Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La plage au XIXème siècle

Publié le par Perceval

Le séjour à la mer est à la fois cure, contemplation, acte social et loisir.

baigneurs-sur-la-plage-de-Trouville-d--Eugene-Louis-BOUDIN.jpg

Baigneurs sur la plage de Trouville, d' Eugène-Louis BOUDIN  - 1869

Les aristocrates et bourgeois qui, au XIXe siècle, « forment le monde des baigneurs par excellence », aiment retrouver dans les stations de la Manche (et bientôt de l’Atlantique) les hôtels de luxe, les hippodromes, les casinos, les théâtres, les promenades et les régates auxquels ils sont habitués.

Claude-Monet--Les-Barques.-Regates-a-Argenteuil--detail-.jpg

Claude Monet, Les Barques. Régates à Argenteuil (détail)

Jusqu’aux années 1930, seule une clientèle fortunée peut goûter les plaisirs de la plage ; et c’est naturellement une atmosphère aristocrate que Proust célèbre lorsqu’il décrit, au début du siècle, le lieu de ses vacances de jeune homme, Balbec (ville inspirée de Cabourg), avec ses femmes aux toilettes recherchées, son Grand-Hôtel, son casino et sa digue sur laquelle il voit défiler des jeunes filles « en une procession sportive, digne de l’antique et de Giotto » (A la recherche du temps perdu, t. II, A l’ombre des jeunes filles en fleurs, Gallimard, nrf, 1919, p. 113 et 99).

Plage-de-Grandville-d--Eugene-ISABEY.jpg

Plage de Grandville d' Eugène ISABEY 1863

La Plage de Granville d’Isabey n’est pas le théâtre de conversations mondaines ni de plaisirs silencieux, mais le lieu d’une tempête qui jette sur la mer et les falaises ses teintes grises, beiges et noires : le vent de mer pousse de sombres nuages vers la côte, agite la mer, fait claquer les drapeaux (rouges, précisément) et décoiffe les baigneuses, ce qui n’empêche pas ces dernières de demeurer sur le rivage ou même dans l’eau, chahutant et faisant la ronde, à l’intérieur de cette zone « pour les femmes seules » qui leur est réservée. Elles portent des costumes complets qui leur font sacrifier leur beauté à la décence, comme le déplore Alphonse Karr en 1841 : « Avec leur costume de laine, leur veste, leur pantalon et leur bonnet de toile cirée, [les baigneuses] semblent une foule de singes teigneux qui gambadent sur la plage. » (Cité par G. DESERT, La Vie quotidienne sur les plages normandes du Second Empire aux années folles, Hachette, 1983, p. 176).

Sources: Ivan JABLONKA sur le site l'Histoire par l'Image.

Commenter cet article