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La féminité au XIXème siècle

Publié le par Perceval

Après la Révolution et à l'issue de la Restauration, une représentation de la «  féminité » s'installe et s'impose jusqu'à aujourd'hui.

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« C’est comme chrétiennes », explique Jeanne Deroin (1805-1894), « comme citoyennes et comme mères que les femmes doivent réclamer le rang qui leur appartient dans le temple, dans l’Etat et dans la famille. (...) Mais c’est surtout cette sainte fonction de mère, que l’on oppose comme incompatible avec l’exercice des droits de citoyennes qui impose à la femme le devoir de veiller sur ses enfants et lui donne le droit d’intervenir dans tous les actes de la vie civile, mais aussi dans tous les actes de la vie politique. »
  • D'une part : « La figure stéréotypée de la Femme incarne la voie de la rédemption dans les nouvelles religions et théories politiques qui veulent régénérer la société. » ( le saint-Simonisme, par exemple)... « Les représentations chrétiennes de la féminité - notamment la disposition à aimer, intercéder, convertir et sauver - sont placées au centre de nouvelles théories sociales et politiques plus ou moins empreintes de religiosité », jusqu'aux «  républicains de 1848 qui dotent les femmes d’une puissance symbolique et morale, et les excluent de l’universalité. »

  • Permettre l’épanouissement du principe féminin, reviendrait-il à reconnaitre une dimension spirituelle et féminine, en reconnaissant chez la Femme, douée pour le sentiment, la faculté de compléter ce que la raison a d’insuffisant, et la doter d’une aura spécifique, et d’une puissance transcendante... ?

  • Affirmer la conviction d’une complémentarité entre les sexes nécessaire à l’harmonie de la famille et de la société ; avec pour les hommes la raison et la rationalité, et pour les femmes l’émotion et la prédisposition aux croyances... Ne revient-il pas à affirmer la supériorité de la masculinité sur la féminité, puisque la Raison ne peut que supplanter la Foi … ?

  • Les-femmes-en-revolution.jpg

    Dans la logique des Églises officielles, la Femme reçoit un rôle de modèle dévoué, d’inspiratrice aimante et de compagne obéissante


  • Et paradoxalement, c’est ce système de représentation - dotant la Femme d’un fort pouvoir symbolique et moral - qui légitime leur exclusion de la sphère publique... Toutes sont renvoyées à la spécificité du féminin éternel, qui les écarte du politique et de l’histoire.

  • Dans le même temps, la féminité demeure synonyme de fragilité émotive, ce qui rend les femmes toujours suspectes de se laisser manipuler par les ecclésiastiques... Les hommes, même les plus libéraux entendent affirmer leur contrôle sur la sphère privée, face aux institutions religieuses et à l’État. Libérer les femmes de la tutelle des confesseurs revient en effet à réclamer pour l’homme le droit d’exercer sa liberté individuelle dans sa famille, dont il reste implicitement le chef.
  •  

Sources: Différents articles de Sophie Delvallez et Alice Primi

Commenter cet article

Anis 02/11/2013 19:27

Oui, c'est vrai votre quête... Tout à fait intéressante à suivre. Mais moi qui suis du côté féminin, je ne pense pas que les mythes, la religion and so on aient servi autrement la femme qu'en lui
faisant ouvrir la boîte de Pandore, en faisant d'elle une Vénus inaccessible, ou une vierge immaculée. Toutefois je trouve toujours vos articles passionnants et je respecte votre démarche. J'avoue
que je suis curieuse de voir votre cheminement qui peut peut-être m'éclairer sur d'autres. Mais nous sommes sûrement très loin l'un de l'autre. Ce n'en est que plus intéressant pour moi.

Anis 01/11/2013 17:43

C'est exactement le problème de vouloir assigner une nature à la femme, et de vouloir assigner également une complémentarité aux deux sexes. La raison, est un principe actif, l'émotion un principe
passif. Tous les mouvements de libération des femmes s'appuieront sur cette critique.

Perceval 02/11/2013 18:43



Oui je sais... :-) Et c'est vrai que c'est clair, et rationnel ... D'une rationnalité toute sociale ... mais il me semble que l'humain que nous sommes est un peu plus complexe que cela, et
dépasse le "fait social".


Les mythes, les religions, l'art... etc m'inspirent autre chose, et j'ai tenté de m'expliquer dans l'article suivant...