Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La jeune Tarentine -2- Controverse

Publié le par Perceval

Alexandre Schoenewerk, s'est inspiré d'un poème d'André Chénier narrant la mort de la jeune Tarentine emportée par une vague avant de retrouver son amant.

On dit que Myrtho la Jeune Tarentine est morte dans les bras d’un Alcyon au petit matin de sa nuit d’amour avec Eros. On dit qu'elle s'est offerte sans retenue aux bras, aux mains et aux lèvres de Eros, et qu'elle s’est livrée à toutes ses caresses. Ainsi, Myrhto aurait vécu une première mort de plaisir…

De son corps vaincu par les caresses, il ne reste plus de force, que celle … de sa main … Elle esquisse une dernière caresse dans l’air …avant de sombrer dans le sommeil de l’amour…

 

Alexandre Schoenewerk - La Jeune Tarentine - montage 2

 

« …A côté, il y a une pâmoison de marbre que le public attendri entoure avec recueillement. C’est La Jeune Tarentine, de M. Schoenewerk. Voilà qui est délicat. L’artiste a couché sur un roc cette amante dont nous parle André Chénier, qui allait à l’amour et qui ne rencontra que la mort ; la vague ne roule que son cadavre sur la rive, où l’attendait le bien-aimé.
La hanche haute, la tête renversée, la face déjà amollie et comme effacée par l’eau, le cadavre se dissout d’une façon toute tendre et toute poétique ; il est mûr pour quelque morgue de l’idéal. Les dames en soie grise et les messieurs décorés sont charmés de cette délicatesse dans la putréfaction… »

E. Zola – Compte-rendu du Salon de 1872

La controverse aujourd'hui, concernerait l'objet présenté, en tant que représentation d'une femme-objet, abandonnée au seul plaisir des hommes-en-quête-de-volupté... ?femme-nue-photographiee-sea-sex-sun.jpg

Mais faut-il, alors s'insurger contre la littérature, la sculpture, la peinture ?

 Y aurait-il, dans toute œuvre masculine, qui utiliserait le nu féminin, la double figure de la femme: « ange et pute », et conforterait-elle à tout jamais la culpabilité de l'homme qui « viole et tue », et la position de la femme qui ne peut que pleurer ( sous son voile...) ?

 L'artiste, ou le photographe qui « aime capturer » la beauté, ne devrait-il pas se sentir obliger de rendre des comptes ? Jusqu'où pourrait-il ainsi instrumentaliser ( même par le regard ) le corps d'un(e) autre ? Ici, c'est pratique, il ne nous reste plus que la statue … à photographier... !

C'est vrai, aussi, que photographier une femme nue, semble si banal, qu'on imagine que le modèle y trouve son compte … ?

8141346665030.jpgLa nudité, dans nos sociétés habillées ( avec tout cet argent mis pour plaire et séduire, aussi …) est une pratique « privée. Ce qui est alors exhibé est « excitant » pour l'homme, et comment la femme peut-elle partager ce plaisir qui - pour elle- évoque la passivité abusée (abusive) de la femme « exposée », et qui sans doute, la renvoie elle-même à des tas de questions non résolues ?

Pourrait-on comprendre et concilier, à cette occasion, la sexualité masculine et la sexualité féminine... ?

Il nous faut, sans doute, plaider pour la liberté du regard mais lui adjoindre un questionnement honnête sur les enjeux de l’image partagée. Un corps humain n’est pas un lampadaire et sa représentation ne laisse personne neutre. Celle-ci véhicule des valeurs sociales et une hiérarchie des droits de regard et d’exposition qu’il convient de questionner de temps en temps.  

Sources: utilisation d'un article et des commentaires, du site d'Ossiane: http://ossiane.blog.lemonde.fr/ , pour étayer cette controverse ...


Commenter cet article