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Abélard, théologien, et Héloïse son amante et épouse.

Publié le par Perceval

Abélard et HéloïseAbélard,  (1079–1142) philosophe et théologien, et Héloïse, (1095–1163) son amante et son épouse.

"En doutant nous venons à la recherche, en cherchant nous percevons la vérité"
Pierre Abélard, prologue du "sic et non"

 

Héloïse, orpheline, a passé toute son enfance a étudier au monastère d'Argenteuil (Val-d'Oise) puis à Paris, où elle était sous la garde de son oncle Fulbert, chanoine à Notre-Dame de Paris.

Son oncle, engagea Abélard  comme professeur ,sans doute flatté par sa réputation, et le logea chez lui… Une liaison s'engagea entre le professeur et son élève, liaison qu'ils ne parvinrent guère à tenir secrète. Abelard HeloiseHéloïse tomba enceinte et, cachée à la campagne, accoucha d'un fils: Pierre Astrolabe. La famille d'Héloïse chercha une dernière vengeance en châtrant de force Abélard.


Condamnés à la chasteté, Abelard tente de convaincre Héloïse qu’ils ne leur reste plus que l'espoir de s'unir dans l'amour divin en prononçant leurs voeux.

"Sa beauté et l'étendue de son savoir la rendaient supérieure à tout son sexe. Cette qualité si rare chez les femmes ajoutait encore plus d'attraits à sa grâce, aussi son nom était-il déjà répandu dans le royaume. La voyant donc parée de toutes les séductions qui d'ordinaire attirent les amants, je songeai à une liaison galante, et je crus pouvoir réussir facilement.

(...)

Pour tout dire en un mot, nous fûmes réunis d'abord par le même toit, puis par le coeur. Héloïse et Abélard BSous le prétexte d'étudier, nous étions tout entiers à l'amour. Loin de tous les regards, notre amour grandissait. Les livres étaient ouverts, mais il y avait plus de paroles d'amour que de leçons de sagesse, plus de baisers que de philosophie, et mes mains revenaient plus souvent au sein d'Héloïse qu'à nos livres; l'amour se réfléchissait dans nos yeux plus souvent que la lecture ne les dirigeait sur les pages des auteurs. Pour mieux éloigner les soupçons, j'allais jusqu'à la frapper... coups donnés par amour et non par la colère, par la tendresse et non par la haine, et plus doux mille fois que tous les baumes qui auraient pu les guérir. Que vous dirais-je ?  Dans notre ardeur, nous passâmes par tous les degrés de l'amour; aucun raffinement ne fut oublié."


Pierre Abélard - "Histoire de mes malheurs" 

 


Héloïse et Abélard 7Héloïse rentrera, sur l’ordre d’Abélard et par amour, au monastère bénédictin d'Argenteuil, là même où elle a passé son adolescence. Bien que moniale sans vocation, elle deviendra prieure de ce monastère. Suger qui en convoite les revenus expulsera, sous un mauvais prétexte, Héloïse et ses compagnes. Elles trouveront refuge au Paraclet. Épouse fidèle, Héloïse n'aura jamais cessé d'aimer Abélard comme leur correspondance le montre. Bientôt abbesse d'un couvent qu'elle a su rendre prospère, elle  l'administrera jusqu'à sa mort en véritable fondatrice d'ordre.

 

Lettres d'Héloïse:

«  J’en prends Dieu à témoin, … le nom de courtisane avec vous m’aurait paru plus doux et plus noble que le nom d’impératrice avec l’empereur Alexandre. »


«  Ah, c’est la concupiscence plutôt que la tendresse qui t’a attaché à moi. C’est l’ardeur des sens plutôt que l’amour. Et voilà pourquoi une fois tes désirs éteints toutes les démonstrations qu’ils inspiraient se sont évanouies avec eux. »


Héloïse et Abélard C«  Ce n’est pas seulement ce que nous avons fait, ce sont les heures, les lieux qui sont si profondément gravés dans mon cœur avec ton image que je me retrouve avec toi aux mêmes lieux, aux mêmes heures, faisant les mêmes choses. Même en dormant, je ne trouve pas le repos. Parfois, les mouvements de on corps trahissent les pensées de mon âme, des mots m’échappent. »


«  Je brûle de toutes les flammes qui attisent en moi les ardeurs de la chair. »


« Les plaisirs amoureux qu'ensemble nous avons goûtés ont pour moi tant de douceur, qu'y compris durant la messe quotidienne, des images colorées assaillent ma pauvre âme, et loin de renier mon amour, je pense désespérée que je ne pourrai plus jamais m'y livrer à nouveau »

heloise and abelard

« Je devrais gémir des fautes que j’ai commises et je soupire après celles que je ne puis commettre. »


«  C’est à toi, bien plus qu’à Dieu que j’ai le désir de plaire. »


Elo et Abelard visages

 

 

 

 

 

 

 

 

Inhumée au Paraclet, elle demandera avant de mourir que son corps soit déposé dans le tombeau de celui qui fut sa raison de vivre…  Ils furent réunis en 1817 : le maire de Paris, décida de faire transférer leurs cendres dans le cimetière du « Père Lachaise «  à Paris.

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