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Les fées dans les salons du XVIIe s.-1/2-

Publié le par Perceval

Les fées sont à la mode dans les salons du XVIIe s.: les "contes de bonnes femmes" deviennent "contes de précieuses"...

Mais...

D’où viennent les contes ?

Pour certains les contes et leurs personnages, les fées et les ogres, seraient les derniers avatars d’une mythologie païenne, plus ou moins gauloise. Parmi ces hypothèses prédomine celle des frères Grimm (~1785-1860) : tout comme la plupart des langues de l’Europe moderne sont issues d’une langue commune, l’indo-européen, les contes seraient la forme prise en différents lieux par des récits prototypes, d’où la tentative des deux philologues de rassembler le corpus des contes populaires allemands, trace pour eux du lointain passé germanique. Effectivement Le Petit Poucet n’est pas loin de rappeler certains épisodes de la légende de Thésée ou de celle de Tristan.

Dans les années 1160, Marie de France compose douze lais en vers inspirés des contes populaires bretons auxquels ils empruntent les éléments merveilleux – objets magiques, métamorphoses, loups-garous, fées – et la structure. Cinq siècles plus tard, Mme d’Aulnoy (1650-1705) puisera dans le lai d’Yonec la matière de L’Oiseau bleu.

Le conte de fées littéraire comme forme narrative courte s'inspire de la novella et autre conto italiens. Il faut toutefois attendre le XVIIe siècle pour que naisse un véritable genre littéraire, théorisé par Charles Perrault dans la fameuse Querelle qui l’oppose à Boileau et aux Anciens.

- 1690 : Mme d'Aulnoy publie L'Ile de la Félicité, le premier conte emprunté à l'oralité où l'on voit un prince russe s'en aller au pays où l'on ne meurt pas.

- En 1693, Charles Perrault publie une version versifiée des Souhaits ridicules, et en 1694, Peau d'âne . Les Contes de ma mère l'Oye est un recueil de huit contes de fées de Charles Perrault paru en 1697, sous le titre Histoires ou contes du temps passé, avec des moralités, avec cet autre titre au dos : Contes de ma mère l'Oye, et toujours en 1697 Mme d'Aulnoy publie ses Contes de fées.

Les Contes sont liés à la société de leur époque : comme l’a montré Philippe Ariès (Philippe Ariès, L’Enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime ), la fin du XVIIe siècle voit s’amorcer un mouvement qui va mettre l’enfant au centre de la cellule familiale. D’autre part, se plaçant dans la ligne de la Contre-Réforme et dans la vague de pruderie de la fin du règne de Louis XIV, Perrault a censuré dans ses propres récits des épisodes proposés par la version populaire des contes ; dans certains de ceux-ci, par exemple, le Petit Chaperon Rouge se déshabille avant de se mettre au lit avec le loup…

Perrault (1628-1703) introduit des réalités de son temps dans les Contes. Par exemple Le Petit Poucet évoque la famine de 1693. On est en présence du phénomène de l’actualisation : pour intéresser son auditoire ou son public, le conteur intègre des éléments contemporains. En effet, pour traverser le temps, le conte doit être assumé et recréé par chaque nouvelle génération de conteurs. Il s’agit d’un « processus de particularisation » (Marc SORIANO).

Les contes sont donc à la mode dans les années 1690 ; mais ne faut-il pas distinguer entre ceux qui appartiennent à la culture savante, écrits par des dames et reconnaissables à l’importance du féerique, et ceux qui proviennent de la tradition populaire, dont le meilleur exemple est ceux de Perrault... ?

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