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La femme "académique" du XIXème siècle

Publié le par Perceval

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Paul DELAROCHE (1797-1856):  La Renommée distribuant des couronnes.

Projet pour la décoration de l'Hémicycle ou Amphithéâtre d'honneur de l'Ecole des Beaux-Arts (Paris) : La Renommée distribuant des couronnes (1841). Au centre : Ictinous, Apelle, Phidias, 4 femmes symbolisant les périodes de l'art (grec, romain, gothique, renaissance), de part et d'autres peintres, sculpteurs, architectes.  

*****

Le XIXe siècle est le siècle de l'histoire. Certes, depuis la Renaissance les historiens exercent une forte influence, mais c'est après la Révolution française que l'histoire fixe son identité académique. La rupture avec le passé proche, la monarchie et par contre coup le christianisme, semble motiver la référence à un passé lointain. La Révolution conduit à un retour à l'Antique.

 Ernest Lavisse ( 1842-1922, est un historien français, positiviste) : « J’ai le sentiment d’avoir été élevé dans un milieu noble, étranger et lointain. J’ai vécu à Athènes au temps de Périclès, à Rome au temps d’Auguste (...)

 

A l’Ecole des Beaux-Arts, un style et une personnalité dominaient : le néo-classicisme et Jean-Auguste Dominique Ingres (1780-1867).

Les artistes qui plaisaient à la clientèle de la noblesse et de la haute bourgeoisie et dont beaucoup d’œuvres étaient achetées par l’Etat appartenaient à une même mouvance stylistique : l’éclectisme. Elle s’inspirait de tous les styles du passé (de l’Antiquité classique comme du Moyen Age ou de la Renaissance, etc.) sans hiérarchie...

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 Jean-Léon Gérôme: La Naissance de Vénus (1890)  Jean-Auguste-Dominique Ingres: Venus_Anadyomène (1848)  William-Adolphe_Bouguereau: La naissance de Vénus ( 1879)

L'académisme et les Beaux Arts :

Au XIXe siècle, l’Académie veut que les peintres représentent des sujets nobles et qu'ils maîtrisent le dessin. Les grands modèles sont les peintres de la Renaissance comme Raphaël et ceux du néo-classicisme français comme David.

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Atelier de Cabanel

Alexandre Cabanel (1823-1889)

Ce peintre a eu une carrière glorieuse. Il fut très apprécié de son temps. En 1863, il présente au salon La Naissance de Vénus. Le corps de la femme est idéalisé. Il ne présente aucun défaut.

Jean-Léon Gérôme (1824-1904)

Cet artiste se passionne pour l'antiquité. Il aime restituer les moindres détails de cette époque passée. Pour cela, il étudie beaucoup les ouvrages et les représentations antiques, pour être le plus fidèle possible. Il s'opposera fortement au mouvement impressionniste qui était pour lui un "déshonneur" à l'art français. Il sera pendant longtemps professeur à l'École des beaux-arts, enseignant cette peinture académique qu'il aime tant à ses élèves.

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Fin de siècle, Atelier de Jules Cavelier Aux Beaux-Arts de Paris

William Bouguereau (1825-1905)

Professeur en 1888 à l'école des beaux-arts de Paris et à l’Académie Julian, ses peintures de genre, réalistes ou sur des thèmes mythologiques sont exposées annuellement au Salon de Paris pendant toute la durée de sa carrière. Il travaille aussi à de grands travaux de décoration, notamment pour l'hôtel de Jean-François Bartholoni, et fait aussi le plafond du Grand-Théâtre de Bordeaux.

En 1876, il devient membre de l'Académie des beaux-arts.

 

 Thomas Couture - Les Romains de la décadence 2


Romains de la décadence 1847,  par Thomas Couture (1815-1879). Jacobin, républicain et anticlérical, il critique la décadence morale de la France de la Monarchie de Juillet, dont la classe au pouvoir avait été discréditée par une série de scandales.

Les sujets des tableaux historiques proposés pour le prix de Rome de peinture continuent d’être tirés de l’histoire classique, de la mythologie ou de la Bible, et celui qui remporte le Grand Prix annuel de peinture d’histoire est assuré d’une carrière couronnée d’honneurs officiels

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Anis 02/05/2013 08:37

Toutefois, je n'ai pas été assez précise dans ma pensée : ce n'est pas le fait de représenter les femmes qui pose problème. Ici c'est l'approche classique et néo-classique qui vise à représenter un
certain type de femmes et une sorte d'idéal de pureté. il n'en rien dans les portraits de l'article suivant où le peintre cherche à rendre la beauté et l'élégance de ces femmes avec tous les
artifices de l'art.

Anis 01/05/2013 09:26

En quelque sorte vous revenez aux idées platoniciennes. Je ne pense pas que cette image idéalisée de la femme soit en l'homme simplement un effet de sa structure psychique, si ce n'est qu'elle
traduit la négation d'autrui. Vous savez, c'est mettre la femme hors de portée, quelque chose qu'on puisse adorer et qui n'existe pas. Bien sûr la rivalité existe, c'est quelque chose d'empirique,
les femmes ont beaucoup témoigné à cet égard. Vous qui les lisez... Enfin c'est intéressant de pouvoir discuter. Je vous remercie de vos réponses.

Perceval 01/05/2013 10:26



On aime quelqu'un pour ce qu'il (elle) est, et non pour le « fantasme » qu'il (elle) représente. Bien sûr...


Cependant, n'importe quel artiste, et ceci depuis des millénaires ( Le cantiques des cantiques, l'Odysée...etc) utilise des images idéalisées pour chanter les passions humaines. Ces hymnes à la
Beauté, à la Vérité.., sont des créations humaines et pas seulement des « idées » platoniciennes... Je ne sais laquelle nourrit l'autre.


N'y a t-il pas des femmes qui « incarnent », ces images... (sans pour autant être manipulées...) ? Je pense aux « stars », aux égéries ; mais aussi tout simplement à
toutes ces femmes jusqu'ici rencontrées dans ce blog, qu'elles soient écrivaines, scientifiques, artistes et qui ont été admirées.. ? Actuellement, je parcours de beaux livres sur Mme
Récamier et Mme de Staël. Même si les représentations d'elles, qui nous restent sont « idéalisées », elles m'apparaissent bien réelles, et pour autant « admirables » …


Cette conversation m'intéresse beaucoup... Merci à vous.



Anis 30/04/2013 19:10

Ce qui n'existe pas, au fond, c'est la mort. Alors ce type d'idéal n'est-il pas une fascination de la mort ? C'est pourquoi peut-être il peut entraîner la destruction de la personne réelle. Parce
qu'il en est souvent la négation. C'est une grande source de souffrance pour les femmes réelles que ces femmes qui n'existent pas et avec lesquelles elles ne pourront jamais rivaliser.

Perceval 01/05/2013 09:01



Oui... Détournement de ce qui est réel, pour un irréel... entre la vie et la mort. Le mythe en est l'espace idéal. La mythologie fournit de grands thèmes aux artistes ...


Mais, - non pas que je ne reconnaisse pas, qu'il puisse y avoir une souffrance ..- Si l'humain-mâle joue avec cette image idéalisée de la femme, c'est que cette figure ( anima ) existe en lui, il
y a dans le fonctionnement de la psyché des correspondances à faire ... Pourquoi, en miroir (?), n'y aurait-il pas chez l'humain-femme le même mécanisme... Pourquoi devrait-il exister une
rivalité...?



Anis 30/04/2013 10:16

J'ai l'impression parfois que les artistes font la même chose aujourd'hui avec photoshop : des corps idéalisés et sans défauts.

Perceval 30/04/2013 17:27



Ah oui ... Ce serait intéressant dans chacun des deux cas, de voir ce qu'il y a derrière comme "représentation" et d'étudier si c'est similaire ... Dans les deux cas, on est bien dans quelque
chose qui n'existe pas .... mais fascine ..!?