Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les liaisons dangereuses de Mme de Genlis -2-

Publié le par Perceval

Mme-de-Genlis.jpgPuis brutalement, - à trente ans - Madame de Genlis se retire dans un petit couvent de province pour élever et éduquer les quatre enfants de la duchesse de Chartres. Elle reste encore la maîtresse du duc d’Orléans (futur Philippe Egalité), pour un temps, avant de rester toujours la conseillère.

Elle s'engage à fond, pour une restauration de la primauté de la religion, s'en prenant à tous les philosophes de son époque( Montesquieu, Voltaire, d'Alembert et Diderot). A l'intention du petit Louis Philippe, elle écrit «  La religion considérée comme l'unique base du bonheur et de la véritable philosophie »

Amusante anecdote : On lui attribue l'écriture des « Liaisons dangereuses », ouvrage non signé... y reconnaissant le style de sa liaison, son personnage, ses habitudes … ! Le scandale est prêt à tomber, quand on découvre l'auteur... Laclos, était un intime du duc d'Orléans...

En 1789, Madame de Genlis est à la tête d'un véritable pensionnat, à Saint-Leu.

 

Souvenirs de Madame Louise-Élisabeth Vigée-Lebrun:

Vigee-Lebrun-_Marie_Louise_Elisabeth_-_Self-Portrait_in_a_.PNG
Marie Louise Elisabeth Vigée-Lebrun Autoportrait avec un turban, et sa fille 1786

« J'ai connu madame de Genlis avant la révolution. Elle vint me voir, me présenta aux jeunes princes d'Orléans, dont elle faisait l'éducation, puis, peu de temps après, elle m'amena Paméla, qui me parut aussi jolie qu'on peut l'être. Madame de Genlis était coquette pour cette jeune personne, dont elle cherchait à faire valoir les charmes. Je me rappelle qu'elle lui faisait prendre différentes attitudes, lever les yeux au ciel, donner à son beau visage diverses expressions, et quoique tout cela fût fort agréable à voir, il me parut qu'une aussi profonde étude de coquetterie pourrait profiter beaucoup trop à l'écolière.
La conversation de madame de Genlis m'a toujours semblé préférable à ses ouvrages, quoiqu'elle en ait fait de charmants, notamment Mademoiselle de Clermont, que je regarde comme son chef-d'oeuvre. Mais lorsqu'elle causait, son langage avait un certain abandon, et sur plusieurs points une certaine franchise, qui manquent à ses écrits. Elle racontait d'une manière ravissante, et pouvait raconter beaucoup ; car nul, je crois, n'avait vu, soit à la cour, soit à la ville, plus de personnes et plus de choses qu'elle n'en avait vues. Ses moindres discours avaient un charme dont il est difficile de donner l'idée. Ses expressions avaient tant de grâce, le choix de tous ses mots était de si bon goût, qu'on aurait voulu pouvoir écrire ce qu'elle disait. Au retour de mes voyages, elle vint un matin chez moi, et comme elle m'avait annoncé sa visite, j'en avertis plusieurs personnes de ma connaissance, dont quelques-unes n'aimaient point madame de Genlis. À peine eut-elle causé, pendant une demi-heure, qu'amis, ennemis, tout était ravi, et comme enchanté par cette conversation si brillante.
Madame de Genlis n'a jamais dû être précisément jolie ; elle était assez grande et très bien faite ; elle avait beaucoup de physionomie, le regard et le sourire très fin.

Je pense que sa figure aurait pris difficilement l'expression de la bonté ; mais elle prenait toute autre expression avec une mobilité prodigieuse. »

Souvenirs de Madame Louise-Élisabeth Vigée-Lebrun

 

De 1789 à 1791, Madame de Genlis tient un salon (rue de Bellechasse à Paris) , que fréquente le duc d’Orléans, où se retrouvent Talleyrand, David et de jeunes députés de la Constituante comme Lameth, Barère et Barnave, la plupart opposants à la monarchie absolue.. Excitant alors les ambitions du duc d'Orléans, et se brouille ouvertement avec la duchesse, fidèle au Roi.

La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, la réjouit ainsi que le clan des Orléans, de l’affaiblissement de la branche aînée des Bourbons. Cependant, on prétend que c’est sur le conseil de Mme de Genlis que le duc d’Orléans refuse de prendre le pouvoir après l’arrestation de Louis XVI à Varennes (juin 1791).

Marguerite-Gerard-6.jpg
marguerite-gerard-le-present-1785-88.jpg
Installée à Paris depuis le milieu des années 1770, dans l’appartement même de Fragonard au Louvre, Marguerite Gérard (1761-1837) devient l’élève, puis l’assistante et la collaboratrice du maître. 
Surtout connue comme portraitiste, elle s'illustre aussi avec talent dans la peinture de genre, et laisse dans ce domaine plusieurs chefs-d'œuvre, dont La Liseuse (vers 1783 - 1785, Cambridge), La Bonne Nouvelle (vers 1798, collection particulière), Le Petit MessagerLe ConcertL'Heureux Ménage.

Mal vue par les royalistes, mais menacée par les "patriotes", elle juge plus prudent d'émigrer en 1792 .Madame de Genlis s'enfuit en Angleterre pendant la Terreur. Son mari ainsi que Philippe Égalité furent guillotinés. En 1801, Bonaparte l’autorisa à rentrer en France, l’utilisa comme espionne, et la pensionna. 

Mme de Genlis, rentrée à l'époque du Consulat, publia, de 1802 à 1813, quelques ouvrages qui tiennent à sa veine sentimentale et romanesque plus qu'à sa veine pédagogique, et dont quelques-uns ont obtenu un vrai succès : les Souvenirs de Félicie, première esquisse agréable, qu'elle a délayée depuis dans ses intarissables Mémoires ; une nouvelle qui passe pour son chef-d'oeuvre, Mademoiselle de Clermont, et quelques romans historiques, la Duchesse de La Vallière, Madame de Maintenon, Mademoiselle de La Fayette : ce fut son meilleur moment.


Dans ses Mémoires publiés en 1824-1825, Madame de Genlis parle peu de sa vie intime, mais brosse un tableau extrêmement vivant de la société d'Ancien Régime, où l'on rencontre des personnages aussi célèbres que Madame du Deffand, Voltaire, Rousseau, Madame Du Barry, Talleyrand... Témoin d'une histoire tumultueuse qui commence sous Louis XV et s'achève dix ans après la chute de l'Empire, elle évoque avec bonheur les moeurs de la société aristocratique à la veille de la Révolution et apparaît également comme une pionnière du féminisme.

Elle a survécu jusqu'au 31 Décembre 1830, et a vu son ancien élève, Louis-Philippe , assis sur le trône de France.

 

Commenter cet article

Anis 21/03/2013 19:02

Oui, vous avez raison... A la suite de votre article, je suis allée relire la préface du livre que j'avais lu d'elle et effectivement elle est plus fine qu'il n'y paraît.

Perceval 22/03/2013 16:41



Il faut dire, qu'elle a vécu quelques "révolutions" ....!



Anis 20/03/2013 14:31

La lecture de cette vie m'a passionnée : J'avais lu sa préface à Claire d'Albe de Sophie Cottin et le ton moralisateur m'avait beaucoup agacée. Elle était aussi très réactionnaire. je suis étonnée
qu'on la donne pour une des premières féministes, où avez-vous lu cela ?

Perceval 21/03/2013 10:40



Ref: Mémoires [Poche]: Madame de Genlis (Auteur), Didier Masseau (Sous la direction de) 


Effectivement, madame de Genlis, apparaît - aujourd'hui -, comme une une réactionnaire... Même dans «  L'Ecrivain » , ( ce qu'elle est, pourtant ! ), elle valorise plutôt le rôle
traditionnel de la femme ( avec Dorothée) , et dénonce la volonté de la femme de vouloir être comme un homme ( écrivain, par exemple ..). Malgré tout, Me de Genlis, s'est affranchie de ses
règles. Elle a plaidé pour l'éducation des filles... mais elle prévient, la culture va rendre aux femmes la vie difficile … !