Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #amour tag

Tristan et Yseult – Résumé -1/3-

Publié le par Perceval

 ...Aucun texte ne contient le début de l'histoire de Tristan et Iseult ( ou Iseut, Yseult ), et pour la suite plusieurs versions proposent des épisodes semblables... Ce résumé constitue donc une histoire composite... Illuminated letter 'T ' - from The Romance of Tristram and Iseut. Illustration by Maurice Lalau. Published 1910. Tristan est un jeune chevalier réputé pour sa bravoure, sa beauté, ses dons de chanteur et de musicien. Il vit à Tintagel au pays de Galles, auprès de son oncle, le roi Marc. Morholt Fights Tristan Julek Heller Illustration, 1990

Morholt Fights Tristan Julek Heller Illustration, 1990

 Tristan est l’enfant de Blanchefleur, la sœur de Marc, roi de Cornouailles, qui a épousé le roi de Lonnois en Bretagne continentale. En apprenant la mort de son mari, elle meurt en mettant au monde son jeune enfant qui sera nommé Tristan. Elevé par Governal, celui-ci rejoint la cour du roi Marc. Le royaume de Cornouailles est à cette époque assujetti à une coutume ancienne : payer chaque année un tribut de de cent jeunes filles à un géant d’Irlande, le Morholt.

]Tristan-Slays Beast - MAC HARSHBERGER - Illustration from the 1927 edition of Tristan and Iseult by Joseph Bedier. MAC HARSHBERGER - Illustration from the 1927 edition

 A noter : Le Morholt : C'est le beau-frère du roi d'Irlande. Dans la version wagnérienne ,il est le promis d'Yseult... "Mor" signifie en celte "mer" mais aussi "haut", "grand". Il est, en bref, le monstre que doit abattre Tristan-Thésée, symbole de la vieille humanité, par opposition à la jeunesse prometteuse de notre héros. Tristan Lies in the Barge by Julek Heller 2

Tristan Lies in the Barge by Julek Heller

 Tristan, défie et vainc, dans un terrible combat, le Morholt d'Irlande. Mais Tristan sort de ce combat affligé d'une blessure incurable causée par une flèche empoisonnée. Il abandonne la cour et s'en va sur une barque sans rames, sans voiles ni gouvernail, en la seule compagnie de sa lyre. Il arrive ainsi par prodige jusqu'en terre d'Irlande où Yseult la Blonde ( la belle aux cheveux d’or) , experte en arts de médecine et de magie comme l'avait été sa mère, guérit sa blessure. Tristan se présente sous le nom de Tantris pour dissimuler son identité.

Mais Yseult reconnaît en lui le vainqueur du Morholt. En effet, elle compare l'ébréchure de son épée avec un fragment de métal qu'elle a extrait du crâne du vaincu. Bbrewing love potion - Illustration from the 1927 edition of Tristan and Iseult by Joseph BedierMalgré tout, mue par la compassion et peut-être par une attirance naissante, elle soigne le blessé. Le roi Marc, point tout jeune, est résolument célibataire. Il compte d’abord sur son neveu Audret pour prendre sa succession, puis sur son neveu Tristan qui lui paraît plus digne.

Les seigneurs de sa garde, coalisés autour d’Audret dépité, exigent que le roi se marie pour engendrer un héritier “légitime”. Se dérobant par une pirouette, Marc s’engage à épouser la femme dont un cheveu d’or vient de tomber du bec d’une hirondelle juste sur son épaule.

Croyant apaiser la haine des seigneurs, Tristan se propose pour aller chercher la belle aux cheveux d’or ... qu'il connaît.Bedier - Marty Tristan se rend donc en Irlande pour la demander en mariage au nom de Marc, son oncle.

Mais la main d’Iseut est promise à l’homme qui délivrera l’Irlande du dragon qui la domine. Tristan se mesure alors au dragon et le tue. Mortellement blessé, il est de nouveau sauvé par Iseut et sa mère. tristan_duncan    

Recevant Iseut pour prix de son exploit, Tristan se conforme à sa promesse et la conduit à Tintagel auprès de Marc. Queen Drank deep draught and gave it tristan - Illustration from the 1927 edition of Tristan and Iseult by Joseph Bedier

Redoutant l’absence d’inclination de sa fille pour un mari imposé, la reine confie alors à Brangien, la suivante d’Iseut, un breuvage magique destiné à provoquer l’amour entre Iseut et son époux à qui Brangien doit le faire boire.

Puis Tristan embarque Iseut à destination de Tintagel. Iseut est à la fois charmée par Tristan et fâchée de le voir distant : en effet, Tristan se veut loyal vis-à-vis de son oncle et se détourne d’Iseut. trista10 Par erreur ou par calcul, Brangien leur offre un jour à boire le breuvage magique. L’amour est immédiat entre les deux jeunes gens. Arrivés à Tintagel, Iseut épouse Marc.

TRISTAN RETURNS TO KING MARK - MAC HARSHBERGER 1927 (Illustration from the 1927 edition of Tristan and Iseult by Joseph Bedier.)

TRISTAN RETURNS TO KING MARK - MAC HARSHBERGER 1927 (Illustration from the 1927 edition of Tristan and Iseult by Joseph Bedier.)

Voir les commentaires

Marguerite de Valois – 11/-

Publié le par Perceval

La signature de la paix de Fleix est à l'origine d'une aventure galante qui devait bouleverser la vie de Marguerite et diviser, une fois de plus, la famille royale.

Parmi les jeunes seigneurs qui accompagnent le duc d'Anjou, se trouve un garçon fort séduisant nommé Jacques du Harlay, seigneur de Champvallon, ami d’Alençon que la reine de Navarre, toujours à l'affût, remarque tout de suite pour son regard chaud et sa carrure prometteuse.

Elle a alors trente ans. Son tempérament déjà volcanique se trouve renforcé par la cuisine fortement épicée de Nérac. La vue de ce beau jeune homme lui met immédiatement du feu à tous les bons endroits, et elle s'en trouva gênée. D’une grande beauté, lettré, il a tout pour plaire, il lui parle d’amour... Voyant son trouble, Champvallon sait se montrer galant gentilhomme, et la prend sur-le-champ...

Le lendemain, encore toute chancelante, elle écrit à son amie, la duchesse d'Uzès, ses impressions sur les quelques instants passés avec ce nouveau partenaire :"j'ai eu tant de plaisir que ce serait chose trop longue à vous écrire." Tant de plaisir qu'elle en est remuée jusqu'au plus profond d'elle-même ; tant de plaisir que, pour la première fois de sa vie, elle tombe vraiment amoureuse...

Transfigurée, rayonnante, oubliant tout : Navarre, Turenne, etc.. Elle vit dans l'adoration de ce jeune seigneur élégant qu'elle appelle, avec quelque exaltation, "son beau soleil", "son bel ange", "son beau miracle de la nature"... Cette passion l'aveugle au point qu'elle perd le peu de réserve qui lui reste, et Champvallon doit la satisfaire dans les escaliers, les placards, les jardins, les champs, les granges …

François, le duc d'Anjou est tombé amoureux de ''la belle Fosseuse'', et Henri de Navarre craint que la petite, dont il connaît l'ambition, ne se laisse séduire par l'héritier présomptif du trône de France

Et François – pour oublier Fosseuse - quitte Nérac, emmenant son fidèle Champvallon … !

François de France (1555, 1584 à 29 ans), frère de Marguerite, duc d'Alençon, d'Anjou, de Touraine, de Brabant et Château-Thierry, est le dernier fils d'Henri II et de Catherine de Médicis.  

 Malmenée par un frère ombrageux, rejetée par un mari léger et opportuniste, Marguerite de Valois va prendre le parti de la Ligue (1585)  

La passion de Marguerite pour Chamvallon, croît et toutes ses lettres se terminent de même par : « Je ne vis plus qu'en vous, mon beau tout, ma seule et parfaite beauté. Je baise un million de fois ces beaux cheveux, mes chers et doux biens ; je baise un million de fois cette belle et amoureuse bouche.

Après le départ du duc d'Anjou, Henri de Navarre vit une nouvelle lune de miel avec la belle Fosseuse qu'il a failli perdre. C'est alors qu'une idée fort peu louable germe dans l'esprit de cette petite ambitieuse : elle pense que si elle a un fils de Navarre, celui-ci répudiera Marguerite, pour l'épouser, elle... Des soirs durant, elle œuvre consciencieusement dans ce but et, un matin, peut annoncer au Béarnais qu'elle est enceinte de ses bons soins.

Voir les commentaires

Le Lai du Chèvrefeuille - Marie de France

Publié le par Perceval

Marie de France, au XIIe siècle, est considérée comme la première femme écrivain française. Liée à la cour d'Henri II, elle aurait vécu à la Cour d'Angleterre.

Contemporaine de Chrétien de Troyes et des troubadours occitans, Marie a fait de ses Lais ( de 1160 à 1175) des hymnes à l’amour ; à l’amour courtois : celui qui était en usage à la cour du roi Arthur.

Les histoires que raconte Marie sont puisées dans la « Matière de Bretagne » et les anciennes légendes galloises qui lui ont été transmises oralement. Le merveilleux y est omniprésent car ce sont bien des contes dont on retrouvera la trame dans des légendes ou des histoires racontées par des auteurs plus récents.

 

Dans les Lais de Marie de France, on y rencontre des fées qui parfois aiment des mortels, d’autres fois se métamorphosent en divers animaux . On y suggère même que certains héros de légendes auraient eux-mêmes raconté les histoires.

Ainsi ce serait Tristan, le Tristan aimé d’Yseult, qui parce qu’il était barde, aurait composé ce délicieux « Lai du Chévrefeuille » :

Tristan, chassé de la cour du roi Marc, apprend que Guenièvre voyage avec celui-ci . Connaissant le chemin du cortège royal, il décide de profiter de l'opportunité pour graver un message sur une baguette de noisetier. Guenièvre l'aperçoit, et les deux amants passent un moment ensemble.

 

(...)

Le jour où le roi se mit en route,
Tristan revint au bois.
Sur le chemin où il savait
Que devait passer le cortège,
Il trancha une branche de coudrier par le milieu,
Et le fendit de manière à lui donner une forme carrée.
Quand il eut préparé le bâton,
Avec son couteau il écrivit son nom.
Si la reine le remarque,
Qui y prenait bien garde -
Elle connaîtra bien le bâton
De son ami en le voyant.
Telle fut la teneur de l’écrit
Qu’il lui avait dit et fait savoir :
 

Comme du chèvrefeuille
Qui s’attachait au coudrier
Une fois qu’il s’y est attaché et enlacé,
Et qu’il s’est enroulé tout autour du tro
nc,
 

« Belle amie, ainsi est-il de nous :
Ni vous sans moi, ni moi sans vous. »

 

 

 

"Le Lai du Chèvrefeuille" raconté par Edith Mac Leod - enregistrement CLiO

Voir les commentaires

Marguerite de Valois – 7/-

Publié le par Perceval

L’escadron volant de Catherine de Médicis

Catherine de Médicis, après la mort de son mari Henri II en 1559 et le retrait de la favorite en titre, gouverne l’Etat pour de bon, conseillère de ses fils...

Exerçant le pouvoir, elle joue sur son statut de veuve pour légitimer ses ambitions. Mais il lui faut s’entourer d’autres femmes, jeunes et désirables, afin de redonner à la Cour un souffle nouveau.

Catherine ne les choisit pas au hasard. Elle les veut de haute naissance, donc issues des plus nobles maisons du royaume. Il est primordial qu’elles soient belles et emplies de charme, mais il faut aussi qu’elles aient de l’esprit, possèdent l’art de la conversation ainsi qu’un certain talent au chant et à la danse. Elle les prends sous sa protection, les nourrit, leur fournit des toilettes somptueuses, assure leur entretien et leur avenir : c’est un véritable honneur pour les familles, ravies de lancer leurs filles dans le monde, presque certaines de leur dégoter un mari convenable sans effort.

En retour, les demoiselles jouent le jeu. Elles deviennent l’ornement de la Cour, qu’elles égaient de leur élégance et de leur grâce, incarnant la féminité à laquelle Catherine a renoncé depuis son veuvage. Le contraste est non seulement saisissant, mais bénéfique pour la Reine mère :

Une demoiselle qui se donne facilement n’a aucun intérêt ! Il faut qu’elles soient désirables et longuement désirées pour fixer durablement les guerriers à la Cour, les intéresser. On s’embrasse, on se courtise, on s’adresse quelques sourires aguicheurs...

Ainsi, les femmes qui composent « l’escadron volant » de Catherine de Médicis deviennent de précieuses informatrices pour la Reine mère, qui n’hésite pas à se servir d’elles à des fins politiques. Séduire, faire parler et convertir aux intérêts de la couronne les plus vulnérables, voilà à quoi elles peuvent servir.

  • Il leur était formellement interdit d'avoir "l'enflure du ventre" et apprenait toutes les techniques pour ne pas tomber enceinte.

  • Il leur était aussi interdit de tomber amoureux de leur objectif (c'est que qui arriva malheureusement pour le Balafré et Charlotte de Sauve, ainsi que pour la belle Limeuil et Condé).

Renée de Rieux de Chateauneuf (née 1550-?) fut la première maîtresse du futur Henri III de 1569 à 1571. Louise de la Béraudière (surnommée la Belle Rouet) a la réputation d'avoir été la première à déniaiser deux des fils de Catherine, le futur Henri III et le futur Charles IX. Elle eut ensuite pour mission de séduire Antoine de Navarre (père du futur Henri IV) qui abjura le protestantisme pour les beaux yeux de Louise..

Henri de Navarre, est séduit par madame de Sauve mais aussi par une demoiselle de Rouet, fille d'honneur de la reine. Extrêmement séduisante, Charlotte de Sauve ( mariée ) est ensuite la folle passion du duc d'Alençon, fils de Catherine de Médicis et devient sa maîtresse vers 1578. En 1587, elle est la maîtresse très aimée de Henri le Balafré, duc de Guise (1550-1588)

Isabelle de Limeuil (décédée en 1609), (qui était catholique) a pour mission de séduire le frère d'Antoine de Navarre, le très prude et récemment veuf, Louis de Bourbon, prince de Condé, qui est de plus, prince protestant. Elle devient sa maîtresse en 1563.


Brantome (qui tombera amoureux à intervalles réguliers des filles d’honneur de la reine) décrit cet Escadron comme « une belle troupe de dames et damoiselles, créatures plutôt divines qu’humaines, qui brillaient aux entrées de Paris et d’autres villes, aux sacrées et superlatives noces des rois de France et de leurs sœurs, à l’entrevue de Bayonne et ailleurs, toutes plus belles les unes que les autres et ornées en de telles fêtes de livrées, toutes plus gentilles les unes que les autres. On les voyait reluire dans une salle de bal, au Palais ou au Louvre, comme étoiles en ciel en temps serein, et qu’il faisait beau les regarder aussi, quand la reine allait par pays, en sa litière étant grosse, ou qu’elle allât à cheval en l’assemblée ! Elles la suivaient à quarante ou cinquante, sur de blanches haquenées bien harnachées, merveilleuses sous leurs chapeaux garnis de plumes qui demandaient l’amour ou la guerre. Elles étaient religieuses de Vénus et de Diane, il fallait qu’elles eussent bien de la sagesse et bien de l’habileté pour se garder de l’enflure du ventre ! »

Voir les commentaires

Marguerite de Valois – 5/-

Publié le par Perceval

Marguerite, est aussi une véritable amazone de la politique, conforme au rôle, alors reconnu aux femmes de l'aristocratie... Sous prétexte de prendre les eaux à Spa, dans l'actuelle Belgique, Marguerite se rend dans les Flandres 1577 pour y convaincre les seigneurs révoltés contre Philippe II de choisir comme souverain François d'Alençon, le tout à la barbe de don Juan d'Autriche...

Brantôme (Richard Bohringer) « muguète » une dame galante, à dr. chez Mme de Retz, dans le film de Tacchella (1990) ...

Mais avant : le 15 mai 1577, Catherine de Médicis donne dans les jardins du château de Chenonceaux un banquet où toutes les licences seront admises.

"En ce beau banquet, nous dit Pierre de l'Estoile, les dames les plus honnêtes et les plus belles de la Cour, étant à moitié nues et ayant leurs cheveux épars comme épousées, furent employées à faire le service." Mme de Sauve est, paraît-il, décolletée jusqu'à la ceinture. 

 

Elle n'est pas la seule à exposer aussi généreusement ses appas, car l'Estoile nous dit qu'en ce printemps de 1577:

 "les dames et les demoiselles semblaient avoir appris la manière des soldats de ce temps, qui font parade de montrer leurs poitrinals dorés et reluisants quand ils vont faire leur montre, car tout de même elles faisaient montre de leurs seins et poitrines ouvertes et autres parties pectorales, qui ont un perpétuel mouvement, que ces bonnes dames faisaient aller par compas ou mesure comme une horloge, ou, pour mieux dire, comme les soufflets des maréchaux, lesquels allument le feu pour servir à leur forge".

On les embrasse dans le cou, on les culbute dans l’herbe, on les baise contre les arbres. » extrait de ''Catherine de Médicis – La Reine de Fer'', par Raphaël Dargent (2011)

.« Les halètements se mêlent aux rires, les corps n’en peuvent plus, tendus à l’extrême. C’est une obsession : se plonger dans les crinières odorantes, se presser contre les croupes aguichantes. Les corps sont offerts, à qui veut les prendre : poitrines généreuses, tendues sous les corsages, humides de sueur ; lèvres brillantes, rouges et charnues : cous blancs, doux et chauds.

Pourtant, les historiens ne sont pas unanimes : certains affirment que Catherine réprouve farouchement la débauche, et son « escadron volant » ne mérite pas une réputation aussi sulfureuse. La Cour des Valois n’est pas une Cour dissolue. Si certains se font une joie d’exagérer des scandales ou d’en inventer de toutes pièces, c’est parce qu’ils ne savent pas comment réagir face à cette nouvelle société qui prend forme, une société où la femme possède une place à part entière, répandant à la Cour un vent de sociabilité et de sentiment amoureux...

 

Le départ pour les Flandres a lieu le 28 mai 1577.

A Cambrai, Marguerite trouve sur place ce qu'il lui faut, en la personne de M. d'Inchy, le gouverneur, dont elle fait la connaissance au cours d'un bal organisé par l'évêque. Ce saint homme, se retire après le souper, effrayé sans doute par la tournure que semblent vouloir prendre les choses.

Lorsque l'orgie à laquelle participent benoîtement toutes les grandes dames de la ville bat son plein, la reine de Navarre s'éclipse à son tour dans ses appartements avec M. d' Inchy qui se montre si valeureux amant qu'elle lui demande s'il veut l'accompagner dans son voyage.

Le gouverneur accepte, et le plaisir de visiter un pays inconnu se double pour la reine Margot des délices d'une lune de miel …

Elle n'oublie pas pour autant sa mission. D'ailleurs, cette aventure galante fait partie d'un plan.

Marguerite, dans ses Mémoires, laisse entendre, en effet, qu'en se faisant accompagner par le gouverneur de Cambrai, elle pense gagner celui-ci à la cause du duc d'Anjou ( d'Alençon)... Dans toutes les villes où elle s'arrête - et où on lui fait fête - elle sait fort habilement parler de François, vantant ses mérites et promettant même des charges et des titres à ceux qui voudraient aider ce frère chéri à conquérir les Pays-Bas.

Voir les commentaires

Le Lai de Lanval - de Marie de France

Publié le par Perceval

Marie de France, au XIIe siècle, est considérée comme la première femme écrivain française. Liée à la cour d'Henri II, elle aurait vécu à la Cour d'Angleterre.

Contemporaine de Chrétien de Troyes et des troubadours occitans, Marie a fait de ses Lais ( de 1160 à 1175) des hymnes à l’amour ; à l’amour courtois : celui qui était en usage à la cour du roi Arthur.

Les histoires que raconte Marie sont puisées dans la « Matière de Bretagne » et les anciennes légendes galloises qui lui ont été transmises oralement. Le merveilleux y est omniprésent car ce sont bien des contes dont on retrouvera la trame dans des légendes ou des histoires racontées par des auteurs plus récents.

Dans les Lais de Marie de France, on y rencontre des fées qui parfois aiment des mortels, d’autres fois se métamorphosent en divers animaux . On y suggère même que certains héros de légendes auraient eux-mêmes raconté les histoires.

L’univers de ces lais comme celui des contes merveilleux se situe au-delà d’une rivière, d’une forêt, d’une mer ; on y parvient par d’étranges moyens tels que le navire fantôme de Guigemar ou la cavalcade aérienne de Lanval.

 

Le Lai de Lanval

(extraits)

 

Je vous conterai, comme elle advint,
l'aventure d'un autre lai.
Il fut fait au sujet d'un très noble chevalier ;
en breton, on l'appelle Lanval.

(...)

Le chevalier dont je vous parle
et qui avait tant servi le roi,
monta un jour sur son destrier
et partit se distraire.
Il sortit de la ville,
et arriva seul dans un pré.

(...)

Tandis qu'il était couché,
il regarda en bas vers la rivière,
et vit venir deux demoiselles.
Il n'en avait jamais vu d'aussi belles.
Elles étaient somptueusement vêtues
et lacées très étroitement
dans leurs tuniques de soie grise.
Leur visage était d'une beauté remarquable.
La plus âgée portait deux bassins
d'or pur, bien ouvragés et fins.
Je vous dirai toute la vérité sans mentir.
L'autre portait une serviette.
Elles se dirigèrent tout droit
à l'endroit où le chevalier était couché.
Lanval, qui était très bien élevé,
se leva en les voyant venir.

Elles le saluèrent en premier
lui rapportèrent leur message :
"Seigneur Lanval, ma dame
qui est si bonne, si sage et si belle
nous envoie vous chercher.
Venez donc avec nous et accompagnez-nous !
Nous vous y conduirons sans danger.
Voyez, le pavillon est tout près !"

Le chevalier va avec elles,
sans se soucier de son cheval
qui paissait devant lui dans le pré.
Elles l'ont mené jusqu'à la tente
(...) qui était fort belle et bien plantée.


À l'intérieur de cette tente se trouvait une jeune fille ;
elle surpassait en beauté
la fleur de lys et la rose nouvelle
quand elles éclosent en été.
Simplement revêtue de sa chemise,
elle était couchée sur un lit magnifique
dont les draps valaient le prix d'un château.
Elle avait le corps très bien fait et joli ;
pour ne pas prendre froid, elle avait jeté sur ses épaules
un précieux manteau d'hermine blanche
recouverte de soie d'Alexandrie ;
Elle avait découvert tout son côté,
ainsi que son visage, son cou et sa poitrine ;
elle était plus blanche que l'aubépine.

Le chevalier s'avança
et la jeune fille le fit venir près d'elle.
Il s'assit devant son lit.
"Lanval, dit-elle, mon cher ami,
c'est à cause de vous que j'ai quitté mon pays ;
je suis venue vous chercher de bien loin.
Si vous êtes preux et courtois,
aucun empereur, aucun comte, aucun roi
n'a jamais eu tant de joie et de bonheur,
car je vous aime par-dessus tout."

Il la regarda bien et admira sa beauté ;
Amour le pique d'une étincelle
qui embrase son coeur et l'enflamme.
Il lui répond avec gentillesse :
"Ma belle, si c'était votre désir
de vouloir m'aimer,
si cette joie pouvait m'arriver,
vous ne sauriez donner aucun ordre
que je n'exécute dans la mesure de mes moyens,
que cela entraîne folie ou sagesse.
Je ferai ce que vous me commanderez,
pour vous j'abandonnerai le monde entier.
Je souhaite ne jamais vous quitter.
Vous êtes mon plus cher désir."

Quand la jeune fille entendit parler
celui qui la pouvait tant aimer,
elle lui accorda son amour et son corps.

(...)

"Ami, dit-elle, maintenant je vous avertis,
je vous le recommande et je vous en prie :
ne vous confiez à personne.
Je vais vous dire la raison de la chose :
vous me perdriez à tout jamais
si cet amour était connu.
Plus jamais vous ne pourriez me voir
ni prendre possession de mon corps.

(...)

toute prête à vous satisfaire.
Aucun homme en dehors de vous ne me verra
ni n'entendra ma parole."

(...)


Il lui répond qu'il observera bien
tout ce qu'elle lui commandera.
Dans le lit, à côté d'elle, il se coucha.
Comme Lanval est bien loti à présent !
Il resta en sa compagnie
tout l'après-midi jusqu'au soir ;

(...)

Il y avait un divertissement de choix
qui plaisait beaucoup au chevalier
car il embrassait souvent son amie
et l'enlaçait très étroitement.

(...)

[ Après cette délicieuse aventure, Lanval s'en retourne en ville...]

La reine s'était appuyée
à l'embrasure d'une fenêtre.
Trois dames lui tenaient compagnie.
Elle aperçut les chevaliers du roi,
reconnut Lanval et le regarda.

Elle appela une de ses dames
et lui demanda de convoquer ses demoiselles,
les plus aimables et les plus belles.
Elles iront se distraire avec leur reine,
dans le jardin où les chevaliers se trouvaient.
Une bonne trentaine de demoiselles l'accompagnaient.
Elles descendirent les escaliers jusqu'en bas.
Les chevaliers vinrent à leur rencontre
et éprouvèrent un grand plaisir de les voir.
Ils les prirent par la main.
Cette assemblée n'avait rien de méprisable.

 

Lanval s'en va à l'écart,
très loin des autres chevaliers, il lui tarde
d'étreindre son amie, de lui donner des baisers,
de la tenir dans ses bras et de la sentir proche.
il apprécie peu la joie d'autrui
s'il ne trouve pas son propre plaisir.
Quand la reine voit qu'il est seul,
elle va le trouver ;
Elle s'assoit à côté de lui, elle l'interpelle
et lui dévoile ses sentiments :
"Lanval, je vous ai déjà fait un grand honneur,
je vous ai fort chéri et beaucoup aimé.
Vous pouvez avoir tout mon amour.
Dites-moi votre volonté.
Je vous accorde mon amour ;
vous devez être très content de moi."

"Dame, répondit-il, laissez-moi tranquille !
Je ne me soucie pas de vous aimer.
J'ai servi le roi pendant longtemps.
Je ne veux pas manquer à la foi que je lui ai jurée.
Ni pour vous, ni pour votre amour,
je ne ferai du tort à mon seigneur."

La reine se fâcha de ces propos.
Elle était en colère et s'emporta inconsidérément :
" Lanval, dit-elle, c'est bien ce que je pense,
vous n'aimez guère ce plaisir.
On me l'a dit bien souvent,
vous n'avez que faire des femmes ;
vous avez de jeunes compagnons bien élevés,
vous prenez votre plaisir avec eux.
Misérable lâche, infâme perfide,
mon seigneur est bien malheureux
de vous avoir supporté à ses côtés !
Je crois bien qu'il en perdra la faveur divine !"

À ces mots, grande fut la douleur de Lanval.
Il ne fut pas lent à lui répondre
et il dit, sous l'effet de la colère,
des choses dont il se repentit souvent :
" Madame, dit-il, dans ce commerce
je n'ai aucune aptitude ;
mais j'aime et je suis l'ami
de celle qui doit être reconnue
comme la meilleure de toutes celles que je connais.
Et je vais vous dire une chose,
sachez-le sans détour :
une de celles qui la servent,
même sa plus pauvre servante,
vaut mieux que vous, Madame la reine,
de corps, de visage et de beauté,
d'éducation et de valeur."

Là-dessus, la reine se retira.

(...)
 

Traduction de Laurence Harf-Lancner et Karl Warnke (Ed. bilingue J'ai lu - Lettres Gothiques)

Le Lai de Lanval - de Marie de France

Voir les commentaires

Marguerite de Valois – 4/-

Publié le par Perceval

Henri de Navarre, ''se console'' en batifolant avec une dame d'atours de la reine mère : la gracieuse Mme. de Sauve :

Charlotte de Beaune-Semblançay, vers 1572. Elle épouse en 1569 Simon Fizes, seigneur de Sauve Charlotte devient la maîtresse du roi de Navarre (le futur Henri IV de France) en 1572 et reste sa maîtresse jusqu'en 1577. Elle aurait eu également pour amant François d'Alençon en 1575, (frère du roi Henri III)  

Elle a "le tétin ferme et blanc, emplissant bien la main du gentilhomme, la cuisse longue et la fesse alerte". Elle est l'une des femmes utilisées par Catherine de Médicis, pour espionner les gens de la cour. Elle a également pour amant François d'Alençon en 1575, (frère du roi Henri III), qu'elle oppose à Navarre dans une furieuse rivalité.

La reine Margot nous dit dans ses Mémoires : « Il ne me parlait presque plus. Il revenoit de chez elle fort tard, et pour l'empêcher de me voir, elle luy commandoit de se trouver au lever de la royne, où elle étoit sujette d'aller, et après, tout le jour, il ne bougeoit plus d'avec elle."...........

Henri de Navarre ne se cache d'ailleurs nullement de cette liaison, même à sa femme, puisque Marguerite ajoute un peu plus loin ; "Il me parlait de cette fantaise aussi libremement qu'à une soeur, connaissant bien que je n'en étais aucunement jalouse, ne désirant que son contentement..."

Après François d'Alençon, Henri de Navarre profite des troubles de la cinquième guerre de religion pour s'enfuir, le 5 février 1576. Il vient de passer plus de trois ans comme otage à la cour... Il s'était converti au catholicisme et s'était donc lié politiquement avec le frère du roi, François d'Alençon.

Parti, il rejoint ses partisans, et renoue sans éclat avec le protestantisme, en abjurant le catholicisme.

D’octobre 1578 à mai 1579, la reine mère Catherine de Médicis lui rend visite pour achever la pacification du royaume. Espérant le maintenir plus facilement en obéissance, elle lui ramène son épouse Marguerite.

Pendant plusieurs mois, le couple Navarre mène grand train au château de Nérac. ( Nous en reparlerons ...)

 

 

 

Henri se laisse aller lui-même aux plaisirs de la séduction, il s'éprend tour à tour de deux filles de compagnie de sa femme : Mlle Rebours et Françoise de Montmorency-Fosseux dite « la belle Fosseuse », (1566 -1641). 

Marguerite suivra le conseil de sa mère et chassera Fosseuse de la cour en 1582.

Henri le prend comme une injure personnelle, mais ne fait rien pour la récupérer, il préfère tomber sous le charme de la « belle Corisande », Diane d'Andoins : femme réputée d'une grande beauté et d'une culture non moins étendue - elle est notamment en relation avec Montaigne -, elle s'éprend de littérature courtoise et c'est dans le roman de chevalerie Amadis de Gaule qu'elle trouve l'héroïne à qui elle peut s'identifier, au point qu'elle adopte son nom : « Corisande ».

Voir les commentaires

Marguerite de Valois – 3/-

Publié le par Perceval

Marguerite de Valois – 3/-

Sur l'oreiller, la Mole, entretient Marguerite d'un complot ourdi par lui et Henri de Navarre... L’époux de Marguerite, veut détrôner le roi et y placer François d’Alençon, son frère cadet.

''Fille de roi'', Marguerite prévient aussitôt Catherine de Médicis...

Immédiatement, le duc d'Alençon et le roi de Navarre sont enfermés dans leurs appartements, et accusent La Mole, qui est soumis à la question, condamné à mort et exécuté en place Saint-Jean de Grève à Paris. (1574)

La Reine Margot - Film 1994 - Extraits: Margot et La Mole Chanson : Adagio Lara Fabian

Marguerite manifeste du chagrin ... Elle suspend à sa ceinture, pour afficher son deuil, une breloque, en forme de tête de mort comme on les aime à l’époque...

Quant à Henri de Navarre, il quitte Paris. Marguerite ira le rejoindre en 1578.

On dit que Marguerite essaie consciencieusement – pendant une semaine - d'être fidèle à la mémoire du cher disparu. Mais les meilleurs sentiments ne résistent pas longtemps aux poussées d'une nature généreuse. Marguerite se sent dans un état de grande surexcitation qui la gêne pour trouver ses mots et l'empêchait de s'asseoir. Il lui faut un calmant. Elle le trouve en la personne d'un garçon de la Cour, réputé pour son intarissable vigueur. En quelques séances, il apaise le tourment de Margot.

Alors la jeune reine recommence à fréquenter les bals.

Un soir, elle rencontre le beau Charles de Balzac d'Entragues et devient sa maîtresse.

Elle ignore que ce gentilhomme est poussé vers elle par le duc de Guise, qui veux ainsi la rapprocher de son parti..

Charles IX meurt le 30 mai 1574, il avait vingt-quatre ans.

Le nouveau roi Henri III s'irrite de la nouvelle liaison de sa sœur ; et la reproche à Henri de Navarre, qui sans aucun remord se livre à la débauche la plus effrénée...

Un peu plus tard, c'est de Louis de Clermont d'Amboise, seigneur de Bussy, que Marguerite devient la maîtresse...

C'était un élégant jeune homme, "escalabreux, brave et vaillant", qui passe son temps à se battre en duel et à entrer dans le lit des jolies femmes de la Cour. Au contact de Marguerite, ce bouillant garçon se déchaîne et ce n'est entre eux que "concupiscence effrénée, conjonction cachée et consommation à l'écart".

 

Bientôt, ils commettent des imprudences. Un soir, quelqu'un les aperçoit, alors "qu'il la baise toute en jupe sur la porte de sa chambre".

 

Henri III ne tarde pas à être mis au courant des distractions que Marguerite s'offrent dans les couloirs du Louvre.

 

Bussy échappe à une tentative d’assassinat, et après quoi, il juge prudent de "changer d'air". Il quitte Paris le 22 mai 1575... Il tentera de séduire la dame de Montsoreau, et sera tué dans le piège que lui tendra le mari de celle-ci, le 19 août 1579

Voir les commentaires

Marguerite de Valois – 2/-

Publié le par Perceval

Catherine de Médicis et ses enfants - Charles IX, Henry III, François Duc d'Alençon, et Marguerite de Navarre

Catherine de Médicis et ses enfants - Charles IX, Henry III, François Duc d'Alençon, et Marguerite de Navarre

Marguerite de Valois naît en mai 1553 au château de Saint Germain. De ses 5 frères et ses 2 sœurs, le futur Charles IX la surnomme Margot. Elle reçoit une éducation de princesse à Amboise : littérature, danse et musique.

Elle est élevée dans la crainte de sa mère Catherine de Médicis, et n’a que 6 ans lorsque son père meurt.

Grande, mince, la taille fine, le teint de neige, la chevelure brune, les yeux sombres, la démarche souple et légère : Marguerite de Valois, est incontestablement belle, très belle. Au printemps 1569, dans toute la fraîcheur de ses seize ans, elle a acquis un charme et une grâce irrésistibles, elle prend conscience de sa séduction; et s'éveille à l'amour.

Les premiers balbutiements de son coeur sont pour le jeune duc Henri de Guise (1549 - Blois 1588) ( dit Henri Ier le Balafré ), duc de Guise

L'héritier de la Maison de Lorraine a presque dix neuf ans et toutes les qualités pour séduire une adolescente romanesque. Grand, athlétique, des cheveux couleur de blé, des yeux myosotis, lorsqu'il s'incline devant Marguerite, l'aimable demoiselle lui décoche son plus rayonnant sourire...

Margot ne peut résister bien longtemps. Elle succombe aux caresses et aux baisers volés, découvre la volupté et, audacieuse, multiplie les rencontres. Prudents, les jeunes gens dissimulent leur idylle. Seul le cardinal de Lorraine, l'oncle d'Henri, la remarque et l'encourage … Mais, Marguerite est surveillée, et dénoncée.. Henri d’Anjou connaît la folle ambition des Lorrains, qui rêvent d'accéder au pouvoir, par quelque moyen que ce soit. A son tour, il prévient sa mère, Catherine de Médicis...

Henri et sa mère se méfie de Marguerite ; et lui reprochent cette ''trahison''. Un complot est monté contre Henri de Guise, il quitte la Cour et se voit marier à Catherine de Clèves (1570).

Charles IX (1550 – 1574) et Catherine de Médicis, amadouent le roi de Navarre. Le roi veut se venger de ses ennemis, et accorde la main de sa sœur à un huguenot...

 

Le 20 juillet 1572, le roi de Navarre arrive à Paris, avec 800 gentilshommes, le mariage est célébré en août.

 

 

 

Marguerite de Valois a 20 ans lorsqu’est célébré au Louvre son mariage avec Henri, roi de Navarre (1553-1610), qui deviendra le futur roi Henri IV... On ne sait pas si l’affaire était préméditée mais c’est pendant les fêtes accompagnant la noce, qui a attiré à Paris la noblesse calviniste et réformée, que sont perpétrés les massacres de la Saint-Barthélemy.

A la suite de ces événements, Henri de Navarre est 'retenu prisonnier' et ne s’échappera que 4 ans plus tard.

Parmi les favoris de François de France (1555-1584, François d'Alençon, duc d'Anjou et dernier fils d'Henri II et de Catherine de Médicis),- je rappelle qu'à la Cour de Charles IX, il prend la tête du parti des Malcontents et complote avec Henri de Navarre pour s'imposer comme successeur du roi à la place de son frère Henri …- , donc parmi les favoris de François d'Alençon se trouve le seigneur Boniface de La Mole (1526-1574), célèbre comme beau danseur et fort aimé des dames... Et fort dévot ! Après la messe, il s’emploie à l'amour, persuadé « que la messe ouïe dévotement expiait tous les péchés et paillardises qu'on eût su commettre ».

Un jour, il rencontre Marguerite, moulée dans une robe de brocart, le corsage ouvert, laissant voir cette gorge "pleine et charnue, dont mouroient tous les courtisans", et il en tombe immédiatement amoureux...

La volcanique reine de Navarre a remarqué Boniface depuis longtemps... Séduite par ce bel homme, elle sent s'allumer en elle une espèce de feu "qui lui embrasait le bijou", et elle attend avec impatience qu'il veuille bien lui faire un signe...Ce jour là, il se permet un regard un peu insistant.

L'effet dépasse ses espérances. Marguerite bondit sur lui, le prend par la main et le traîne dans sa chambre, où leurs amours sont si peu discrètes que, deux heures plus tard, toute la Cour sait que la reine de Navarre a un amant de plus.

A suivre ...

Voir les commentaires

Marguerite de Valois – 1/ -

Publié le par Perceval

Portrait de Marguerite de Valois. Musée Crozatier du Puy-en-Velay

Portrait de Marguerite de Valois. Musée Crozatier du Puy-en-Velay

Marguerite de Valois ( 1553-1615) est la fille d’Henri II et de Catherine de Médicis, elle est la sœur de François II, Charles IX et d’Henri III. Elle est la première épouse ( 1572) d’Henri IV, et elle est très probablement différente de la ''reine Margot'', cette princesse dépravée, imaginée et installée dans les esprits par le roman d’Alexandre Dumas en 1845.

Marguerite n’était certainement pas cette femme-là, même s’il est avéré que, conformément aux mœurs de l’époque, elle a eu un certain nombre d’amants.

Femme cultivée - à la fois fille, femme, amante -, mécène reconnue pour ses goûts, autrice de Mémoires, de discours, de poésies et de très nombreuses lettres, femme politique intensément mêlée à la vie mouvementée du royaume de France entre 1570 et 1615, dévote éclairée, et défenseure de la cause féminine... Elle est devenue l'objet d'une légende dès la fin du XVIIe siècle, puis, au XIXe siècle, d'un mythe...

Il a existé - entre elle et Catherine de Médicis - une relation complexe et difficile... À plusieurs reprises, celle-ci utilisera Marguerite comme instrument de la raison d’État, ou comme ambassadrice voire comme otage, sans finalement tenir compte de son ressenti ou de son avis. Marguerite acceptera, cependant, d’épouser à contrecœur un prince huguenot et plus tard de s’effacer du trône de France et de voir son mariage annulé pour cause d’incapacité de donner un dauphin au royaume.

La question est de savoir si encadrée par sa mère, manipulée et rejetée par son frère Henri, utilisée et abandonnée par son mari, Marguerite fut-elle maîtresse de son destin... ?

En tout cas, certainement pour ce qui est sa vie sentimentale extraconjugale... ! Concernant sa série d’amants connus (La Môle, Champvallon ou Bussy d’Amboise et bien d’autres encore), ni les événements, ni son entourage ne semblent lui avoir imposée quoi que ce soient .

Et, dans le domaine intellectuel et culturel, Marguerite a eu une vie particulièrement riche.

Marguerite a reçu une éducation très soignée lui permettant de parler dès son plus jeune âge le latin, l’italien, l’espagnol. Son érudition fut célèbre et célébrée par de nombreux auteurs du siècle et postérieurs. À l’instar des grands humanistes de l’époque, elle connaissait fort bien les philosophes de l’antiquité, et maniait avec habileté la dialectique aristotélicienne. Par ailleurs, elle avait intégré les grands principes de la philosophie platonicienne.

. On peut distinguer trois grandes époques où Marguerite a pratiqué le mécénat culturel : la cour de Nérac à partir de 1578-1579, Usson à partir de 1586, et à Paris lors de son retour définitif.

 

- Le liber amicorum, livre d’amitié de Marguerite de Valois

Au XVIe siècle, les lettrés aiment rassembler dans un même carnet le souvenirs des rencontres faites au cours de leurs voyages ainsi que de leurs plus belles amitiés. C’est dans cet esprit très humaniste que se répandent les libri amicorum, ou livres d’amis, qui réunissent en un manuscrit les souvenirs, signatures, poèmes, dessins des proches amis de son propriétaire.

Ici est représentée la thématique de la libération par l’amour. Sur la gouache ci-dessus est représenté Persée délivrant Andromède du dragon marin qui la retient prisonnière, cette gouache fait face au huitain racontant leurs exploits mythologiques.

Cette illustration nous fait découvrir un couple dans un paysage. L’homme sur son cheval tend un bouquet à la femme qui tient une cordelette reliée à son cœur, symbolisation de la cruauté de l’amour.

L'image ci-dessus incarne le combat de deux chevaliers souhaitant obtenir les lauriers de la belle damoiselle.

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 > >>