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Juliette Récamier - 2 -

Publié le par Perceval

En 1799, Récamier offre à Juliette un hôtel particulier. Les visiteurs s'extasient sur le raffinement du mobilier, l'agencement des jardins... Six années suivront ponctuées de nombreuses réceptions et de distractions sans cesse renouvelées, parties de campagne, spectacles, concerts.

Autour d'elle se regroupe , en cet hiver 1799, un échantillonnage complet du Paris, d'alors : des financier, des hommes politique, Fouché; des militaires, Junot  Bernadotte , des amis plus proches, Eugène et Hortense de Beauharnais , les soeurs de Bonaparte.

Juliette a le génie de concilier les contraires. C'est pourquoi on rencontre aussi, chez elle, des nobles émigrés qui se réinsèrent dans la société comme Adrien de Montmorency et son cousin Mathieu qui seront ses amis les plus proches, les plus aimés.

La beauté et le charme de Madame Récamier lui suscitèrent une foule d’admirateurs. Elle fut l’une des premières à se meubler en style « étrusque » et à s’habiller « à la grecque », sous le Directoire, et joua de ce fait un rôle non négligeable dans la diffusion du goût pour l’Antique qui allait prévaloir sous l’Empire.
En 1802, elle se rend en Angleterre, où elle arrive auréolée d’une renommée internationale. Elle séduit par son apparente ingénuité, elle repousse les avances de ses soupirants sans pour autant les rebuter tout à fait.

C'est de cette époque que datent les deux célèbres portraits de Juliette.

Le premier, peint (commencé en 1800 ) par David restera inachevé car le peintre lui écrit que "quelque chose lui résiste" et il abandonne. 

David._Madame_Recamier.jpgMadame Récamier, née Julie (dite Juliette) Bernard (1777 - 1849) . Jacques-Louis DAVID. 1800

Le peintre représente Juliette en patricienne, le regard distant, dans une composition digne d'une de ces fresques alors dégagées à Pompéi. Le modèle n'apprécie pas, et David semble se lasser de ses exigences

Le tableau, inachevé, est plus dépouillé, la pose plus pudique, la robe à l'antique est moins révélatrice du corps. La coiffure est courte et bouclée, un ruban noir ceint le front ;  il y a chez David plus de malice dans le demi sourire de la jeune femme. 

*****

Le second portrait ( 1805) est l’œuvre d'un disciple de David, François Gérard, élève du grand peintre néoclassique, il exécute un portrait autrement plus léger...

Francois-Gerard---Madame-Recamier.jpgLe portrait de Madame Récamier, peint par François Gérard (1770-1837) , est l’un des plus beaux tableaux du musée Carnavalet.

Il représente une jeune femme, au corps parfait, dans une robe blanche très dénudée, une souple étole jaune, sans autre bijou que la flèche d'Eros fiché dans sa chevelure.

Le modèle est représenté dans une pose alanguie, allongée sur une chaise « étrusque », dans un décor qui rappelle celui d’une salle de bain antique. « La vérité ne peut aller plus loin, écrit un journaliste du temps, et elle est si séduisante pour l’œil et pour l’imagination qu’elle produit tout l’effet de l’idéal. »

*****

Enfin, certains pensent que c'est Joseph Chinard, qui a le mieux saisi le doux charme de ce visage, mobile et espiègle... 

Joseph-Chinard-mme-Recamier1805--1.jpg Joseph-Chinard-mme-Recamier1805--2.jpg

"De face, c'est une réserve pudique d'accord avec l'attitude gracieuse est presque enfantine […] ; de profil, avec des nuances diverses, le nez mutin aux narines un peu relevées, le léger sourire qui flotte sur les lèvres, ont un je ne sais quoi de piquant sinon de provocant, qu'accentuent l'écharpe transparente, la gorge et le sein dénudé". Édouard Herriot décrivait ainsi le charme ambigu mais bien réel de l'œuvre la plus célèbre de Joseph Chinard, qui est en même temps l'un des meilleurs portraits de Juliette Récamier à l'apogée de sa beauté, réalisé quelques années avant le non moins célèbre tableau du baron Gérard (1805) conservé au musée Carnavalet. C'est vraisemblablement au cours d'un de ses séjours à Paris en 1801 ou 1802, quand il logeait chez les Récamier, que Chinard éxécuta le modèle en terre d'après lequel il sculpta ensuite à Carrare en 1805 ou 1806, le marbre du musée de Lyon.

 

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Anis 09/05/2013 18:19

Elle illustre parfaitement cet idéal néo-classique. Avec une certaine sensualité ...

Perceval 10/05/2013 08:42



Si j'ai bien compris, ce qu'elle reprochait au portrait de David, c'est précisément d'être statufiée... Elle revendiquait un peu plus de chair ...