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Marie de Régnier, -1- la fille Hérédia

Publié le par Perceval

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Marie de Heredia (1875-1963) par Nadar (photo de 1889)

Marie de (Heredia) de Régnier (1875-1963) en ce début de siècle est l'héroïne d'un trio célèbre et littéraire composé de son mari Henri de Régnier et de son amant Pierre Louÿs ( qui épouse sa sœur). Trio assez ouvert, puisque Marie de dédaigne pas d'autre aventures...

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Deuxième fille de José-Maria de Hérédia, Marie et ses deux sœurs, Hélène et Louise, grandissent au milieu du salon littéraire que tient leur père à son domicile, 11 rue de Balzac. Appartenant au mouvement littéraire du Parnasse, José Maria de Hérédia y reçoit d’autres écrivains, célèbres ou non.

 L'époque a retenu les trois sœurs Heredia, comme un ensemble de trois grâces, placé sous le signe de la littérature.

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Louise de Heredia et Marie de Régnier (1897)

Hélène (1871-1953) épousera Maurice Maindron et René Doumic ; Marie (1875-1963) épousera Henri de Régnier mais aura beaucoup d'amants et Louise (1878-1930) épousera Pierre Louys et Gilbert des Voisins. Tous désirent être romanesques. Maurice Maindron se veut le nouveau Alexandre Dumas, René Doumic, sera le directeur de la fameuse Revue des Deux Mondes et finira Académicien, Henri de Régnier entre lui aussi à l'Académie française après une carrière de poète largement apprécié, Pierre Louys est un auteur fort célèbre de son vivant, Gilbert des Voisins sera aux côtés de Victor Segalen, poète et archéologue.
Au milieu de cette famille pittoresque et mondaine, écartelée entre frasques amoureuses et reconnaissance publique c'est Marie qui s'impose. 
Ces gracieuses jeunes filles qui firent le succès du Salon de leur père, vécurent comme de grandes bourgeoises émancipées (surtout Marie)... Ces trahisons teintées de cruauté et d'érotisme fin de siècle trouvèrent un écho dans les oeuvres de Régnier et de Louÿs, dans celle de Marie, mais aussi de manière plus inattendue dans celle d'André Gide, de Claude Farrère ou de mémorialistes comme Paul Léautaud.

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Pierre Louÿs Henri de Régnier


 Devenue Madame de Régnier, elle fréquente les salons peuplés d'écrivains, d'artistes, de femmes du monde. Elle fut aussi poète, romancière, journaliste. Elle qui en son temps était considérée comme l'égale de Colette ou d'Anna de Noailles, est une belle image de la femme de lettres 1900 et de ses aspirations.

Marie de Régnier publie ses œuvres sous le pseudonyme de Gérard d'Houville, patronyme porté par l’un de ses ancêtres normands qui fut un filleul de Mme de Pompadour. Ses poèmes et chroniques paraissent dans la revue Le Gaulois et dans la Revue des deux Mondes. Marie de Régnier a publié aussi des livres pour enfants.

Elle fut reconnue pour ses talents littéraires puisqu’elle reçut en 1908 le Premier Prix de littérature de l’Académie française, même si sa vie semble davantage connue que ses écrits.

La vie de Marie de Hérédia, donc, et particulièrement sa liaison avec Pierre Louÿs, mérite d'être racontée : c'est un véritable feuilleton, et nécessitera plusieurs articles ...

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