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Les femmes (dangereuses) du XIXème -3-

Publié le par Perceval

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Vittorio Matteo Corcos 1896

Le fantasme ( masculin, bien sûr …) de la femme fatale, dangereuse, a eu son heure de gloire pendant le XIXème siècle.

Ce siècle misogyne, a eu peur de la femme comme aucun autre, semble t-il ; et, à mon avis, parce que les hommes prenaient conscience que l'abus de pouvoir masculin allait prendre fin... Ils le redoutaient, alors que l'éventuel ascendant féminin les fascinaient.

 

D'un côté l'impassibilité des femmes et leur soumission, de l'autre côté leur séduction, provoquaient la crainte et le désir chez les hommes.

« La femme fatale » est mythiquement enracinée dans notre psyché et tire sa puissance dans son association avec des figures comme Cléopâtre, Salomé, Judith, Helène, les sirènes ..etc



Exemples d'héroïnes présentées au cours du XIXème et du début XXème...

Lilith aurait connu Adam, avant Eve. Il l'aurait quitté après qu'il ait refusé de la reconnaître comme son égale … Elle peuple depuis, les rêves des hommes … !

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Lilith par John_Collier - 1887 Judith II - Gustav Klimt



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Salomé - 1900 de Lovis Corinth 1858 - 1925

Salomé, une princesse juive, était la fille d'Hérodias, et la belle-fille d'Hérode Antipas, gouverneur d'une État occupé par les romains. Hérodias a voulu se venger de Jean-Baptiste parce qu'il avait affirmé que son mariage avec Hérode était illégal parce que Hérode a quitté une autre femme pour Hérodiade, qui avait été auparavant l'épouse de son frère. Ainsi, Hérodiade dit à Salomé de danser devant Hérode lors de son anniversaire et de demander la tête de Jean le Baptiste.

D'autres auteurs ont repris l'histoire de Salomé, mais l'ont transformé pour accentuer chez Salomé la figure dangereuse de la femme fatale. Dans Oscar Wilde, Salome (1896), était tombé amoureuse de Jean-Baptiste, mais il a rejeté ses sentiments. Aussi, blessée, cherche t-elle à le faire exécuter... A la fin de la pièce, elle prend la tête coupée et l'embrasse.

*****

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Gustav Klimt (1862-1918), Judith I, 1901

L’histoire biblique parle de la ville de Bethulia, assiégée par Holopherne, un général envoyé par Nabuchodonosor. Judith, une audacieuse femme juive, réussit à pénétrer dans le camp ennemi, à séduire Holopherne puis à le décapiter alors qu’il était ivre. Comme le raconte le Livre de Judith, 13 :6-9

«Dans la Bible, Judith a été le parangon du martyre offert en sacrifice pour une noble cause. Les peintres de la fin du XIXè siècle, eux, l’ont vue comme une prédatrice luxurieuse, une tigresse anorexique » Bram Dijkstra ( prof de littérature, anglais )

Dans Judith I de Klimt , son visage exprime une joie orgasmique à la castration symbolique de l’homme. Un de ses seins est nu, sa chair teintée magnifiée par le dur placage doré qui métamorphose ses vêtements et ses bijoux. Toutes les surfaces ont des textures d’une grande densité, comme celle, inanimée, suggérée par ses pierres précieuses. C’est un orgasme à la fois brillant et cruel, symbolisé par le corps féminin lui-même.

 

Dans Judith II, l’effet de cruauté est intensifié par son air de malice vorace, les mains sont des griffes. 

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Anis 27/04/2013 10:20

Très bon article, et il me semble qu'il reste encore malheureusement de ces choses dans l'inconscient collectif.

Perceval 27/04/2013 10:52



Oui.. Mais, alors c'est que cela est très profond ... D'où cela vient-il ?