Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Madame du Chatelet; d'amour et d'étude... avec Voltaire.

Publié le par Perceval

Voltaire n’est plus souhaité à Versailles suite à la publication de son ouvrage critique « les Lettres Philosophiques ».

Voltaire et Emilie du ChateletIl décide de s’installer dans le refuge que lui propose Madame du Châtelet, une possession de famille, le château de Cirey en Lorraine ( 1735 ) . Emilie va le rejoindre et les deux amants ( depuis 1933... )  vont vivre quatre années, pratiquement hors du monde, non pas d’amour et d’eau fraîche mais d’amour et d’étude. Ils passent de longues heures, de nuit comme de jour, à débattre de questions scientifiques ou métaphysiques. Peu à peu, Emilie élabore son propre système de pensée.

Elle se passionne pour la physique et analyse les travaux théoriques de Leibniz sur l’énergie cinétique, qu’elle illustre à l’aide d’expériences. Émilie du Châtelet rédige un traité de physique, publié par l’Académie des sciences, une première pour une femme. Elle s’intéresse aux travaux de Newton ( mort en 1727 ) et entame une traduction de ses Principia mathématica, devenus Principes mathématiques de la philosophie naturelle.

 

Voltaire est un grand admirateur de Newton et cherche à mettre ses idées à la portée de tous. Emilie du Châtelet est beaucoup plus critique à l’égard de certaines de ses théories. Sa traduction ne se contente pas d’un simple mot à mot, mais elle refait les calculs, rédige ses commentaires, prend note de ses critiques. Cette traduction sera publiée dix années après sa mort ( en 1759) et reste aujourd’hui encore une référence.Emilie du Châtelet Collection Jean-Jacques Monney

 

En frontispice de son livre “Il Newtonianismo per le dame” Algarotti fait figurer le portrait d'Émilie car elle a fait la correction de l'édition de 1737. Ce livre : un dialogue avec une marquise de E*** : «  J’espère que vous laisserez sous-entendre que je suis votre marquise » lui écrit-elle. Francesco Algarotti l’aima beaucoup et la fit un peu souffrir : «  L’amour d’un amant qui décroit en raison du carré inverse des temps et du cube de la distance me paraît difficile à digérer » ( allusion à la loi de Kepler ... )

En 1748, la marquise rencontre à la cour du roi Stanislas, à Lunéville, le jeune et beau chevalier de Saint-Lambert, poète à ses heures, de dix ans son cadet. Elle en tombe amoureuse... et enceinte. Nourrie d'un terrible pressentiment, elle se hâte de terminer son oeuvre clé…

 Enfin, elle accouche d'une fillette le 5 septembre 1749, dans des conditions difficiles. Elle n'a que le temps de boucler son manuscrit et de le faire envoyer à la bibliothèque du roi avant de rendre l'âme quatre jours plus tard (la fillette mourra quelques années plus tard). 

 

A sa mort, Voltaire ( 1694-1778 ), désespéré, écrira : « Je n’ai point perdu ma maîtresse j’ai perdu la moitié de moi-même, une âme pour qui la mienne était faite, une amie de vingt ans que j’avais vu naître. »

 

***

 

 

***

 

Commenter cet article