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Apollinaire et Anne, Marie, Louise, ou La Jolie Rousse -2-

Publié le par Perceval

Apollinaire n'est pas tourmenté par le sens de la vie, il ne s’occupe pas de rechercher Dieu, car pour lui, Dieu ou la vie, c'est Anne, Marie, Louise, ou La Jolie Rousse. C’est pourquoi il ne fuit pas la vie comme Kafka, Hemingway. Il s’attache à la vie, il la dévore comme une pêche fraîche, il la boit passionnément comme un alcool brûlant :

                        ‘Et tu bois cet alcool brûlant

                        Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie’      (Zone dans Alcools)

Pour Apollinaire, la vie est l’amour. Pour lui, tout est sans frontière: la vie, la poésie, et l’amour se mélangent en un seul Un: l’infini et le fini, l’intérieur et l’extérieur, le phénomène et le noumène (*) , le blanc et le noir, la guerre et la paix, l’essence et l’existence, la laideur et la beauté, le logique et l'illogique... Tout s’est associé, tout se réunie ensemble dans un seul Un. Et qu’est-ce que c’est ce seul Un ? C’est l’Amour : quand les deux amants se réunissent ensemble, l’univers s’allie, le désordre devient l’ordre, le seul un devient unique, et l’un est la surréalité.  Apollinaire a crée le mot ‘surréalisme...

(*) Kant oppose le phénomène au noumène : les phénomènes constituent le monde tel que nous le percevons, et les noumènes révèlent un monde dont l'existence est au contraire indépendante de notre expérience, la chose en soi.


En mai 1901, il est engagé par Madame de Milhau, aristocrate allemande veuve d'un comte français, comme précepteur de sa fille Gabrielle. Fin août, il l'accompagne en Rhénanie où elle a des terres. Il ne tarde pas à s'éprendre de la gouvernante anglaise Annie Playden.

En 1902, il accompagne la famille de Milhau à travers l'Allemagne

Annie l'ayant définitivement éconduit après l'avoir longtemps encouragé, il rentre fin août.

En novembre 1903, alors qu'il a déjà ébauché ce qui deviendra «La Chanson du mal aimé», il se rend à Londres pour convaincre Annie, laquelle lui laisse quelque espoir.

En mai 1904, il retourne à Londres auprès d'Annie et s'en revient rassuré.

En 1905, Annie ayant définitivement quitté l'Angleterre pour les Etats-Unis. Apollinaire reprend et achève «La Chanson du mal aimé».

1906
Année difficile. Il peine à écrire et regrette Annie. Il rédige Les onze mille Verges qu'il publie sans nom d'auteur début 1907.  

 

Apollinaire.jpg
Un soir de demi-brume à Londres
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu'il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte
 
Je suivis ce mauvais garçon
Qui sifflotait mains dans les poches
Nous semblions entre les maisons
Onde ouverte de la mer Rouge
Lui les Hébreux moi Pharaon
 
Qui tombent ces vagues de briques
Si tu ne fus pas bien aimée
Je suis le souverain d'Egypte
Sa sœur-épouse son armée
Si tu n'es pas l'amour unique
 
[Alcools]
Annie_Playden-et-G-Apolinaire.jpg


Commenter cet article

monique 19/03/2013 16:56

Annie : Personnage très important dans le recueil, puisque "la Chanson" devait être, initialement, le poème liminaire. Après le départ d'Annie, il l'évoque en songe (dans le poème éponyme).
Prescience de son avenir : il savait qu'il ne la reverrait plus, d'où le poème "Adieu" Un amour absolu, fou, désespéré. Le poète s'y présente comme une victime déchirée par ses sentiments, et par
une femme qui le refuse. Heureusement pour ce grand amoureux Marie Laurencin va suivre ......

Perceval 21/03/2013 10:16



Un passionné et poète comme Apollinaire, a donc toujours besoin d'être amoureux...! Et cet " Amour là ", semble t-il , ne dure pas ...!