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Les salons au XVIIIème siècle …

Publié le par Perceval

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Voilà plusieurs jours, que je me perds dans les salons littéraires et mondains de cette période étrange de la fin de l'ancien régime...

La cour a sans doute perdu son éclat, pour que l'on soit ainsi attiré vers les salons, les cafés ou les clubs... On y rencontre les plus grands intellectuels : savants et écrivains … Ce qui est étonnant c'est la liberté des propos qui s'y affichent …

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L'aspect divertissant des propos prime ; il s'agit de raconter des événements, d'expliquer des faits, de discuter des opinions... et tout cela sans lasser l'auditoire.

On y célèbre parfois l'insolence et la gaieté...

 Le marquis de Bombelles écrit en 1788 dans son Journal : « [le baron de Breteuil] ne revient pas de tout ce qu’il voit, de tout ce qu’il entend : nombre de nos amis deviennent fols ; quiconque ose élever la voix en faveur des anciennes formes est regardé avec dédain, et l’on regardera bientôt comme synonymes les qualifications de bête ou de royaliste. » Les inventaires montrent que les trois quart des bibliothèques nobles parisiennes de la seconde moitié du XVIIIe comportent des ouvrages interdits soit sur le plan politique, soit religieux...

 

Parmi les nombreux salons littéraires qui sont ouverts à Paris en ce milieu du XVIIIe siècle, il faut citer d’abord celui de la marquise Marie du Deffand (1697-1780), dont la rare et solide raison qu’elle apportait dans les causeries et discussions auxquelles elle présidait était encouragée par Voltaire en ces termes : « Ce qui est beau et lumineux est votre élément ; ne craignez pas de faire la disserteuse, ne rougissez point de joindre aux grâces de votre personne la force de votre esprit. »

La marquise du Deffand représente le siècle avant Jean-Jacques Rousseau et Julie de Lespinasse le siècle après l’invasion du roman en toutes choses.

Une-Soiree-chez-Madame-Geoffrin-par-Gabriel-Lemonnier.jpgUne Soirée chez Madame Geoffrin par Gabriel Lemonnier

Le salon de Marie-Thérèse Geoffrin a moins de portée littéraire … Elle veut éviter l’imprévu dans la causerie, en mettant toujours en présence les mêmes personnes, et divise les habitués de son salon en trois catégories. Le lundi, elle reçoit les artistes, peintres, sculpteurs, architectes ; le mercredi, les gens de lettres et les savants parmi lesquels on distingue surtout Diderot, d’Alembert, Dortous de Mairan, Marmontel, Raynal, Saint-Lambert, Thomas, d’Holbach, de comte de Caylus, etc.

À côté de ces salons du XVIIIe siècle, il y a aussi ceux de Louise d'Épinay, et de Doublet de Persan. On voit, dans le salon de Louise d’Épinay qui est restreint à un petit cercle de hommes de lettres et de philosophes les plus éclairés :le baron Grimm, Diderot et d’Holbach.

Chez l’actrice distinguée de la Comédie-Française :Jeanne-Françoise Quinault, dite Quinault Cadette se retrouvent un grand nombre d’habitués, parmi lesquels on distingue des hommes de lettres comme d’Alembert, Diderot, Duclos, Rousseau, Destouches, Marivaux, Caylus, Voltaire, Piron, Voisenon, Grimm, Lagrange-Chancel, Collé, Moncrif, Grimod de La Reynière, Crébillon fils, Saint-Lambert, Fagan de Lugny, l’abbé de La Marre, le chevalier Destouches et des hommes de pouvoir comme Maurepas, Honoré-Armand de Villars, le duc de Lauragais, le duc d’Orléans, le Grand Prieur d’Orléans, le marquis de Livry, Antoine de Fériol de Pont-de-Veyle etc... La conversation a lieu surtout à table, au souper. Au milieu de la table est une écritoire dont chacun des convives se sert tour à tour pour écrire un impromptu.

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Suzanne Necker (1737-1794 ) ne put jamais se livrer à son goût pour l’écriture, que son mari estimait ne pas ressortir de la condition féminine. Elle prend soin, parallèlement, de donner à sa fille - la future Madame de Staël - une excellente éducation, bien supérieure à celle dont bénéficiaient les jeunes filles de son milieu à la même époque.

Il ne faut pas non plus oublier le salon de la marquise de Turpin, où se trouvent Favart, Voisenon et Boufflers, et où l’on vient de fonder l’ordre de la Table ronde, qui a produit le petit recueil intitulé la Journée de l’amour.

Enfin, à la veille de la Révolution, on trouve encore le salon de Suzanne Necker, où Germaine de Staël, alors enfant prodige, s’entretient avec Grimm, Thomas, Raynal, Gibbon, Marmontel : et le salon de Anne-Catherine Helvétius, connu sous le nom de « Société d’Auteuil », et qui rassemble Condillac,d’Holbach, Turgot, Chamfort, Cabanis, Morellet, Destutt de Tracy, etc.

 


Oui... Il y a de quoi faire tourner la tête, et jusqu'aujourd'hui, si l'on en croit tous les passionné(e)s de cette période... Également, tout récemment au théâtre : L’Antichambre de Jean-Claude Brisville dans une mise en scène de Christophe Lidon, avec Danièle Lebrun et Sara Biasini... lebrun.1241810494.jpg

 

 

Nous sommes dans un salon à Paris vers 1750 au temps des encyclopédistes. Mme du Deffand, aussi réactionnaire que libertine, engage sa nièce Julie de Lespinasse comme lectrice car elle n’y voit plus clair...


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