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Juliette Adam et Gambetta -2-

Publié le par Perceval

Marie Arconati Visconti (1840-1923)

marquise-Arconati-Visconti.jpg
Passionnée de l'histoire de l'art, collectionneuse et mécène, elle crée des bourses et des prix pour les étudiants... À sa mort en 1923, la marquise Arconati-Visconti lègue son château de Gaasbeek à l'État belge, et le reste de sa fortune à l'université de Paris. Elle est enterrée à Rives (Isère)  auprès de son ami et compagnon Raoul Dusseigneur.

* Marie Peyrat est la fille du rédacteur en chef de l'Avenir national, journal républicain. Il est très lié à Gambetta, et défenseur de la cause de l'unité italienne. Marie épouse en 1873 le fils d'un sénateur et marquis italien, combattant du Risorgimento: Arconati-Visconti. Trois ans plus tard , son mari meurt prématurément. Héritière d'une fortune colossale, elle habite à présent jusqu'en 1914 un hôtel rue Barbet-de-Jouy, où elle tient un salon politique et littéraire, elle reçoit des personnalités progressistes comme Georges Clemenceau, Jean Jaurès et Léon Blum...

La marquise prend fait et cause pour le capitaine Dreyfus.. Maîtresse de Gambetta, elle suit son conseil de n'y recevoir aucune femme.

 

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Gambetta fréquente alors la «  tribu des Scheurer-Kestner » (Charles Kestner eut cinq filles: photos de trois ci-dessous ), leur salon lui offre le prestige social et un soutien financier, en particulier lors des élections de 1877. Mme Arnaud de l'Ariège, lui verse une rente afin de lui permettre un train de vie en rapport avec sa position politique et met à sa disposition son hôtel particulier de la rue de Suresnes.

Mathilde Kestner, ép. Charras Celine-Scheurer-Kestner.jpg Hortense Kestner, ép. Floquet
Mathilde (1832-1916), épousa Jean-Baptiste-Adolphe Charras, ancien ministre de la Guerre, en 185 Céline Kestner (1838-1893), épousa Auguste Scheurer (dit Scheurer-Kestner), associé et successeur de Charles Kestner, en 1856  Hortense (1840-1913), dont le jeune Georges Clemenceau était amoureux, mais épousa Charles Floquet en 1869.


«  Dans ce moment, la femme bourgeoise a appétit de Gambetta. Elle veut le montrer, échoué sur un divan de soie, à ses invités. Le gros homme politique devient, en ce moment, la bête curieuse que se disputent les salons. » Goncourt le 19 janvier 1877

Gambetta est élu le 31 janvier 1879 à la présidence de la Chambre des députés, et attend parce que pressenti par le président Grévy de former un « grand ministère » …

Gambetta parle très bien de littérature et de politique... Gambetta impressionne, inquiète peut-être : «  J'ai une peur horrible, écrit Ludovic Halévy ( librettiste d'Offenbach) , des gens qui veulent avoir une grande page dans l'histoire. Gambetta est de ces gens-là. »

 

Juliette-Adam--4-oktober-1836---23-augustus-1936-.jpg
Juliette Adam (1836 –1936)

Juliette Adam assure la direction de La Nouvelle Revue pendant vingt ans. Elle contribuera beuacoup à faire élire Pierre Loti ( appelé son « fils adoptif » ) à l'Académie Française en 1891.

Après sa rupture avec Gambetta, Juliette Adam transforme son salon, le modernise... Elle l'ouvre plus largement, même à des non-républicains, des musiciens, des financiers, des militaires … Elle ouvre son salon aux femmes. On y rencontre alors de nombreuses femmes de lettres : Mmes Blanc-Bentzon, Henry Gréville, Ackermann, Quinet, Michelet, Jeanne Loiseau, Arvède Barine, Judith Gautier...

 


 

Né à Cahors, Léon Gambetta s'illustre pendant le siège de Paris par l'armée prussienne en 1870 en quittant la ville en ballon pour organiser la résistance à Tours.

mort-de-gambetta.jpgDans les années suivantes, bien que d'un tempérament fougueux, il témoigne d'une certaine tempérance dans la pratique politique au point d'être qualifié d'« opportuniste » par le polémiste Rochefort. Ce mot désignera, sans consonance péjorative, le courant républicain réformiste des années 1870, par opposition aux radicaux représentés par Jules Ferry.

À son initiative, les députés attribuent au président Adolphe Thiers le titre de «Libérateur du territoire» en raison de ses négociations fructueuses avec l'occupant allemand.

A l'automne 1881, il accède enfin à la Présidence du Conseil mais n'y reste que trois mois. Il tombe le 30 janvier 1882 sur un projet de loi instaurant le scrutin de liste (proportionnelle).

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Alors que sa maîtresse, Léonie Léon (1838-1906), après dix années de liaison passionnée, plus de 6000 lettres échangées, consent enfin à l’épouser, Léon Gambetta se blesse le 27 novembre 1882 à la main droite en voulant décharger son pistolet. La blessure par balle n’est pas grave, mais ses médecins, craignant qu’une artère soit bouchée, le contraignent à garder le lit. La plaie cicatrise mais le convalescent se plaint alors de douleurs abdominales violentes. Les nombreux spécialistes appelés à son chevet diagnostiquent une appendicite infectée qu’ils n’opèrent pourtant pas.

Et c’est ainsi que le 31 décembre 1882, l’un des pères fondateurs de la IIIème République s’éteint dans sa maison des Jardies à Ville d’Avray près de Sèvres (Hauts-de-Seine) des suites d’une pérityphlite, inflammation du péritoine du caecum, découlant probablement d’un cancer de l’intestin ou de l’estomac, diagnostiquée dès le 23 décembre par le Professeur Charcot et jugée par lui inopérable. On saura plus tard que le défunt souffrait depuis longtemps de sévères troubles gastriques et intestinaux.  

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