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Talleyrand et les femmes -3-

Publié le par Perceval

catherineen-Grand-1783---par-Mme-Vigee-Lebrun-2.jpgEn 1801, apparaît au grand jour dans la vie de Talleyrand : Madame Catherine Grand, née Worlée, qui deviendra l'année suivante Madame de Talleyrand-Périgord. Charles-Maurice connaît cette jolie anglaise, née aux Indes, depuis 1798. Enlevée à son mari par un richissime anglais, nommé Whitehill, fasciné par elle, il l'amène à Paris.

Dans le salon de Mme de Staël, ils rencontrent en 1791 un quinquagénaire, ancien commis de Necker, nommé Claude Valdec de Lessart : il devint son amant au début de 1792, quelques jours après avoir troqué son ministère de l’Intérieur contre celui des Affaires étrangères.

Claude de Lessart avait beau être éperdument amoureux d’elle, elle le quitte dès qu’il n'est plus ministre; et, après le 10 août, la Révolution entrant dans une phase trop tragique à son gré, elle émigre en Angleterre...

Elle y rencontre le marquis Cristoforo de Spinola, ministre de Gênes à Londres, qui revient en France contacté par les contre-révolutionnaires.

Madame-de-Talleyrand-Perigord--bientot-S.A.S.-la-Princess.jpg

Madame de Talleyrand-Périgord, bientôt S.A.S. la Princesse de Bénévent, future Princesse de Talleyrand, peinte vers 1805

par le (futur) Baron Gérard

Mrs Grant l'accompagne et retrouve le succès dans les salons. M. de Lessart, était mort lors des journées de Versailles. Le ministre génois est expulsé et Mrs Grant est inquiétée, elle cherche secours auprès de Talleyrand, qui est séduit par la belle anglaise...

La Duchesse d’Abrantès écrit à son sujet: « Elle était grande, parfaitement faite, et ses cheveux, du plus beau blond cendré, tombaient en chignon flottant sur ses épaules. Ils la doublèrent et furent charmés en la voyant : une peau de cygne, des yeux bleus admirables de douceur, un nez retroussé et un ensemble parfaitement élégant. »

De maîtresse devenue concubine, elle tient la maison du ministre, ce qui déplaît à la bonne société reçue chez Talleyrand, et à Bonaparte, qui souhaite que la situation de son ministre se normalise et qu'il quitte ou épouse sa maîtresse. A la grande surprise de tous, il l'épouse....

Le pape Pie VII, « dilatant les entrailles de notre charité paternelle [sic] » fit semblant de croire que l'ex-évêque regrettait ses erreurs passées (il en était bien loin) et le rendit à l'état laïque en juin 1802. A Paris, on fit semblant de croire que le bref papal incluait l'autorisation de se marier. Le pape, si l'on peut dire, avala sa tiare, et Talleyrand épousa Catherine le 10 septembre.

Charlotte-Baronne-Alexandre-de-Talleyrand-Vers-1820.jpg

Charlotte Baronne Alexandre de Talleyrand

Vers 1820

Avant le mariage, et le divorce de sa mère, une fille, Charlotte, était née, probablement de Talleyrand qui lui fera épouser un neveu…

En 1803, Talleyrand achète, sur ordre du Premier Consul ( pour recevoir ses hôtes étrangers ) et avec son aide financière, le château de Valençay, un des plus grands domaines privés de France - 12 000 hectares de terres. Ils s’y installent, mais très vite Talleyrand  se  sépare  de sa  femme et vit  comme auparavant. Elle a pour amant San Carlos qui accompagnait les princes d’Espagne prisonniers à Valencay , et lui finit par l’oublier.

« Vous ne m’avez pas dit que le duc de San Carlos était l’amant de votre femme ! » lancera Napoléon à celui qu’il vient d’injurier le 29 janvier 1809, « En effet, sire, je n’avais pas pensé que ce rapport pût intéresser la gloire de votre Majesté, ni la mienne. »  

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