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Madame Deffand n'est pas romanesque ...

Publié le par Perceval

Au zénith de la cour du roi -sous Louis XIV- la belle favorite à l'instant de sa chute quitte les salons lambrissés de Versailles, pour le couvent, telle Louise de La Vallière où elle rédige d'émouvantes « Réflexions sur la miséricorde de Dieu »... Ou, madame de Montespan, en pénitence, qui achève sa vie au couvent Saint Joseph qu'elle avait fondé.

A partir de 1749, c'est la marquise du Deffand (1697-1780) qui, après avoir épuisé les charmes pimentés de la galanterie du Régent au Palais Royal, s’installe dans l’ancien couvent des Filles de Saint-Joseph ( et oui, celui de Mme de Montespan)... De ce cadre religieux, elle va faire un Salon, un haut lieu de l'esprit du XVIIII° siècle, celui-là même qui va préparer la chute de la royauté.

 

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La courtisane amoureuse de Pierre Subleyras (1699 - 1749)

Madame Deffand n'a jamais été très croyante; enfant, au couvent de la Madeleine-du-Traisnel, la plus belle pension de Paris, elle détourne ses jeunes compagnes de leur piété et de leur foi, leur prêchant l'athéisme, sans bien savoir encore ce que cela veut dire ...

Dès sa sortie du couvent, elle n'a qu'un but : se marier. Le marquis du Deffand – brave gentilhomme de province qui aspire plutôt à une vie calme de famille – fera l'affaire. Ce mariage, selon ses mots n'est qu’une " une indécence convenue", et a l'avantage de l'insérer dans la société, qui deviendra, par la suite, sa seule raison de vivre.

La jeune épousée impose au marquis de vivre à Paris. A chacune de leurs sorties, de beaux messieurs entourent la jeune marquise, et -ce qui sidèrent le mari- cherchent véritablement à attirer ses grâces. Le mari rentré dans sa province, elle a de nombreuses liaisons et mène une vie des plus dissolues dans les salons de la Régence.

Elle fait le choix d'un amant, de haute position sociale, Charles-Jean-François Hénault, président de la 1re chambre des enquêtes du Parlement de Paris et ami de la reine, qui l'introduit chez la duchesse du Maine qui régente alors les plaisirs à la cour de Sceaux. Elle fait la connaissance de Voltaire qui restera son ami toute sa vie.

jean-francois-de-troy--lecture-de-moliere-detail.jpgSans doute Hénault, ne peut échapper à la fascination qu'il éprouve pour elle, mais il se défie … elle est trop redoutable !

Elle lui écrit :" Tous vos sentiments pour moi sont d'autant plus beaux  qu'il n'y en a pas un qui soit naturel. Pour moi, je suis fâchée de ne pas vous voir mais je supporte ce malheur avec une sorte de courage parce que je crois que vous le partagez pas beaucoup  et que tout vous est assez égal."

 Mais quand il lui écrit qu'un soir," il faisait le plus beau temps du monde, la lune était belle, mon jardin semblait vous demander. Enfin, je vous regrettais d'autant plus que je vous pouvais vous prêter des sentiments qu'il n'y a que votre présence seule qui puisse détruire "
Elle lui répond: " C'est le clair de lune, ce sont certaines circonstance qui font que vous me désirer ...moi je vous désire partout . Je n'ai ni tempérament ni roman ".

Délicatement, mais résolument, après plus de 15 ans d'apprentissage mondain, Mme du Deffand va peu à peu reprendre sa liberté, malgré les véhéments appels de la duchesse du Maine. Elle est décidée à ouvrir son propre salon.

La-cour-du-roi-Louis-XV--1715-1774--au-chateau-de-Versaill.jpg

Chronologie:

1715-1723 : La Régence

1743 : Mort de Fleury. Louis XV assume à lui seul le pouvoir.

1745-1764 : Liaison de Louis XV avec une bourgeoise, Jeanne Poisson, qu'il fait marquise de Pompadour et l'installe officiellement à Versailles. Pendant 20 ans, c'est elle qui gouvernera.

1751-1772 : Publication de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert; dictionnaire universel. La plupart des écrivains et savants ont contribué à sa rédaction (Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Buffon, Quesnay, Turgot, etc).

1756-1763 : Guerre de sept ans. Les alliances s'inversent. L'Angleterre s'allie à la Prusse et la France à l'Autriche. La Grande-Bretagne entreprend une guerre coloniale et maritime contre la France.

1763 : Traité de Paris qui met fin à la guerre de sept ans. Louis XV cède aux Anglais le Canada, la rive gauche du Mississipi, une partie des Antilles françaises, les comptoirs du Sénégal et renonce à l'Inde.

1774 : Mort de Louis XV.

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Interdit de séjour à Versailles par décret du roi Louis XV, Voltaire recevait à sa table de Ferney les grands esprits de l'époque. Sur ce tableau de son ami Jean Huber (1721 - 1786), on peut reconnaître Diderot à droite du vieux philosophe et Condorcet à gauche, en discussion avec le père Adam.

1775 : Guerre des farines. Suite à une mauvaise récolte le prix du pain monte. Des bandes armées pillent les boulangeries de Paris et de Versailles.

1776 : Abolition des corporations et de la corvée royale. Disgrâce de Turgot à la suite de ces mesures qui lui ont valu beaucoup d'ennemis.

1776 Ministère de Necker qui poursuit les réformes comme l'abolition du servage.

1781 : Necker est lui aussi disgrâcié.

1787 : L'assemblée est dissoute.

1788 : Révolte de la magistrature. Rappel de Necker.

5 mai 1789 : Convocation des Etats Généraux. Le Tiers Etat demande dans ses Cahiers de Doléances la mise en place d'une constitution qui limite les pouvoirs du roi, définit les droits du peuples et abolit les privilèges de la noblesse et du clergé.




 

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