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Flora Tristan, socialiste et révolutionnaire - 3 -

Publié le par Perceval

Alors qu'en 1839 Flora TristanFlora-Tristan-3.jpg vit à Londres, capitale dont elle n'apprécie pas le contexte social, elle décide néanmoins de lui consacrer un ouvrage mettant en exergue toute la force et la misère de cette mégapole. Loin des clichés des belles lettres de l'époque, Flora Tristan va promener son lectorat à travers les quartiers insalubres et miséreux de Londres à la recherche de tous ceux dont on parle peu, et dépeindre ainsi une réalité très éloignée de l'image de capitale moderne d'un État puissant et économiquement fort.

 

-    Publiées en mai 1840, les Promenades dans Londres approfondissent la vocation d'enquêtrice sociale.

« Quelle immense ville que Londres ! comme cette grandeur, hors de toute proportion avec la superficie et la population des Îles britanniques, rappelle immédiatement à l'esprit et l'oppression de l'Inde et la supériorité commerciale de l'Angleterre ! Mais les richesses provenant des succès de la force et de la ruse sont de nature éphémère ; elles ne sauraient durer sans renverser les lois universelles qui veulent que, le jour venu, l'esclave rompe ses fers, que les peuples asservis secouent le joug et que les lumières utiles à l'homme se répandent afin que l'ignorance aussi soit affranchie ».

 

flora-Tristan-Affiche.jpgL'engagement au service des prolétaires l’entraine à publier une sorte de catéchisme révolutionnaire, véritable brûlot contre l'ordre social, l'Union ouvrière (mai 1843).

« OUVRIERS ET OUVRIERES, écoutez-moi. […] le jour est venu où il faut agir et c'est à vous, à vous seuls, qu'il appartient d'agir dans l'intérêt de votre propre cause. Il y va pour vous de la vie…ou de la mort! de cette mort horrible qui tue à chaque instant : la misère et la faim! […] Votre action à vous, ce n'est pas la révolte à main armée, l'émeute sur la place publique, l'incendie ni le pillage. Non ; car la destruction, au lieu de remédier à vos maux, ne ferait que les empirer. Les émeutes de Lyon et de Paris sont venues l'attester. Votre action à vous, vous n'en avez qu'une légale, légitime, avouable devant Dieu et les hommes : c'est l'UNION UNIVERSELLE DES OUVRIERS ET DES OUVRIERES. »

 

L'Union ouvrière, jette bientôt Flora sur les routes. Le livre en effet ne peut toucher son public que si l'auteur le diffuse à travers la France, en portait la parole dans les ateliers auprès de ceux-là mêmes auxquels il est destiné et qui risque pourtant de n'en avoir jamais connaissance, dans la mesure où ils ne savent pas lire … Flora entreprend un tour de France.

Elle le prépare méthodiquement, s'appuyant sur les sociétés de compagnonnage avec lesquelles elle avait pris contact avant son départ, sur le réseau fouriériste des abonnés à La Démocratie pacifique et sur les loges maçonniques…

La mort d’épuisement de Flora Tristan, à Bordeaux, en novembre 1844, interrompt ce tour de France.. De ce dernier voyage, il nous reste un journal, Le Tour de France, tiré de l'oubli par l'historien Jules Puech : Le Tour de France parait posthume en 1973.

 

A lire des extraits de " L'Union Ouvrière " ICI:

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