Elle évoque également ces voyages dans son livre : Eloge du désir (Presses de la Renaissance, 2007).eloge-du-desir.jpg

 

" Depuis ce jour où je décidai de me brûler à la vie pour retrouver le feu, je regardai le monde à travers le prisme du désir. Je suis partie dans le désert, dans un monatère de brousse, sur les routes le jour, dans certains lieux de plaisir de nuit. J’ai cherché à comprendre le mystère de cette force qui nous pousse à nous dépasser malgré tout, contre tout. Je n’ai rien trouvé de définitif, j’ai juste appris peu à peu à vivre de désir.»

 

Extrait de Eloge du désir      Blanche de Richemont

 

  eloge-du-desert-2.jpg" La certitude que je devais repartir dans le désert m’a réveillée un matin. Ayant toujours pris au sérieux les mots de l’aube, car ils viennent de l’âme, je m’exécutai. Le 30 décembre 2004, un avion m’a déposée au Mali pour emprunter la route du sel, 700 kilomètres de sable reliant Tombouctou à la mine de Taoudenni, escortée par les hommes de la tribu berabich, qui parcourent le Sahara en quête de l’or blanc.
Chaque jour, à Tombouctou, on m’annonçait que je partais le lendemain. L’attente a duré plusieurs semaines. Semaines insoutenables : le temps ne passait pas, il tournait en rond, enlisé dans l’ennui. Pour échapper à cet étau, j’errais dans la maison arabe où je logeais, attendant mon heure et perdant courage. Pendant mes nuits blanches, je me remémorais les raisons de ma présence ici : trouver une terre ou un regard qui justifient d’être encore en vie...
Un après-midi, enfin, des inconnus sont venus me chercher. Après plusieurs heures de route, coincée au milieu des nomades à l’arrière d’un 4x4, je suis arrivée dans un campement berabich, en pleine nuit. Deux tentes, des hommes, des femmes, des enfants, un feu, quelques chèvres. En silence, on me tendit une gamelle de riz, avant de me faire signe d’aller me coucher au milieu des chèvres.blanche-de-richemont-2.jpg

Puis le jour du départ arriva. Accompagnée de Sheikh, mon guide, j’ai grimpé sur une dune où une vieille femme nous a pris les mains en priant. La solennité de ce rituel ressemblait à un adieu. Tandis que nous nous éloignions, la femme continuait de prier et le vent charriait sa voix brisée. Étrange sensation de partir en pèlerinage ou pour l’enfer. Ce fut les deux.
J’étais désormais la seule femme au sein de cette caravane d’hommes – chez les Berabich, la femme est considérée comme un refuge, elle ne prend pas la route. Nous marchions plus de dix heures par jour. Les 350 premiers kilomètres, je les ai parcourus à pied, délaissant ma chamelle. Je voulais m’exténuer pour ne pas penser. Chacun de mes pas écrasait ma souffrance, le deuil, les questions sans réponses. La route était aussi éprouvante pour les hommes que pour les bêtes. Chaque jour, le soleil se levait sur des cadavres de chameaux ; leurs squelettes jalonnaient cette route séculaire qui semblait mener à l’enfer.

De jour comme de nuit, nous nous enfoncions dans le vide. J’ignorais comment les hommes s’orientaient. La route semblait inscrite en eux. Pour mettre de la variation dans mes journées, je m’étais forgée un emploi du temps : une heure pour apprendre un poème, une autre pour manger des dattes ou penser à une personne que j’aimais.... Ces balises m’évitaient de penser à la faim, à l’eau crasseuse que je partageais avec les animaux et à la dureté des hommes. Ces derniers ne parlaient pas le français, j’ignorais leur dialecte : je n’avais donc aucune échappatoire à moi-même. Rien d’autre que la marche et ce désert plat et laid, sans émotions. Dans ce paysage immobile, seule la date changeait tous les jours. Le reste demeurait immuable : silence, nuages, sable, vent. Je m’épuisais dans l’attente d’un baiser qui ne venait pas : celui de mon cœur avec cette terre.
Pourtant, j’étais heureuse dans ce dénuement et cette âpreté. Malgré l’épuisement, je vivais ce pour quoi je me sentais faite : une existence simple où l’on suit le soleil le jour et les étoiles la nuit ; des journées épurées, centrées sur un seul objectif : atteindre Taoudenni.
Chaque jour, les hommes me disaient que nous arriverions le lendemain. Taoudenni devenait une destination fantôme. Au fil du voyage, cependant, je cessais de compter les jours, acceptant de me laisser bercer par la marche, de calmer ma colère, d’accueillir chaque instant comme il venait. Enfin, je me laissais aspirer par le désert : le vrai voyage commençait.
desert-2.jpg
Un matin, l’aube s’est levée sur un désert rouge. Pour la première fois, le soleil nous offrait des couleurs. Quelques dunes brisaient enfin l’horizon. C’était le 14 février, jour anniversaire de la naissance mon frère ( Arthur a décidé de quitter la vie à 15 ans) , qui me faisait le cadeau d’un peu de grâce, de beauté. En retour, je lui ai offert cette journée illuminée sans savoir que l’après-midi même je serai à Taoudenni. Pour son anniversaire, j’ai atteint le but. Par ce signe, Arthur me demandait de le laisser vivre sa vie invisible. Il me signifiait aussi qu’il n’avait jamais cessé d’être à mes côtés. Ce jour-là, je compris que le silence était habité.
À mon retour du Sahara, je me suis libérée non seulement de mois de poussière, mais de plusieurs années de larmes. Quelques étoiles, un peu de lune et beaucoup de nostalgie. J’étais arrivée, vidée de ma quête. Je pouvais désormais en chercher une autre, plus intérieure, inépuisable, pour tenir debout. Ces journées et ces nuits de marche en silence ont changé ma vie. Six ans après, je n’en suis toujours pas revenue. J’aspire encore à cette respiration, ces larmes de sable. Ce règne de l’horizon et ce cri du cœur : avancer."

 

 



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Flora Tristan, féministe - 2 -

Publié le par Perceval

Flora Tristan est née à Paris le 7 avril 1803, morte à Bordeaux le 14 novembre 1844. Femme de lettres, militante socialiste et féministe, figure majeure du débat social dans les années 1840 … Flora-Tristan-brune.gif

Fille d'un noble péruvien, Mariano de Tristán y Moscoso, qui descendait de Montézuma, à une époque où le Pérou était encore rattaché à la couronne espagnole, et d'une Parisienne de petite bourgeoisie, Anne-Pierre Laisnay, qui au temps de la Révolution avait émigré en Espagne, Flora connut une petite enfance dorée dont le souvenir ne cessa de la hanter..

La mort de Mariano, le 14 juin 1807, met fin au bonheur... Le mariage des parents n'avait pas été régularisé, et en ces années où Napoléon se lance dans l'aventureuse expédition d'Espagne, Mariano est sujet d'un prince ennemi. Anne-Pierre Laisnay est dans l'incapacité de faire valoir ses droits ; la maison est saisie par l'état français. En 1818, Flora et sa maman vivent dans le quartier misérable de la place Maubert.

A 18 ans, Flora épouse à la mairie du XIe arrondissement le peintre et lithographe André François Chazal, frère du peintre Antoine Chazal, dans l'atelier duquel elle est entrée en qualité d'ouvrière, coloriant des étiquettes de parfumeur, le soir, chez elle ou à l'atelier. L'argent manque au foyer, trois maternités se succèdent, les disputes sont courantes. En mars 1825, Flora, enceinte d'Aline, son troisième enfant, quitte le domicile conjugal. Elle ne reprendra plus la vie commune. En 1828, elle n'obtient qu'une séparation de biens d'avec André Chazal, à défaut de divorce, aboli depuis 1816. amazones-flora-tristan-femmes.jpeg

 

« L’émancipation de la femme est l’objet principal de mes études et la cause à laquelle je me suis vouée », écrit Flora Tristan. «  L'homme le plus opprimé  peut opprimer un être qui est sa femme. Elle est la prolétaire du prolétaire même. »

 

Une identité d'emprunt lui permet, avec des succès divers, d'échapper aux poursuites d'un époux violent.

Flora visite par deux fois l'Angleterre (1826, 1831), sillonne la France, est à Paris lors des Trois Glorieuses, s'y laisse séduire par le saint-simonisme. La tension avec son mari devenant insupportable, sa famille maternelle ayant définitivement pris le parti de Chazal, elle place sa fille dans une institution d'Angoulême (Charente), et s'embarque le 7 avril 1833 pour le Pérou…

 

Elevée dans le culte du pays d’origine de son père, elle décide de se rendre au Pérou, à la recherche de ses racines et d’une aide familiale.

Son oncle, don Pio de Tristán, l'accueille froidement, et ne veut voir en elle que la fille naturelle de son frère. Le rêve de légitimation, la reconnaissance comme membre à part entière d'une famille aristocratique illustre échoue...

La-Mariscala.jpgFloran Tristan est le témoin d’une révolte armée contre l’ordre institutionnel de la jeune et instable république péruvienne. Elle est impressionnée par le rôle qu’y joue Francisca Zubiaga gamarra dite La Maréchale épouse et soutien du président putschiste Augustin Gamarra…  

Flora s’imagine au Pérou, même, un rôle politique… Elle est attirée par le colonel Escudero, mais renonce à cette union… ( elle est toujours mariée en France …)

Elle quitte le Pérou.
Elle sublimera son désir d'amour (sa vie avec Chazal lui fait redouter l'amour charnel) en passion sociale …

Atteinte dans sa fierté et mesurant que le droit est contre elle, Flora revendique alors la qualité de paria que la loi lui épingla doublement (en France, comme femme mariée soumise à l'arbitraire d'un mari, en l'absence de toute procédure de divorce, au Pérou comme bâtarde) : l'exclue se change en justicière des droits bafoués de la femme et en porte-parole des victimes de l'ordre social.

-       Dans , Pérégrinations d'une paria (1837). Politique, moeurs, religion, tout est passé au crible du regard de cette femme intransigeante …

De retour à Paris, en janvier 1835, Flora Tristan, qui a fréquenté les plus hautes sphères du pouvoir à Lima et à Arequipa, prend pied dans les cercles littéraires et socialistes de la capitale. Toute habitée encore des tribulations qu'elle avait essuyées au cours de ses divers voyages en sa qualité de "femme seule", c'est-à-dire exposée aux outrages de toutes sortes …

-       Dans, Nécessité de faire un bon accueil aux femmes étrangères (1835). Elle y propose les statuts d'une association destinée à fournir accueil et logement aux femmes seules. Sur ces bases, elle prend contact en août avec Charles Fourier, auquel elle offre ses services: "Employez-moi, lui écrit-elle le 11 octobre 1835, ah! employez-moi! je vous en aurai une gratitude infinie. […] je peux vous assurer que vous trouverez en moi une force peu commune à mon sexe, un besoin de faire le bien, et une reconnaissance profonde pour tous ceux qui me procureront les moyens d'être utile."

 

Présente sur tous les fronts, Flora Tristan assiste aux réunions du jeudi organisées par La Gazette des femmes ; elle y noua des liens avec Eugénie Niboyet par exemple. Elle intervient, dans les débats socialistes : elle s'y montre plus soucieuse de réalisations concrètes que de questions d'école. Elle tança Victor Considerant et La Phalange pour leur immobilisme rêveur : « L'intelligence des peuples est aujourd'hui trop développée pour qu'on puisse longtemps les repaître de mots [...] il est de votre devoir, de votre humanité de vous expliquer, et au plus vite, sur ce que vous pouvez faire et sur ce que nous pouvons tous faire pour arriver à la réalisation de l'éden, que, sur la parole de Fourier, vous nous faites pressentir. » (Lettre publiée par La Phalange, n° 6, du 1er septembre 1836).

 

Flora Tristan Flora-Tristan-4.jpginvestit également le monde très fermé des revues littéraires : elle est admise à L'Artiste comme au Voleur et, sur la recommandation de Sainte-Beuve, à la Revue de Paris. Fin 1837, Arthus Bertrand publia les Pérégrinations, volume bientôt repris par un plus grand éditeur, Ladvocat, qui donne en novembre suivant Méphis, seul roman de sa plume. Flora fait feu de tout bois. La publicité que lui valut le geste criminel de son mari qui, le 10 septembre 1838, la guette au sortir de chez elle et lui décharge son pistolet en pleine poitrine, alimente les ventes du roman. De son lit de convalescence, l'auteur invite l'éditeur à transformer en succès commercial le capital de sympathie que lui vaut l'attentat.

L'enlèvement en 1835 par André Chazal de son troisième enfant, Aline Chazal-Tristan, âgée de dix ans, qui sera la mère du grand peintre Gauguin, n'avait abouti à un jugement de séparation de corps qu'en 1838. Chazal étant condamné le 1er février 1839 à vingt ans de travaux forcés par la cour d'assises de la Seine, Flora recouvre sa liberté et la jouissance de son nom.

 

 

Sources ( entre autres..) :Maitron.org, site d’histoire sociale

 


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La brune et passionnée Flora ...

Publié le par Perceval

Elle est la petite fille de Pio Tristán, ancien vice-roi du Pérou…

 Elle a traversé seule le Pérou en pleine révolution …  Elle a enquêté dans les maisons closes à Londres. flora-tristan.jpgElle est devenue une figure des salons parisiens. Elle s'est introduite dans la Chambre des Lords déguisée en homme. Elle a été surveillée par les polices politiques. Elle a vécu les dernières années de sa vie avec une balle logée près du coeur, victime de son mari jaloux...

Elle est la grand-mère de Paul Gauguin …


Qui est-elle ?


brune-nicole-avril.jpg« Je l’imagine. Brune comme une héroïne romantique. Ardente et intense. Flora Tristan. Sa rencontre a marqué ma vie. Son histoire dans l’Histoire est un roman.

Née à Paris en 1803, de mère française et de père péruvien, elle s’embarque – seule femme à bord, quatre mois en mer et le cap Horn en prime – pour faire valoir ses droits auprès de sa riche famille paternelle qui l’a abandonnée. Au Pérou, elle découvre la passion, la violence et l’esclavage. Autodidacte, elle écrit à son retour Pérégrinations d’une paria. Jaloux de son succès, son mari lui tire une balle dans le dos, qui restera fichée à deux doigts de son cœur. » Nicole Avril

 

Beaucoup d’éléments biographiques, et l’époque, rapprochent George Sand ( 1804-1876) de Flora Tristan ( 1803-1844).george-sand-02.jpg

Par exemple : Flora, née le 7 avril 1803, a 4 ans à la mort de son père. Aurore, née le 1er juillet 1804 a le même âge quand en 1808 son père se tue en tombant de cheval. Etc … etc...  

leroux-pierre.jpgLe socialiste saint-simonien Pierre Leroux constitue un trait d'union entre les deux femmes. Cependant la "Bonne Dame de Nohant" n'apprécie guère "La Paria" : tout en lui reconnaissant du courage et des convictions, elle la juge trop vaniteuse, impérieuse et coléreuse...


Pierre Leroux fut, entre autres choses, imprimeur à Boussac ( ce n'est pas loin de chez moi ... Limoges..) dans la Creuse, petite ville dont il fut élu maire en 1848 au lendemain de la Révolution de 1848 ...Caricature-Leroux.jpg


Pierre Leroux ( né en 1797 ), introduit en France le mot " socialisme " comme antithèse de l’individualisme.  Il fonde « le Globe », qui devient le journal des jeunes opposants au régime de la Restauration. Après la révolution de 1830, il se rallie au saint-simonisme dont il se sépare en novembre 1831. Pierre Leroux rencontre George Sand en 1835 et une profonde amitié nait de leur admiration mutuelle, le philosophe trouve auprès de l’écrivain une aide matérielle importante. Spiridion est dédié au philosophe dont l’influence est particulièrement nette dans les romans " socialistes " du début des années 1840. En 1843, Pierre Leroux obtient un brevet d’imprimeur et, l’année suivante, il s’installe à Boussac, toute petite sous-préfecture de la Creuse, à quelques lieues de Nohant.

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Les nombreuses vies de Cristina Trivulzio Belgioioso -3-

Publié le par Perceval

En 1852, la princesse Cristina di Belgiojoso traverse seule la Turquie pour se rendre en Terre sainte. Souhaitant se documenter sur la région et y faire un pèlerinage, elle s’était en réalité imposé un exil volontaire pour fuir les autorités autrichiennes qui contrôlaient la Lombardie.

Cristina-Trivulzio-Belgioioso-Francesco_Hayez_034.jpgElle se rend d’abord à Athènes, puis en Turquie, où elle achete une petite ferme dans la vallée d’Eiaq-Maq-Oglou, sur les rives du Bosphore, à deux heures de cheval d’Ankara….

En janvier  1852, elle entame un périple à cheval de onze mois à destination de la Syrie et de la Palestine, accompagnée par sa fille ( illégitime ) Maria, sa domestique anglaise Mrs Parker, et l’un des fils d’Osman ( le vendeur de la ferme ). En chemin, elle visite des harems, administre des médicaments, s’intéresse aux coutumes locales, et discute les affaires du monde avec des muftis qui vivent dans des contrées reculées. Les difficultés liées aux voyage en hiver – les pièces enfumées par les braseros, l’âpreté du froid qui entrave les déplacements à cheval et la neige qui masque les pistes – sont un sujet qui reviennent régulièrement. Elle pose constamment des questions sur la vie des femmes turques, arméniennes ou syriennes.

Son itinéraire à travers la Syrie la conduit à Latakia et à Beyrouth, puis à Sidon où elle séjourne au Khan des français où s’était arrêtée Hester Stanhope ( 1776-1839) trente ans auparavant…

Indépendante, Cristina voyage avec une détermination et une confiance en elle tout à fait perceptibles dans ses articles publiés dans la Revue des deux mondes comme dans son livre Asie mineure et Syrie, souvenirs de voyage

Cristina-Trivulzio-di-Belgioioso-copie-1.jpgUn de ses employés, dans la ferme où elle retourne en décembre, parce qu’il avait été réprimandé par la gouvernante anglaise avec qui il avait eu une relation, aveuglé par la haine frappe Cristina de cinq coups de couteau en Juillet 1853. Les blessures ne sont pas fatales, mais à partir de cette mésaventure , elle se trouve trop affaiblie et préfère retourner en Italie, trois ans plus tard…


En Novembre 1855, elle se rend à Paris. Sa relation avec Mignet est éteinte. En Novembre 1860 elle vend la maison de Paris.

Elle tente de faire reconnaître sa fille à son mari, en vain ;  Emilio meurt de la syphilis

Mary a déjà vingt ans, n'a pas encore de nom... Elle se marie avec un marquis : Trotti  (24 Janvier 1861), un veuf, avec le plein assentiment de Cristina

Elle achète une villa à Blevio où elle a déménagé avec son fidèle Bodoz, le serviteur turc, qui l'a suivie pendant vingt ans, et Miss Mary Ann Parker, la gouvernante anglaise, qui avait vécu avec elle et sa fille depuis 1839.

Elle est morte en 1871, à seulement 63 ans dans la maison de sa fille à Milan. Elle fut enterrée à Locate, où elle demeure aujourd'hui.

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Les nombreuses vies de Cristina Trivulzio Belgioioso -2-

Publié le par Perceval

La naissance de Marie marque le début de la seconde vie de Cristina. Le climat de persécution de la police autrichienne a été beaucoup atténué après le couronnement du nouvel empereur, aussi retourne t-elle à Milan, en Juillet 1840.


Cristina-Trivulzio-di-Belgioioso-hayez.jpgElle achète une ferme dans une petite vallée en Cappadoce, et y fonde une colonie agricole ouvertes aux réfugiés italiens. La pauvreté, l'ignorance, les maladies des paysans de Locate, met devant les yeux Cristina une réalité très différente de celle des salons parisiens. Elle se laisse entrainer à comprendre et lutter contre cet environnement, et devient une réformatrice sociale, elle s’inspire des théories utopiques entendus en France – (Saint Simon,  Fourier ). Elle regroupe les enfants, crée des écoles… parfois au grand scandale des riches lombards qui ne comprennent pas cet intérêt pour les agriculteurs …lotto-lorenzo-portrait-of-cristina-barbiano-trivulzio-di-be.jpg

Cristina étudie et publie ses premiers travaux: l'essai sur la formation du dogme catholique et la traduction en français des œuvres de Gian Battista Vico, avec une longue introduction. Rédigé en français et publié en France, ces livres renforce contre elle l’hostilité des puissants… C'est la limite! Non seulement cette femme donne des cours d’économie mais elle empiète sur le champ de la philosophie et même de la Théologie.


En 1843, Lehman fait de Cristina un célèbre portrait :


A l’occasion des évènements politiques elle devient journaliste, s'associe avec les dirigeants de la Cavour Risorgimento,  parcourt en 1847 toute l’Italie et promeut la dynastie de Savoie (Charles-Albert de Sardaigne) pour unifier l’Italie avant d’instaurer la République.

Cristina-et-sa-division-Belgioioso.jpg 

 

 

Elle se trouve à Naples pendant l'insurrection qui conduit aux cinq journées de Milan de 1848. Elle part immédiatement et paye le voyage à environ 200 napolitains, transporté par mer à Gênes et de là à Milan , qui sont prêts à la suivre.

Dans la chaleur de la bataille politique décède Stelzi le secrétaire bien-aimé, qui sera enterré dans le cimetière même où reposent les restes de Cristina.

 

 

 

Il Risorgimento invisibile Lombardo

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Madame du Chatelet; d'amour et d'étude... avec Voltaire.

Publié le par Perceval

Voltaire n’est plus souhaité à Versailles suite à la publication de son ouvrage critique « les Lettres Philosophiques ».

Voltaire et Emilie du ChateletIl décide de s’installer dans le refuge que lui propose Madame du Châtelet, une possession de famille, le château de Cirey en Lorraine ( 1735 ) . Emilie va le rejoindre et les deux amants ( depuis 1933... )  vont vivre quatre années, pratiquement hors du monde, non pas d’amour et d’eau fraîche mais d’amour et d’étude. Ils passent de longues heures, de nuit comme de jour, à débattre de questions scientifiques ou métaphysiques. Peu à peu, Emilie élabore son propre système de pensée.

Elle se passionne pour la physique et analyse les travaux théoriques de Leibniz sur l’énergie cinétique, qu’elle illustre à l’aide d’expériences. Émilie du Châtelet rédige un traité de physique, publié par l’Académie des sciences, une première pour une femme. Elle s’intéresse aux travaux de Newton ( mort en 1727 ) et entame une traduction de ses Principia mathématica, devenus Principes mathématiques de la philosophie naturelle.

 

Voltaire est un grand admirateur de Newton et cherche à mettre ses idées à la portée de tous. Emilie du Châtelet est beaucoup plus critique à l’égard de certaines de ses théories. Sa traduction ne se contente pas d’un simple mot à mot, mais elle refait les calculs, rédige ses commentaires, prend note de ses critiques. Cette traduction sera publiée dix années après sa mort ( en 1759) et reste aujourd’hui encore une référence.Emilie du Châtelet Collection Jean-Jacques Monney

 

En frontispice de son livre “Il Newtonianismo per le dame” Algarotti fait figurer le portrait d'Émilie car elle a fait la correction de l'édition de 1737. Ce livre : un dialogue avec une marquise de E*** : «  J’espère que vous laisserez sous-entendre que je suis votre marquise » lui écrit-elle. Francesco Algarotti l’aima beaucoup et la fit un peu souffrir : «  L’amour d’un amant qui décroit en raison du carré inverse des temps et du cube de la distance me paraît difficile à digérer » ( allusion à la loi de Kepler ... )

En 1748, la marquise rencontre à la cour du roi Stanislas, à Lunéville, le jeune et beau chevalier de Saint-Lambert, poète à ses heures, de dix ans son cadet. Elle en tombe amoureuse... et enceinte. Nourrie d'un terrible pressentiment, elle se hâte de terminer son oeuvre clé…

 Enfin, elle accouche d'une fillette le 5 septembre 1749, dans des conditions difficiles. Elle n'a que le temps de boucler son manuscrit et de le faire envoyer à la bibliothèque du roi avant de rendre l'âme quatre jours plus tard (la fillette mourra quelques années plus tard). 

 

A sa mort, Voltaire ( 1694-1778 ), désespéré, écrira : « Je n’ai point perdu ma maîtresse j’ai perdu la moitié de moi-même, une âme pour qui la mienne était faite, une amie de vingt ans que j’avais vu naître. »

 

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