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Jeanne Loviton : La femme amoureuse et multiple - 3 -

Publié le par Perceval

Le 20 février 1925, Jeanne obtient sa licence en droit. loviton-avocate-1927.jpgElle est reçu chez Claude-Henri Léouzon Le Duc [1860-1932]. Sa femme tient un salon où, une fois par semaine, elle reçoit nombre de personnalités dont Paul Valéry, qui connaît les Léouzon depuis 1903, et Maurice Garçon, qui habite non loin de là, rue de l'Eperon. Puis, Jeanne est invitée par les ‘Léouzon le Duc’ à passer quelques semaines de vacances dans leur château de Chazeron, en Auvergne. C'est là qu'elle rencontre Pierre Frondaie, que Me Léouzon a défendu avec succès en 1922 dans une affaire de titre usurpé, et qui est devenu un ami.


Jeanne Loviton, qui obtient sa carte d’avocate stagiaire le 14 avril, est devenue, dès le mois de février, la secrétaire particulière de Maurice Garçon. Né à Lille en 1889, fils de juriste, avocat au barreau parisien depuis 1911, franc-maçon, grand bibliophile, Maurice Garçon publie depuis plusieurs années des ouvrages curieux sur les sciences occultes. Jeanne est-elle restée au service de Maurice Garçon ? Un an à peine, jusqu'à son mariage avec Pierre Frondaie

Pierre-Frondaie avec son épouse jeanne Lovaton

 Pierre-Frondaie avec son épouse

Jeanne Loviton

, ce qui lui valut une grosse colère de son employeur, fâché de perdre une collaboratrice et une maîtresse.


Pierre Frondaie, fréquente assidûment les théâtres parisiens et y propose ses premières pièces, tout en publiant, sous son patronyme, un premier recueil de poèmes (1907), puis un roman (1908).

C'est à cette époque qu'il a « une liaison passionnée avec l'actrice Andrée Mégard, alors l'une des vedettes les plus en vogue de Paris ». Marie Chamonal dite Andrée Mégard [1869-1952] … Frondaie « avait eu, de son côté, quelques liaisons retentissantes » avec des actrices ou des danseuses de renom, comme Liane de Pougy [1869-1950]… Le mariage de Pierre Frondaie avec Madeleine Charnaux fut célébré le 22 septembre 1922 à Paris, soit quatre mois moins un jour - le délai légal - après son divorce avec « Michelle » (Léonie Gillier à divorcer en juin 1922)… Le ménage Frondaie-Charnaux se défait rapidement : « Commencée en idylle, l'union ne dure pourtant que trois ans », écrit-il. Dès novembre 1926, en effet, la presse annonce la séparation du couple et, comme Michelle Gillier, quatre ans plus tôt, c'est l'épouse qui demande le divorce. Frondaie s'y refuse et consulte son avocat, Claude Léouzon Le Duc. C'est à cette occasion qu'il renoue avec Jeanne Loviton, chargée par l'avocat de le persuader de ne pas s'opposer inutilement à un divorce perdu d'avance, lequel divorce sera prononcé le 17 janvier 1927.


L'idylle se noue ensuite entre Pierre et Jeanne. Ils se marient le 24 mai 1927 à Saint-Raphaël.

mariage-J-Loviton-Frondaie.jpg

Les personnes qui figurent sur la photo de leur mariage méritent d'être citées. Les témoins de Jeanne Loviton étaient Maurice Garçon et René La Bruyère [1875-1951], administrateur de la Compagnie des Messageries maritimes et auteur de romans maritimes ; ceux de Pierre Frondaie, le comte Jacques d'Aiguillon et Jacques Richepin, le mari de l'actrice de théâtre Cora Laparserie, avec qui Frondaie avait croisé le fer en mars 1914. Derrière Jeanne se trouve son père, Ferdinand Loviton, mais on ignore qui est la demoiselle qui pose à ses côtés.

 

Septembre 1930 : « Adieu, Pierre. Je suis déjà loin. Tu as, par ta faute, piétiné l’immense amour que j’avais pour toi. Mille fois tu as dit : Tu partiras si tu veux, mais je ne changerai pas. En effet on ne peut changer sa nature, tu resteras le même. Je pars. J’ai signé ma requête en divorce. Rien ne me fera revenir sur une décision que la douleur d’exécuter me faisait seule remettre. Je crève des souffrances accumulées pendant 4 ans et de cet assassinat de mon amour. »

« Tu resteras le même » : Frondaie n'a pu s'empêcher de courir le cotillon, pense-t-elle, et elle en a été informée en ouvrant un courrier : « Tu as près de toi une enfant charmante et douce. Tu lui as écrit qu’elle serait la dernière passion de ta vie, qu’elle le soit donc. [...] Je m’excuse d’avance des procédés judiciaires , il faut en passer par là quand on n’a plus la force d’être malheureuse ni le courage de se tuer. Du plus profond de mon cœur, je souhaite que tu trouves le bonheur et que tu saches le garder. Toute ma vie je prierai Dieu pour toi.»

    

Cette jeune fille s'appelle Maria Favella, et elle sera bien la dernière passion de Pierre Frondaie. Née le 15 février 1907 à Ajaccio, elle a figuré dans une pièce de l'écrivain, Les Amants de Paris, dont la première eut lieu le 20 octobre 1927 au Théâtre Sarah-Bernhardt. Frondaie en est amoureux et l'a installée dans un hôtel d'Arcachon, où il lui écrit des lettres qui seront, par subterfuge, lues par l'épouse légitime, laquelle décide de lancer une procédure de divorce.

Sources : Henri Thyssens et Celia Bertin

A suivre ...

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