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La vie romanesque de Lou Andréas-Salomé -2-

Publié le par Perceval

«A toute époque, il m'a semblé qu'un frère se cachait en chacun des hommes que je rencontrais», écrit Lou Andreas-Salomé dans Ma vie.

Lou-Andreas-Salome-3.jpg Après les précautions indiquées dans un article précédent.... Je rappelle: Lou Salomé, arrive à Rome en avril 1882. Elle entre alors dans le brillant cercle d'intellectuels, d'écrivains et d'artistes qu'animait Malwida von Meysenbug, la grande dame du féminisme allemand, amie de Wagner, de Mazzini et du révolutionnaire russe Alexandre Herzen. C'est par son l'intermédiaire que Lou fait la connaissance de Paul Ree. Celui-ci tombe immédiatement amoureux d'elle et lui propose le mariage. Leurs infinies discussions, leurs pérégrinations «sous la clarté de la lune et des étoiles» annoncent, aux yeux de Malwida, une merveilleuse idylle.

Lou Salomé, elle, rêve à l'amitié, en une alliance tripartite philosophique.

( …) Et, une telle «communauté», elle veut vraiment la fonder, avec Paul, Malwida, et d'autres «frères», pour vivre une expérience de liberté. Malwida refuse. Paul Ree, est partant, il avait déjà fait, avec un ami, Friedrich Nietzsche, le projet d'une «Eglise invisible» qui réunirait des esprits choisis, communiant dans les mêmes valeurs.

Je passe ...(…) pour arriver à ceci: Nietzsche «Je renonce volontiers à toute intimité et à toute proximité, si seulement je puis être assuré de ceci: que nous nous sentions unis en ce à quoi les âmes communes n'accèdent pas.» Lou, pendant les trois semaines de leur séjour à Tautenburg, s'enivre à l'annonce de la mort de la métaphysique qui rend à l'homme les énergies investies dans la religion et la morale, et Nietzsche, «associe sa compagne à l'exploration de cette Amérique»

 

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Friedrich Carl Andreas: L'éternel mari de Lou, est un homme très réservé, professeur de langues orientales, un grand savant, expert en histoire, en sciences naturelles, en archéologie, en zoologie, et un médecin extraordinaire, qui usait de techniques peu orthodoxes, empruntées aux phytothérapies traditionnelles, au totémisme, à l'ésotérisme. En plus de quarante de vie conjugale, il n'aura pas le moindre rapport sexuel avec Lou.

En juin 1887, Salomé se marie avec un homme qui la fascinait par ses connaissances et l'absence de conformisme : l'orientaliste réputé Friedrich Carl Andréas (Lou a 26 ans. Friedrich Carl Andreas 41ans. Ils resteront mariés près de quarante-trois ans. ) ; et c'est - celui qu'elle a aimé et vénéré comme dieu – le pasteur Gillot – qui la marie. Gillot ignore que l‘union n'était pas et ne serait jamais consommée... ( Finalement, elle n'a pu respecter cet engagement … !) Elle souhaitait que ce mariage ne change rien de sa relation avec Paul Rée, à qui elle estimait ne pas pouvoir dire que son mariage excluait l'amour physique, car cette révélation au sujet de ce contrat aurait pu écorner limage d'Andréas aux yeux des hommes.

 

En 1892, elle rencontre à Berlin un journaliste marxiste, Georg Ledebour qui sort alors de prison où l'avait conduit ses activités politiques. Il deviendra d'ailleurs le fondateur du Parti Social-démocrate allemand. Il se rend compte de la particularité de l‘union de Friedrich Carl et de Lou. il devient son premier amant, elle a 30 ans.

Friedrich-Carl ne supporte pas cette liaison. Lou préfère rompre afin d'éviter une confrontation violente entre les deux hommes. Ne réussissant pas encore une fois à former un trio. elle souffre de décevoir et son amant et son mari. Après cette rupture avec Georg Ledebour. Lou voyage...

 De plus en plus célèbre, auteure reconnue de commentaires de l'oeuvre de Nietzsche, de romans et d'essais remarqués sur l'érotisme ou les héroïnes du théâtre d'Ibsen, Lou, partout où elle passe, provoque l'émoi, de Rome à Vienne, de Paris à Berlin.

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Figures de femmes dans Ibsen, de Lou Andréas-Salomé:

En 1892, Lou Andreas-Salomé publie un des tout premiers essais consacrés de son vivant à l'oeuvre du dramaturge Henrik Ibsen. L'ouvrage, qui mêle littérature,critique et poésie, fut vivement loué par la critique allemande de l'époque, qui salua sa finesse et sa pertinence. Dans ces pages, la femme de lettres germano-russe restitue avec une justesse époustouflante l'âme et le destin des héroïnes qui illuminent les six drames familiaux d'Ibsen (Nora, Helene Alving, Hedwig, Rebecca, Ellida et Hedda). En évoquant ses contemporaines imaginaires, c'est d'elle-même, et de toutes les femmes, que parle Lou Andreas-Salomé.

Henrik Ibsen ( 1829-1906 )

 A Paris. elle s'intéresse au ‘Théâtre libre » d'Antoine, qui est la réplique de celui de Berlin fondé à la même époque et dont elle a fréquenté les animateurs et les auteurs. Elle écrit un essai au sujet des héroïnes d'Ibsen qui, très ébloui par la jeune femme, l'avait pris pour modèle lorsqu'il écrivit Hedda Gabler: Lou n'aime pas du tout ce personnage féminin. Elle rencontre d'autres écrivains scandinaves à Paris : Knut Hamsun et Hermann Bang. Elle connaissait déjà Strindberg qu'elle admirait.

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Frank Wedekind et Tilly Newes ( son épouse ) jouent tous deux dans 'Lulu' 1905

Frank Wedekind Le dramaturge connaît Lou à Paris, en 1894, en partage la bohème et la folle vie nocturne. En échange de sa passion, Lou lui donne assez peu. Elle raconte l'épisode parisien avec Wedekind dans Fenitschka. Wedekind, lui, en tirera Lulu, dont Alban Berg fera un opéra.

 

 

Elle a une liaison avec Frank Wedekind et fréquente les milieux interlopes de Paris. A cette époque, Lou est déjà célèbre et lancée dans les milieux artistiques et intellectuels où son intelligence sa culture. sa beauté et sa grande féminité la font remarquer. A Paris, elle écrit beaucoup : des fictions, des nouvelles et des pièces de théâtre qui contiennent des éléments directement autobiographiques.

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Lou Andreas-Salomé - romancière, essayiste, psychanalyste et poète - voulut toute sa vie parvenir à la connaissance de soi par d'autres.

Ses oeuvres avant 1900:

  • Im Kampf um Gott (1885)
  • Henrik Ibsens Frauengestalten (1892)
  • Friedrich Nietzsche in seinen Werken (1894)
  • Ruth (1895)
  • Jesus der Jude (1895)
  • Aus fremder Seele (1896)
  • Fenitschka (1898)
  • Eine Ausschweifung (1898)
  • Menschenkinder (1899)

Lou fait paraître en 1885 son premier roman, Une lutte pour Dieu, sous le pseudonyme d'Henri Lou, qui la rend célèbre dans l'Europe littéraire. Le roman retrace abondamment, même sous la forme déguisée de fiction, des pans entiers de la relation triangulaire complexe de Paul Rée, Nietzsche et elle-même.

Les Personnages féminins d'Ibsen (1892) forment son premier ouvrage savant. Parallèlement à ces travaux littéraires, Lou Andreas-Salomé s'adonne de 1891 à 1898 à des essais sur la religion. Le texte de 1896 notamment, Jésus le Juif, est lu par Rainer Maria Rilke qu'elle ne connaît pas encore. Le roman Ruth (1895) relatant, là aussi par le déplacement de la fiction, son premier amour pour le pasteur Hendrik Gillot, affermit une nouvelle fois sa renommée littéraire.



 

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