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Renoir, la douceur de la peau et la peinture...

Publié le par Perceval

Renoir-poster-Cannes-2012-03.jpg« Renoir », un film de Gilles Bourdos avec : Michel Bouquet, Christa Theret, Vincent Rottiers...

Un beau film, lent et sensuel. Le cinéaste joue avec les couleurs, la lumière et la nature, on retrouve toute la beauté des tableaux dans les plans du film. Musique, lumières excellentes, seuls -peut-être - les dialogues ne sont pas à la hauteur ...

"Les Colettes, Côte d'Azur, printemps 1915. La porte en fer de la propriété isolée s'ouvre, poussée par la main d'une jeune femme rousse. Là, dans cette grande bâtisse posée en pleine nature, vit Auguste Renoir (Michel Bouquet), vieillard de 74. Atteint d’un rhumatisme déformant, le «patron» vit au domaine des Collettes à Cagnes, entouré par ses anciennes maîtresses-modèles qui lui servent de cuisinières, assistantes, infirmières. Contre deuil, guerre, vieillesse, souffrances, les mains bandées, cloué à son fauteuil, il peint la vie, la volupté, la lumière.

Il vient de perdre sa femme, qui fut l'un de ses modèles, et tremble pour ses deux fils aînés, défaits par la guerre qui fait rage : Pierre, l'aîné, le théâtreux, a vu son bras disloqué ; Jean (Vincent Rottiers), le cadet, indolent, fils à papa - un « bon à rien », dit son père -, porte une cicatrice en haut de la cuisse, après avoir laissé dans la boue du combat plus de 4 centimètre d'os. Il y a Claude ( Coco) aussi, le dernier, un sauvageon.renoir-affiche-N-2.jpg

La main qui pousse la porte est celle d'Andrée Heuschling, 15 ans, Audacieuse, libre, insolente, et recommandée (par Matisse) comme un modèle possible pour sa rousseur, ses rondeurs, sa peau de lait et ses seins en poire. Le « patron » a besoin de chair fraîche : il en est privé et trépigne dans son atelier de bois et de vent. Devant « Dédée », Auguste Renoir retrouve l'inspiration ; le fils Jean, en convalescence, trouve l'amour et rencontre sa vocation cinématographique : ils feront du cinéma, lui pour la filmer, elle pour être une star"...

 


ICI: deux autres articles sur l'actrice: Andrée Heuschling.

 

 

 

Renoir  est un film sur la douceur des femmes apaisant le corps des hommes.

 

ANDRÉE HEUSCHLING, LA NOUVELLE MUSE

Renoir-Portrait-d-Andree-penchee.jpg Andree-jouee-par.png
Renoir, portarit d'Andrée en 1917 Andrée, interprétée par Christa Theret

Renoir  est un film sur une femme parmi ces femmes. Andrée, ou Dédée...Coco devine en elle ce mystère féminin encore inaccessible tandis que Jean tombe amoureux, puisant dans cette passion la vitalité qui lui fait défaut. C’est par elle, pour elle, que le jeune soldat indécis qui ne sait de quoi l’avenir sera fait, se tournera sérieusement vers le cinéma… Ne doit-il pas immortaliser sur la pellicule sa belle amante – qu’il épousera en 1920 ? Quelques années plus tard, Andrée Heuschling sera, sous le nom de Catherine Hessling, la vedette de son premier long métrage, La Fille de l’eau  (1924), puis la courtisane Nana  (1926) d’après le roman de Zola…

renoir-woman-with-parasol-and-small-child-1877.jpgfemme avec un parasol de Renoir 1877

Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) naît en 1841 à Limoges, ville de la porcelaine, dans une famille d'ouvriers. Il vit ses premières expériences de peintre, ou ce qui s'en approche le plus, dans une manufacture de porcelaine. Alors que l'usine ferme, il survit grâce à la peinture décorative et en 1861, il part finalement étudier la peinture chez Charles Gleyre, à Paris. Renoir se lie d'amitié avec Claude Monet et Alfred Sisley et travaille avec eux en plein air.renoir_jeunes-femmes-a-la-campagne-1916.jpg

A la fin de sa vie, sa nouvelle manière de peindre déconcerte ou irrite. On critique la facture relâchée, les formes boursouflées et, surtout, ses "énormes femmes rouges, tellement grasses, avec de très petites têtes", comme l'écrit Mary Cassatt en 1913.  Cette période tardive a donc suscité autant d'enthousiasmes que de sarcasmes.

Le "premier Renoir" peint des enchantements atmosphériques, vibrants et colorés.

Dès la fin des années 1870, il se détache de son groupe d'amis. "J'étais allé jusqu'au bout de l'impressionnisme, expliquera-t-il plus tard à Ambroise Vollard, l'un de ses marchands. Et j'arrivais à cette constatation que je ne savais plus ni peindre ni dessiner. En un mot, j'étais dans une impasse.

Renoir le patriarche se délecte de nus voluptueux. Sous son pinceau jaillissent d'intemporelles odalisques, des nymphes antiques fondues dans la nature. Leurs chairs opulentes, aux tons exagérés, évoquent les peintures de Rubens ou de Titien. Ces visions poétiques, déconnectées des réalités sociales et politiques, étonnent d'autant plus que Renoir traverse alors la période la plus sombre de son existence. Il est atteint de rhumatismes qui le condamneront à la paralysie. Sa femme, Aline, meurt en 1915... Pourtant ni la maladie ni la douleur ne transparaissent dans ces scènes idylliques. 

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