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L'estampe au XIXème s.

Publié le par Perceval

Avant la photographie, comment représenter les manières de vivre en ce début du XIXème ?

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de Charles Philipon: La Maison Aubert

C'est en particulier grâce à à l'introduction de la lithographie en France. Très vite, d'éminents artistes se sont intéressés à cette technique nouvelle, rapidement perfectionnée par de grands imprimeurs, surtout Charles de Lasteyrie et Engelmann. Entre 1817 et 1825 paraissent de nombreuses feuilles, dues notamment à J.-B. Isabey, Géricault, Prud'hon, Goya, Delacroix. D'autres artistes vont se consacrer à la lithographie : Charlet, Raffet, Gavarni et, le plus grand de tous, Daumier. Les imprimeurs tiraient rapidement des pierres des éditions très nombreuses, ce qui permettait de répandre ces feuilles dans un large public. L'art s'est adapté à ces conditions nouvelles, et c'est ainsi que l'épopée napoléonienne et la satire morale et politique ont pu atteindre à une expression parfaite, faisant se rejoindre l'imagerie et l'art le plus élevé.

Affiche-Exposition-des-oeuvres-de-Charlet-Litho-1893.jpg
 

Par l'affiche, la lithographie gagne le mur, prend des proportions monumentales et, sous l'influence du japonisme, exploite les couleurs en aplats : Jules Chéret, Mucha en furent les initiateurs. Bonnard et Toulouse-Lautrec produisirent dans ce genre des chefs-d'œuvre.

Une estampe est une image imprimée sur papier au moyen d'une planche préalablement gravée. Le matériau employé peut être le cuivre, le bois ou la pierre (cette dernière exclusivement pour la lithographie). 
On tire des épreuves de ces planches, après encrage, généralement sur une presse à bras.

La reproduction du dessin trouve une solution avec l'invention de la lithographie en 1796 et son importation en France en 1802. C'est en 1818 que J.-B. Isabey, selon l'imprimeur Engelmann, « fut le premier à exécuter des dessins soignés en lithographie. » En 1824, la lithographie est dotée d'une section spécifique au Salon et six ans plus tard le nombre de lithographies exposées dépassait la centaine d'œuvres. Les portraits et les paysages se multiplient, leur prix de vente est bon marché : Lemercier, imprimeur parisien, possédait dans son atelier quatre-vingts presses. La « France des notables » goûte fort ce nouveau procédé, les rééditions successives entre 1820 et 1878 des Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France le prouvent.

Vendeurs_d-estampes_Boutique-de-Gibaut--marchand-d-estampes.jpg Vendeurs_d-estampes_Boutique-de-Backner--marchand-d-estampe.jpg
Vendeurs_d'estampes_Boutique de Gibaut, marchand d'estampes et éditeur, boulevard des Italiens, vers 1835 Vendeurs_d'estampes_Boutique de Backner, marchand d'estampes et éditeur, Panoramas du Boulevard, vers 1815
Vendeurs_d-estampes_Boutique-de-Vigneres--editeur-d-estam.jpg Vendeurs_d-estampes_-Boutique-de-Delpech--editeur-de-Raffe.jpg
Vendeurs_d'estampes_Boutique de Vignères, éditeur d'estampes, barraques de la place du Carrousel, vers 1849 Vendeurs_d'estampes_ Boutique de Delpech, éditeur de Raffet, de Charlet, etc., vers 1815

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Les pratiques d'affichage dans l'espace public à Paris en 1830 - Bellangé, imprimeur-lithographe Bichebois,  26 juillet 1830, lecture des ordonnances dans le moniteur au jardin du palais royal  , Bib. nat.,

Le travail est parcellisé ; « des dizaines de graveurs se relayaient jour et nuit, sous surveillance, chacun penché sur quelques centimètres carrés d'une image qu'on reconstituait ensuite pour former de vastes planches destinées à l'illustration ds livres bon marché et des premiers magazines éducatifs». L'acier prend le pas sur la lithographie et la galvanoplastie en 1836 facilite les tirages d'estampe.

En 1889, la reconnaissance de l'estampe comme œuvre d'art majeur est entérinée par la création de la Société des peintres-graveurs français : estampes, dessin et peintures sont présentés sur un pied d'égalité. Deux problèmes restent en suspens : la lithographie qui apparaît comme le moyen de diffusion bon marché et l'emploi de la couleur suspecté de vouloir séduire un public facile. « Par ses principes, ses origines et ses traditions, l'art de la gravure est sans contredit l'art du noir et du blanc », déclare en 1898 le président de la section de gravure et de lithographie du Salon.

Le succès de l'estampe se manifeste à travers la parution de nombreuses revues : L'Estampe originale (mai 1893), L'Épreuve (1894), L'Estampe moderne (1897), L'Estampe et l'Affiche (1897). Vers 1900, « le marché de l'estampe est définitivement installé dans le champ artistique», même si les graveurs de reproduction n'ont pas encore disparu. ( Sources wiki. )

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