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Schéhérazade, entre orient et occident 2: Joumana Haddad

Publié le par Perceval

Joumana Haddad est une femme «  en colère », en particulier si on parle de Schéhérazade... Joumana Haddad, née à Beyrouth en 1970, est poètesse, secrétaire générale du Booker Prize arabe, responsable des pages culturelles du « Nahar » et du premier magazine érotique en langue arabe, « Jasad »... elle a publié « J'ai tué Schéhérazade » (Actes Sud) en 2010, et Le retour de Lilith en 2004, recueil dans lequel elle retrace le mythe de la première femme. Elle parle sept langues et prépare un doctorat ayant pour thème la traduction poétique.

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            Joumana Haddad, écrivaine et journaliste libanaise Odile de Schwilgué née en 1952 à Strasbourg,
études aux Arts Décoratifs de Strasbourg

Joumana Haddad, dans la quarantaine, offre le portrait d'une séduisante femme arabe cultivée, polyglotte et émancipée. Bravant les interdits d’un conservatisme aveugle, elle a osé écrire de la poésie érotique. Ecrits qui lui ont valu d’ailleurs des menaces de mort.

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Pour Joumana, Schéhérazade - intarissable conteuse et incurable bavarde - a assez fabulé, jacassé, biaisé (tout en n'excluant pas de baiser), trompé et retardé les moments fatals ou d'ennui... Il est temps qu'émerge une nouvelle Schéhérazade, moins image de carte postale d'un Levant magique entre danseuse de ventre, cuisinière émérite ou bobonne dans l'ombre. En termes plus directs, la femme ni putain ni potiche.
Pour cette quête redéfinissant une nouvelle féminité, assumant en tout équilibre et conviction : maternité, succès professionnel, besoins du corps et intermittences du cœur, au rythme contemporain, Joumana Haddad s'est lancée dans un récit-analyse mêlant témoignage personnel, méditations, réflexions, cris et poésie, dans un style vif, incisif et pétulant. 

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*****

Les deux petits livres illustrés : JouManiyat et Kitab eL-jiM (2012) , sont une Introspection sans préjugés à travers les vocables, avec un sens païen du plaisir et de la volupté, jusqu’au plus profond de l’être. L’autre et le poème sont inspiration et nourriture. Plongée aux abysses de soi pour mieux retrouver tous les miroirs intérieurs, elle fouille sans complexes dans les viscères pour tirer au clair même ce qui est nauséeux, voyage intrépide au gré du flux du sang pour emboîter le pas au pouls de la vie. Bain de salive, de semence, de lait, débauche des sens en tous sens pour la volupté du corps et la vibration de la peau. On entre ici en terrain intime dès le premier jet de mots, dès le premier cri de la naissance. Véhémente, farouche, prédatrice, féline, rebelle, redoutable cavalière d’une traversée humaine sans frontières ni barrières, l’auteure revendique le droit à la liberté, à la singularité, au rêve, à l’indépendance, à la copulation, à l’isolement, à l’épanouissement, à la créativité. Une femme qui dit tout cela, sans crainte de représailles, dans un monde régi par les hommes, est-ce du toupet, du cran, de la révolte, du défi, de l’inconscience, ou de la poudre aux yeux, de la surenchère, de la provocation ? Bien sûr la poésie est le royaume de la métaphore, mais les vents de la réalité n’en sont pas moins perceptibles. (Edgar DAVIDIAN dans l'Orient Littéraire)

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Cette volonté farouche de s’affirmer passe alors par un meurtre salutaire: tuer Schéhérazade, obligée de quémander au pouvoir masculin sa liberté, ses droits et le respect qui lui est dû. Tuer cette instigatrice qui entretient l’infériorité des femmes, alors que ses droits fondamentaux  - Le droit de vivre. De choisir. D’être libre. D’être soi même - devraient être des acquis indiscutables». Joumana Haddad.

 

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