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Le mythe de « la Femme » -2/2-

Publié le par Perceval

« L'altérité est une catégorie fondamentale de la pensée humaine. » Simone de Beauvoir1_1_1_14.jpg

Même si tout être humain concilie en lui les deux principes, masculin et féminin... Même si la synthèse reste l'image de la plénitude absolue … L'unité rêvée, nostalgie sans doute d'une synthèse « antérieure », laisse la plupart du temps, place à un conflit de la multiplicité...

La dualité masculin/féminin - essentielle de la nature humaine - se projette magnifiquement, bien sûr, dans le mythe.

Le mythe de l'androgynie, est celui de l'unité retrouvée, celui du retour à la mère, force de vie qui précède la naissance et qui rassure : vie organisée sous la dépendance d'une nature maternelle. L'identification intime de la Terre-Mère avec la femme est caractéristique de toutes les formes de sociétés primitives...

« En particulier quand l'homme devient propriétaire du sol, il revendique aussi la propriété de la femme. Naguère il était possédé par le mana, par la Terre : maintenant, il a une âme, des terres ; affranchi de la Femme, il réclame aussi une femme et une postérité à lui. » Simone de Beauvoir.

 

Ensuite, l'interprétation du mythe, fait le reste ( pas le mythe …) : Aux images premières de la femme-déesse succèdent celles plus troubles et menaçantes, de la femme créée et déchue...etc

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Dans la France du XIIe s. l'amour courtois donne à la femme ce droit inouï jusqu'alors : celui d'élire l'homme qu'elle veut aimer. On cesse de la considérer comme un être impur, on lui reconnaît une âme. Cette époque est celle où la ferveur religieuse s'oriente vers le culte marial...

 Le mythe de « La Femme » re-naît avec l'amour courtois : la dame représente un idéal de perfection d'autant plus élevé qu'elle est plus inaccessible. Et, en se spiritualisant, peut-être, l'amour fait perdre à la femme certains droits …

C'est une première bataille des féministes qui s’organise avec la querelle du Roman de la rose et Christine de Pisan. Ensuite, cet idéal de la Féminité, sera toujours à double tranchant... Finalement, la femme "réelle" y gagne...

Je ne tiens pas à relire l'histoire de la « question féminine »...

Après avoir spiritualisé l'amour, le XVIIIe s, va plutôt libérer l'amour que les femmes.

Pour le XIXe s., je note cette réflexion de Denis de Rougemont (1906-1985) dans Les mythes de l'amour:Clairin-Sarah-Bernhardt.jpg

« Apparue pour la première fois aux lisières médiévales de l'inconscient, annoncé sous le couvert des symboles et du mythe au XIIe s., animant secrètement dès ce temps la poésie et les premiers romans, l'érotisme n'accède au niveau de la conscience occidentale qu'au début du XIXe : c'est la grande découverte des Romantiques, qui redécouvrent en même temps le lyrisme des troubadours, et plusieurs dimensions du fait religieux »


C'est ainsi, que la tradition bourgeoise s'est refermée sur elle-même... L'entre-deux-guerres, me semble alors reprendre les rôles assignés à la femme et à l'homme, et les faire se confronter, donc évoluer...

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