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Articles avec #litterature tag

Inessa, femme de la révolution.

Publié le par Perceval

Ines est née à Paris en 1874; arrivée encore enfant en Russie, elle est élevée près de Moscou par sa tante.Inessa armand et Alexandre

Belle femme aux yeux verts, elle épouse Alexander Armand, en 1893. Après avoir eu quatre enfants, elle est tombe amoureuse de son beau-frère Vladimir. Elle est de plus en plus attirée par le marxisme et la politique révolutionnaire, dans laquelle Vladimir, 11 ans plus jeune qu'elle, est bien versé. Elle est membre du parti bolchevik en 1904.

Vladimir utilise l'appartement familial à Moscou pour organiser des réunions d'étudiants radicaux, conduisant à des raids par la police tsariste.

Inessa, son mari et son frère (devenu son amant) , continuent leur vie sans briser la famille. Son mari est toujours resté un ami fidèle, l’aidant à plusieurs reprises lors de ses péripéties politiques (payer la caution quand elle a été emprisonnée, l'aider lors de ses évasions quand elle a dû franchir les frontières illégalement,  s'occuper des enfants quand elle était en déplacement à l'exil ou la prison ... ) et fait en sorte que la maison Pushkino soit toujours disponible pour elle comme un havre de paix. …


Elle est banninessa armandie dans l'extrême nord, pendant deux ans. Là elle souffre de conditions difficiles, le paludisme et elle est témoin des violences physiques de détenus par les Cosaques


Inessa Armand réussit à s'échapper en Pologne. Son amant est en France pour un traitement contre la tuberculose. Il meurt dans ses bras après un voyage désespéré d’Inessa …

A Paris qu'elle commence à travailler en étroite collaboration avec Lénine.

Elle avait obtenu, à Bruxelles, une licence en droit en un temps record, puis elle était revenue à Paris, trouvant avec deux de ses enfants un logement proche de celui de Lénine, à côté du parc Montsouris. Ilitch vivait là avec sa femme, Nadia Kroupskaïa, et sa belle-mère. Inès jouait pour eux du piano, surtout Beethoven. Nadia était séduite. Son mari, qui maîtrisait mal le français, avait de plus en plus souvent besoin de cette camarade polyglotte. Quand les bolcheviques avaient ouvert à Longjumeau une Ecole ouvrière, Inès y donnait des cours, avec Lénine, Gricha Zinoviev et Lev Kamenev. Et quand Paul Lafargue s’était suicidé à Paris avec sa femme Laura, la fille de Karl Marx, c’est Inès Armand qui avait traduit fin novembre au Père- Lachaise l’oraison funèbre que Lénine avait écrite en russe.

 

Inès Armand et Vladimir lénine

 

Elle est sa porte-parole lors de la conférence - qui se réunit à Bruxelles le 16 et 17 juillet 1914 - pour la réunification du POSDR, arbitrée par le BSI. Elle y défend que l’unité est possible dans un parti social-démocrate, entre l’aile révolutionnaire et réformiste, comme dans d’autres partis occidentaux.

Dans les cafés de la Porte d’Orléans, où les sympathisants du parti avaient leurs habitudes, on commençait à jaser: «La petite Française d’Ilitch…» C’était une belle femme, de cinq ans sa cadette, toujours soigneusement habillée. Elle ramenait ses abondants cheveux auburn sous des chapeaux qui faisaient se retourner les hommes. Elle y plantait parfois une plume rouge. Lénine n’avait pas résisté. Elle voyait d’autres hommes, revenait. Il disait en plaisantant que, lui aussi, était infidèle: «Je suis toujours amoureux de Marx et Engels!»

Nadia avait proposé de s’effacer.


Elle rejoint Lénine dans son fameux «wagon plombé» qui les ramène à la Russie en Avril 1917 et joue un rôle de premier plan dans la lutte pour se maintenir au pouvoir soviétique immédiatement après la révolution.

Kroupskaia-1903

Nadia Kroupskaïa étant au plus mal, Lénine veut l’emmener en Suisse, dans la montagne pour mieux respirer. Il choisit d’être désormais fidèle à sa compagne des premiers jours, qui ne l’a jamais trahi. Il ne veux plus de ce ménage à trois plein de risques, parce que la révolution, dit-il, ne se fait pas dans des draps froissés.

 

Le surmenage et les dures conditions de la période de guerre civile ont fait des ravages sur la santé de Inessa. Malgré les efforts constants de Lénine pour l'aider à retrouver ses forces, elle succombe au choléra et meurt en 1920, âgé seulement de 46ans.

 


A des moments clés, elle sut prendre des décisions qui vont être des tournants dans sa vie. Elle a suivi son coeur ainsi que sa conscience politique, et ne voit pas de conflit entre les deux. Elle a refusé d'être intimidée ou prise au piège de la "moralité" du mariage bourgeois ou des prisons du tsar...


Elle nous laisse: d' ARMAND Inessa, Articles, discours et lettres, Moscou, Édition de la littérature politique, 1975 ;

 

Source: Alain Campiotti Le Temps SA

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Partage de midi: Paul Claudel et Ysé.

Publié le par Perceval

Je lis " Partage de midi " de Paul Claudel. Parce qu'il est passionnant de lire ce qu'un auteur dramatique comme Claudel (l’homme qui s'est converti, de derrière son pilier à Notre-Dame ...)  peut dire de sa propre histoire... claudel à l'époque où il rencontre Rose

 

Claudel écrit et réécrit Partage de Midi, avec le sentiment d'écrire et de réécrire sa propre vie. Cela rejoint précisément l'objectif de ce blog: comprendre l'importance de La rencontre - entre l'homme et la femme -  ...

 

Qui se cache derrière Ysé, la flamboyante héroïne de Partage de midi ?


Ysé Ludmila Mikaël

<- Ysé: Ludmila Mikaël

 

 

Paul Claudel confie : « Elle a été la seule femme que j’ai passionnément aimée, celle qui a joué dans ma vie tout le rôle qu’une femme pouvait y jouer. » Elle s’appelle Rosalie Vetch, elle est mariée et suit son  "aventurier" de mari , avec ses quatre garçons.

Leur rencontre eut lieu en 1900, sur le paquebot qui les menait en Chine. Il rejoint son poste de consul à Foutchéou, accablé de s’être vu refuser l’entrée dans les ordres.

La beauté et la personnalité solaire de Rosalie inspirent à Paul des sentiments aussi puissants qu’insoupçonnés. Cette relation profonde ( et "passion coupable" ),  sut résister aux trahisons, aux incompréhensions et aux silences.


Partage de midi, partages de désirs...

 

Claudel, diplomate, débute comme consul suppléant à New-York (1893) puis au consulat de Boston. En 1894 il part pour la Chine où il fera trois séjours de cinq ans. Il est nommé consul à Fou Tchéou.

Francis Vetch semble être  petit aventurier dont la femme ( complice active ? ), se lasse des petites arnaques et autres inventions malhonnêtes. Ils ont quatre enfants et embarquent pour la Chine au début du siècle ; Vetch pense faire fortune à Fou-Tchéou.

 

Francis Vetch, Rosalie et paul ClaudelL’histoire d’amour entre Rosalie et le jeune diplomate semble construite de toute pièce en vue de manipuler Paul Claudel. Rosalie Vetch tombe toutefois sous le charme du Consul et une fougueuse passion de quatre ans commence alors, tandis que Francis Vetch s’éloigne, déjà perdu dans les confins de l’Empire à entreprendre quelques affaires plus ou moins légales.

Paul Claudel vit un amour fou avec Rosalie, au point même qu’il refuse une promotion de taille en 1904: le consulat de Hong Kong! Il préfère rester à Fou-Tchéou pour Rosalie.

Rosalie, enceinte, quitte brusquement Fou Tchéou sans donner d’explication et sans laisser d’adresse (1904). Paul Claudel la poursuit jusqu'à Bruxelles pour ne plus trouver qu'une médaille chrétienne accrochée à son portail, l'encourageant à retourner dans son monastère.

 

Brisé, Paul Claudel écrit «Partage de midi», oeuvre autobiographique qu'il n'entend pas, à l'époque, destiner à la scène.

Ysé partage de midi Ysé Ludmila MikaëlL'histoire conte la collision brûlante de l'inquiet Mesa avec la turbulente Ysé, sur un bateau voguant entre l'Arabie et Ceylan. Ysé rejoint la Chine avec Deciz, son pâle époux, et vient de retrouver sur le pont Amalric, une ancienne et vaillante connaissance. Mais c'est la pureté de Mésa qui attirera Ysé, poussée par le désir inconscient de le confronter à son Dieu-Amour. Jusqu'à les consumer.

 

En avril 1905, Paul Claudel et Francis Vetch se retrouvent associés dans une rocambolesque expédition, à arpenter ensemble la Belgique et les Pays-Bas pour retrouver Rosalie, en vain. Ils apprennent à cette période, que leur femme et maîtresse a décidé de refaire sa vie avec un troisième homme. Cette liaison et sa triste fin sont une étape décisive dans la vie et l’œuvre de l’auteur.


Le premier acte rassemble sur le pont d'un paquebot les quatre personnages qui se rendent en Chine. C'est midi et le soleil est aveuglant, mortel. Commence un huis clos symbolique. Quelque part au milieu de la mer et de la vie, quatre personnages passent la ligne sans retour.

 

YSÉ. — Mesa, je suis Ysé, c'est moi. Partage de midi Claudel

MESA. — Il est trop tard.

Tout est fini. Pourquoi venez-vous me rechercher ?

YSÉ . — Ne vous ai-je pas trouvé ?

MESA. — Tout est fini! Je ne vous attendais pas.

J'avais si bien arrangé

De me retirer, de me sortir d'entre les hommes, c'était fait !

Pourquoi venez-vous me rechercher ? pourquoi venez-vous me déranger ?

YSÉ. — C'est pour cela que les femmes sont faites.

MESA. — J'ai eu tort, j'ai eu tort

De causer et de… et de m'apprivoiser ainsi avec vous (...)

(... )

Vous tournez vers moi votre aimable visage. Il est trop tard !

Vous savez bien que c'est impossible ! Et je sais que vous ne m'aimez pas.

D'une part, vous êtes mariée, et d'autre part, je sais que vous avez goût Pour cet autre homme, Amalric.

(...)

YSÉ. — Que craignez-vous de moi puisque je suis l'impossible ?

Avez-vous peur de moi ? Je suis l'impossible. Levez les yeux,

Et regardez-moi qui vous regarde avec mon visage pour que vous me regardiez !

MESA. — Je sais que je ne vous plais point.

YSÉ. — Ce n'est point cela, mais je ne vous comprends pas.

Qui vous êtes, ni ce que vous voulez, ni

Ce qu'il faut être, comment il faut que je me fasse avec vous. Vous êtes singulier.

Ne faites point de grimace ! Oui, je crois que vous avez raison, vous n'êtes pas

Un homme qui serait fait pour une femme,

Et en qui elle se sente bien et sûre.

MESA. — Cela est vrai. Il me faut rester seul.

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Martin Heidegerr le maître, et Hannah Arendt...

Publié le par Perceval

Martin Heidegger naît en 1889 dans une famille catholique plus que modeste (son père était sacristain). Élève très brillant et tôt remarqué, il fait ses études secondaires au Lycée jésuite de Constance, puis s'inscrit en 1909 à l'université de Fribourg-en-Brisgau, où il suit pendant quatre semestres un enseignement de théologie catholique (il se destinait alors sans grand enthousiasme à la prêtrise).

C'est grâce à Husserl qu'il est nommé assistant (1919) ; il le demeurera jusqu'en 1923. Pendant cette période, il se met véritablement à étudier la phénoménologie, et noue des relations très fortes avec son maître, qui voit en lui le meilleur de ses élèves. Sa première œuvre importante, Être et Temps, date de 1925-7, c'est aussi à ce moment qu'il rencontre Hannah Arendt, dont il deviendra l'amant jusqu'à son départ pour Fribourg (1928), où il va prendre la succession de son maître Husserl, parti à la retraite .

arendt-heidegger

  • Hannah Arendt naît en 1906 à Hanovre dans une famille juive assimilée fidèlement attachée à la social-démocratie.  
  • En 1924, après avoir passé son " BAC" en candidate libre avec un an d'avance, elle étudie la philosophie, la théologie et la philologie classique aux universités de Marbourg, Fribourg-en-Brisgau et Heidelberg. Élève de Heidegger, de Husserl puis de Karl Jaspers, elle révèle une brillante intelligence et un non-conformisme encore peu commun.
  • En 1925, sa rencontre avec Heidegger sera un évènement majeur de sa vie, tant sur le plan intellectuel que sentimental. Elle est très jeune et voue une admiration sans bornes à son maître, de quinze ans son aîné. Celui-ci, pourtant habitué à conquérir ses étudiantes, tombe  sous le charme. C'est le début d'une relation secrète, passionnée et irraisonnée, qui laissera des traces chez Hannah toute sa vie.

Commencent bientôt des années sombres qui sont, encore aujourd'hui, sources de très violentes polémiques. martin Heidegger ( marqué d'un X )Heidegger prend parti pour le NSDAP en 1932 

 

ici, sur la photo,  au-dessus, de la croix - >

 

 

  Il est élu recteur de l'université de Fribourg en 1933, il prononce un Discours de rectorat qui manifeste son enthousiasme pour le nouveau régime (ou ce qu'il croit en comprendre) ; il appelle les étudiants à voter pour le NSDAP dans un discours sans ambiguïtés. Mais d'un autre côté, il rétablit Husserl dans sa dignité de professeur honoraire, titre qui lui avait été ôté par les nazis à cause de ses origines juives ; il interdit les placards antisémites dans son université et fini t par démissionner le 21 avril 1934, ne conservant plus aucune charge administrative.

Hannah Arendt 1928

 

 

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        • Mais si la pensée du maître l'impressionne, la position ambigüe de Heidegger à l'égard du judaïsme amène Hannah Arendt bientôt à interrompre leur relation. Elle déménage à Fribourg-en-Brisgau pour devenir l'élève de Husserl, mais probablement aussi pour s'éloigner de son ancien amant. Puis elle suit l'enseignement de Karl Jaspers à Heidelberg sous la direction duquel elle rédige sa thèse sur le Concept d'amour chez saint Augustin. Elle restera fidèle à la pensée de Heidegger, par-delà la guerre et l'exil, et se fera l'infatigable promoteur du philosophe, aussi éminent que controversé, aux États-Unis.
  • En 1929, elle épouse Günther Stern (nommé plus tard Günther Anders), un jeune philosophe allemand rencontré dans le milieu universitaire.
  • En 1933, elle quitte l'Allemagne pour la France. elle est internée au camp de Gurs  avec d'autres apatrides. Elle parvient à s'enfuir... En 1951, naturalisée citoyenne des États-Unis d'Amérique.

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Proust et Jeanne Pouquet

Publié le par Perceval

Léontine Lippmann (1844-1910), par son mariage Madame Arman, dite Madame Arman de Caillavet, amante et égérie d’Anatole France ( 1844 1924 )…

MADAME ARMAN DE CAILLAVET (1855-1910) —, née Léontine Lippmann, d'une intelligence supérieure, belle-soeur d'Alexandre Dumas…

Vers 1878, au 12, Avenue Hoche, près de l'actuelle place Charles de Gaulle, elle reçut dans son salon, le gratin parisien, l'élite de la société intellectuelle française dont plusieurs dreyfusards. Son mari, l'homme de lettres, Gaston Arman de Caillavet veillait à la qualité gastronomique des réceptions.

 Léontine Lippmann 1884-1910

Elle a un fils : Gaston Arman de Caillavet ( 1869 1915 ): 

caillavet2Marcel Proust, dont il était proche, emprunte certains de ses traits de caractère et des faits de sa vie, pour son personnage de Robert de Saint-Loup de La Recherche. Il fait sa connaissance à la fin de son service militaire en 1889 et Proust croit tomber amoureux de la fiancée de Gaston, Jeanne Pouquet (1874 1962 ), dont il s'inspire pour le personnage de Gilberte de La Recherche.

 

Gaston se marie avec Jeanne Pouquet en mai 1893. Proust refusera d'être garçon d'honneur. Anatole France et Madame Arman de Caillavet accompagnèrent les jeunes époux pendant leur voyage de noces en Italie. Proust leur rendit visite des années plus tard dans leur appartement du 40 rue de Courcelles et s'intéressa à leur petite fille Simone , Il reporte sur la fille son affection pour la mère, rêvant à la destinée d'une fille de Saint-Loup et de Gilberte.

De cet amour de jeunesse, il fera la mademoiselle de Saint-Loup d’À la recherche du temps perdu, tandis que Jeanne Pouquet, la mère, lui inspirera le personnage de Gilberte Swann.

 simone caillavet maurois Jeanne Simone de Caillavet est une femme de lettres et mannequin française, née en 1894 et morte en 1968 à l'âge de 74 ans.

 

En 1910, Proust écrit à Simone : « Vous me feriez très plaisir si vous me donniez votre photographie. Je penserai à vous même sans photographie, mais ma mémoire fatiguée par les stupéfiants a de telles défaillances que les photographies me sont bien précieuses. Marcel Proust aux pieds de Jeanne Pouquet en 1892 - CopieJe les garde comme renfort et ne les regarde pas trop pour ne pas épuiser leur vertu. »

 Il finit par obtenir aussi la photographie de la mère, ainsi que celle, fameuse, prise au tennis du Boulevard Bineau et sur laquelle il joue de la guitare avec une raquette

 

Gaston Arman de Caillavet mourut d'une maladie qu'il avait contractée pendant l'été 1914. Sa famille et Proust en furent accablés. Jeanne Arman de Caillavet rendit visite à l'écrivain au 102 boulevard Haussmann en voiles de deuil et Proust ne pouvait retenir ses larmes : « Marcel, je vous fais beaucoup de peine, laissez-moi partir ! » s'écria-t-elle à la fin. Jeanne se remaria plus tard avec son cousin, Maurice Pouquet.

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