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La femme au XIXème : entre "péché" et volupté...

Publié le par Perceval

 Julius-Stewart-redemption.JPG

Le regard bleu de la jeune femme semble stupéfait et fixe devant elle une vision qui paraît la pétrifier. Nous voyons cette apparition d’un Christ en croix, en reflet dans un miroir qu’est juste derrière la jeune femme. ( ... )

La moitié droite de la scène est consacrée à une scène qui pourrait se situer dans une maison close. Des jeunes femmes s’amusent ou discutent avec des hommes d’âge mur. L’une allume une cigarette. Au premier plan, dans le long voile noir d’une femme nue de dos, un semis de petites fleurs blanches.

 

La moderne Marie-Madeleine arbore la robe blanche du sacrifice et de la virginité regagnée.

L’iris qui se fane à ses pieds marque l’abandon de la volupté mais la main griffue est le signe d’une ultime tentation diabolique qui l’attacherait encore au monde perdu de la galanterie.

 Rédemption Détail
 Julius LeBlanc Stewart , Etats-Unis, 1855-1919.

Musique de Debussy, Clair de Lune.
 

 

  Clesinger-Femme-piquee-par-un-serpent.jpg  

Jean-Baptiste Auguste Clésinger) (1814 - 1883 ) est un sculpteur et peintre français du XIXe siècle.
Au Salon de 1847, il créa une surprise en présentant  Femme piquée par un serpent, sculpture aux formes avantageuses pour laquelle il a utilisé le moulage directement sur nature ce qui renforce encore son charme érotique au parfum de scandale. Ce modèle, Apollonie Sabatier fut la maîtresse de l'artiste et de Charles Baudelaire parmi d'autres.

 

 

 

Baudelaire : dans Fusées ( recueil de pensées ):


« Moi je dis : la volupté unique et suprême de l’amour gît dans la certitude de faire le mal. – Et l’homme et la femme savent de naissance que dans le mal se trouve tout volupté. »

 

« J'ai trouvé la définition du Beau, de mon Beau.
   C'est quelqueClesinger-Femme-piquee-par-un-serpent-detail.jpg chose d'ardent et de triste, quelque chose d'un peu vague, laissant carrière à la conjecture. Je vais, si l'on veut, appliquer mes idées à un objet sensible, à l'objet par exemple, le plus intéressant dans la société, à un visage de femme. Une tête séduisante et belle, une tête de femme, veux-je dire, c'est une tête qui fait rêver à la fois, — mais d'une manière confuse, — de volupté et de tristesse ; qui comporte une idée de mélancolie, de lassitude, même de satiété, — soit une idée contraire, c'est-à-dire une ardeur, un désir de vivre, associés avec une amertume refluante, comme venant de privation ou de désespérance. Le mystère, le regret sont aussi des caractères du Beau. »

Von-Stuck-et-le-reliquaire.jpg 

 

** BAUDELAIRE  **

 

Quand ' Jeanne Duval ' attire Baudelaire vers le péché de chair, Apollonie-Sabatier-by-Vincent-Vidal-.jpgApollonie ' Me Sabatier ' , le sauve par sa vertu (il lui écrira dans une lettre « Quand je fais quelque chose de bien, je me dis : Voilà quelque chose qui me rapproche d’elle – en esprit. » ; quand il apprécie la sensualité de Jeanne, il quitte Apollonie pour lui avoir cédé et lui écrira un « assassin » :

« il y a quelques jours, tu étais une divinité, ce qui est si commode, si beau, si inviolable. Te voilà femme maintenant. » !…

Apollonie Sabatier par Vincent Vidal -->

 

En février 1842, Charles revient de l'Ile Bourbon (La Réunion), il garde un " goût " pour les femmes "typées"..  Il s'éprend d'une mulâtresse, ivrognesse, vaguement comédienne, sans grande intelligence et au coeur sec. Jeanne Duval sera sa " Vénus Noire " incarnation de 'la femme fatale', sensuelle et exotique.

les-fleurs-du-mal.JPGIl la méprise, elle le trompe sans répit, il est rapidement criblé de dettes et elle lui quémande sordidement, sans arrêt, de l'argent. De ruptures violentes, en réconciliations passionnées, elle reste dans sa vie, et le rejoint d'hôtels en pensions, au fil de ses déménagements répétés.

 Charles_Baudelaire_Jeanne_Duval.jpg 

 

 

 

Jeanne Duval par Baudelaire

   

 

 

 La langoureuse Asie et la brûlante Afrique, Tout un monde lointain, absent, presque défunt, Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique ! Comme d'autres esprits voguent sur la musique, Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.  

 

 
Charles_Baudelaire_Mme_Sabatier.jpg
Que j'aime voir, chère indolente, De ton corps si beau, Comme une étoffe vacillante, Miroiter la peau ! Sur ta chevelure profonde Aux âcres parfums, Mer odorante et vagabonde Aux flots bleus et bruns,



<- Mme Sabatier par Baudelaire

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naguere 27/05/2012 19:07

Très bel article ! Vive Baudelaire ! Sans lui, qui se souviendrait d'Apollonie ???

Perceval 28/05/2012 10:46



Elle fut l'égérie de nombreux artistes ...