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Les passions d' Anna de Noailles

Publié le par Perceval

Roumaine et Grecque de par ses origines, la princesse Brancovan,  - née à Paris le 15 novembre 1876 -  évolue au coeur de la vie mondaine parisienne au commencement du XXe siècle. Elle est la fille du prince Grigore Bibescu-Basarab. Sa mère est la pianiste grecque Raluca Moussouros, à qui Ignacy Paderewski dédia nombre de ses compositions.

Son enfance s'écoulera entre les jardins d'Ile de France et les bords du lac Léman. "La petite  « Ville d'Evian en Savoie... est pour moi le lieu de tous les souvenirs. C'est là que j'ai dans mon enfance tout possédé et dans l'adolescence tout espéré. »

anna de Noailles 1

 

L'abbé Arthur Mugnier, pour certains l'aumônier des salons de l'époque, a joué un rôle déterminant dans la conversion de la princesse Bibesco au catholicisme.

La jeune Anna de Brancovan se marie le 17 août 1897 avec le comte Mathieu de Noailles.

En cette fin de siècle survient le scandale du Capitaine Dreyfus. Elle prend parti, s'enthousiasme et devient dreyfusarde de la première heure.

Elle publie son premier livre en 1901 à l'âge de 25 ans : "Le Cœur innombrable", succès considérable qui dépassera toutes les espérances de l'auteur. Ensuite paraît "L'Ombre des Jours" (1902) Il faudra attendre six années pour recevoir ce qui reste le chef-d'œuvre de l'auteur :"Les Vivants et les Morts" (1913).

Anna de Noailles fait partie de la troupe des jeunes intrépides aux côtés de Liane de Pougy et de Marcel Proust.

Ecrivain Charles Demange, neveu de Maurice Barrès se suicide en 1909, suite à ses amours déçues.

Henri FranckElle a une liaison avec Henri Franck (mort en 1912), poète patriotique proche de Maurice Barrès, frère de Lisette de Brinon.

 

Elle entretient une correspondance et une relation amoureuse avec Maurice Barrès ( cet amour lui inspira Un Jardin sur l'Oronte (mai 1922) roman qui choqua nombre de ses lecteurs catholiques. ). Il écrit encore que cet amour « leur a rendu la vie impossible, la mort négligeable et l’éternité nécessaire ». Il la quitte en 1908 et rompt en 1909. Ils se réconcilient en 1916.

Maurice Barrès, parlant d'Anna :

Maurice Barrès 1923 -         " Parfois elle est tout le sérail, elle s'enveloppe de soies la tête ; elle se pelotonne : quelle émotivité : éternelle Esther qui défaille sans cesse."

 

Anna écrit au cours du séjour de Barrès à Amphion :

 -         " Nous étions l'un près de l'autre. Nous nous taisions. Nous n'avions rien à nous dire si grande était la communion de notre esprit."

 

Anna de NOAILLES

Recueil : "Poème de l'amour"

Le plus hanté des deux amants
A moins besoin de son ivresse
Que de voir faiblir son tourment.
Il lui faut que cet excès cesse !

— Je ne veux pas mourir avant
De t’avoir trouvé moins charmant…

 

Au début du XXe siècle, son salon de l’avenue Hoche attire l’élite intellectuelle, littéraire et artistique de l’époque parmi lesquels Edmond Rostand, Francis Jammes, Paul Claudel, Colette, André Gide, Maurice Barrès, Frédéric Mistral, Robert de Montesquiou, Paul Valéry, Jean Cocteau, Alphonse Daudet, Pierre Loti, Paul Hervieu, l’abbé Mugnier ou encore Max Jacob. C’est également une amie proche de Clemenceau.

  anna de Noailles princesse

 

"Poèmes de l'Amour" paraît en 1924. Le recueil comporte 175 poèmes qui résument un amour mal vécu; ils sont inspirés en grande partie par la rencontre d'Anna de Noailles avec Maurice Chevallier, dont elle tombera amoureuse. François Mauriac dira à propos de ce livre "qu'il est une analyse impitoyable de l'amour".

La Comtesse de Noailles meurt le 30 avril 1933 à Paris, entourée de son mari Mathieu de Noailles, de son fils et de sa belle-fille. La Troisième République lui accorde des funérailles officielles.

J'écris pour que le jour où je ne serai plus

On sache comme l'air et le plaisir m'ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Comme j'aimais la vie et l'heureuse Nature.

Attentive aux travaux des champs et des maisons,
J'ai marqué chaque jour la forme des saisons,
Parce que l'eau, la terre et la montagne flamme
En nul endroit ne sont si belles qu'en mon âme !

J'ai dit ce que j'ai vu et ce que j'ai senti,
D'un cœur pour qui le vrai ne fut point trop hardi,
Et j'ai eu cette ardeur, par l'amour intimée,
Pour être, après la mort, parfois encore aimée,

Et qu'un jeune homme, alors, lisant ce que j'écris,
Sentant par moi son cœur ému, troublé, surpris,
Ayant tout oublié des épouses réelles,
M'accueille dans son âme et me préfère à elles…

Anna de Noailles
L'Ombre des Jours
Calmann-Lévy, 1902

 

Voir Aussi:

ANNA DE NOAILLES ET MAURICE BARRÈS : CORRESPONDANCE -1/3-

ANNA DE NOAILLES ET MAURICE BARRÈS : CORRESPONDANCE -2/3-

ANNA DE NOAILLES ET MAURICE BARRÈS : CORRESPONDANCE -3/3-

Commenter cet article

Anis 12/03/2012 07:06

Je la connais depuis très peu de temps. Il faut dire que toutes ces dames ont été pas mal oubliées. Tes photos sont très belles.

Perceval 12/03/2012 17:02



Le XIXème siècle n'a pas été tendre avec les femmes.. Par contre de fortes personnalités féminines ont réussi à débloquer le carcan... Et quelles femmes !