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Portraits mondains - Madame X ( Madame Gautreau ) - John Singer Sargent 1884

Publié le par Perceval

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John Singer Sargent, Madame X ( Madame Gautreau ) 1884

SARGENT John Singer Madame X (Madame Pierre Gautreau)
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  la première version du tableau de Madame Gautreau, avec la fameuse bretelle ...


Sa beauté était si célèbre dans les années 1880 qu'on la surnommait la « vénus républicaine » . Comparée à madame Récamier ou à la comtesse de Castiglione, lor de ses apparitions publiques, les invités accouraient, montant sur les chaises qui se renversaient, dans leur hâte de la regarder passer... Madame Gautreau avait l'originalité pour l'époque, de porter des robes simples avec des corsages serrés qui laissaient voir les proportions admirables de son corps ...

Jeune et belle expatriée de Louisiane, Virginie Amélie Avegno Gautreau, femme de Pierre Gautreau, un banquier parisien, était l'une des figures de la « bonne société » parisienne de l'époque.

Sargent est un peintre américain vivant à Paris, très apprécié par le public et la critique. Madame Gautreau n'avait pas commandé la peinture, c'est Sargent qui la poursuit pour obtenir cette chance, contrairement à la plupart de ses portraits, pour lesquels c'était les clients qui le sollicitaient. Sargent écrit à l'une de leurs connaissances communes :« J'ai un grand désir de peindre son portrait et je pense qu'elle le permettra, puisque qu'ainsi je rend un véritable hommage à sa beauté. … »

Il lui faut toute une année pour achever le portrait. La première version du portrait de Madame Gautreau, avec son fameux décolleté, sa peau si blanche et son port de tête altier sur une bretelle tombée de son épaule donne un effet global encore plus audacieux et sensuel. Lorsqu'il est présenté à Paris au Salon des Beaux-Arts de 1884, il déclenche un véritable scandale. Il remet en place la bretelle pour tenter d’apaiser le scandale, mais le mal est fait. Les commandes françaises se tarissent et il écrit à son ami Edmund Gosse en 1885 qu’il envisage d’abandonner la peinture pour la musique ou les affaires.
Une carrière de peintre défaite pour une simple bretelle… !

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À propos de la réaction du public, Judith Gautier ( 1) écrit:

« Est-ce une femme ? Une chimère, la licorne héraldique cabrée à l'angle de l'écu? Ou bien l'œuvre de quelque ornemaniste oriental à qui la forme humaine est interdite et qui voulant rappeler la femme, a tracé cette délicieuse arabesque ? Non, ce n'est rien de tout cela (…) Si ce sein bleu, ces bras serpentins ce teint où l'héliotrope est pétri avec la rose, ce profil effilé, cette lèvre pourpre, ces yeux demi-clos, veloutés d'ombre ont en effet quelque chose de chimériques, cela tient uniquement à la chimérique beauté que la toile évoque … »

 

(1) " Judith Gautier ( 1845-1917 ) fut l'une des femmes les plus fascinantes de son époque, ayant reçu en partage le talent littéraire, une beauté inouïe, une excentricité totale et une inépuisable générosité. gautier_judith.jpgAvec son profil grec, ses yeux noirs légèrement bridés, sa masse de cheveux surmontant un visage très blanc et des formes sculpturales, elle eut de nombreux admirateurs : « C'est le plus parfait de mes poèmes », disait d'elle son père, le célèbre Théophile Gautier." ( Wiki ...) 


Un prince persan la poursuivit longtemps de ses assiduités. Mais Judith finit par tomber amoureuse de Catulle Mendès, un écrivain jeune, très séduisant et, alors, talentueux.... En 1878, Judith Gautier obtient le divorce avec Catulle Mendès (séparation 1874). Elle est vers 1876-1877, la dernière grande passion de Wagner (elle fut aussi un grand amour de Victor Hugo)

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