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Existe t-il une " nature " féminine ?

Publié le par Perceval

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 Les Huldres, fées réputées d'origine humaine. Huldra's Nymphs par Bernard Evans Ward  De Johann_Heinrich_Füssli, le Prince Arthur and la reine des fées

*****

 

Effectivement, je me rends bien compte - à la lumière du XIXème s. - la tentation d'utiliser les inégalités sociales, culturelles ( à l'époque!) … pour justifier avec un discours sexiste, un état de fait qui conforte le masculin dans son éventuelle supériorité.

Rendre compte d'une « nature féminine », consisterait-il à opposer féminin et masculin ? Oui, si nous imaginions qu'une nature masculine, s'apparenterait - elle - à une « nature universelle » … ! ( Le divin serait masculin..! )

La complémentarité ne consiste pas à se partager les professions ( par exemple), et prétendre que l'une ne peut pas faire ce qui serait de la "nature" de l'un. Mais bien que chacun prétende à tout, en se gratifiant ensemble des « différences intrinsèques» de chacun...

 Mais, que signifie ce concept de « nature » ?

« Par nature », le féminin, a une spécificité physiologique ; et pourtant cela ne suffit à affirmer une nature qui transcenderait l'objet corps. Bien sûr, la « nature » ( par définition) ne peut être un pur produit historique ou social …

- Ce qui est curieux, c'est que la nature comme « monde sauvage » s'oppose à nature comme « essence ». Ce qui revient à exprimer l'opposition entre le sensible et le mental ( difficile de trouver les bons mots …)... Aussi la question est de savoir si notre « nature » est de l'ordre du sensible ( matériel ) ou d'un « idéal » ( pour ne pas dire d'une transcendance …)... ?

Aussi à mon avis, la dualité nature-culture, me semble bien plus complexe que ce que le débat habituel qui conclue à : " puisque tout est culture, il n'y a pas de nature féminine, mais seulement une condition féminine …"

- D'autant que, si le terme de nature n'est peut-être pas si matérialiste que cela, le terme de culture n'est pas lui non plus si simple... Lorsque l'on dit que « masculin et féminin cohabitent en chaque individualité psychique, comme une dualité intérieure de la psyché... ». On pourrait penser que la nature féminine ou masculine serait une virtualité qui serait appelée à se réaliser pour devenir soi … La culture deviendrait la boite à outils d'une liberté qui cherche son épanouissement. Pour l'homme au travers de sa masculinité, et pour la femme, par sa féminité ...

Chevalier-dame.jpg La_Belle_Dam_Sans_Merci.jpg
Le chevalier et sa dame. La belle Dame Sans-Merci

 

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Perceval 05/11/2013 10:04

Oui, chacun a sa propre définition de ce que pourrait être la féminité, la masculinité... Ce qui est vrai aussi pour d'autres notions comme l'égalité, la liberté, la fraternité ... Et je ne parle
pas de l'amour, du divin ...etc. Pourtant, je pense que nous pourrions pour chaque "époque" décrire un état de la pensée sur chacun de ses thèmes, et déceler une "évolution" ...

Anis 03/11/2013 12:41

Ce qui n'est pas clair, voyez-vous, c'est cette féminité assumée, et ce que vous attendez par là. Nous utilisons chacun nos émotions et notre raison, espérons-le, au moins à part égales, que nous
soyons hommes ou femmes. Chacun est femme ou homme à sa manière. D'ailleurs des féministes revendiquent une spécificité surtout lié au corps et à la maternité mais elles font fausse route car qu'en
est-il des femmes qui n'ont pas d'enfants, ou des personnes transgenre, ou de ceux qui ont une ambiguité sexuelle? Ce féminisme conservateur n'en est pas un c'est un abus de langage. Il enferme
encre une fois les femmes dans la maternité. Peut-être être une femme à mon avis, c'est être libre d'utiliser ou pas tout ce que la culture et l'histoire ont inscrit en nous. on peut être une femme
et ne jamais porter de jupe ou ne jamais se maquiller. Quand vous parlez de féminité et de masculinité assumée, je crains que vous ne parliez d'un certain type d'hommes ou de femmes. En en tout
cas, ce n'est pas très clair.

Anis 03/11/2013 09:22

La nature définie comme une essence n'est pas une transcendance ni un idéal, c'est un ensemble de données acquises et immuables. Or, par exemple, les spécialistes du cerveau ont prouvé sa
plasticité. Ce qu'on croyait inné peut se transformer sous l'action du milieu. Et les sociobiologistes parviennent à la même conclusion. A vrai dire, à l'heure actuelle, on a beaucoup de mal à dire
ce qui est inné et acquis. La dualité féminin/masculin dans la psychanalyse jungienne est largement remise en cause également, ce sont des concepts opératoires et non définitifs. Selon l'activité
exercée (l'athlétisme par exemple), le corps à tendance à s'uniformiser entre l'homme et la femme) mais aussi la mode (l'androgynie), on ne sait plus alors qui est fille et qui est garçon. Il n'en
reste pas moins qu'un environnement différent et des contraintes divergentes ont pu façonner un féminin et un masculin avec lesquels nous avons à faire tout en sachant que c'est provisoire, ce sont
des principes évolutifs. Ce qui est gênant aussi c'est que ce qui est qualifié de féminin est plus ou moins passif. Et ne pas négliger l'expérience des femmes qui ne se sont jamais reconnues dans
ce qu'on a pu dire d'elles. Pour certains hommes cela empêcha beaucoup de voir et comprendre les femmes réelles. Il n'y a pas tant de différence au fond entre les deux sexes, d'autres différences
pesant beaucoup plus : les différences culturelles, sociales et autres.

Perceval 03/11/2013 11:31



Il arrive aussi, que féminisme et féminitude, revendiquent une spécificité du "féminin"... Non ?


Effectivement tous ces concepts sont plus opératoires que définitifs ... Et malgré nos écueils passés ( et sans doute à venir ...) , notre culture s'enrichit sans cesse de nos différences
intra-humaines. La question est qu'elle est la nature de ces différences..?


Comme je reconnais, qu'il n'existe pas de "races" ( pas de différence de nature ), peut-être devrais-je reconnaitre que la différence sexuelle, n'est pas une différence de "nature ... Disons
alors, que j'aimerais que ma culture m'offre le plaisir de vivre une différence assumée d'une féminité et d'une masculinité qui se respecteraient au plus haut point...