Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Baudelaire: Le dandy et la femme.

Publié le par Perceval

6a00e550ab51b0883401156f630070970c-800wi.jpg

 

Dans son essai Le Peintre de la Vie Moderne publié en feuilleton en 1863 qui passe pour l'acte de naissance de la modernité, Baudelaire (1821-1867 ) fait l'éloge de l'artifice, du maquillage et des parures, de la femme élégante, de la ville, du frivole et de l'horreur, et développe une théorie du dandy : qui n'a pas « d'autre état que de cultiver l'idée du beau dans [sa] personne, de satisfaire [ses] passions, de sentir et de penser. »


guys-constantin-ernest-adolphe-1-elegant-lady-riding-in-a-b.jpg Constantin-Guys-En-quittant-le-theatre.jpg
 Guys constantin elegant-lady-riding-in-a-ban  Constantin Guys - En quittant le théâtre

« La modernité, c'est le transitoire, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable. »

Constantin-Guys-1924-Victoria-caleche--costumes-du-18eme-.jpg

IX- Le dandy : (..)Il est par excellence le héros de la vie moderne, attaché à maintenir l’éternelle beauté de la forme dans un monde où tout est voué à la disparition, a afficher son originalité dans un monde où règne le conformisme, à « fonder une espèce nouvelle d’aristocratie » dans un monde démocratique.

X- La femme : (...) Elle est la grande magicienne de l’apparence, pure image, s’étudiant à incarner le fantasme du désir. Idole éblouissante, elle n’a de réalité que par le rêve qu’elle inspire.

Constantin-Guys-demi-mondaines-ca.-1852-1860.jpg Constantin-Guys-Deux-femmes-1891.jpg
 Constantin Guys demi-mondaines ca. 1852-1860  Constantin Guys Deux femmes-1891


Baudelaire écrit Le Peintre de la Vie Moderne dans le courant de l’année 1859; c’est le Figaro qui le publiera, en trois épisodes, les 26 et 29 novembre et le 3 décembre 1863.

 Baudelaire fait l'éloge du dandys, par La Femme. Dans ce texte, il consacre l'art de Constantin Guys (1802-1892) , hollandais et artiste peintre modeste au point de ne pas signer ses oeuvres.… Son œuvre comble l'attente du poète, sur sa vision de la beauté moderne qui surgit, aussi bien, dans le charme de l'artifice et de la mode que dans le visage emblématique de la courtisane.

Chacun se délecte d'un monde sensé représenté l'univers féminin, qui laisse la place à la provocation lascive et sensuelle de la femme « vénale », et au cortège d'artifices,de mystère,de séduction, de grâce ou d'impudeur de la grande bourgeoise... Chacun a le même désir de saisir la vie à travers le langage du corps féminin et de son enveloppe d'étoffes aux ondulations souples et volumineuses,dont l'image de la femme du XIXe siècle est indissociable.

guys-constantin-ernest-adolphe-ballszene-pourparlers.jpg Constantin-Guys-1.jpg
   

Proust, lui-même, n'est pas insensible à ces images...

« (…)  je voyais enfin, débouchant de l’allée qui vient de la Porte Dauphine — image pour moi d’un prestige royal, d’une arrivée souveraine telle qu’aucune reine véritable n’a pu m’en donner l’impression dans la suite, parce que j’avais de leur pouvoir une notion moins vague et plus expérimentale — emportée par le vol de deux chevaux ardents, minces et contournés comme on en voit dans les dessins de Constantin Guys, portant établi sur son siège un énorme cocher fourré comme un cosaque, à côté d’un petit groom rappelant le «tigre» de «feu Baudenord», je voyais — ou plutôt je sentais imprimer sa forme dans mon cœur par une nette et épuisante blessure — une incomparable victoria, à dessein un peu haute et laissant passer à travers son luxe «dernier cri» des allusions aux formes anciennes, au fond de laquelle reposait avec abandon Mme Swann »(I, 299) »

Constantin_Guys_-_At_the_Theater_-Au_foyer_du_theatre-_Lad.jpg

Commenter cet article