Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Talleyrand et les femmes -1-

Publié le par Perceval

Charles-Maurice-de-Talleyrand-Perigord--Prince-de-Beneven.jpgCharles Maurice de Talleyrand Périgord naît le 2 février 1754 ( règne de Louis XV). A la révolution (1789), il a 35ans. Boiteux, par un 'pied-bot' droit, il a du abandonner son droit d’aîné d'embrasser la carrière des armes. Il souffre d'être délaissé de ses parents, et ne goûte le bonheur d'aimer qu'auprès de sa grand-mère, la princesse de Chalais, née Marie Françoise de Rochechouart Mortemart...

Après un an de séjour auprès de son oncle, évêque de Reims, il se laisse persuader d’embrasser la carrière ecclésiastique.

Sans vocation, il se laisse ordonner sous-diacre  en 1775, il entre  à la Sorbonne pour poursuivre ses études... Le jeune séminariste  a néanmoins  des aventures amoureuses, la plus connue et  dont il parle dans ses mémoires est : Dorothée Luzy ,

Mademoiselle-Luzy--de-la-Comedie-Francaise-_-Musee-Carna.jpg
Mademoiselle Luzy, de la Comédie-Française

une actrice de la comédie française, avec qui il se promène sous les fenêtres du séminaire.

« Plusieurs fois  j’avais remarqué dans une des chapelles de St Sulpice une jeune et  belle personne dont l’air simple et modeste me plaisait extrêmement…. Je devins plus exact aux grands offices. » (Mémoires)

Cette relation dure « pendant deux années, de dix-huit à vingt ans." (...)  "Ses parents l'avaient fait entrer malgré elle à la comédie ; j'étais malgré moi au séminaire. […] Grâce à elle, je devins, même pour le séminaire, plus aimable, ou du moins plus supportable. Les supérieurs avaient bien dû avoir quelque soupçon […] mais l'abbé Couturier leur avait enseigné l'art de fermer les yeux. »

Talleyrand-Perigord-Charles_Maurice_de_001.jpg

 

Le 11 juin  1775 il assiste au sacre de Louis XVI.  il dit « C’est du sacre de Louis XVI que datent mes liaisons avec plusieurs femmes que leurs avantages, dans des genres différents  rendaient remarquables et dont l’amitié n’a pas cessé un moment de jeter du charme sur ma vie. ». Il cite leurs noms : la duchesse de Luynes, la duchesse de Fitz-James et la vicomtesse de Laval. Ces trois dames étaient renommées pour leur bel esprit et pour leurs aventures amoureuses, surtout la dernière.

 

 

 

 

Luynes.jpg Duchesse-de-Fitz-James.jpg Laval.jpg
La duchesse de Luynes La duchesse de Fitz-James La vicomtesse de Laval

 

Ce temps du XVIIIème est aux salons, à la galanterie et aux mariages de convenance, qui laissent libre... Avide de plaisir et de conquêtes, il veut avant tout « réussir ».

- En 1780,  il a 26 ans, il est agent général du clergé, fonction importante qui équivaut  à gérer les finances de  l’église et qui devrait lui amener rapidement la fonction d’évêque mais sa conduite débauchée fait retarder sa nomination.

- En 1784 sa maîtresse, la comtesse de Brionne demande pour lui le chapeau de cardinal: refus à cause de sa conduite scandaleuse.

Adelai-de-Souza---la-comtesse-de-Flahaut--.jpg
Adelai de Souza ( la comtesse de Flahaut )

- Dès 1782, il rencontre la comtesse de Flahaut (1761-1836). Elle est une jeune femme raffinée mariée à 18 ans un vieux barbon de 53 ans,  elle  lui donne un fils, Charles  en avril 1785(la paternité de Talleyrand est généralement admise) . Elle tenait un salon très fréquenté .

Ils vivent tous deux quasiment maritalement. Elle dit en latin de lui qu’il agissait  "Suaviter in modo, sed non fortiter in re"( Doux dans la manière, mais pas fort dans l'acte) , ce qui voulait dire en clair que ce n’était pas un amant exceptionnel . Mais peut être voulait-elle se venger de ses infidélités ? Ce fut une liaison qui dura 10 ans, car ils avaient de nombreux traits communs. Tous les deux épicuriens, avides de plaisirs, ils s’entendaient à merveille. En 1789 , il est moins assidu, il a rencontré Mme de Stael.  Ils se fréquentent encore à Londres en exil en 1792 .Pour survivre,  elle publie un roman, « Adèle de Sénange » dont Talleyrand corrige les épreuves et rentre en France en 1797 aidée par Talleyrand, devenu  ministre des affaire extérieures. Plus tard elle épousera M de Souza en 1802.

 

La-comtesse-de-Flahaut-avec-son-fils.jpg
La comtesse de Flahaut avec son fils, par L.E. Vigée Lebrun
« Parmi les femmes les plus distinguées que j'ai connues avant la révolution, je ne dois pas oublier l'auteur d'Adèle de Sénanges, d'Eugène de Rothesin, et de plusieurs autres ouvrages charmans, que tout le monde a lus pour le moins une fois. Madame de Flahaut, aujourd'hui madame de Souza, n'écrivait point encore quand j'ai fait connaissance avec elle. Son fils, qui est maintenant pair de France, était alors un enfant de trois ou quatre ans. Elle-même était fort jeune. Elle avait une jolie taille, un visage charmant, les yeux les plus spirituels du monde, et tant d'amabilité qu'un de mes plaisirs était d'aller passer la soirée chez elle, où le plus souvent je la trouvais seule. À mon retour en France j'avais un grand désir de revoir madame de Flahaut. Une multitude d'affaires, d'occupations diverses, m'en ont empêchée pendant si long-temps, que je n'ai plus osé me présenter chez elle. Si le hasard fait qu'elle lise ces lignes, elle saura du moins que je suis loin de l'avoir oubliée. » Souvenirs de madame Louise-Elisabeth Vigée Lebrun.
*****

 

Talleyrand était un collectionneur de femmes, ils ne rompait jamais... Boiteux, il était grand, et blond, le visage agréable. Elles le trouvait beau, nonchalant et plein de charme. Épicurien sage et raffiné, il fut par exemple, l’amant successivement de la comtesse de Lorraine Brionne, née Louise de Montmorency, puis de ses deux filles Anne Charlotte et Marie Josèphe  et de sa belle fille Louise de Vaudémont (1763-1833) qui fut toujours une fidèle amie.

boilly-le-vieux-jaloux-1791.jpg Boilly--La-visite.jpg

Louis leopold Boilly (1761-1845)

Le vieux mari jaloux

Louis leopold Boilly (1761-1845)

La visite

Sa promotion comme évêque tarde, il veut la mitre, son père intervient auprès de Louis XVI et enfin, le 2 novembre 1788, voici notre abbé nommé évêque d’Autun. Le bénéfice de l’évêché est assez  restreint, il demeure  2 mois à Autun et n’y a pas laissé un souvenir impérissable !

Il se hâte de retourner à Paris, nommé le 2 avril 1789 député du clergé, il siège aux états généraux.

C’est une époque  heureuse  où il profite de la vie avec frénésie.

 

Talleyrand a dit : " la vérité, c’est que la Révolution qui se fait aujourd’hui en France  est indispensable " mais a dit aussi : "celui qui n’ a pas connu les années d’avant 1789 ne sait pas ce que c’est que la douceur de vivre"

      A suivre ...

Commenter cet article

Interdisciplinart 10/09/2013 17:12

Et sur les femmes Talleyrand a aussi dit : "Les femmes pardonnent parfois à celui qui brusque l'occasion, mais jamais à celui qui la manque".

Perceval 10/09/2013 18:26



:-) Oui, Talleyrand était très apprécié dans le monde, pour ses bons mots ... Quel curieux personnage..! J'ai pris plaisir à lire sa biographie, et à faire quelques recherches sur sa "riche" vie
...