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Georges Sand, inspire Balzac.

Publié le par Perceval

George Sand (1804-1876) est mère célibataire. Elle est obligée d'écrire pour survivre. La "rage d'écrire" qui l'habitait déjà jeune devient un gagne-pain au journal "Le figaro", journal d'opposition républicain à l'époque.

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Indiana (1831) est le premier roman, que George Sand fait paraître, seule. Comme d'autres, un critique de l'hebdomadaire satirique illustré La Caricature, un certain Honoré de Balzac (1799-1850), s'enthousiasme à son propos :

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Le dandy Balzac aux Tuileries (Cassal, 1839)

« Ce livre-là est une réaction de la vérité contre le fantastique, du temps présent contre le moyen-âge, du drame intime contre la tyrannie du genre historique… Je ne connais rien de plus simplement écrit, de plus délicieusement conçu ».

Balzac admire véritablement George Sand, même si tout les sépare. Il vient la visiter à Nohant - sa propriété qu'elle a réussi à récupérer après sa séparation officielle - quelques jours, en 1838, et s'en retourne avec l'idée de se lancer, grâce à elle, dans la rédaction de Béatrix, prenant exemple sur l'histoire de Mme d'Agoult et de Liszt, qui faisaient partie de son entourage.

L'ouvrage sortira à la fin de l'année suivante , mettant en scène deux figures féminines. La première est celle de la blonde marquise de Rochefide, dont le roman porte le prénom, tandis que George Sand va fortement inspirer la seconde, la libre et indépendante Félicité de Touches.

En 1837, Balzac avait eu l'idée de raconter l'histoire de parisiens en province et d'une provinciale montant à Paris qui deviendra , en 1843, La Muse du département. La figure de George Sand détermine celle, posée en négatif, de la comtesse Dinah de La Baudraye, passionnée de littérature et auteur de poésie à ses heures. Balzac écrit au début de son livre, lui rendant un mordant hommage :

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George Sand par Musset

«  Si ce mot ne devait pas, pour beaucoup de gens, comporter une espèce de blâme, on pourrait dire que George Sand a créé le sandisme, tant il est vrai que, moralement parlant, le bien est presque toujours doublé d’un mal. Cette lèpre sentimentale a gâté beaucoup de femmes qui, sans leurs prétentions au génie, eussent été charmantes. Le sandisme a cependant cela de bon que la femme qui en est attaquée faisant porter ses prétendues supériorités sur les sentiments méconnus, elle est en quelque sorte le bas-bleu du cœur : il en résulte alors moins d’ennui, l’amour neutralisant un peu la littérature. Or l’illustration de George Sand a eu pour principal effet de faire reconnaître que la France possède un nombre exorbitant de femmes supérieures assez généreuses pour laisser jusqu’à présent le champ libre à la petite-fille du maréchal de Saxe.» (Balzac, La Muse du département, Pléiade, p. 51 . L’intrigue est de 1836… On appréciera le constat plutôt aigre de la réussite de Sand auprès du public féminin, et des motivations " féministes " et pleurnichardes que Balzac y déchiffre )

« Quand, après la révolution de 1830, la gloire de George Sand rayonna sur le Berry, beaucoup de villes envièrent à La Châtre le privilège d’avoir vu naître une rivale à madame de Staël, à Camille Maupin, et furent assez disposées à honorer les moindres talents féminins. Aussi vit-on, alors beaucoup de Dixièmes Muses en France, jeunes filles ou jeunes femmes détournées d’une vie paisible par un semblant de gloire ! » (La Muse du département Honoré de Balzac XII. Comment la révolution de Juillet en produisit une chez Dinah)

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