Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Catherine Hessling et Jean Renoir.

Publié le par Perceval

Sur un air de Charleston

 

France 1927 • durée 0h22 • Muet • Noir et blanc • Réalisation Jean Renoir • Sur une idée de Pierre Lestringuez • Interprètes : Catherine Hessling, Johnny Huggins
En 2028, un mystérieux explorateur pose son aéronef sur la Terra Incognita. Il y fait la rencontre d’une ravissante jeune indigène, qui va l’initier à une danse des plus effrénées. Par cette pochade dadaïste, Renoir, qui venait de découvrir le jazz, déclarait vouloir mettre en avant les talents de danseuse de sa jeune épouse Catherine Hessling.

 

 

Et si vous êtes pressé: juste, un extrait avec Catherine Hessling qui danse ...


 

***
La Fille de l'eau, de Jean Renoir, 1924
***

Jean Renoir présente pour la télévision son film "Nana" :un film réalisé en hommage à Stroheim dont il garde de bons et de mauvais souvenirs : un film fait avec tous ses amis ; un film qu'il a financé lui-même sur lequel il a perdu tout son argent... ce qui lui a permis en réalisant des films "alimentaires" par la suite, d'entrer "complètement et professionnellement dans le métier".
Un extrait:
de, Nana de Renoir:

Voir les commentaires

Cécile Sorel, ou la contesse de Ségur

Publié le par Perceval

La beauté, peut rendre un destin singulier. Je pourrais m’en amuser en brodant sur la vie de Cécile Sorel (Cécile Émilie Seurre, en fait …). Cecile-Sorel-theatre-le-1913-1914_1.jpg

 

Elle est née à Paris le 17 septembre 1873. Attirée par le cecile-Sorel-1873-1966.jpgthéâtre, elle est admise en 1903 à la Comédie-Française, elle y excelle avec un ton déclamatoire ( .. !) en Célimène ( Molière ).

Elle sut admirablement interpréter les rôles de grande coquette..

 

Fiancée « éternelle » du très riche américain Whitney Warren, elle se maria finalement avec le comte Guillaume de Ségur , descendant de la fameuse « comtesse de Ségur » (1889- 1945)segur_guillaume.jpg, qui était un très mauvais acteur et qui était appelé sur scène Guillaume de Saxe. Ce mariage donna lieu à beaucoup de moquerie par l’écart de plus de vingt ans des époux et qui leur vaudra le surnom de « La Belle et la Bête » et « la faux-cil et le marteau »,etc... Son mari, employé au ministère des affaires étrangères fut baptisé "le con d'Orsay"..

 

cecile-Sorel-autographe.jpgPourtant séparés, ils ne divorceront jamais.

 

Figure légendaire du théâtre de la Belle Epoque, elle fut en 1935, la vedette d’une revue du Casino de Paris où elle lança le fameux «L’ai-je bien descendu ? » au pied de l’escalier Doran du casino.cecile-Sorel-2.jpg

 

 

Après la seconde guerre mondiale elle tourne Les Perles de la couronne de Sacha Guitry. Puis elle consacra sa vie à la foi - elle entra dans les ordres - et à l’écriture.

Elle meurt à l’âge de 92 ans au Château de Honnequeville, à Trouville-sur-Mer.

***

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un petit bijou d'archives filmées de l'INA où vous verrez Cécile Sorel. Et même une séquence où on la voit "empanachée"... descendre un grand escalier. Vidéo INA:

- Ancien manoir de REJANE. Photos de Cécile SOREL. Cécile SOREL parle au théâtre. Différentes photos aux différentes époques. - Béatrix DUSSANE parle de Cécile SOREL : elle avait un grand rayonnement, solaire. Elle portait des toilettes extraordinaires qu'elle était seule à pouvoir se permettre. Son plus grand personnage c'était la baronne d'Ange. Elle a faussé le personnage de Célimène qu'elle a "confisqué". - Archives : Cécile SOREL, chez elle, fait répéter le rôle de Célimène à Claire VERNET (extrait de "Pour le plaisir du 9/06/1965). Elle précise ensuite qu'elle n'a eu aucune peine à jouer au Français. Elle était née pour être Célimène. - Plan de son engagement à la Comédie Française. Photos dans tous ses grands rôles à la Comédie Française. - Suite de l'interview de Béatrix DUSSANE sur le sociétariat de Cécile SOREL qui n'avait pas été approuvé par l'ensemble de ses camarades. Elle était très ambitieuse. Elle voulait être une vraie comédienne et elle y est arrivée. - En 1933, elle quitte la Comédie Française pour le Casino de Paris. Autre extrait de "Pour le plaisir". (GUITRY lui a demandé de mener la revue) - Extraits de son spectacle au Casino de Paris, avec la célèbre phrase à propos de l'escalier "l'ai-je bien descendu ?". - Cécile SOREL en tournée, à différentes inaugurations (un salon, une ligne aérienne, une piste de ski ) - Suite de l'interview de Béatrix DUSSANE : entre comédiens elle était charmante. Avec les autres, elle jouait un rôle. Photos avec des célébrités de ses amis. Extrait de "Pour le plaisir" : Cécile SOREL parle de CLEMENCEAU. Il lui a demandé de jouer pour les soldats. Béatrix DUSSANE se souvient de cet épisode : dans les tranchées elle portait casque et capote de cavalerie. Elle raconte une anecdote. Béatrix DUSSANE explique ce que représentait Cécile SOREL dans le cadre de son époque, dans l'optique du moraliste : elle avait le respect du travail. Cécile SOREL en robe de bure : en 1950, elle est entrée dans le tiers ordre de Saint François d'Assise. Elle raconte comment elle a été accueillie par l'ordre. Elle y est devenue soeur sainte Cécile de l'Enfant Jésus. - Ses obsèques.

***

Voir les commentaires

J'aime…. Jacqueline Kelen

Publié le par Perceval

Sa Biographie nous dit que Jacqueline Kelen est diplômée de lettres classiques, qu’elle a été jacqueline_kelen.jpgproductrice d'émissions à France-Culture pendant vingt ans et anime depuis une quinzaine d'années des séminaires d'expression orale et de communication dans l'enseignement supérieur, et des stages. Jacqueline Kelen consacre la plupart de ses livres et de ses séminaires au déchiffrement des mythes de la tradition occidentale et à l'étude de la voie mystique. Parmi ses ouvrages à succès, on peut citer 'Aimer d'amitié', 'La Déesse Nue', et plusieurs ouvrages sur les héroïnes biblique ou mythiques ... et encore: L’éternel masculin (Robert Laffont), Divine blessure, Les amitiés célestes (Albin Michel), L’Esprit de Solitude (Albin Michel, Prix 2001 des Librairies Mieux Être et Spiritualité), La puissance du cœur, Un chemin d’ambroisie (La Table Ronde)  et, en 2011, Hadewijch d'Anvers ou la voie glorieuse (Albin Michel), ainsi que le Bréviaire du colimaçon (Desclée de Brouwer)...etc


Plus précisément ....

Divine blessure
Jacqueline Kelen, à contre courant d’un certain «  développement personnel » , nous prévient qu’il faudrait se guérir de toujours chercher à se sentir «bien»… Certes, nous vivons aujourd'hui dans une idéologie thérapeutique toute-puissante, régressive (de l’enfant gâté ..) et consumériste ( je le veux ! ), qui nous infantilise en essayant d'exclure tous les risques de la vie !. Jacqueline Kelen se prononce contre la tyrannie de confort , et qui finalement amène l'être humain à se dérober de sa vocation spirituelle .. .Divine-blessure-Kelen.jpg

Les mythes et les grandes traditions spirituelles sont des guides précieux pour ceux qui apprennent à  les décrypter. Le mythe en effet nous amène à un degré de conscience supérieure : il nous apprend à être bien tout seul , et à découvrir notre véritable inspiration à la liberté ; la société actuelle, au contraire, vit sous le régime du semblable, elle mélange isolement et solitude; elle est tournée uniquement vers les possessions et le pouvoir et ainsi elle empêche l’émergence de notre véritable « je ». Aimer l’autre suffisamment pour accepter la solitude qui l’habite. La solitude ainsi vécue et respectée va aider au développement de la vie intérieure et à partir de là, la rencontre avec soi, avec Dieu et avec les autres va être possible. (l’esprit de solitude, par Jacqueline KELEN).

 

L’Esprit de solitude
La solitude est pour Jacqueline Kelen un moment privilégié pour aller au plus profond de l’être, indispensable pour une véritable rencontre avec soi, avec Dieu mais aussi avec les autres. La solitude nous met dans un état de disponibilité.

En spécialiste du mythe, l'auteur évoque divers héros, dieux ou  saints …. Ils nous rappellent, avec leurs blessures et leurs épreuves, que l'homme n'atteint pas la plénitude par la facilité: Achille et Ulysse, Lancelot et de Tristan, Osiris coupé en morceaux et le Christ crucifié, tous nous disent , avec les mystiques chrétiens et soufis, que la blessure est aussi une ouverture, et il n'ya pas de blessure qui ne nous ramène à la blessure d'amour. La blessure, à ne pas confondre avec la souffrance, est comme un aiguillon qui nous fait avancer dans notre quête d’Absolu. - « Divine blessure », Ed. Albin Michel, 2005

- « L’Esprit de solitude », Ed. la Renaissance du Livre, 2001

 

Le désir ou la soif de l’immensité
Le désir est un mot plein d’ambiguïté : désir matériel, désir sexuel, désir spirituel... A travers les siècles et les cultures, le désir a parfois été réprouvé, à d’autres moments, exalté. Et aujourd’hui ? Qu’est-ce que le désir ? Peut-on assouvir tous nos désirs ? C’est en tout cas, l’impression que nous donne notre confort et la technologie. Mais un désir assouvi n’est plus un désir déclare Jacqueline Kelen, elle, qui est à la recherche du Désir impossible et irréalisable, seul propre à nous réaliser justement.

- « Le désir ou la brûlure du cœur », réédité par Albin Michel, 2005

 

La femme, témoin de l’Invisible
« Les nuits de Schéhérazade », « Marie-Madeleine, un amour infini », « Les femmes de la Bible », « Les Reines noires » sont autant de livres dont le sujet met en avant la femme, les femmes et que signent Jacqueline Kelen. Selon elle, la femme a un rôle spécifique dans la transmission de sa foi en Dieu : parler de l’amour et de la tendresse infinie de Dieu. Mais cela suppose qu’elle soit consciente de sa dignité. Jacqueline Kelen est choquée de la dégradation de l’image de la femme dans notre société.

- « Marie-Madeleine, un amour infini », Ed. Albin Michel, 1982
- « Les femmes de la Bible », Albin Michel, 1984
- « Les nuits de Schéhérazade », Albin Michel, 1986
- « Les Reines noires : Didon, Salomé, la Reine de Saba », Albin Michel, 1987
- « Marie-Madeleine ou la beauté de Dieu », La Renaissance du Livre
- « Les femmes éternelles », Ed. Anne Carrière
- « La déesse nue », Ed. du Seuil

 

Le sommeil, lieu de rencontre avec l’Absolu
Le sommeil et Dieu, voilà qui fait un drôle de couple. Mais Jacqueline Kelen voit dans le sommeil profond un lieu de rencontre possible avec Dieu. Le sommeil est un état de démaîtrise total. C’est là que les grands héros mythiques sont attaqués, mais c’est là aussi que Dieu profite de parler aux hommes comme Job et Joseph ont pu en faire l’expérience dans la Bible. Bref, comme déclare Jacqueline Kelen, « le sommeil est un lieu de mystère, accessible au pèlerin de l’âme ».
Jacqueline-Kelen-2.jpg
- « Les barques du sommeil », Ed. de la Reyne de Coupe
- « Du sommeil et autres joies déraisonnables », La Renaissance du Livre, 2003

 

J'apprécie particulièrement chez Jacqueline Kelen, la place qu'elle donne à la femme, dans sa relation avec l'homme: l'initiatrice à la profondeur des êtres et des choses... ( je pense par exemple à " L'éternel masculin ", et bien sûr à toutes les références qu'elle fait à Perceval et la Quête du Graal ...

J'ai lu la plupart de ses livres ( idem pour Jean-Yves Leloup ... d'ailleurs ...), et à présent j'aimerais bien faire, avec elle, un stage de plusieurs jours ... Mais, ils semblent rares...!

 


Dans Visages   Jacqueline Kelen, écrivain des mystiques  est l'invité de Thierry Lyonnet

  En savoir plusRCF

Voir les commentaires

Virginia Woolf, une Femme ...

Publié le par Perceval

De Virginia Woolf ( 1882-1941), je dirais que c’était une ‘ vraie femme ‘ … Dit ainsi, c’est un peu .. benêt, comme une timidité adolescente devant tant de féminité et de maturité … !

C’est une intellectuelle, une romancière et une innovatrice..

virginia_woolf_3.png

Je suis très curieux de ce qui s’est passé à l’intérieur du groupe de Bloomsbury ( je vais « enquêter »… Je lance un appel à tous les témoins !  :-) ) - rencontres, idées, liaisons - ...

 

Elle souffre de la mort de ses parents

Virginia Woolf
 

Virginia Woolf et son père Leslie Stephen

( sa mère en 1895, sa sœur, puis son père ( un vrai tyran ..) en 1904, et puis celle de son frère Thoby. Des dépressions accentuées sans doute par les sévices sexuels bien concrets de ses demi-frères George et Gerald … Elle épouse, selon ses termes, un «juif sans le sou», Leonard Woolf, avec lequel elle n'aurait jamais ( ? ) eu de relations sexuelles. 

 

Dans les années 20 elle rencontre Vita Sackville-West (poète, romancière et biographe) avec qui elle a une relation amoureuse, et qui reste son amie jusqu'à sa mort. Vita est le modèle pour son roman Orlando, publié en 1928.
« J’aime le fait qu’elle est (ce que je n’ai jamais été) ' une vraie femme ' »,  dit-elle. .. !

 

Elle rêverait ( "Une chambre à soi" )  d’une auteure qui "écrit comme une femme, mais comme Virginia-Woolf-Freund-.jpgune femme qui a oublié qu’elle est une femme" et qui, en tant qu’esprit androgyne, connaît "cette délivrance majeure de penser aux choses en elles-mêmes » … Moi, je pense à Virginia, comme un homme pense à une femme … ! Elle n’aurait pas aimé… 

 

L’angoisse de devenir folle, la submerge.

En 1941, Virginia Woolf se suicide en se jetant, les poches pleines de pierres, dans la rivière Ouse.

 

Je n’avais jamais rien lu de Virginia Woolf… Je voulais lire un roman significatif : j’ai feuilleté et parcouru : ‘La chambre de Jacob’, ‘Mrs Dalloway’… Finalement, j’ai opté pour ‘ Au phare ‘ .

S’il ne se passe rien, j’en étais averti… Seulement un flot de pensées de la part de la narratrice qui est dans le secret des vies de chacun des personnages. De la prose qui suit le roulement cadencé des vagues , et ce phare : objet des discussions. Mrs Ramsay, épouse et mère exemplaire, est belle comme une héroïne, et son prétentieux mari n’est qu’irrascible et finalement dépendant… . J’aurais aimé la présence plus affirmée de Lily Briscoet, par exemple, et finalement une intrigue plus fournie… J’eu imaginé, dans cette ambiance « fin de siècle », des passions tempétueuses… pareilles à la folie qui emportera Virginia… Sauf, que ce n’eut pas été du ‘ Virginia Woolf ‘ dont les passions et sa folie, sont toutes en retenue… C’est vrai que sa biographie ( que l’on doit, à mon avis, lire avant tout autre écrit d’elle ), éclaire et enrichit la lecture de ce roman…

La structure de l’ouvrage est originale : trois tableaux inégaux, qui expriment encore plus les vanités de toute vie.

Un roman très « féminin, sans doute… Et c’est peut-être, là, ce qui le différencie de «  La Recherche », où je trouve plus de « mental » que de « cœur » … Après cette lecture, je pense préférer Proust…

 

Virginia-W-Elle-et-sa-soeur--Vanessa--rencontrent-alors-Lyt.jpg  Virginia Woolf et sa soeur, Vanessa, rencontrent  Lytton Strachey, Clive Bell... ( Bloomsbury )
 Virginia W et Vita  Virginia-W-et-Vita.jpg


Voir les commentaires

“ Berthe Morisot, l’indomptable ”

Publié le par Perceval

* Il y a un an, la productrice Louisa Maurin annonçait : "Isabelle Adjani a acquis les droits cinématographiques de Berthe Morisot, le secret de la femme en noirBerthe-Morisot-le-secret-de-la-femme-en-noir-Dom-Bona.jpg, roman biographique de Dominique Bona paru chez Grasset. L’écriture du scénario est en cours de finalisation. Le film sera mis en production dès Octobre 2011 pour être tourné d’ici la fin de l'année" …

Isabelle Adjani s'est déclarée "amoureuse depuis toujours de l’artiste et de la femme Berthe Morisot". "L’aboutissement de ce projet me comble de bonheur", a confié l'actrice dans un court communiqué.

Dans le cadre d'une co-réalisation, Isabelle Adjani sera l'un des metteurs en scène. "Pour la première fois, Isabelle passe ainsi à la réalisation avec ce film dont elle est aussi productrice", souligne Louisa Maurin. Isabelle Adjani devrait elle-même incarner la célèbre artiste dans la seconde partie de sa vie. En 1988, Isabelle Adjani avait incarné à l'écran la sculpteuse Camille Claudel, sœur du poète et dramaturge Paul Claudel et égérie de Rodin, dans un film éponyme réalisé par Bruno Nuytten.

L’actrice Marine Delterme et la réalisatrice Caroline C  L’actrice Marine Delterme et la réalisatrice Caroline Champetier mettent la dernière main aux scènes de “Berthe l’indomptable” tournée à Limoges.

 

** Et bien, un an après, nous n’avions pas de nouvelles de ce film. Par contre, à Limoges, ces jours-ci : C’est un téléfilm, “Berthe l’indomptable” - réalisé par Caroline Champetier et produit par Kien Productions, et soutenu par la Région Limousin à hauteur de 120 000 euros -  …qui est en plein tournage, avec : 16 techniciens, 20 comédiens et 95 figurants pour un tournage qui se déroule presque entièrement dans notre région. La Société Kien Productions, (re-)connue pour son engagement artistique sur de véritables sujets de société, a choisi le Limousin pour y

Tournage Berthe Morisot Limoges Le praesidial

 Tournage Berthe Morisot

Limoges Le Présidial

tourner la quasi-totalité de ses scènes (20 jours sur 22). Le téléfilm, retraçant la vie de « Berthe l’Indomptable », arrière petite-nièce de Jean-Honoré Fragonard, belle-sœur d’Edouard Manet et elle-même artiste-peintre, a trouvé dans les paysages vibrants du Limousin et son patrimoine historique de qualité les décors qui inspirent les artistes. ( Hé oui… Le limousin, c’est super… !)

C'est Marine DELTERME qui interprète le rôle de Berthe Morisot dans ce téléfilm, réalisé et éclairé par Caroline Champetier, et destiné à France 3.


Berthe MORISOT (1841 - 1895) est l'une des rares femmes peintre de la période des impressionnistes. Berthe Morisot était une femme libre, mais aussi la maîtresse et modèle de Manet, avant de devenir peintre à son tour. Degas, Renoir, Monet ne tarissaient pas d'éloges sur son oeuvre. Elle était aussi l'amie de Fantin-Latour, Henri de Régnier et Mallarmé..

Voir les commentaires

Les Fleurs du mal.

Publié le par Perceval

– La chevelureFemme-Juive.jpg

Ô toison, moutonnant jusque sur l’encolure !

Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !

Extase ! Pour peupler ce soir l’alcôve obscure

Des souvenirs dormant dans cette chevelure,

Je la veux agiter dans l’air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,

Tout un monde lointain, absent, presque défunt,

Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !

Lefebvre_Jules_Joseph_Odalisque_1874.jpg

 

 

 

 

 

 

Comme d’autres esprits voguent sur la musique,

Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

 


J’irai là-bas où l’arbre et l’homme, pleins de sève,

Se pâment longuement sous l’ardeur des climats ;

Fortes tresses, soyez la houle qui m’enlève !

Tu contiens, mer d’ébène, un éblouissant rêve

De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire

À grands flots le parfum, le son et la couleur ;

Où les vaisseaux, glissant dans l’or et dans la moire,

Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire

D’un ciel pur où frémit l’éternelle chaleur.Edouard-Rosset-Granger--La-somnambule--1897-.jpg


Je plongerai ma tête amoureuse d’ivresse

Dans ce noir océan où l’autre est enfermé ;

Et mon esprit subtil que le roulis caresse

Saura vous retrouver, ô féconde paresse,

Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,

Vous me rendez l’azur du ciel immense et rond ;

Sur les bords duvetés de vos mèches tordues

Je m’enivre ardemment des senteurs confondues

De l’huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde

Sèmera le rubis, la perle et le saphir,

Afin qu’à mon désir tu ne sois jamais sourde !

N’es-tu pas l’oasis où je rêve, et la gourde

Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

 

XXIV

Death-the-Bride---Thomas-Cooper-Gotch--c.-1895.pngJe t’adore à l’égal de la voûte nocturne,

Ô vase de tristesse, ô grande taciturne,

Et t’aime d’autant plus, belle, que tu me fuis,

Et que tu me parais, ornement de mes nuits,

Plus ironiquement accumuler les lieues

Qui séparent mes bras des immensités bleues.

Je m’avance à l’attaque, et je grimpe aux assauts,

Comme après un cadavre un chœur de vermisseaux,

Et je chéris, ô bête implacable et cruelle !

Jusqu’à cette froideur par où tu m’es plus belle !

 

XXV

Tu mettrais l’univers entier dans ta ruelle,

Femme impure ! L’ennui rend ton âme cruelle.

Pour exercer tes dents à ce jeu singulier,

Il te faut chaque jour un cœur au râtelier.

 

Tes yeux, illuminés ainsi que des boutiques1855_Ary_Scheffer_-_The_Ghosts_of_Paolo_and_Francesca_Appea.jpg

Et des ifs flamboyants dans les fêtes publiques,

Usent insolemment d’un pouvoir emprunté,

Sans connaître jamais la loi de leur beauté.

Machine aveugle et sourde, en cruautés féconde !

Salutaire instrument, buveur du sang du monde,

Comment n’as-tu pas honte et comment n’as-tu pas

Devant tous les miroirs vu pâlir tes appas ?

La grandeur de ce mal où tu te crois savante,

Ne t’a donc jamais fait reculer d’épouvante,

Quand la nature, grande en ses desseins cachés,

De toi se sert, ô femme, ô reine des péchés,

– De toi, vil animal, – pour pétrir un génie ?

Ô fangeuse grandeur ! sublime ignominie !

 

ô femme, ô reine des péchés

Publié le 21 août 1857 par La Gazette des tribunaux :
Attendu que Baudelaire, Poulet-Malassis et De Broise ont commis le délit d’outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs, savoir : Baudelaire, en publiant ; Poulet-malassis en publiant, vendant et mettant à la vente, à Paris et à Alençon, l’ouvrage intitulé : Les Fleurs du mal, lequel contient des passages ou expressions obscènes ou immorales ;
- Vu l’article 8 de la loi du 17 mai 1819, l’article 26 de la loi du 26 mai 1819
- Condamne Baudelaire à 300 francs d’amende,
- Poulet-Malassis et De Broise chacun à 100 francs d’amende
- Ordonne la suppression des pièces portant les numéros 20, 30, 39, 80, 81 et 87 du recueil.

 

Ps/: Les tableaux ci-dessus sont, en partant du haut:

- de Charles Emile Vernet-Lecomte, Femme juive de Tanger.

- de Jules Lefebvre -1874- Odalisque- au Art Institute of Chicago

- de Edouard Rosset Granger, La somnambule (1897)

- de Thomas Cooper Gotch, c. 1895 Death the Bride

- de Ary Scheffer - The_Ghosts_of_Paolo_and_Francesca_Appear_to_Dante_and_Virgil 1855

Voir les commentaires

Le salon de Marguerite de Saint-Marceaux: Musique et discussions

Publié le par Perceval

Extraits de l’ouvrage :Exposition-Femmes-Peintres-et-salons-au-temps-de-Proust.jpg 

 

Le salon de Marguerite de Saint-Marceaux, musique et discussions à bâton rompu.

Marguerite de Saint-Marceaux, est née Jourdain, d'une famille de drapiers de Louviers, veuve en premières noces d'un peintre aquarelliste, Eugène Baugnies, dont elle eut trois fils et hérita la fortune. Elle demeure pour la postérité, si du moins elle en a une, sous le nom de son second mari, le sculpteur René de Saint-Marceaux, surtout connu pour un Arlequin exposé au Musée de Reims, sa ville natale.

 

Un peintre, un sculpteur : « Meg » aimait passionnément les arts, mais ses deux maris ne furent peut-être que des consolateurs. Sa famille lui avait en effet interdit d'épouser Camille Saint-Saëns lorsqu'il avait demandé sa main. Le compositeur devait paraître trop bohême, un parti hasardeux...

Bonne pianiste, douée d'« une voix chaude et pénétrante » selon son ami Emmanuel Chabrier, voix qu'elle ne cessa de travailler jusque dans le grand âge, la musique est pour Meg la grande passion de sa vie : elle est aussi le coeur de son salon, dans son hôtel du 100 boulevard Malesherbes, construit à l'époque où elle s'appelait encore Madame Baugnies.

Marguerite-de-Saint-Marceaux-sur-le-Nil.jpg

 

Marguerite de Saint-Marceauxen croisière sur le Nil...

 


Elle incarne ce milieu artistique de la Plaine Monceau autour de 1900. C’est dans son hôtel du 100 boulevard Malesherbes qu’elle reçoit les amis de son mari et de son frère, les peintres Jacques-Emile Blanche, François Flameng, Giovanni Boldini ou Jean Béraud.

 

madeleine-Lemaire.jpg

C’est après son remariage avec le sculpteur René de Saint-Marceaux en 1892 que le salon de Marguerite de Saint-Marceaux entre dans sa période la plus florissante, dont le  journal, qu’elle tient de 1894 à 1927, est le plus riche témoignage. Ses mercredis attirent alors le tout Paris. Une vingtaine de personnes sont invitées à dîner puis, après le repas, d’autres convives se joignent à elles pour discuter et écouter les récitals. Le salon de Marguerite de  Saint-Marceaux est selon Charlotte Sohy-Labey « admirablement meublé à l’ancienne, les sièges étaient groupés avec un art consommé pour former des coins d’intimité où l’on était fort bien pour causer ». Colette évoque quant à elle la « liberté surveillée » de ce salon, où chacun est libre d’écouter la musique, de lire ou de discuter à loisir, sans toutefois dissiper les autres invités. La simplicité est de mise et Marguerite de Saint-Marceaux refusait les vêtements sophistiqués : « Comme chacun des invités présents était supposé passer ses journées à produire quelque oeuvre d’art ou faire une découverte, Mme de Saint-Marceaux insistait pour qu’on ne s’habillât point. Venir en tenue de travail constituait une preuve d’élégance et de distinction. » Cette ambiance familière est voulue par Marguerite de Saint-Marceaux qui n’accepte pas les simples mondains mais uniquement les proches et les artistes conviés. Au programme des soirées qui réunissent ces assemblées éclectiques figure une discussion sur un sujet artistique (oeuvre musicale, tableau ou livre récemment publié).

 

Outre les peintres et sculpteurs comme Antonin Mercié et François Pompon qui sont reçus par René de Saint-Marceaux, on trouve des écrivains comme Dumas fils, Willy et Colette, Melchior de Vogüé, Victorien Sardou ou Gabriele d’Annunzio. Plus que la littérature et la peinture, c’est debussy-au-piano-chez-Ernest-Chausson.gifla musique qui domine lors de ces soirées. Marguerite de Saint-Marceaux, interprète favorite de Fauré, invite alors ses convives à des concerts improvisés. Debussy ( ici, sur la photo ... ), Ravel, Fauré, Dukas, Messager avant même qu'ils ne fussent célèbres, y interprétèrent leurs sonates, leurs Jeux d'eau et  autres Pelléas... Isadora Duncan y débute, accompagnée au piano par Maurice Ravel. On y retrouve également Ernest Chausson, Francis Poulenc ou Raynaldo Hahn. Outre ce salon parisien, Marguerite de Saint-Marceaux reçoit durant la belle saison dans sa résidence de Cuy-Saint-Fiacre (Seine Maritime).

On pouvait y trouver, fidèles parmi les fidèles, Chausson et Gounod, Messager et Paladilhe, Chabrier et Massenet. C’est Reynaldo Hahn, invité assidu du salon, qui y amena Proust. « Meg », passe aussi, parmi d'autres modèles, pour avoir inspiré dans La Recherche le personnage de Madame Verdurin.

 

L’oeil de Colette Willy …

Colette-et-willy.jpg« Une fine chienne bassette, Waldine, écoutait, une ouistitite délicieuse venait manger des miettes de gâteau, un peu de banane, s’essuyait les doigts à un mouchoir avec délicatesse, attachait aux nôtres ses yeux d’or, actifs et illisibles. De telles licences, discrètes, quasi-familiales, nous plaisaient fort. Pourtant nous nous sentions gouvernés par une hôtesse d’esprit et de parler prompts, intolérante au fond, le nez en bec, l’oeil agile, qui bataillait pour la musique et s’en grisait. Là, je vis entrer un soir la partition de Pelléas et Mélisande. Elle arriva dans les bras de Messager, et serrée sur son coeur, comme s’il l’avait volée. Il commença à la lire au piano, de la chanter passionnément, d’une voix en zinc rouillé.

Souvent, côte à côte sur la banquette d’un des pianos, Fauré et lui improvisaient à quatre mains, en rivalisant de modulations brusquées, d’évasions hors du ton. Ils aimaie nt tous deux ce jeu, pendant lequel ils échangeaient des apostrophes de duellistes : “Pare celle-là !... Et celle-là, tu l’attendais ?... Va toujours, je te repincerai...”

Fauré, émir bistré, hochait sa huppe d’argent, souriait aux embûches et les redoublait...

Un quadrille parodique, à quatre mains, où se donnaient rendez-vous les le

JOURNAL-DE-MARGUERITE-DE-SAINT-MARCEAUX--1894-1927.jpg

itmotive de la Tétralogie, sonnait souvent le couvre-feu… »

 

 

 

Le Journal de Meg remplit plus de mille pages en fins caractères. C'est aussi une chronique familiale et mondaine, où elle évoque sa progéniture, ses soucis de santé, ceux surtout de son mari qui endurait tous les maux de la terre ; elle décrit ses étés en Normandie dans sa belle maison de Cuy-Saint-Fiacre, ou dans celle qu'elle fit plus tard construire à Jouy-en-Josas. La Première Guerre fait partie des très nombreuses épreuves qu'elle relate, avec un curieux mélange de sensibilité et de stoïcisme. Elle se soignait à la musique, qui venait à bout  de ses pires chagrins.

Son journal, relate sa vie, en une chronique qui mêle les aspects privés et affectifs au tourbillon de ses activités : elle est de tous les vernissages, ne manque pas une première au concert ou à l’opéra, visite musées et monuments au cours de voyages à travers l’Europe. En accord avec son temps, elle adopte avec joie tous les aspects du modernisme : elle se promène à bicyclette et découvre les plaisirs de l’automobile, prend des photos, s’émerveille du cinéma, passe son baptême de l’air en 1913 après la guerre, elle juge cependant avec sévérité les transformations de la mode féminine, reflet de l’évolution des mœurs. La plupart des événements contemporains trouvent un écho dans son journal, l’incendie du Bazar de la Charité aussi bien que les inondations de 1910, et l’actualité politique (l’affaire Dreyfus, la guerre...) sur laquelle elle exprime des opinions tranchées.


24 juin 1903 « Je fais passer ma carte, une vieille dame agréable apparaît, femme ou maîtresse : elle va chercher le maître qui arrive un instant après vêtu de gris, d’un joli ton. La figure est charmante, douce et régulière de ligne, avec une jolie expression. Nous visitons un premier atelier avec de bonnes études au mur et bientôt un autre atelier plus grand, rempli celui-là de choses merveilleuses. Mon œil est attiré par une série d’études de nénuphars sur Claude-monet.jpgl’eau, études faites à toutes les heures avec des effets différents. C’est un enchantement. Mais la réalité l’emporte encore sur l’art, car les modèles existent tous, ils vivent sur un étang fait par le maître, étang vivant couvert de ces fleurs superbes posées là comme des oiseaux aux nuances inattendues. Autour, des iris jaune et lilas. L’admirable spectacle. J’en suis encore sous le charme, j’y pense comme à une œuvre d’art révélée. Monet passe pour un ours. Il fut charmant pour moi et je dois y retourner… »


5 juillet : « Je revois l’étang, les délicieuses fleurs nymphéa errantes sur l’eau stagnante, et l’atmosphère de rêve qui demeure en ce lieu, […]. Un thé aimablement servi par une vieille dame à cheveux blancs qui est Mme Monet et une grosse blonde atroce, commune qui est sa fille et la belle-fille de Monet. Tout ce monde fort aimable et simple. Mais combien ordinaire. Cela n’empêche pas Monet d’être un maître. »

 

Voir les commentaires

La femme au XIXème : entre "péché" et volupté...

Publié le par Perceval

 Julius-Stewart-redemption.JPG

Le regard bleu de la jeune femme semble stupéfait et fixe devant elle une vision qui paraît la pétrifier. Nous voyons cette apparition d’un Christ en croix, en reflet dans un miroir qu’est juste derrière la jeune femme. ( ... )

La moitié droite de la scène est consacrée à une scène qui pourrait se situer dans une maison close. Des jeunes femmes s’amusent ou discutent avec des hommes d’âge mur. L’une allume une cigarette. Au premier plan, dans le long voile noir d’une femme nue de dos, un semis de petites fleurs blanches.

 

La moderne Marie-Madeleine arbore la robe blanche du sacrifice et de la virginité regagnée.

L’iris qui se fane à ses pieds marque l’abandon de la volupté mais la main griffue est le signe d’une ultime tentation diabolique qui l’attacherait encore au monde perdu de la galanterie.

 Rédemption Détail
 Julius LeBlanc Stewart , Etats-Unis, 1855-1919.

Musique de Debussy, Clair de Lune.
 

 

  Clesinger-Femme-piquee-par-un-serpent.jpg  

Jean-Baptiste Auguste Clésinger) (1814 - 1883 ) est un sculpteur et peintre français du XIXe siècle.
Au Salon de 1847, il créa une surprise en présentant  Femme piquée par un serpent, sculpture aux formes avantageuses pour laquelle il a utilisé le moulage directement sur nature ce qui renforce encore son charme érotique au parfum de scandale. Ce modèle, Apollonie Sabatier fut la maîtresse de l'artiste et de Charles Baudelaire parmi d'autres.

 

 

 

Baudelaire : dans Fusées ( recueil de pensées ):


« Moi je dis : la volupté unique et suprême de l’amour gît dans la certitude de faire le mal. – Et l’homme et la femme savent de naissance que dans le mal se trouve tout volupté. »

 

« J'ai trouvé la définition du Beau, de mon Beau.
   C'est quelqueClesinger-Femme-piquee-par-un-serpent-detail.jpg chose d'ardent et de triste, quelque chose d'un peu vague, laissant carrière à la conjecture. Je vais, si l'on veut, appliquer mes idées à un objet sensible, à l'objet par exemple, le plus intéressant dans la société, à un visage de femme. Une tête séduisante et belle, une tête de femme, veux-je dire, c'est une tête qui fait rêver à la fois, — mais d'une manière confuse, — de volupté et de tristesse ; qui comporte une idée de mélancolie, de lassitude, même de satiété, — soit une idée contraire, c'est-à-dire une ardeur, un désir de vivre, associés avec une amertume refluante, comme venant de privation ou de désespérance. Le mystère, le regret sont aussi des caractères du Beau. »

Von-Stuck-et-le-reliquaire.jpg 

 

** BAUDELAIRE  **

 

Quand ' Jeanne Duval ' attire Baudelaire vers le péché de chair, Apollonie-Sabatier-by-Vincent-Vidal-.jpgApollonie ' Me Sabatier ' , le sauve par sa vertu (il lui écrira dans une lettre « Quand je fais quelque chose de bien, je me dis : Voilà quelque chose qui me rapproche d’elle – en esprit. » ; quand il apprécie la sensualité de Jeanne, il quitte Apollonie pour lui avoir cédé et lui écrira un « assassin » :

« il y a quelques jours, tu étais une divinité, ce qui est si commode, si beau, si inviolable. Te voilà femme maintenant. » !…

Apollonie Sabatier par Vincent Vidal -->

 

En février 1842, Charles revient de l'Ile Bourbon (La Réunion), il garde un " goût " pour les femmes "typées"..  Il s'éprend d'une mulâtresse, ivrognesse, vaguement comédienne, sans grande intelligence et au coeur sec. Jeanne Duval sera sa " Vénus Noire " incarnation de 'la femme fatale', sensuelle et exotique.

les-fleurs-du-mal.JPGIl la méprise, elle le trompe sans répit, il est rapidement criblé de dettes et elle lui quémande sordidement, sans arrêt, de l'argent. De ruptures violentes, en réconciliations passionnées, elle reste dans sa vie, et le rejoint d'hôtels en pensions, au fil de ses déménagements répétés.

 Charles_Baudelaire_Jeanne_Duval.jpg 

 

 

 

Jeanne Duval par Baudelaire

   

 

 

 La langoureuse Asie et la brûlante Afrique, Tout un monde lointain, absent, presque défunt, Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique ! Comme d'autres esprits voguent sur la musique, Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.  

 

 
Charles_Baudelaire_Mme_Sabatier.jpg
Que j'aime voir, chère indolente, De ton corps si beau, Comme une étoffe vacillante, Miroiter la peau ! Sur ta chevelure profonde Aux âcres parfums, Mer odorante et vagabonde Aux flots bleus et bruns,



<- Mme Sabatier par Baudelaire

Voir les commentaires

Marie Laure de Noailles 1902-1981

Publié le par Perceval

Marie Laure de Noailles:  Mécène, collectionneuse...surréaliste. Certains poèmes ont été mis en musique par Francis Poulenc.marie-laure_de_noailles-1902-1970-man_ray_portrait_de_.jpg

 

Je t'aime parce que...

 

Je t'aime parce que tu as l'ardeur de l'ardoise trop grise

Je t'aime parce que tu es rapide comme l'as du tricheur

Je t'aime parce que l'arche a mis en toi ses flèches

Parce que les filles sur les rives de Grèce

Entendaient déjà ta rumeur maligne

Lorsque le soir a soif et que ta voix fulmine

Comme un bûcher qui brûle en épargnant le coeur

Tu t'en vas, tu reviens et tu descends les marches

En pardonnant au chien et sans passer sous l'arche

Où des esclaves tissent les toiles des araignées du désespoir

Je t'aime parce que tu peuples l'avenir comme une barque lourde

Sur l'étang du passé muette aveugle et sourde

La forme des ténèbres a des mains de velours

Je t'aime parce que tu renies les ténèbres par répugnance du velours

Tu ne sais pas pourquoi je t'aime l'essence

Sèche dans les flacons sans que je dise un mot

Qui pourrait t'amener jusqu'à l'étendue de l'énigme

La frontière est gardée par des feuilles de fer

Qui font saigner le front mieux que grilles d'Espagne

Daphné sans Apollon frémit. Sur l'esplanade

            Roule la fortune du tyran.

 

Cires perdues, 1953

 

marie_laure_de_noailles-Poulenc-etc.jpg

Francis Poulenc, Roger Desormière, Charles Koechlin, Yvonne de Casa-Fuerte, Marie-Laure de Noailles, Igor Markevitch, Nicolaï Nabokov et Henri Sauguet. Paris, 1932. C Roger Viollet  

 

Tristan

 

A l'avant du navire

Se tiendra notre mort

Si simplement que nous n'aurons pas peurMarie-Laure-de-Noailles-theredlist.jpeg

Nous devions mourir dans le port

Et nous voilà en pleine mer.

 

Ecoute aux portes des îles

Le chant de nos douleurs.

 

A l'avant du navire

Se tiendra notre Sort

 

Une rose dans le rire des vagues

 

5 février 1942

L'An Quarante

 

Ces deux poèmes ont été publiés dans l'Anthologie Seghers, 1972 

 

marie laure de noailles André Breton etc

 

 

***************

marie laure de noailles coco chanel etc
Marie-Laure de Noailles avec Coco Chanel, Igor Stravinsky, and d'autres ... à Paris, Cafe de Flore, 1930.

 

Voir aussi:

Fantasque Marie-Laure de Noailles

et

Marie-Laure de Noailles

 

Voir les commentaires

La jeune fille au Chat de Cécilia Beaux

Publié le par Perceval

Cecilia-Beaux-la-jeune-fille-au-chat-detail.jpg

Cecilia_Beaux_self-portrait.jpg 

Cecilia Beaux (1 Mai1855 – 7 Sept 1942)

  La jeune fille, ses yeux gris-verts dans le vague, la main distraite par un ruban ; les yeux du chat m’interrogent, dorés et mystérieux.   Cecilia Beaux la jeune fille au chat 1894

Voir les commentaires