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Catherine Pozzi: à l'extrême de soi-même.

Publié le par Perceval

A dix ans, Catherine Pozzi commence à écrire un journal qu’elle tiendra jusqu’à ses vingt-trois ans :

Catherine-Pozzi1.jpg« Je veux dire aux indifférents combien un enfant peut souffrir, combien une jeune fille peut être seule ».

Âgée de 25 ans, elle quitte la France et sa famille pour une année d'études à Oxford.

En janvier 1909, elle se laisse épouser par Edouard Bourdet - dramaturge qui va vite connaître le succès, agrémenté de liaisons variées ….  dont elle a un fils, Claude Bourdet (Claude, né en octobre 1909, mort le 22 mars 1996, le journaliste du temps de la Résistance, puis de France-Observateur )., mais le mariage tourne tout de suite à l’échec.
En 1912, elle apprend qu’elle est atteinte de la tuberculose. Maladie dont elle ne va jamais se remettre et qui l'emportera en 1934. Paul-Valéry04

 

Elle étudie - avec la méthode et le désordre de qui sait son temps compté-  l’histoire de la philosophie et des religions, les mathématiques, les sciences . Elle passera son baccalauréat à 37 ans pendant la guerre, divorcera et rencontrera, en 1920, celui qui fut sa plus belle chance et son plus dur échec, son « très haut Amour » et son « Enfer », Paul Valéry qui était marié, depuis 1900, à la nièce de Berthe Morisot..

 

À la fin de la Grande Guerre, son père est assassiné par un de ses anciens patients.

En 1913, elle débute son journal d’adulte qu’elle tiendra jusqu’à sa mort en 1934 dans lequel elle livre le plus profond d’elle-même.

Elle y raconte la passion mouvementée qu’elle vécut avec Paul Valéry de 1920 à 1928, les terribles souffrances que la maladie lui infligea, ses rapports avec un certain nombre de personnalités, Julien Benda, Bernard Groethuysen, Rainer Maria Rilke, Marie de Régnier, Pierre Jean Jouve, Anna de Noailles...
Pozzi-logo.gif
« Je suis un des points singuliers par où la souffrance de la planète rayonne » (Catherine Pozzi)
« Ce qui ne peut devenir nuit ou flamme, il faut le taire »
« Il y a tant de raisons d’écrire, outre celle de publier. Par exemple exalter la conscience, l’attention ; tracer un chemin ; son chemin ; détruire ; croître…. »
« On n’arrive au plus haut de soi que contre soi »

Au terme de huit années d’une liaison presque secrète, mais terriblement exigeante, riche d’une réflexion commune et quotidienne, mais douloureuse et dévastatrice pour tous deux, Catherine Pozzi rompt avec le « Prince des Poètes »

Désormais, c’est une solitude noire et fiévreuse, traversée de quelques amitiés amèrement fidèles : Julien Benda, Jean Paulhan, Pierre Jean Jouve, Jean Guéhenno, Ernst Robert Curtius, Jacques Maritain, Charles Du Bos…

Ensuite, c’est la maladie qui accentue ses ravages, exténuant à coups de morphine, de laudanum, le corps frêle et les nerfs à vif. Elle meurt le 3 décembre 1934 .

Intransigeante, orgueilleuse, vivant à l’extrême de soi-même, Catherine Pozzi fut toute sa vie une assoiffée d’absolu.

Commenter cet article

iloucat 24/07/2012 08:57

C'est un article qui m'interesse vivement car j'ai lu une biographie de Catherine Pozzi et un exemplaire de ses poemes m'a été offert en cadeau .Je dois en fait avouer que je dévore toutes vos
piblications

Perceval 24/07/2012 09:31



C'est quand même - dans sa vie - la souffrance qui prédomine... J'espère que la présence des grands artistes qui l'ont entourée, a facilité son passage terrestre...!