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Articles avec #litterature tag

Le Journal de Catherine Pozzi

Publié le par Perceval

Catherine Pozzi assumera très tôt une indépendance alors rarement permise aux femmes.

Passionnée par les sciences comme la physique ou, plus obscure, la psychophysiologie, elle passera plusieurs examens, en commençant par le baccalauréat.


Catherine Pozzi (1884-1934)Elle débute son journal en 1913, donc bien avant sa rencontre avec Paul Valéry.

Dans ce qui fut comparé aux Confessions de Rousseau, elle décrit sans complaisance ni frivolité les rencontres que les mondanités parisiennes lui ont permis de rencontrer : Martin du Gard, André du Bos, Guéhenno, Paulhan, Suarès, Julien Benda, Pierre-Jean Jouve, Jacques et Raïssa Maritain, Louis Massigon et, inévitable à cette époque, l'abbé Mugnier… Elle possède un véritable don d'introspection de sa propre vie - toujours en train de souffrir -, avec une grande maîtrise d'écriture révélant une personnalité hypersensible.


Paul Valéry : (attention... le journal ne se réduit pas à ce " récit d'une douleur qui m'a été pendant sept ans incompréhensible "a-rilke-pozzi1

P.V. qui « se regard[ait] être regardé » (p. 359), « Il ne fut jamais mon maître. Il fut mon frère, mon pareil, ma tendresse très pure. Ce n'est pas la même chose. » (p. 310.)

« Les gestes de l'amour, dans mon histoire, ne furent que ceux du noyé. » (p. 283.)

« Tu n'as pas eu un mot pour moi. Je vois que tu ne me vois pas […]. Je vous embrasse une fois, vite, et puis il faut descendre. Et je commence à sentir avec horreur que, vraiment, ce n'est pas de moi que vous souffrez mais de mon départ et de ce qu'il cause en vous. » (p. 225.)


Face à la maladie qui la taraudera toute sa vie (elle parle de la mort vingt ans avant qu'elle n'arrive enfin !), elle exprimera son permanent mal-être :

« Mon corps est trop étroit pour moi, et l'air n'y entre pas assez pour que je parle. L'univers est plein de personnes qui respirent, qui respirent, et qui n'ont rien à dire. Je veux sortir. Je n'aurai pas le temps. Je nage à contretemps. Mais le temps est tari. » (p. 553.)


Incroyante, mais remplie d’ inquiétudes métaphysiques, sur le catholicisme, cette « seule chose humaine qui abolisse le temps, seule entente absolue du présent au passé » (p. 254).

« J'aime mieux Dieu que tous ces hommes [tous ceux qu'elle a aimés]. Combien cela fait-il d'années, mon Dieu, que je vous cherche et manque, dans l'amour ? » (p. 193.)


La principale matière du «  Journal »  est la douleur :

" l'horrible mariage, l'horrible divorce, la guerre, et le fiancé frère, qui fut martyr. La maladie, pendant sept années. Mon père assassiné. Enfin, la passion d'un fou. ".

Catherine Pozzi aura vécu toute sa vie dans la pensée d'une mort imminente, toujours possible : " Je suis descendue à la cuisine chercher sur le calendrier la date de ma mort. Je crois, depuis toujours, que je mourrai le jour de la Pentecôte. Cette année, c'est le 19 mai. "


Catherine-Pozzi2.jpgElle parle d’elle-même comme un" os de seiche, une robe de soie dessus ", ou " maigre et laide et pâle, un grand vermicelle qui aurait de grands yeux ".

Ses caricatures savent être grinçantes : la comtesse Murat est " celle qui crache des noms de grands hommes à chaque respiration ".

 

Elle se relit (c'est l'été 1928): " Un homme. Un tourment. Rien à côté. Il semble que l'univers n'existait pas. C'est que, d'abord, mon univers était lui-même. Ensuite, c'est que je n'écrivais qu'en état de douleur. J'écrivais comme l'on se retire dans un oratoire à supplier. " Il s'agit moins d'écriture que de " la chose vivante elle-même qui gémit ". Un Journal pour l'essentiel " sans faits et sans histoire ", écrit parce que Pozzi n'avait ni amie ni confesseur, adressé " à la sympathie... de qui ? De rien, de nul, je le sais bien : ce lecteur est moi, cette oreille est la mienne. "

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Béatrice de Die, femme troubatour

Publié le par Perceval

comtessa_de_dia.jpgLa comtessa de Dia si fo moiller d'En Guillem de Peitieus, bella domna e bona. Et enamoret se d'En Rambaut d'Aurenga, e fez de lui mantas bonas cansos.

La comtesse de Die fut l'épouse du seigneur Guillaume de Poitiers, belle et bonne dame. Elle s'enamoura du seigneur Raimbaut d'Orange, et fit sur lui maintes bonnes chansons

 

 

Il me faut chanter ici ce que je ne voudrais point chanter
Car j'ai fort à me plaindre de celui dont je suis l'amieBeatriz_de_Dia.jpg
Je l'aime plus que tout au monde 
Mais rien ne trouve grâce auprès de lui 
Ni Merci, ni Courtoisie, ni ma beauté, ni mon esprit,
Je suis trompée et trahie comme je devrais l'être
Si je n'avais pas le moindre charme.

 

Une chose me console: jamais, je n'eus de torts
Envers vous, ami. Je vous aime, au contraire
Plus que Seguin n'aima Valence
Et il me plait fort de vous vaincre en amour,
Ami, car vous êtes le plus vaillant de tous.
Mais vous me traitez avec orgueil en paroles et en actes,
Alors que vous êtes si aimable envers d'autres.

 

Je suis surprise de l'arrogance de votre coeur,
Ami, et j'ai bien sujet d'en être triste
Il n'est point juste qu'un autre amour vous éloigne de moi
Quel que soit l'accueil qu'il vous réserve,
Qu'il vous souvienne du débuttroubadour6.jpg
De notre amour. A Dieu ne plaise
Que par ma faute il s'achève.

 

La grande vaillance qui loge en votre coeur
Et votre grand mérite me sont sujets de tourments,
Car je ne connais point dame , proche ou lointaine,
Et en désir d'amour qui vers vous ne soit attirée
Mais vous, ami de si bon jugement,
Vous devez bien reconnaître la plus sincère
Ne vous souvient-il pas de nos jeux-partis?

 

Ma valeur et mon lignage, ma beauté
Et plus encore la sincerité de mon coeur, doivent me secourir
C'est pourquoi je vous envoie, là-bas,
Cette chanson qui me servira de messager

troubad1.jpg

Je veux savoir, mon bel et doux ami,
Pourquoi vous m'êtes si dur et si farouche,
Est-ce orgueil ou indifférence?

Mais je veux, messager, que tu lui dises
Que trop d'orgueil peut nuire à maintes gens.

 

Béatrice de Die : Elle était trobairitz (femme troubadour). (1200)

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Catherine Pozzi (1)

Publié le par Perceval

catherine-Pozzi.png

 

Catherine Pozzi est née à paris en 1882. Son parcours, plutôt sa vie, m’a profondément touchée. Il émane d’elle une certaine incandescence… Intransigeante, elle vécut sa courte vie à l’extrême d’elle-même, assoiffée d’absolu.

Quelques élément biographiques paraissent sortir de « La Recherche » de Proust :

D’ailleurs son père, médecin, directeur du service de gynécologie de l'hôpital Broca, aurait été immortalisé dans l’œuvre sous les traits « Docteur Cottard », celui-là même dont l’ineffable épouse, trompée par son volage mari, s'endort inopinément, à la Raspelière, chez les Verburin.

Pozzi, Samuel - Par SargentSamuel Pozzi, mari volage, n’hésite pas à séduire ses patientes, et consoler sa femme de ses infidélités en lui disant : «  Je ne vous ai pas trompée, ma chère, je vous ai complétée. »

Sarah Bernhardt, l'une de ses nombreuses conquêtes rencontrée en 1869, le surnommait en toute simplicité « Docteur Dieu ». Parmi ses conquêtes féminines : la cantatrice  Georgette Leblanc, la grande actrice Réjane et, l'extraordinaire Geneviève Straus, veuve de Bizet, fille d'Halévy, mère du grand ami de Marcel Proust et égérie de Charles Haas. Le grand amour de Pozzi fut Emma Fischhof, fille d'un marchand de tableaux célèbre, qui  partagea sa vie jusqu'à la fin.

Familier du docteur Adrien Proust, Pozzi rencontre Marcel Proust au cours d’un dîner donné par ses parents en 1886 et devint son médecin. En 1914, c’est lui qui lui procura la dispense qui lui permit de ne pas être envoyé au front.

 

Catherine grandit dans le Tout-Paris aristocratique et bourgeois de la fin du 19°s. Dès son plus jeune âge, elle rencontre des gens de lettres et des personnalités du monde artistique dans les salons de sa mère : Thérèse Loth-Cazalis

 

 

Samuel Pozzi par John Singer Sargent ^

 

A suivre ....

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Marie-Josèphe Guers présente "Paul Claudel"

Publié le par Perceval

Discussion autour de la biographie de Paul Claudel par Marie-Josèphe Guers

Apostrophes - 29/04/1988

Marie-Josèphe GUERS présente son ouvrage "Paul Claudel", première biographie de l'écrivain, et en débat avec deux des invités de Bernard PIVOT, Roger STEPHANE et Jacques BROSSE. Ses propos sont illustrés d'une interview de Paul CLAUDEL tirée d''un "Lectures pour tous" du 27 mai 1954.

 


 

 

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Abélard, théologien, et Héloïse son amante et épouse.

Publié le par Perceval

Abélard et HéloïseAbélard,  (1079–1142) philosophe et théologien, et Héloïse, (1095–1163) son amante et son épouse.

"En doutant nous venons à la recherche, en cherchant nous percevons la vérité"
Pierre Abélard, prologue du "sic et non"

 

Héloïse, orpheline, a passé toute son enfance a étudier au monastère d'Argenteuil (Val-d'Oise) puis à Paris, où elle était sous la garde de son oncle Fulbert, chanoine à Notre-Dame de Paris.

Son oncle, engagea Abélard  comme professeur ,sans doute flatté par sa réputation, et le logea chez lui… Une liaison s'engagea entre le professeur et son élève, liaison qu'ils ne parvinrent guère à tenir secrète. Abelard HeloiseHéloïse tomba enceinte et, cachée à la campagne, accoucha d'un fils: Pierre Astrolabe. La famille d'Héloïse chercha une dernière vengeance en châtrant de force Abélard.


Condamnés à la chasteté, Abelard tente de convaincre Héloïse qu’ils ne leur reste plus que l'espoir de s'unir dans l'amour divin en prononçant leurs voeux.

"Sa beauté et l'étendue de son savoir la rendaient supérieure à tout son sexe. Cette qualité si rare chez les femmes ajoutait encore plus d'attraits à sa grâce, aussi son nom était-il déjà répandu dans le royaume. La voyant donc parée de toutes les séductions qui d'ordinaire attirent les amants, je songeai à une liaison galante, et je crus pouvoir réussir facilement.

(...)

Pour tout dire en un mot, nous fûmes réunis d'abord par le même toit, puis par le coeur. Héloïse et Abélard BSous le prétexte d'étudier, nous étions tout entiers à l'amour. Loin de tous les regards, notre amour grandissait. Les livres étaient ouverts, mais il y avait plus de paroles d'amour que de leçons de sagesse, plus de baisers que de philosophie, et mes mains revenaient plus souvent au sein d'Héloïse qu'à nos livres; l'amour se réfléchissait dans nos yeux plus souvent que la lecture ne les dirigeait sur les pages des auteurs. Pour mieux éloigner les soupçons, j'allais jusqu'à la frapper... coups donnés par amour et non par la colère, par la tendresse et non par la haine, et plus doux mille fois que tous les baumes qui auraient pu les guérir. Que vous dirais-je ?  Dans notre ardeur, nous passâmes par tous les degrés de l'amour; aucun raffinement ne fut oublié."


Pierre Abélard - "Histoire de mes malheurs" 

 


Héloïse et Abélard 7Héloïse rentrera, sur l’ordre d’Abélard et par amour, au monastère bénédictin d'Argenteuil, là même où elle a passé son adolescence. Bien que moniale sans vocation, elle deviendra prieure de ce monastère. Suger qui en convoite les revenus expulsera, sous un mauvais prétexte, Héloïse et ses compagnes. Elles trouveront refuge au Paraclet. Épouse fidèle, Héloïse n'aura jamais cessé d'aimer Abélard comme leur correspondance le montre. Bientôt abbesse d'un couvent qu'elle a su rendre prospère, elle  l'administrera jusqu'à sa mort en véritable fondatrice d'ordre.

 

Lettres d'Héloïse:

«  J’en prends Dieu à témoin, … le nom de courtisane avec vous m’aurait paru plus doux et plus noble que le nom d’impératrice avec l’empereur Alexandre. »


«  Ah, c’est la concupiscence plutôt que la tendresse qui t’a attaché à moi. C’est l’ardeur des sens plutôt que l’amour. Et voilà pourquoi une fois tes désirs éteints toutes les démonstrations qu’ils inspiraient se sont évanouies avec eux. »


Héloïse et Abélard C«  Ce n’est pas seulement ce que nous avons fait, ce sont les heures, les lieux qui sont si profondément gravés dans mon cœur avec ton image que je me retrouve avec toi aux mêmes lieux, aux mêmes heures, faisant les mêmes choses. Même en dormant, je ne trouve pas le repos. Parfois, les mouvements de on corps trahissent les pensées de mon âme, des mots m’échappent. »


«  Je brûle de toutes les flammes qui attisent en moi les ardeurs de la chair. »


« Les plaisirs amoureux qu'ensemble nous avons goûtés ont pour moi tant de douceur, qu'y compris durant la messe quotidienne, des images colorées assaillent ma pauvre âme, et loin de renier mon amour, je pense désespérée que je ne pourrai plus jamais m'y livrer à nouveau »

heloise and abelard

« Je devrais gémir des fautes que j’ai commises et je soupire après celles que je ne puis commettre. »


«  C’est à toi, bien plus qu’à Dieu que j’ai le désir de plaire. »


Elo et Abelard visages

 

 

 

 

 

 

 

 

Inhumée au Paraclet, elle demandera avant de mourir que son corps soit déposé dans le tombeau de celui qui fut sa raison de vivre…  Ils furent réunis en 1817 : le maire de Paris, décida de faire transférer leurs cendres dans le cimetière du « Père Lachaise «  à Paris.

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Lola V. Stein, Duras et Delphine Seyrig ...

Publié le par Perceval

Ce sont les trois faces d’une même femme : Marguerite duras en 1969Marguerite Duras (1914-1996), Lol V Stein, et Anne-Marie Stretter (Delphine Seyrig). Et c’est toujours la même histoire, même si elle se répète inlassablement… C’est «  le ravissement de Lol. V. Stein », «  India Song » ou «  Hiroshima, mon amour »… ou encore « Baisers Volés, Adèle H , … mais si , mais si …

 


La blessure ne peut-être qu’irréparable : une blessure d’amour qui vaut toutes les blessures … qui ne peut se consumer que dans une Solitude absolue…KarinaMarandjian3

Duras nous raconte comment un soir d'été à T. Beach, six mois après la célébration de ses fiançailles avec Michael Richardson et à la veille de leur mariage, dans la salle de bal du Casino municipal. le fiancé de Lol V Stein trompe publiquement cette dernière avec Anne-Marie Stretter, son amie de collège. Lol V. Stein tourbillonne alors dans une immense douleur muette et invisible; elle sombre dans cette obsession de l'abandon. des années plus tard elle se marie, elle a des enfants ,ça c'est l'être social , mais sans cesse,

Anne-Marie Stretter (La séductrice) «avait la grâce abandonnée d'un oiseau mort, elle india songétait maigre, l'avait toujours été et revêtait cette maigreur d'un robe noire à double fourreau de tulle, à la souriante indolence de la légèreté d'une nuance, d'une cendre »

 

 

Comment remplir le vide ? Dans une attente infinie, explorer le corps, l’espace intérieur …

La douleur est invisible, alors montrer le vide des rues, l’étouffement de l’été… Elle colle, comme si, avoir été abandonnée était une faute et une honte..
Lola V Stein incarne cette volupté intérieure à ne pas être …

 

Dans "India Song",india song 2

On retrouve là Michaël devenu Richardson et Anne-Marie Stretter vieillie et toujours belle, toujours ravisseuse d'hommes. "C'est une femme du Nord, elle vient, elle passe, elle voit la mendiante et l'enfant dans les bras, mourant et dévoré par les vers, les lépreux dans l'odeur fade des lauriers roses, les poubelles et les mendiants, et elle voit et elle passe et elle meurt. » ( India Song ) 


Anne-Marie Stretter, c’est  Delphine Seyrig …


À Calcutta, dans les années 1930, Anne-Marie Stretter, l'épouse de l'ambassadeur de France danse avec son amant Michael, au cours d'une réception dans les salons de l'ambassade situé sur les bords du Gange. Dehors, dans la chaleur étouffante d'une nuit de mousson, retentit la plainte d'une mendiante affamée.
india-song DurasL'ex-vice-consul, déchu de ses fonctions pour avoir tiré sur les lépreux, contemple Anne-Marie Stretter, entourée d'hommes, puis lui déclare son amour et, après son refus, disparaît dans la nuit.

 

 

delphine-seyrig-Baisers Volés de Fr Truffaut 1968

 

 

 

 

Dans « Baisers Volés » Delphine Seyrig est l'incarnation de la femme romantique et inaccessible, mais aussi la représentation de la femme réaliste et maîtresse de son destin. 

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Marina Tsvetaeva

Publié le par Perceval

Marina est née en 1892, elle vit à Moscou entre sa mère dévouée à la musique et son père à son projet de musée des beaux-arts.Marina Tsvetaeva

Elle voyage beaucoup dès l'enfance, suivant sa mère tuberculeuse, dont la santé réclame l'air de l'Italie, de l'Allemagne ou de la Suisse.

En 1910, elle publie son premier livre de poèmes, "Album du soir".

marina-tsvetaeva 5-tEn 1913, elle se marie avec un étudiant Serguei Iakovlevitch Efron, pour l’idéal de noblesse et de chevalerie qu'il représente … ! Serge part au front, Marina écrit..

 

Marina rencontre Sofia Parnok en octobre 1914 à Moscou. C'est aussitôt le coup de foudre la séparation en février 1916 sera douloureuse. Elle consacre un cycle de 17 poèmes à cette passion.

Serge ( son mari ), part à la guerre, et, quand éclate la révolution russe, s'engage dans l'armée « blanche » contre-révolutionnaire.

 

1919. Elle est amoureuse d’un acteur : Youri Zavadski (héros principal d'une des six pièces qu'elle écrit alors : La Tempête). Amitié passionnée pour la jeune actrice Sonia Holliday. Suicide de l'acteur Stakhovitch, une passion de Marina Tsvetaeva.

1921. Amitié passionnée pour le vieux prince André Volkonski.Marina Tsvetaeva 0

1922 est l’année où elle entame sa correspondance passionnée avec Pasternak – « le seul de mes contemporains pour lequel ma cage thoracique s’est avérée trop petite ». Elle entame également une aventure épistolaire avec le très jeune critique tchèque Bakhrach (avalanche de lettres et de sentiments qu’il ne partage pas ).

 

1923.Amour fou pour Rodzévitch, le héros du Poème de la montagne et du Poème de la fin . Elle a un engouement vite déçu pour le jeune éditeur Vichniak.

 

1926. Grâce à l'entremise de Pasternak, Tsvetaeva reçoit de Rilke Les Élégies de Duino et Les Sonnets à Orphée. Début d'une correspondance avec Rilke. 29 décembre : mort de Rilke. C’est la Correspondance à trois de l’été 1926, où Marina est l’agent et le pôle d’attraction.

 

En 1922, avec son mari, ils fuient l'Union soviétique . Elle le suit, en Allemagne, en Tchécoslovaquie… Comme Nina Berberova et de nombreux autres qui suivent un parcours identique à cette époque, Marina s’installe à Prague. En 1925, ses écrits fâchent le régime soviétique, qui la met au banc. Ils partent vers Paris, en banlieue précisément, où elle séjournera jusqu'en 1939.

 

Immigrée russe, souvent seule avec son jeune fils, elle vivote de petites traducti ons, de contributions dans des revues qui paient chichement ou de lectures dans des soirées. Les années 20 voient les poèmes de Marina rencontrer la faveur du public (cela avait commencé avant son départ d’URSS).Marina-Tsvetaeva 1933 par Boris Chaliapine

 

1934. C’est à cette époque que l’ordinaire quotidien s’améliore… Serge ayant été recruté par la police secrète soviétique pour participer à des attentats contre des opposants anti-staliniens.

En juin 1939, ils rentrent en Union soviétique. La même errance reprend, cette fois avec moins d’illusions car marina comprend vite que la guerre et le régime lui interdisent d’espérer

Ils sont à Moscou d'abord, puis, en raison de l'avancée des troupes allemandes, en Tatarie.

Epuisée, elle se donne la mort le 31 août 1941. Deux mois plus tard, son mari est exécuté par le régime stalinien ; et son fils, parti volontaire au front, sera tué en 1944, comme plus de vingt millions de ses compatriotes.

 

« Je peux avoir dix relations en même temps ( quelles relations!) et affirmer au plus profond de moi-même que chacune d’elle est unique ».

Marina vit pour les rencontres et les amours … Des poètes, des musiciens, des peintres, des acteurs, homme ou femme. Des célébrités comme Rilke et Pasternak, Mandelstam ou Nicolas Gronski. Parfois simplement des rencontres, des « idylles cérébrales » (la jeune actrice Sonia Holliday, l'acteur Stakhovitch, le vieux prince André Volkonsk, Nicolaï Gronski).  qui inspirent une œuvre épistolaire passionnée. L'amour c'est une encre, une façon d'avancer « sur le chemin du soupir ». « La passion sexuelle est avant tout un incendie de l'âme », note-t-elle en 1917. « Je ne suis pas une héroïne galante, je ne m'abandonne jamais à l'amant, mais toujours – à l'Amour », assure-t-elle encore dans ses Carnets en 1918.

vampire-love-and-pain-munchpeinture: Edvard munch

 « En moi tout est incendie. »

« Écoutez-moi ! Il faut m'aimer encore, du fait que je mourrai ». Vivre, c'était aimer, prendre tous les risques, être toujours en quête du Miracle de l'Autre.

Son tempérament indépendant, tumultueux et absolutiste ne la prédisposait ni à s'associer à l'aventure du communisme en URSS, ni à rejoindre clairement ses opposants, et elle fut cruellement mise à l'écart de tous les milieux littéraires de l'époque. 

« il est rare de rencontrer un auteur qui donne à ce point l'impression d'avoir vécu et écrit en contact permanent avec l'absolu ». Tzvetan Todorov

Marina Tsvetaeva voulait qu'on inscrivît sur sa tombe : « Sténographe de la Vie. Vie avec majuscule, impérativement. »Marina Tsvetaeva 1892 1941

 «  Trop a toujours été la mesure de mon monde intérieur », disait-elle.

C’est aujourd’hui le poète le plus lu, le plus estimé du XXe siècle en Russie.

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Inessa, femme de la révolution.

Publié le par Perceval

Ines est née à Paris en 1874; arrivée encore enfant en Russie, elle est élevée près de Moscou par sa tante.Inessa armand et Alexandre

Belle femme aux yeux verts, elle épouse Alexander Armand, en 1893. Après avoir eu quatre enfants, elle est tombe amoureuse de son beau-frère Vladimir. Elle est de plus en plus attirée par le marxisme et la politique révolutionnaire, dans laquelle Vladimir, 11 ans plus jeune qu'elle, est bien versé. Elle est membre du parti bolchevik en 1904.

Vladimir utilise l'appartement familial à Moscou pour organiser des réunions d'étudiants radicaux, conduisant à des raids par la police tsariste.

Inessa, son mari et son frère (devenu son amant) , continuent leur vie sans briser la famille. Son mari est toujours resté un ami fidèle, l’aidant à plusieurs reprises lors de ses péripéties politiques (payer la caution quand elle a été emprisonnée, l'aider lors de ses évasions quand elle a dû franchir les frontières illégalement,  s'occuper des enfants quand elle était en déplacement à l'exil ou la prison ... ) et fait en sorte que la maison Pushkino soit toujours disponible pour elle comme un havre de paix. …


Elle est banninessa armandie dans l'extrême nord, pendant deux ans. Là elle souffre de conditions difficiles, le paludisme et elle est témoin des violences physiques de détenus par les Cosaques


Inessa Armand réussit à s'échapper en Pologne. Son amant est en France pour un traitement contre la tuberculose. Il meurt dans ses bras après un voyage désespéré d’Inessa …

A Paris qu'elle commence à travailler en étroite collaboration avec Lénine.

Elle avait obtenu, à Bruxelles, une licence en droit en un temps record, puis elle était revenue à Paris, trouvant avec deux de ses enfants un logement proche de celui de Lénine, à côté du parc Montsouris. Ilitch vivait là avec sa femme, Nadia Kroupskaïa, et sa belle-mère. Inès jouait pour eux du piano, surtout Beethoven. Nadia était séduite. Son mari, qui maîtrisait mal le français, avait de plus en plus souvent besoin de cette camarade polyglotte. Quand les bolcheviques avaient ouvert à Longjumeau une Ecole ouvrière, Inès y donnait des cours, avec Lénine, Gricha Zinoviev et Lev Kamenev. Et quand Paul Lafargue s’était suicidé à Paris avec sa femme Laura, la fille de Karl Marx, c’est Inès Armand qui avait traduit fin novembre au Père- Lachaise l’oraison funèbre que Lénine avait écrite en russe.

 

Inès Armand et Vladimir lénine

 

Elle est sa porte-parole lors de la conférence - qui se réunit à Bruxelles le 16 et 17 juillet 1914 - pour la réunification du POSDR, arbitrée par le BSI. Elle y défend que l’unité est possible dans un parti social-démocrate, entre l’aile révolutionnaire et réformiste, comme dans d’autres partis occidentaux.

Dans les cafés de la Porte d’Orléans, où les sympathisants du parti avaient leurs habitudes, on commençait à jaser: «La petite Française d’Ilitch…» C’était une belle femme, de cinq ans sa cadette, toujours soigneusement habillée. Elle ramenait ses abondants cheveux auburn sous des chapeaux qui faisaient se retourner les hommes. Elle y plantait parfois une plume rouge. Lénine n’avait pas résisté. Elle voyait d’autres hommes, revenait. Il disait en plaisantant que, lui aussi, était infidèle: «Je suis toujours amoureux de Marx et Engels!»

Nadia avait proposé de s’effacer.


Elle rejoint Lénine dans son fameux «wagon plombé» qui les ramène à la Russie en Avril 1917 et joue un rôle de premier plan dans la lutte pour se maintenir au pouvoir soviétique immédiatement après la révolution.

Kroupskaia-1903

Nadia Kroupskaïa étant au plus mal, Lénine veut l’emmener en Suisse, dans la montagne pour mieux respirer. Il choisit d’être désormais fidèle à sa compagne des premiers jours, qui ne l’a jamais trahi. Il ne veux plus de ce ménage à trois plein de risques, parce que la révolution, dit-il, ne se fait pas dans des draps froissés.

 

Le surmenage et les dures conditions de la période de guerre civile ont fait des ravages sur la santé de Inessa. Malgré les efforts constants de Lénine pour l'aider à retrouver ses forces, elle succombe au choléra et meurt en 1920, âgé seulement de 46ans.

 


A des moments clés, elle sut prendre des décisions qui vont être des tournants dans sa vie. Elle a suivi son coeur ainsi que sa conscience politique, et ne voit pas de conflit entre les deux. Elle a refusé d'être intimidée ou prise au piège de la "moralité" du mariage bourgeois ou des prisons du tsar...


Elle nous laisse: d' ARMAND Inessa, Articles, discours et lettres, Moscou, Édition de la littérature politique, 1975 ;

 

Source: Alain Campiotti Le Temps SA

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Partage de midi: Paul Claudel et Ysé.

Publié le par Perceval

Je lis " Partage de midi " de Paul Claudel. Parce qu'il est passionnant de lire ce qu'un auteur dramatique comme Claudel (l’homme qui s'est converti, de derrière son pilier à Notre-Dame ...)  peut dire de sa propre histoire... claudel à l'époque où il rencontre Rose

 

Claudel écrit et réécrit Partage de Midi, avec le sentiment d'écrire et de réécrire sa propre vie. Cela rejoint précisément l'objectif de ce blog: comprendre l'importance de La rencontre - entre l'homme et la femme -  ...

 

Qui se cache derrière Ysé, la flamboyante héroïne de Partage de midi ?


Ysé Ludmila Mikaël

<- Ysé: Ludmila Mikaël

 

 

Paul Claudel confie : « Elle a été la seule femme que j’ai passionnément aimée, celle qui a joué dans ma vie tout le rôle qu’une femme pouvait y jouer. » Elle s’appelle Rosalie Vetch, elle est mariée et suit son  "aventurier" de mari , avec ses quatre garçons.

Leur rencontre eut lieu en 1900, sur le paquebot qui les menait en Chine. Il rejoint son poste de consul à Foutchéou, accablé de s’être vu refuser l’entrée dans les ordres.

La beauté et la personnalité solaire de Rosalie inspirent à Paul des sentiments aussi puissants qu’insoupçonnés. Cette relation profonde ( et "passion coupable" ),  sut résister aux trahisons, aux incompréhensions et aux silences.


Partage de midi, partages de désirs...

 

Claudel, diplomate, débute comme consul suppléant à New-York (1893) puis au consulat de Boston. En 1894 il part pour la Chine où il fera trois séjours de cinq ans. Il est nommé consul à Fou Tchéou.

Francis Vetch semble être  petit aventurier dont la femme ( complice active ? ), se lasse des petites arnaques et autres inventions malhonnêtes. Ils ont quatre enfants et embarquent pour la Chine au début du siècle ; Vetch pense faire fortune à Fou-Tchéou.

 

Francis Vetch, Rosalie et paul ClaudelL’histoire d’amour entre Rosalie et le jeune diplomate semble construite de toute pièce en vue de manipuler Paul Claudel. Rosalie Vetch tombe toutefois sous le charme du Consul et une fougueuse passion de quatre ans commence alors, tandis que Francis Vetch s’éloigne, déjà perdu dans les confins de l’Empire à entreprendre quelques affaires plus ou moins légales.

Paul Claudel vit un amour fou avec Rosalie, au point même qu’il refuse une promotion de taille en 1904: le consulat de Hong Kong! Il préfère rester à Fou-Tchéou pour Rosalie.

Rosalie, enceinte, quitte brusquement Fou Tchéou sans donner d’explication et sans laisser d’adresse (1904). Paul Claudel la poursuit jusqu'à Bruxelles pour ne plus trouver qu'une médaille chrétienne accrochée à son portail, l'encourageant à retourner dans son monastère.

 

Brisé, Paul Claudel écrit «Partage de midi», oeuvre autobiographique qu'il n'entend pas, à l'époque, destiner à la scène.

Ysé partage de midi Ysé Ludmila MikaëlL'histoire conte la collision brûlante de l'inquiet Mesa avec la turbulente Ysé, sur un bateau voguant entre l'Arabie et Ceylan. Ysé rejoint la Chine avec Deciz, son pâle époux, et vient de retrouver sur le pont Amalric, une ancienne et vaillante connaissance. Mais c'est la pureté de Mésa qui attirera Ysé, poussée par le désir inconscient de le confronter à son Dieu-Amour. Jusqu'à les consumer.

 

En avril 1905, Paul Claudel et Francis Vetch se retrouvent associés dans une rocambolesque expédition, à arpenter ensemble la Belgique et les Pays-Bas pour retrouver Rosalie, en vain. Ils apprennent à cette période, que leur femme et maîtresse a décidé de refaire sa vie avec un troisième homme. Cette liaison et sa triste fin sont une étape décisive dans la vie et l’œuvre de l’auteur.


Le premier acte rassemble sur le pont d'un paquebot les quatre personnages qui se rendent en Chine. C'est midi et le soleil est aveuglant, mortel. Commence un huis clos symbolique. Quelque part au milieu de la mer et de la vie, quatre personnages passent la ligne sans retour.

 

YSÉ. — Mesa, je suis Ysé, c'est moi. Partage de midi Claudel

MESA. — Il est trop tard.

Tout est fini. Pourquoi venez-vous me rechercher ?

YSÉ . — Ne vous ai-je pas trouvé ?

MESA. — Tout est fini! Je ne vous attendais pas.

J'avais si bien arrangé

De me retirer, de me sortir d'entre les hommes, c'était fait !

Pourquoi venez-vous me rechercher ? pourquoi venez-vous me déranger ?

YSÉ. — C'est pour cela que les femmes sont faites.

MESA. — J'ai eu tort, j'ai eu tort

De causer et de… et de m'apprivoiser ainsi avec vous (...)

(... )

Vous tournez vers moi votre aimable visage. Il est trop tard !

Vous savez bien que c'est impossible ! Et je sais que vous ne m'aimez pas.

D'une part, vous êtes mariée, et d'autre part, je sais que vous avez goût Pour cet autre homme, Amalric.

(...)

YSÉ. — Que craignez-vous de moi puisque je suis l'impossible ?

Avez-vous peur de moi ? Je suis l'impossible. Levez les yeux,

Et regardez-moi qui vous regarde avec mon visage pour que vous me regardiez !

MESA. — Je sais que je ne vous plais point.

YSÉ. — Ce n'est point cela, mais je ne vous comprends pas.

Qui vous êtes, ni ce que vous voulez, ni

Ce qu'il faut être, comment il faut que je me fasse avec vous. Vous êtes singulier.

Ne faites point de grimace ! Oui, je crois que vous avez raison, vous n'êtes pas

Un homme qui serait fait pour une femme,

Et en qui elle se sente bien et sûre.

MESA. — Cela est vrai. Il me faut rester seul.

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Martin Heidegerr le maître, et Hannah Arendt...

Publié le par Perceval

Martin Heidegger naît en 1889 dans une famille catholique plus que modeste (son père était sacristain). Élève très brillant et tôt remarqué, il fait ses études secondaires au Lycée jésuite de Constance, puis s'inscrit en 1909 à l'université de Fribourg-en-Brisgau, où il suit pendant quatre semestres un enseignement de théologie catholique (il se destinait alors sans grand enthousiasme à la prêtrise).

C'est grâce à Husserl qu'il est nommé assistant (1919) ; il le demeurera jusqu'en 1923. Pendant cette période, il se met véritablement à étudier la phénoménologie, et noue des relations très fortes avec son maître, qui voit en lui le meilleur de ses élèves. Sa première œuvre importante, Être et Temps, date de 1925-7, c'est aussi à ce moment qu'il rencontre Hannah Arendt, dont il deviendra l'amant jusqu'à son départ pour Fribourg (1928), où il va prendre la succession de son maître Husserl, parti à la retraite .

arendt-heidegger

  • Hannah Arendt naît en 1906 à Hanovre dans une famille juive assimilée fidèlement attachée à la social-démocratie.  
  • En 1924, après avoir passé son " BAC" en candidate libre avec un an d'avance, elle étudie la philosophie, la théologie et la philologie classique aux universités de Marbourg, Fribourg-en-Brisgau et Heidelberg. Élève de Heidegger, de Husserl puis de Karl Jaspers, elle révèle une brillante intelligence et un non-conformisme encore peu commun.
  • En 1925, sa rencontre avec Heidegger sera un évènement majeur de sa vie, tant sur le plan intellectuel que sentimental. Elle est très jeune et voue une admiration sans bornes à son maître, de quinze ans son aîné. Celui-ci, pourtant habitué à conquérir ses étudiantes, tombe  sous le charme. C'est le début d'une relation secrète, passionnée et irraisonnée, qui laissera des traces chez Hannah toute sa vie.

Commencent bientôt des années sombres qui sont, encore aujourd'hui, sources de très violentes polémiques. martin Heidegger ( marqué d'un X )Heidegger prend parti pour le NSDAP en 1932 

 

ici, sur la photo,  au-dessus, de la croix - >

 

 

  Il est élu recteur de l'université de Fribourg en 1933, il prononce un Discours de rectorat qui manifeste son enthousiasme pour le nouveau régime (ou ce qu'il croit en comprendre) ; il appelle les étudiants à voter pour le NSDAP dans un discours sans ambiguïtés. Mais d'un autre côté, il rétablit Husserl dans sa dignité de professeur honoraire, titre qui lui avait été ôté par les nazis à cause de ses origines juives ; il interdit les placards antisémites dans son université et fini t par démissionner le 21 avril 1934, ne conservant plus aucune charge administrative.

Hannah Arendt 1928

 

 

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        • Mais si la pensée du maître l'impressionne, la position ambigüe de Heidegger à l'égard du judaïsme amène Hannah Arendt bientôt à interrompre leur relation. Elle déménage à Fribourg-en-Brisgau pour devenir l'élève de Husserl, mais probablement aussi pour s'éloigner de son ancien amant. Puis elle suit l'enseignement de Karl Jaspers à Heidelberg sous la direction duquel elle rédige sa thèse sur le Concept d'amour chez saint Augustin. Elle restera fidèle à la pensée de Heidegger, par-delà la guerre et l'exil, et se fera l'infatigable promoteur du philosophe, aussi éminent que controversé, aux États-Unis.
  • En 1929, elle épouse Günther Stern (nommé plus tard Günther Anders), un jeune philosophe allemand rencontré dans le milieu universitaire.
  • En 1933, elle quitte l'Allemagne pour la France. elle est internée au camp de Gurs  avec d'autres apatrides. Elle parvient à s'enfuir... En 1951, naturalisée citoyenne des États-Unis d'Amérique.

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