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La femme est l'avenir de l'Eglise ...

Publié le par Perceval

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Le 18 avril 2012, le cardinal américain William Levada, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, demande, à la suite d’un rapport de Mgr Leonard Blair, évêque de Toledo (Ohio), CTA-LCWR.JPGune refonte complète de la Leadership Conference of Women Religious (LCWR), la plus importante organisation de religieuses américaines, regroupant 57 000 religieuses : celle-ci ferait face à une crise pastorale et doctrinale « grave », beaucoup de religieuses américaines s’étant éloignées du « centre christologique fondamental et de l’attachement à leur consécration religieuse »

 

Une fois de plus, elles font parler d’elles. Les Sœurs de la Miséricorde, l’une des congrégations religieuses les plus importantes aux États-Unis, bien connues pour leurs positions progressistes, ont manifesté publiquement leur soutien à Roy Bourgeois, un prêtre que le Saint-Siège vient d’excommunier et de réduire à l’état laïc pour avoir participé à l’ordination d’une femme prêtre. « Son engagement en faveur du rôle des femmes dans l’Église reflète le nôtre », ont même précisé les religieuses, au risque de jeter de l’huile sur le feu, au moment où Rome a demandé explicitement à leur organisation représentative, la Conférence des supérieures des religieuses (LCWR), de revoir ses positions doctrinales « erronées » (lire La Croix du 19/04 et 18/12/2012)

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Sister Maryanne O’Neill interviews a family applying for help at the Brother Andre Outreach Center


 « Nous avons pris Vatican II très au sérieux », assure Sœur Maureen Fiedler, qui anime chaque semaine un programme de radio interreligieux. Elle-même est entrée dans la congrégation de Lorette un mois avant l’ouverture du Concile. « Nous avons mis à jour nos vies en intégrant le message de justice et de paix du Concile. Nous avons puisé aussi à la source des intuitions de nos fondatrices pour répondre aux signes des temps et aux besoins des personnes à la marge dans notre société. »

« Dans nos communautés, explique Sœur Simone Campbell, présidente du réseau de promotion de la justice sociale Network, à Washington, nous sommes passées d’un mode de vie hiérarchisé à un gouvernement fondé sur le dialogue et la concertation. Nous avons appris à écouter profondément les mouvements de l’Esprit Saint pour parvenir à une décision. Notre obéissance religieuse n’est pas militaire ! Nous vivons dans une démocratie alors que Rome fonctionne comme une monarchie. »Jesus-with-the-Nuns.png

Elles dénoncent plus ou moins ouvertement la « domination des mâles »,la « patriarchie ». « Beaucoup d’entre nous se sont engagées dans la société pour défendre l’égalité des sexes, ce qui nous a conduites à revendiquer les mêmes droits dans l’Église, plaide Sœur Maureen Fiedler. Certes, certaines femmes ont de hautes responsabilités dans les diocèses. Mais elles n’ont pas leur mot à dire sur les décisions doctrinales ! »

« La vie est bien plus compliquée que les étiquettes “pro life” ou “pro choice”. Quand on est au plus près des gens, on partage leurs conflits intérieurs, et on ne peut s’enfermer dans une position doctrinale », argumente Sœur Pam, assistante sociale à Southbend dans l’Indiana. « Nous travaillons aux marges, et les situations que nous rencontrons ne sont pas écrites dans les livres. Nous cherchons à écouter l’Esprit Saint pour prendre la meilleure décision », résume Sœur Mary Tiernan.

 

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Source: " La Croix " du 18 décembre 2012, et sites des religieuses LCWR

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