Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

J Vermeer peint la rencontre amoureuse, en musique -2-

Publié le par Perceval

johannes-vermeer-la-lecon-de-musique.png

"Une autre toile de Vermeer, La Leçon de musique , prêtée par la reine d’Angleterre, se déchiffre, elle aussi, comme un rébus à tiroirs. Au premier plan, une table recouverte d’un lourd tapis semble faire obstacle aux regards, puis une chaise, une viole couchée à terre, jusqu’à la joueuse de virginal (en réalité un muselaar, le clavier étant à droite) qui nous tourne le dos. « Circulez, il n’y a rien à voir! » semble nous dire le peintre. Sauf que, évidemment, c’est un piège. Au bout d’une longue diagonale qui gouverne toute la composition, un professeur de musique, ou peut-être un chanteur, d’après ses lèvres entrouvertes, se tient près du virginal. Dans le miroir, placé tout au fond du tableau, on surprend la jeune femme en train de lui adresser un regard complice. La viole couchée à terre pourrait même signifier le sort qui l’attend après la leçon, estime Betsy Wieseman, conservatrice au département des peintures hollandaises à la National Gallery. Pourtant, la vraie sensualité du tableau est ailleurs, dans l’éblouissante harmonie de tons froids et chauds qui irradient la scène. Vermeer module la lumière sur les motifs du tapis, qui bleuissent dans l’ombre et rougeoient au soleil. Il cisèle d’un rayon le bord d’un plateau de cuivre, caresse d’un ton plus clair une carafe ventrue puis la manche de la jeune fille. Charmants préliminaires…"

Sources : SABINE GIGNOUX de La Croix du lundi 29 juillet 2013
 
Jan-Vermeer---The-Concert--1665-1666-.jpg
Le concert, (vers 1664 – 1666).
La scène peut se prêter à plusieurs interprétations. Est- ce réellement un innocent concert ?  Le tableau de droite  inviterait voir le caractère libertin de la scène.
Dirck-Jaspersz.-van-Baburen--c.-1595---February-21--1624-.jpg
Dirck Jaspersz. van Baburen (1595 – 1624)  L'entremetteuse, 1622

Trois personnages dans un intérieur bourgeois. A gauche, une jeune fille en robe de soie jaune au clavecin. Un cavalier de dos, l’épée au côté assis sur une chaise, joue d’un luth dont on ne voit que le chevillier  A droite, une femme en jaquette bleue – vert bordée d’hermine déchiffre une mélodie et chante en battant la mesure. Au dessus à droite est accroché au mur l’Entremetteuse de van Baburen (cette œuvre se trouvait dans la maison de Vermeer).

 

Les instruments peuvent renvoyer à la sensualité et à la frivolité. Dans « La lettre d’amour » l’instrument montré ressemble à un luth, attribut des amants. Il suggère aussi la forme du corps de la femme, comparaison qui apparaît fréquemment dans la littérature de l’époque.

vermeer_johannes-la-lettre-d-amour.jpg

La lettre d’amour, vers 1669-1670, Jan Vermeer, (Amsterdam, Rijksmuseum). Le rideau relevé nous permet de contempler l’espace domestique du personnage principal et d’en goûter la douceur. La robuste servante vient de remettre une lettre à sa maîtresse qui arrête de jouer. L’instrument montré ici ressemble à un luth, attribut des amants. Dans le tableau accroché au mur, un navire affronte un vent violent et un ciel nuageux. Au XVIIe siècle, une telle métaphore était un cliché : l’amour est tout aussi « dangereux » que la mer. Peut-être le temps menaçant signifie-t-il que la femme va au-devant de problèmes amoureux?

 

Johannes Vermeer est né à Delft le 31 octobre 1632 et mort le 16 décembre 1675. C’ est un peintre baroque néerlandais parmi les plus célèbres du siècle d’or (période de l’histoire des Pays-Bas comprise entre 1584 et 1702). Il réalisa surtout, dans un style raffiné, des peintures de genre, principalement des intérieurs montrant des scènes de la vie domestique.

 

Commenter cet article