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Jeanne Loviton : La femme amoureuse et multiple -2-

Publié le par Perceval

La petite Jeanne est née de père inconnu. La revanche sociale sonne vite, grâce à son mariage avec Pierre Frondaie,

Pierre Frondaie 1945 décés 1948

 Pierre Frondaie en 1945.

Il décède en 1948

dramaturge alors célèbre pour son « Homme à l'Hispano ». Ils fréquentent Louis Jouvet et un grand nombre d’acteurs et d’actrices, ils emménagent dans un hôtel particulier à Auteuil, ils dînent chez Maxim's, et elle arpente le pont des paquebots en robe Lanvin. Leur liaison durera sept ans.

 

Robert Denoël, qui fut l'éditeur de Céline et qu'elle souhaitait épouser, fut assassiné en décembre 1945.

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 Robert Denoël en 1945

Robert Denoël, qui fut assassiné dans sa voiture en panne pendant qu'elle était partie chercher un taxi.


Personnage romanesque, Jeanne Loviton faisait jaser et était jalousée par de nombreuses rivales. La femme de l’éditeur Robert Denoël l’accusa ouvertement du meurtre de son époux, qui l’avait quittée pour emménager avec la belle Jeanne, avec qui il projetait d’ailleurs de se remarier. S’il n’eut pas le temps de concrétiser ce dessein, il avait déjà fait de sa maîtresse l’actionnaire principale de sa maison d’édition. Cette dernière en hérita donc, dirigeant ses affaires d’une main de maître.

Elle était très intelligente, subtilement et autoritairement intelligente. Informée, cultivée, elle impressionnait, elle captivait, puis elle retenait.


Jeanne Loviton eu pour amants, rien que dans la littérature: Paul Valéry, Saint-John Perse, Jean Giraudoux, Bertrand e Jouvenel, Emile Henriot, Curzio Malaparte.

 Plus l'éditeur Robert Denoël, l'avocat Maurice Garçon, le comte Grandi di Mordano, ministre mussolinien des Affaires étrangères, deux ambassadeurs japonais à Paris, etc…

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   Jeanne Loviton en 1925

 

Pourtant Jeanne reste une lumineuse énigme. C'est qu'elle ne livrait à Giraudoux, à Valéry et aux autres que ce qu'elle consentait à leur donner. Toujours disponible, toujours en retrait. L'emploi du temps cloisonné d'un agent secret. Dédoublement de personnalité d'une magicienne. Comment s'y prenait-elle pour mener une existence remplie d'obligations, de rencontres affichées et occultes, de longues conversations et de longues lettres, de ruptures et de conquêtes, de bureaux, de salons et d'alcôves, d'exposition et de dissimulation?

A partir de 1935 une passion charnelle, violente, profonde la lia à une certaine Yvonne Dornès qu'elle informait de ses liaisons avec les hommes, alors que ceux-ci - même Valéry, qui préférait probablement le silence de ce côté-là - étaient tenus à l'écart de sa vie la plus camouflée.

Jean Giraudoux lui écrit des billets éplorés de ses diverses ambassades et Saint-John Perse lui envoie une Rolls du Quai d'Orsay pour la convier à de discrets tête-à-tête.

 

Le jour de Pâques 1945, celle que Valéry nomme son "diamant", …  lui annonce qu'elle aime un autre homme, Robert Denoël. Valéry ne se remettra jamais vraiment de ce grand "coup de hache".

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