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Étudiante en philosophie, Edith Stein (1891-1942)

Publié le par Perceval

Une femme philosophe en quête de vérité, (les années 1913-1922).

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En 1910, Edith est la seule femme à suivre, cette année-là, les cours de philosophie.


Elle découvre la pensée d’Edmund Husserl, Edmund_Husserl.jpgprofesseur à l’université de Göttingen. Elle s’enthousiasme pour l’auteur, initiateur de la phénoménologie, qui lui apparaît comme "le philosophe" de son temps. Edith a 21 ans. Elle fait la connaissance d'Adolf Reinach, bras droit de Husserl, et se lie d'amitié avec lui et sa femme. Tous deux sont d'origine juive, comme elle.

Elle rencontre également, Max Scheler, juif converti, très différent de Husserl, qui provoque l’auditoire par des intuitions originales et qui en enflamme l’esprit. Scheler réussit à éveiller en elle, qui se déclarait athée, le besoin religieux, apaisé plutôt qu’éteint. Depuis peu, Scheler est revenu à la foi catholique et il expose son credo d’une manière fascinante.

Husserl-Scheler-Reinach-Heidegger.jpg

Edith Stein vit dans un groupe où autour du « maître » Husserl,.. gravitent des jeunes gens comme Hedwig Martius , Roman Ingarden, Hans Lipps … Ces jeunes philosophes vivent sans contrainte, discutent phénoménologie, le jour la nuit, et nouent entre eux amitiés et amours... Edith qui se voulait, semble t-il, au-delà des servitudes et complications de l'amour, tombe amoureuse de deux de ses condisciples... et, qui refusent l'un et l'autre de l'épouser !

Edith avait rencontré Roman Ingarden ( polonais ) à Fribourg en 1916, ils discutaient philosophie et se fréquentent 6 mois... jusqu'au jour où Roman lui avoue qu'il va se fiancer …

La rupture fut plus rude encore avec

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Hans Lipps photo gardée par Edith

Hans Lipps  (1889-1941) , autre disciple de Husserl. Elle l'a rencontré à Göttingen en 1913. La guerre éclate et Hans est mobilisé ; ils ne se revoient qu'épisodiquement... Un jour, à son tour, Hans annonce ses fiançailles … Après la mort de sa femme, Hans envisagera d'épouser Edith... Mais, en 1933, Edith entre au Carmel,

Edith oriente sa recherche vers la notion d’empathie (Einfühlung), c'est-à-dire la perception intuitive de l'autre par sympathie afin qu'une rencontre interpersonnelle puisse se réaliser en profondeur. Mais Edith connaît une crise, sa thèse stagne, la jeune étudiante tombe dans une profonde dépression.. Elle va sortir de cette mauvaise passe grâce à l'amitié d'Adolf Reinach qui l'encourage et l'aide dans sa recherche. Adolf Reinach et sa femme se convertissent et deviennent protestants .

Au début de la Première Guerre mondiale, en 1914, les amphithéâtres se vident...

Edith-Stein-auxiliaire-de-la-Croix-Rouge--en-1915.jpg
Edith Stein auxiliaire de la Croix Rouge, en 1915

Elle désire répondre à la haine par un « service d’amour ». Et elle est infirmière volontaire de la Croix Rouge dans un hôpital militaire pour maladies infectieuses, dans une petite ville de la Moravie. Elle y fait l'expé­rience douloureuse de la souffrance et de la mort.

En 1915, elle passe son Certificat d'Aptitude au Professorat, tout en gardant des liens particuliers avec ses camardes au combat, comme Hans Lipps, à qui elle envoie des objets très divers : tantôt une gravure japonaise sur bois, tantôt quelques traités concernant la théorie de la relation, souvent de bonnes pralines ou autres sucreries ...

Ensuite, elle revient à la philosophie avec une attitude nouvelle: « la vie a le dernier mot! ». Le 3 août 1916, elle obtient son doctorat

Malgré ses réserves sur la pensée philosophique de Husserl,

Edith-Stein-en-1925--quand-elle-enseignait-a-l-Institut-.jpg
Edith Stein en 1925, quand elle enseignait à l’Institut des Dominicaines à Speyer

Edith reste près de lui, et en 1916, elle le suit comme maître assistant à l’Université de Fribourg. Elle prend la succession d'Adolf Reinach, tombé en Flandres en novembre 1917, un an après avoir été baptisé avec son épouse dans la religion protestante.

 

A Fribourg, Édith donne aux étudiants les aptitudes requises pour suivre les cours magistraux de Husserl, tâche particulièrement difficile à une époque où les milieux élitistes ne comprennent guère que les cours soient dispensés par une femme … et Edith Stein ne peut admettre cette confusion … Edith rencontre d'autres personnalités, comme le philosophe Martin Heidegger...

 

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Anis 20/09/2012 19:14

Bien sûr c'est mieux. Beaucoup d'hommes se sont débarrassés de leur carcan et des préjugés véhiculés par la tradition. L'intelligence devient aussi parfois un atout dans la séduction et le partage
rend les relations entre les hommes et les femmes passionnantes, d'autant plus qu'elles sont empreintes toujours d'une part du mystère de l'Autre. C'est pourquoi vote blog est absolument
indispensable à mon avis sur la toile.

Perceval 21/09/2012 09:46



Voilà... tout est là: le "mystère" de l'autre ...



Anis 19/09/2012 21:47

Moi qui ai fait aussi des études de philosophie, je suis très émue par le destin de cette femme qui devait avoir une intelligence très vive. les femmes intelligentes devaient affronter une certaine
solitude car les hommes n'étaient pas près à épouser ce genre de femmes à l'époque. Est-ce beaucoup plus facile aujourd'hui?

Perceval 20/09/2012 09:37



Oui ... La recherche universitaire, pour une femme était presque une passion inavouable ... Et l'amitié intellectuelle ne mélangeait pas les sexes ... C'est quand même mieux aujourd'hui, sur ce
plan ... non...?