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Les nombreuses vies de Cristina Trivulzio Belgioioso -3-

Publié le par Perceval

En 1852, la princesse Cristina di Belgiojoso traverse seule la Turquie pour se rendre en Terre sainte. Souhaitant se documenter sur la région et y faire un pèlerinage, elle s’était en réalité imposé un exil volontaire pour fuir les autorités autrichiennes qui contrôlaient la Lombardie.

Cristina-Trivulzio-Belgioioso-Francesco_Hayez_034.jpgElle se rend d’abord à Athènes, puis en Turquie, où elle achete une petite ferme dans la vallée d’Eiaq-Maq-Oglou, sur les rives du Bosphore, à deux heures de cheval d’Ankara….

En janvier  1852, elle entame un périple à cheval de onze mois à destination de la Syrie et de la Palestine, accompagnée par sa fille ( illégitime ) Maria, sa domestique anglaise Mrs Parker, et l’un des fils d’Osman ( le vendeur de la ferme ). En chemin, elle visite des harems, administre des médicaments, s’intéresse aux coutumes locales, et discute les affaires du monde avec des muftis qui vivent dans des contrées reculées. Les difficultés liées aux voyage en hiver – les pièces enfumées par les braseros, l’âpreté du froid qui entrave les déplacements à cheval et la neige qui masque les pistes – sont un sujet qui reviennent régulièrement. Elle pose constamment des questions sur la vie des femmes turques, arméniennes ou syriennes.

Son itinéraire à travers la Syrie la conduit à Latakia et à Beyrouth, puis à Sidon où elle séjourne au Khan des français où s’était arrêtée Hester Stanhope ( 1776-1839) trente ans auparavant…

Indépendante, Cristina voyage avec une détermination et une confiance en elle tout à fait perceptibles dans ses articles publiés dans la Revue des deux mondes comme dans son livre Asie mineure et Syrie, souvenirs de voyage

Cristina-Trivulzio-di-Belgioioso-copie-1.jpgUn de ses employés, dans la ferme où elle retourne en décembre, parce qu’il avait été réprimandé par la gouvernante anglaise avec qui il avait eu une relation, aveuglé par la haine frappe Cristina de cinq coups de couteau en Juillet 1853. Les blessures ne sont pas fatales, mais à partir de cette mésaventure , elle se trouve trop affaiblie et préfère retourner en Italie, trois ans plus tard…


En Novembre 1855, elle se rend à Paris. Sa relation avec Mignet est éteinte. En Novembre 1860 elle vend la maison de Paris.

Elle tente de faire reconnaître sa fille à son mari, en vain ;  Emilio meurt de la syphilis

Mary a déjà vingt ans, n'a pas encore de nom... Elle se marie avec un marquis : Trotti  (24 Janvier 1861), un veuf, avec le plein assentiment de Cristina

Elle achète une villa à Blevio où elle a déménagé avec son fidèle Bodoz, le serviteur turc, qui l'a suivie pendant vingt ans, et Miss Mary Ann Parker, la gouvernante anglaise, qui avait vécu avec elle et sa fille depuis 1839.

Elle est morte en 1871, à seulement 63 ans dans la maison de sa fille à Milan. Elle fut enterrée à Locate, où elle demeure aujourd'hui.

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