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L'amour courtois venu d'Orient -2/2-

Publié le par Perceval

A woman detained by a kneeling youth ca. 1590s Bukhara, Oz Convivial Party by Riza-i Abbasi b
A woman detained by a kneeling youth ca. 1590s  Bukhara, Ozbekistan Convivial Party by Riza-i Abbasi

 

Troubadours occitans, trouvères du nord de la France, tous furent des interprètes vibrants et originaux de ce nouvel art d’aimer qui surgit si brusquement au cœur d’une Europe dont l’héritage culturel et spirituel ne comportait que fort peu d’œuvres comparables. En effet, ces poèmes présentent peu de caractéristiques communes avec ceux de la tradition gréco-latine alors que les similitudes avec la poésie arabe sont frappantes : thématique, lyrisme, forme rythmique, rimes, structures des strophes, accompagnement musical. Les noms désignant les instruments musicaux de l’époque (luth, guitare, tambour, rebec) sont d’ailleurs autant de mots d’origine arabe ou persane.

 

Dans le monde chrétien, le premier troubadour reconnu est Guillaume IX (1071-1127), duc d’Aquitaine et conte de Poitiers (et grand-père d'Aliénor d'Aquitaine), dont le père sortit vainqueur d’une bataille contre les musulmans à Barbastro (Espagne). enluminure-prologue.jpgEn guise de butin, celui-ci revint chez lui avec plusieurs centaines de prisonnières provenant du camp ennemi qui, pour la plupart d’entre elles étaient chanteuses ou musiciennes. L'activité poétique de guillaume IX naquit après la croisade qu'il mena en Orient et son séjour à Antioche (1101-1102). Il est le premier troubadour et le premier poète à écrire en langue d'oc la poésie lyrique inspirée aussi des poètes arabo-andalous.Par ailleurs, la sœur de Guillaume IX épousa Alphonse VI, roi de Castille et de Léon, fervent amateur d’échecs et surnommé le « demi-arabe », qui en secondes noces épousa Saïda, fille d’un des plus grands poètes andalous. C’est donc à travers ce métissage culturel de part et d’autre des Pyrénées que jaillit cet appel à « l’esclavage de l’amour » dont les échos se firent entendre au sein de toute l’Europe. musulman--l-autre-chretien--jouant-ensemble-du-luth.jpgUne miniature relevée dans un manuscrit des « Cantiques à la Vierge » composés par le roi de Castille Alphonse X le Sage (1221-1284) illustre ces échanges : elle montre deux ménestrels, l’un musulman, l’autre chrétien, jouant ensemble du luth. Sur cette représentation, on remarque que le musicien chrétien regarde dans la direction du musulman vers lequel il semble trouver la source de son inspiration.

 

Sources : Wiki, et Traces de soufisme en Europe occidentale de Jean-Louis Girotto  

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