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Jean-Jacques Rousseau, et les femmes.

Publié le par Perceval

L’année 2012, est l’année Jean-Jacques Rousseau (il est né le 28 juin 1712 ( tricentenaire ) à Genève, où il a passé les seize premières années de sa vie…) Jean-Jacques_Rousseau.jpg

La première femme de sa vie meurt en lui donnant le jour. La seconde est Sa tante Suzanne (tante Suzon). C’est elle qui sauve Jean Jacques de la mort à sa naissance.
      «Chère tante je vous pardonne de m’avoir fait vivre et je m’afflige de ne pouvoir vous rendre à la fin de vos jours les tendres soins que vous m’avez prodigues au commencement des miens».
C’est grâce à ses chants qu’il prend le gout pour la musique; il se rappelle sa voix: « elle chantait avec un filet de voix douce».   La chanson de sa tante c’est le «charme attendrissant » auquel il retourne souvent pour trouver une source de délice qui lui est impossible de retrouver pas dans le présent.

Rousseau-cn04_136_le_cerisier.jpgMelle Goton : Elle est le premier amour du jeune garçon. Il garde un souvenir clair de cette très jeune fille, se rappelant son visage, ses yeux d’adulte sur une tête d’enfant, son maintien de femme combiné un corps bien développé. Les relations qu’ils entretenaient furent brèves mais vives, elle, jouant à la maîtresse ou à la maman. Il garda en lui ce plaisir si particulier à se faire diriger.

Melle de Vulson : Bien distinct de l’amour porté à la secrète Melle Goton, Rousseau éprouve pour Melle de Vulson un sentiment tout aussi vif. La jalousie, les plaisanteries, les agaceries même étaient les petits plaisirs quotidiens de l’adolescent. Il ne supportait pas que quelque jeune homme s’approche d’elle, pourtant il ne l’appréciait qu’en public, alors il se montrait possessif, presque tyrannique pour cette jeune fille. Après de longues périodes déchirantes lorsqu’ils étaient séparés, Rousseau finit par l’oublier, il ne la revoit que 20 ans après ....et l’évite.

Rousseau_le_passage_du_ruisseau.jpgMme Basile : Mariée a un homme alors souvent absent, Mme Basile représente l’idylle même. Il en tombe rapidement amoureux et est mis à l’épreuve étrange de ne pas lui avouer ses sentiments. Pourtant, alors qu’il succombe à ses charmes, trop puissants et trop sensuels il est interrompu mais en plein élan par l’intervention d‘une femme de chambre alors qu’il était agenouillé devant Mme Basile. La perte de cette complicité fait souffrir le jeune homme lorsque Mr Basile, à son retour, le renvoya. C’est donc un amour fondé sur la proximité et la complicité que Rousseau découvre, encore différent des autres.

Mlle de Breil : L’anecdote de l’amour avec Mlle de Breil est une véritable tragédie. Attiré par cette dernière, parce qu’elle est une superbe jeune-fille, mais qui ne lui portait aucune attention, il souffrit constamment d’une distance insurmontable liée à la différence sociale et tenta tous les jours d’obtenir un de ses regards. Lorsqu’enfin il obtint l’attention de cette dernière, l’émotion fut si forte qu’il renversa de l’eau sur sa robe alors qu’il la servait. Ayant perdu tout espoir, il n’attache plus aucune importance à sa situation et n’hésite pas à tout quitter .

Mlle Galley et Mlle de Graffenried. : Rousseau passe avec ces deux demoiselles une journée d’été féerique. Tout d’abord, la nature est omniprésente, ce qui joue sur son esprit rêveur, puis il est en compagnie de deux adorables jeunes filles. Il préfère Mlle Galley, plus réservée et timide que son amie qui lui semble plutôt extravertie et entreprenante. Il aimerait entretenir avec cette dernière une relation amicale plus qu’amoureuse. C’est donc la deuxième fois que Rousseau éprouve deux amours en même temps et ce cas de figure se reproduira tout au long de sa vie, étant donné sa facilité à tomber amoureux et à mettre ses sens en éveil.

 

Madame de Warens:Mme-de-Warens.jpg

Françoise-Louise de Warens (1699-1762) avait traversé le Léman parce qu’elle ne supportait plus l’existence qu’elle menait auprès de son époux, un riche aristocrate du canton de Vaud.

Emportant ses rêves et aussi l’argenterie, elle était venue demander asile en Savoie, auprès du roi de Piémont qui prenait les eaux à Evian.

Tombé sous le charme, le souverain en fit sa protégée et lui alloua une pension, à condition qu’elle opte pour la religion catholique et qu’elle s’emploie à convertir les concitoyens helvétiques qui se présenteraient à elle…

Ainsi débarque un garçon un peu gauche. Originaire de Genève, Rousseau a 16 ans, il fait intrusion dans la vie de celle qu’il appellera Maman.

warens.JPGElle l’envoie s’instruire de la vraie religion à Turin.

Puis le jeune homme revient. Il restera auprès d’elle une dizaine d’années, dans un hôtel sombre de la place Saint-Léger à Chambéry.

Il donne des cours de solfège aux demoiselles de la bonne société. Et il finit par tomber dans les bras de sa protectrice.

Les deux couleront des étés exquis dans le vallon des Charmettes. Jean-Jacques écrira qu’il vécut les meilleurs moments de sa vie. Mais tout a une fin, Maman se trouve un nouvel amant. Rousseau blessé s’en ira…

 

Louise d’ Epinay (1726 - 1783):

Madame-d-epinay.gifSon cousin, Denis Joseph La Live de Bellegarde s’éprend d’ elle. Il devient marquis d’ Epinay après l’achat d’une propriété située au Nord de Paris.Leur mariage sera célébré le 23 décembre 1745. Elle aura 2 enfants, un fils, le 25 septembre 1746, Louis-Joseph et une fille, Angélique en 1752.

Ils vivent à Paris ou au château de la Chevrette, près d’Epinay-sur-Seine.

A Paris, rue Saint-Honoré, elle reçoit dans son salon une societé brillante et cultivée : philosophes, savants, écrivains, artistes et on y parle en toute liberté des sujets les plus variés.

Les noms les plus en vue défilent chez elle : Jean-Jacques Rousseau, Marmontel, Duclos et d’ Holbach, Saint Lambert, Francueil, Grimm, Diderot, d’ Alembert et bien d’autres.

Louise d'Épinay , femme de lettres, a joué un rôle important dans la vie de Jean-Jacques Rousseau. En tant qu'amie proche, c'est elle qui lui a fait construire (pour qu'il l'habite comme refuge) cette petite maison célèbre sous le nom d'Ermitage, située à l'orée de la forêt de Montmorency. Rousseau y a séjourné de 1756 à 1757. C'est là qu'il a écrit ses premiers chefs-d'oeuvre: «Le Contrat social», «Émile», «La Nouvelle Héloïse».

Elle devient la bienfaitrice de Jean-Jacques Rousseau. Diderot est également un habitué du salon. Voltaire y charme les invités de Mme d’ Epinay, et Grimm est un des plus fidéle. Parfois, elle reçoit le jeune Mozart de passage à Paris.

En 1762 son mari est destitué de sa charge de fermier général et ruiné. Ils quittent le château de la Chevrette qu’ ils sont obligés de louer et s’installent à Paris de façon plus modeste, mais elle a encore assez d’énergie pour tenir son salon.

 

Thérèse Levasseur (1721 – 1801):JJ-rousseau2.jpg

Durant l’hiver 1744-1745, Rousseau rencontre Thérèse à l’Hôtel Saint-Quentin, où il réside. Elle y est servante-lingère.

« Je n’avais cherché d’abord qu’à me donner un amusement. Je vis que j’avais plus fait, et que je m’étais donné une compagne. Un peu d’habitude avec cette excellente fille, un peu de réflexion sur ma situation, me firent sentir qu’en ne songeant qu’à mes plaisirs, j’avais beaucoup fait pour mon bonheur. Il me fallait à la place de l’ambition éteinte un sentiment vif qui remplît mon cœur. Il fallait, pour tout dire, un successeur à Maman : puisque je ne devais plus vivre avec elle, il me fallait quelqu’un qui vécût avec son élève, et en qui je trouvasse la simplicité, la docilité de cœur qu’elle avait trouvée en moi. Il fallait que la douceur de la vie privée et domestique me dédommageât du sort brillant auquel je renonçais. Quand j’étais absolument seul, mon cœur était vide ; mais il n’en fallait qu’un pour le remplir. Le sort m’avait ôté, m’avait aliéné, du moins en partie, celui pour lequel la nature m’avait fait. Dès lors j’étais seul ; car il n’y eut jamais pour moi d’intermédiaire entre tout et rien. Je trouvai dans Thérèse le supplément dont j’avais besoin ; par elle je vécus heureux autant que je pouvais l’être selon le cours des événements. » ConfessionsJJ-Rouseau-et-Therese.jpg

 

« Je voulus d’abord former son esprit. J’y perdis ma peine. Son esprit est ce que l’a fait la nature ; la culture et les soins n’y prennent pas. Je ne rougis point d’avouer qu’elle n’a jamais bien su lire, quoiqu’elle écrive passablement . »

 

Ils auront cinq enfants, tous abandonnés à l’hôpital des Enfants-Trouvés, au grand dam de Thérèse, mais avec la complicité de la belle-mère. Les adversaires de Rousseau, ( auteur de Émile ou de l’éducation ), le lui reprocheront amèrement. Il ne l’a certes jamais abandonnée mais ne s’est pas privé d’avoir des aventures. Il l’épousera, malgré tout, symboliquement le 30 août 1768 en se contentant de lui jurer fidélité devant le maire de Bourgoin (Isère). Ils resteront ensemble jusqu’à la mort de Jean-Jacques en 1778. Thérèse, devenue héritière de ses écrits, vivra jusqu’en 1801.


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