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Truffaut et ses actrices -1/2-

Publié le par Perceval

« François Truffaut aime chacune de ses actrices comme une icône, puis comme un spécimen unique de cette altérité féminine qui est, avec les films, la grande affaire de sa vie. » Mahilde Blottière (Télérama)

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« Je ne suis pas une apparition, je suis une femme... Ce qui est tout le contraire. Par exemple, ce matin, avant de venir ici, je me suis maquillée, je me suis mis de la poudre sur le nez... Vous dites que je suis exceptionnelle. C'est vrai : je suis exceptionnelle. Toutes les femmes sont exceptionnelles, chacune à leur tour. » C'est l'une des tirade de Delphine Seyrig déclamée à Antoine Doinel, son petit amant pétrifié d'un après-midi

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« Quand je travaille, je deviens séduisant et séducteur, écrit Truffaut à son amie Liliane David à la veille du tournage des Deux anglaises et le continent. Ce travail, qui est le plus beau du monde, me place dans un état émotionnel favorable au départ d'une “love story”. En face de moi, il y a généralement une jeune fille ou femme, émotionnée, craintive et obéissante, qui fait confiance et se trouve prête à l'abandon. Ce qui arrive alors, c'est toujours la même chose. » Fr. T.

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La nuit Américaine 1973 à Cannes

« François a fait des films d'amour où la sexualité a toujours été présente. Elle est assez nimbée, la pudeur l'emporte souvent. Mais si on regardait ses films sous cet angle précis, avec un peu d'attention, on verrait combien ils sont sexuellement violents et explicites. » Catherine Deneuve

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« Jeanne Moreau est la plus grande amoureuse du cinéma français, écrit-il dans Les Cahiers du cinéma. La bouche frémissante, les cheveux fous, elle ignore ce que d'autres appellent « la moralité » pour vivre par et pour l'amour. » F.T.

 « Inventer l'amour », telle est la mission que Jeanne Moreau s'est fixée dans Jules et Jim... Ni fleur bleue ni eau de rose, ni romantique ni dandy, ni pervers ni amer, ou peut-être tout cela en même temps, « François a su parler légèrement des choses graves », résume aujourd'hui l'actrice, qui ne peut pas revoir Jules et Jim sans « une sorte de nostalgie de l'état dans lequel on appréhendait la vie à ce moment-là. Comment vivre, comment s'aimer ? C'était une préoccupation importante... ».

: « Je n'ai pas voulu faire un film sur l'amour physique, mais un film physique sur l'amour », dit-il à sa sortie  de Les Deux Anglaises et le Continent .

« Elle avait des yeux, des yeux d'opale, qui me fascinaient, qui me fascinaient. Y'avait l'ovale de son visage pâle, de femme fatale qui m'fut fatale » chante Jeanne dans Jules et Jim (1962) et les paroles s'appliquent parfaitement à sa beauté. Elle a aussi joué dans Les Quatre Cent Coups (1959) et La Mariée était en noir (1967).

 

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Marie France Pisier dans l'Amour en fuite M-F-Pisier-et-Truffaut.jpg

 

F. Truffaut cherche une fiancée pour son alter ego ( J.P. Léaud) : « Ni une Lolita, ni une blousonne, ni une petite jeune femme, ni trop sexy » La somme de tous ces « ni » donne un résultat idéal : une apprentie comédienne de 17 ans à la voix inimitable. Aux essais, Truffaut n'entend qu'elle. Comme souvent, se croisent alors les trajectoires d'Antoine et de François, de la vie et du cinéma : le réalisateur tombe éperdument amoureux de l'actrice, au point d'envisager de quitter sa femme Madeleine, alors enceinte de leur deuxième fille. Les deux amants fuguent pendant un mois. Et Marie-France Pisier alias Colette, devient au fil de la saga Doinel une femme libre, indépendante, moderne. ( M.B. Télérama). Elle a cosigné le scénario de L’Amour en fuite.

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Claude Jade: Baisers volés

Dans la saga Doinel, elle est Christine Darbon alias Peggy Sage, une jeune fille douce et effacée. Courtisée dans Baisers volés, épousée dans Domicile conjugal, quittée dans L'Amour en fuite. Dans la réalité, Truffaut devancera Doinel, puisqu'il la quittera avant même de l'épouser, quasiment au pied de l'autel. C'est au théâtre que le cinéaste découvre Claude Jade. Elle n'a encore que dix-neuf ans, et joue dansHenri IV, de Pirandello. Truffaut, « conquis par sa beauté, ses manières, sa gentillesse et sa joie de vivre », a le coup de foudre. C'est réciproque. 



 La Sirène du Mississippi. Avant le tournage de ce film, il prévient Catherine Deneuve par lettre : « Je ne vous demanderai de jouer aucune scène explicitement sexuelle, mais il faudra que la sexualité soit toujours présente, sous-jacente. »

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La Sirène du Mississipi

« Ce que j'aime en elle, c'est son mystère, écrit-il. Elle se prête admirablement aux rôles qui comportent un secret, une double vie. Catherine Deneuveajoute de l'ambiguïté, à n'importe quelle situation, n'importe quel scénario, car elle donne l'impression de dissimuler un grand nombre de pensées secrètes qui se laissent deviner à l'arrière plan... » F. T.

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Deneuve Truffaut en 1981

Deneuve et Truffaut s'aiment, évidemment. Il la surnomme Kathe, comme l'héroïne de Jules et Jim, la vouvoie et décide, à l'été 69, de vivre en couple avec elle. Leur histoire dure deux ans. La séparation conduira Truffaut à l'hôpital et le plongera dans l'une des pires dépressions de sa vie.



Dans La Nuit américaine, la belle Jackie, sex symbol des années 70, est Julie Baker. Une star dépressive qui, hors plateau, prolonge son séjour dans la peau de son personnage en couchant avec le jeune premier du film, Alphonse alias Léaud bien sûr. Dans la vraie vie, c'est plutôt dans le lit de Truffaut que Jacqueline Bisset finit le tournage.

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La nuit américaine: François Truffaut, Jacqueline Bisset, Jean-Pierre Léaud  

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