Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

1913: L'année du Tango -1-

Publié le par Perceval

1913 est l'année du Tango dans le monde entier. Les « thés dansants » se multiplient à Londres ( l'Hôtel Waldorf, le grand magasin Selfridges ) et à Paris … Toute l'Europe danse le tango. Beaucoup de voix désapprouvent cet élan, mais la mode vestimentaire -elle-même - suit la tendance ; on dit que les femmes à Paris ont rejeté les les jupes cerclées et abandonné le corset pour danser...

La-lecon-de-tango-Journal-L-Illustration-du-29-Mars-1913--.jpgLa leçon de tango Journal L'Illustration du 29 Mars 1913 - Dessin de J.Simon

En décembre 1913, l'académicien Jean Richepin répond aux questions de la presse italienne sur sa comédie intitulée « Le tango ».

 tango-richepin-1913.jpg
M. et Mme Richepin observant un couple de femmes, Spinelly & Lavallière, dansant le tango.

« L’amoureux du tango est : un homme moderne, un homme de 1913, qui se laisse porter par le besoin d’être actif, de vivre, de se renouveler chaque jour en se servant du dernier objet inventé et en réalisant, dans tous les champs de l’esprit humain, la plus récente « nouveauté. (…) Notre comédie étudie la manière de concevoir la vie chez un jeune couple moderne. Il est inutile de dire qu’il ne s’agit pas des idées de 1880. La jeunesse actuelle, dans son ardeur vitale, oriente tous ses désirs vers le futur. Le présent leur est tellement insipide qu’ils exagèrent dans leur attrait pour la mode de demain. Les jeunes d’aujourd’hui ont continuellement le besoin de changer : aujourd’hui ils dansent le tango, demain ils auront un autre divertissement plus acceptable parce que plus nouveau… (…) Les trois grands reproches dont on accable le Tango ont pour causes son origine étrangère, son origine populaire, et son caractère inconvenant. (…)) « Inutile de répondre à ce dernier grief, vraiment trop injuste, le caractère inconvenant d’une danse n’étant jamais attribuable qu’aux danseurs. J’ai eu la joie de voir des Tangos dansés par des princesses, et qui étaient des modèles de distinction élégante ; et j’ai vu, d’autre part, jadis, l’insipide polka et l’honnête quadrille des Lanciers dansés de façon, comme disait un de nos illustres prédécesseurs, à faire rougir des singes. »

illustration-1913-menagerie-de-la-danse-1.jpg illustration-1913-menagerie-de-la-danse-2.jpg illustration-1913-menagerie-de-la-danse-3.jpg

 L'illustration-1913 - La menagerie-de-la-danse

Parmi les plus ardents détracteurs du tango à Paris à la veille de la première guerre mondiale figurent quelques dignitaires argentins postés en France. Tel le délégué de l’ambassade d’Argentine en France, Leopoldo Lugones :

Tango.JPG

 

« Le tango n’est pas une danse nationale, pas plus que n’est nationale la prostitution qui l’engendre. Les pensionnaires des bordels où il est né, ne sont pas, en effet, argentines, sauf exception. Accepter de le tenir pour nôtre parce que Paris en a décidé ainsi, reviendrait à tomber dans la servilité la plus méprisable. »

 

« Quand les dames du 20è siècle dansent le tango, elles savent, elles doivent savoir, qu’elles ont l’air de prostituées, parce que cette danse est une danse de filles publiques.  … Le tango, lourde brute, exagère à plaisir, faisant du couple une masse si ignoble qu’il faut avoir le tempérament d’un nègre pour supporter un tel spectacle sans en concevoir du dégoût. »

 

Sources: http://www.tango-argentin-orleans.fr/ , et http://www.histoire-tango.fr

 

Commenter cet article