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Apollinaire et Anne, Marie, Louise, ou La Jolie Rousse -3-

Publié le par Perceval

La vie et la mort sont tous un.  La réalité et l’imagination sont tous un.  Le passé et le futur sont tous un. Quand deux deviennent un seul, toutes les contradictions finissent.  Je suis la vie.  Je suis le son et la lumière.  Je suis la chair des hommes :

            ‘Je suis la vie . . . je suis le son et la lumière

            Je suis la chair des hommes . . .’  (Apollinaire - Poèmes retrouvés)

            Quand deux devient un seul, nous pouvons provoquer et défier même la mort et nous pouvons appeler soir le matin, noir le blanc . . .

            ‘Et liés l’un à l’autre en une étreinte unique

            Nous pouvons défier la mort et son destin

            Quand nos dents claqueront en claquement panique

            Nous pouvons appeler soir ce qu’on dit matin’   (Poèmes à Lou)

            ‘Me voici devant tous un homme plein de sens

            Connaissant la vie et de la mort ce qu’un vivant peut connaître.’ (Calligrammes, 1918)

            Apollinaire idole l’Amour ; il est naturel et spontané comme un enfant, pas comme Kafka qui est blasé devant les désirs charnels immondes,  Apollinaire reste toujours ‘pur et clair’ comme le ciel bleu :

            ‘Tu peux défier ma volonté sauvage

            Je peux me prosterner comme vers un autel

            Devant ta croupe qu’ensanglantera ma rage

            Nos amours resterons purs comme un beau ciel.’ (Poèmes à Lou)

Klimt1.jpg

Man-Ray---Portrait-de-Marie-Laurencin--1924.png

En 1907, il quitte le domicile de sa mère au Vésinet et s'installe seul rue Henner, au pied de la butte Montmartre. Sa rencontre avec Marie Laurencin ouvre une période de renouveau créateur dont témoignent des poèmes comme «Le Brasier» et «Les Fiançailles». 

1909 Il s'installe à Auteuil pour se rapprocher de Marie Laurencin. Il tient la rubrique de «La Littérature féminine» dans la revue Les Marges sous le masque de Louise Lalanne. 

En juin 1912, Marie Laurencin («Marie») le quitte après 5 ans d'une liaison orageuse. Apollinaire écrit «Le Pont Mirabeau».

 

LE PONT MIRABEAU
 
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
          Et nos amours
   Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
 
          Vienne la nuit sonne l'heure
          Les jours s'en vont je demeure

 

Marie Laurencin Apollinaire et ses amis (1907)

Marie Laurencin Apollinaire et ses amis (1907)

 

 

Passent les jours et passent les semaines
          Ni temps passé
   Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
          Vienne la nuit sonne l'heure
   Les jours s'en vont je demeure

                                        [Alcools]

 

  
Les mains dans les mains restons face à face
          Tandis que sous
   Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
 
          Vienne la nuit sonne l'heure
          Les jours s'en vont je demeure
 
L'amour s'en va comme cette eau courante
          L'amour s'en va
   Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
 
          Vienne la nuit sonne l'heure
          Les jours s'en vont je demeure
   

 

(...)

.... Voici que vient l'été la saison violente

Jacqueline Kolb 1

Fin 1917, Apolinaire rencontre Amélia Jacqueline Kolb, «la jolie rousse».

Le 2 mai 1918, mariage avec Amelia Kolb, dite Ruby,...

Le 9 novembre 1918, il meurt à l'âge de 38 ans de la grippe espagnole dont l'épidémie ravage l'Europe. Engagé pour la durée de la guerre, il est déclaré «Mort pour la France».  

Et ma jeunesse est morte ainsi que le printemps

O Soleil c'est le temps de la Raison ardente

                  Et j'attends

Pour la suivre toujours la forme noble et douce

Qu'elle prend afin que je l'aime seulement

Elle vient et m'attire ainsi qu'un fer l'aimant

                 Elle a l'aspect charmant

                 D'une adorable rousse

Ses cheveux sont d'or on dirait

Un bel éclair qui durerait

Ou ces flammes qui se pavanent

Dans les rose-thé qui se fanent

 

Mais riez riez de moi
Hommes de partout surtout gens d'ici
Car il y a tant de choses que je n'ose vous dire
Tant de choses que vous ne me laisseriez pas dire
Ayez pitié de moi


 

LA JOLIE ROUSSE [Calligrammes] 

 

 

Guillaume-Apollinaire-et-sa-femme-Jacqueline_Kolb--copie-1.jpgGuillaume Apollinaire et sa femme Jacqueline Kolb, Paris 1918

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