Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Gwen John: de la difficulté d'être femme ? -2-

Publié le par Perceval

Gwen John Girl Reading at the Window«  La plupart de ses tableaux mettent en scène des femmes dans des intérieurs qu'elles écrasent de leur silhouette. Référence aux primitifs flamands ..

«  Une femme lisant à la fenêtre » : figure longiligne inspirée de Van Eyck … Sa représentation de la nudité, fait appel à sa propre expérience comme modèle... Ainsi l'extraordinaire duo des « nus déshabillés », La fille aux épaules nues et Nu ( 1909-1910) , qui représentent exactement la même personne, une femme filiforme aux cheveux bruns. Dans l'un, elle porte un vêtement blanc, baissé pour dégager les épaules ; dans l'autre, sa chemise est descendue plus avant encore et nouée autour des reins, pour laisser voir son buste.

 

*****

Gwen John 1876-1939 la fille aus épaules nues Gwen-John-Nude-Girl-1900-1910.jpg


L'autoportrait à la lettre ( 1907-9) est une aquarelle que Gwen offre à Rodin alors qu'elle est déjà son modèle et son amante. Gwen-John-self-portrait-with-letter1908.jpgElles s'est figurée en buste, revêtue d'une robe couvrante te les cheveux lissés, son regard fixant un point droit devant elle. Sa bouche est légèrement ouverte comme si elle allait parler ; elle tient une lettre à la main. Cette autoreprésentation unifie sa parole, sa correspondance et son art. Durant la période où elle peint cette aquarelle, Gwen écrit en effet des lettres qu'elle envoie à Rodin, des lettres adressées par une certaine « Marie » à une sœur imaginaire, « Julie ». Marie explique qu'elle pose pour un artiste, sans jamais dire qu'elle même est une artiste. Parallèlement, c'est en tant qu'artiste peintre que Gwen John écrit à son amie et collègue de la Slade, Ursula Tyrwhitt. Elle crée ainsi plusieurs versions d'elle-même, variant selon les correspondants. Ses « personnages », dans sa prose épistolaire comme dans ses tableaux, proposent différentes représentations de la féminité. La correspondance de Marie à Julie balise un terrain érotique où il s'agit d’apparaître la plus séduisante aux yeux du maître ( le sculpteur), impliquant même certaines amies dans des scènes entre femmes destinées au regard masculin. Au contraire, les lettres de Gwen John l'artiste font état d'un Paris professionnel.

Gwen John n'ignore pas la véritable obsession du nu chez Rodin ( cf dessins ). A Rodin, elle adresse donc une sorte de journal intime manifestement destiné à la jouissance du personnage hors champ, alors que le regard qu'elle pose en peinture sur ses modèles semble neutre ; réciproquement, les yeux tranquille de son modèle ne sont susceptibles d'aucune tentative d’assujettissement. Gwen John pourrait bien être l'une des premières à problématiser, en la morcelant de cette façon, une subjectivité féminine »

Source: Femmes artistes femmes de Catherine Gonnard et Elisabeth Lebovici

*******

En 1864, Rodin (1840-1917) rencontre Rose Beuret qui partagera sa vie jusqu'à sa mort, et dont il a un fils, Auguste. 

Les années 1880 voient aussi sa rencontre avec Camille Claudel, tour à tour son élève, son modèle, sa maîtresse, sa muse aussi. Leur rupture définitive a lieu vers 1893.

Anecdote : Le 2 septembre 1902, la danseuse Isadora Duncan, à l'époque l'un des person­nages les plus extravagants du monde de la danse, au statut de véritable «star» internationale, rend visite à Auguste Rodin dans son atelier, villa des Brillants à Meudon, au sud-ouest de Paris. Là, elle trouve le sculpteur barbu en plein effort, les mains dans l'argile. «En quelques instants, déclarera-t-elle par la suite, il avait donné forme à une poitrine féminine.» Rodin approche ensuite son grand corps puissant de la danseuse fantasque : «Il fit courir ses mains sur mes hanches, sur mes jambes et mes pieds nus. Puis il se mit à pétrir mon corps entier comme s'il était d'argile ; la chaleur qui se dégageait de ses mains me brûlait et me fit fondre. Je n'avais plus qu'une idée en tête : me donner à lui corps et âme.»

Rodin multiplie les conquêtes féminines, puis sous la coupe et l'influence de la duchesse de Choiseul, il parcourt le monde avec ses expositions. Rodin a besoin des femmes, mais il les utilise, avant de les rejeter.

« Je ne suis qu'un îlot de chagrin et de désir», écrit Gwen John, avec laquelle il a une liaison à partir de 1904.

Après avoir épousé Rose Beuret qui décède quelques jours plus tard, Rodin meurt à Meudon le 17 novembre 1917

Commenter cet article

Anis 10/11/2012 11:10

Il y a des artistes comme lui dont il ne faut pas s'approcher trop près.

Perceval 10/11/2012 17:08



Quand l'égo, ne supporte que ce qui le nourrit ... ( toujours l'ogre .)



Anis 10/11/2012 11:09

J'avais fait mon mémoire de maîtrise sur "La lumière chez Rodin". J'ai passé des heures au musée à observer.Rainer Maria Rilke a écrit un très beau livre sur lui. Au final, j'ai été déçue.

Perceval 10/11/2012 17:07



Quand même ...!



Anis 10/11/2012 09:39

Oui, cet homme était un ogre. Il n'a pas aimé les femmes malgré l'immense talent qu'il a eu à les représenter.

Perceval 10/11/2012 10:41



Oui, un ogre ... Barbe Bleue...